Critique ciné : Mortal Engines

16 décembre, 2018

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Tiens, ça fait longtemps que Peter Jackson n’a rien réalisé, et pour cause : lessivé par la trilogie The Hobbit, il a choisi de s’éloigner des plateaux pour quelques temps. Pas inactif pour autant, le papa des Feebles travaille ainsi depuis plusieurs années à l’adaptation du roman Mortal Engines, dont il a confié les commandes à son storyboardeur attitré, Christian Rivers. La patte du barbu de Wellington se ressent alors fortement dans cette aventure post-apocalyptique et c’est tant mieux car cela signifie production design absolument magnifique, séquences d’action inventives et tirant plutôt bien parti de leurs décors originaux (la scène d’ouverture est tout bonnement monumentale, sorte de mix entre Mad Max : Fury Road et Le Château ambulant) ou encore rythme sans faille. Après, si Jackson a certainement été conquis par l’univers rétrofuturiste du livre et son foisonnement de bonnes trouvailles, on ne peut pas dire qu’il ait été très regardant quant à la teneur de son intrigue, très convenue et parsemée de maladresses provenant d’inspirations mal-digérées. N’en présentant pas les défauts classiques (pas de triangle amoureux pour l’instant, ouf !), Mortal Engines ne parvient toutefois pas à faire oublier ses origines teen-littéraires et par le fait coince un peu à certains moments, ce qui ne l’empêchera pas de s’imposer comme l’un (le ?) des blockbusters les plus réussis et originaux de cette fin d’année. On le redit, il y a quand même Peter Jackson derrière tout ça. Et la concurrence n’est pas fofolle non plus…

Critique ciné : Assassination Nation

16 décembre, 2018

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Un peu comme Tueurs nés en son temps, Assassination Nation se veut être une critique abrasive et virulente de la société américaine au travers d’un portrait où se mêlent médias omniprésents, violence grandiloquente et excès dans tous les sens. Le miroir d’une civilisation malade dont le réalisateur Sam Levinson (fils de Barry, tout à fait) nous donne à contempler et ressentir les travers grâce à sa mise en scène inventive et énergique, aussi en phase avec son sujet que l’était Oliver Stone en son temps et bourrée de moments fleurant bon le pur de cinoche de genre. Si ce cocktail hystérique laissera certains spectateurs hermétiques voire même dans le rejet pur et simple, on ne pourra que saluer la férocité du message et son efficacité, le constat posé par le film faisant d’autant plus froid dans le dos qu’il nous apparaît comme terriblement crédible. Quel dommage alors que Assassination Nation finisse par prendre parti lors de son climax, contredisant un peu ce qu’il nous montrait jusque-là (clairement, il n’y avait personne ou presque à sauver) et perdant ainsi un peu de son impact. Mais en dépit de cela, la gifle collée auparavant était si forte qu’on en garde malgré tout une trace rouge et cuisante, même une fois sorti de la salle.

Critique ciné : Overlord

4 décembre, 2018

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Doté d’un pitch bien Z pourtant prometteur de gros moments de fun, sorte d’adaptation des jeux vidéo Wolfenstein, Overlord a tout ce qu’il faut pour titiller la curiosité de fantasticophiles ayant du mal à étancher leur soif ces derniers temps en salles obscures. Pensez, des GI catapultés derrière les lignes ennemies démastiquent des nazis zombies, comment refuser une telle proposition ? Surtout que la péloche semble avoir de la gueule et ne pas sacrifier son côté film de guerre épique, la présence de JJ Abrams à la production assurant un certain standing au nouvel effort de Julius Avery (Son of a Gun). C’est néanmoins là que Overlord perd des cartouches car s’il est vendu comme un gros ride horrifique et burné, il va au contraire prendre son temps pour raconter son histoire et plus encore pour déballer son aguichant bestiaire (lequel s’avère très succinct au final), que nous ne découvrirons donc que dans la dernière bobine. Clairement plus intéressés par l’aspect historique que celui horrifique, les responsables passent à côté de tout ce qui aurait pu être fendard – on le redit, l’oeuvre est plutôt chiche en gloumouttes et action – et en oublient même certains éléments (sérieux, la tante cachée derrière sa porte ne sert pas plus que ça ?). Tout ça en construisant sur du sable puisque leurs personnages souffrent d’un manque flagrant d’épaisseur et originalité, même le héros dont le postulat plutôt sympa (il refuse de tuer) est réduit à néant par une évolution traitée par-dessus la jambe. Heureusement porté par un rythme ne faiblissant pas, Overlord se suit alors sans trop de déplaisir mais il nous laisse le cruel sentiment d’un rendez-vous manqué. Et pendant ce temps, nous avons toujours faim de barbaque barbare…

Critique ciné : Yéti & compagnie

25 novembre, 2018

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Si nous sommes toujours partants (ou presque) pour un Pixar ou un Dreamworks, dans la masse des films d’animation familiaux sortant tous les ans il arrive qu’on passe à côté de bonnes petites surprises. Produit par la Warner Bros, un studio qui n’a pas toujours été très heureux dans le domaine, Yéti & compagnie aurait pu être de ceux-là et cela aurait été fort dommage car s’il ne réinvente pas la roue, ni fait montre de prouesses techniques particulières, il contient pourtant assez de bonnes choses pour faire passer un bon moment aux petits et grands. Rythmé, plutôt drôle, il brillera surtout par l’intelligence de son intrigue (le réalisateur Karey Kirkpatrick est plus connu pour son début de carrière en tant que scénariste) fonctionnant souvent sur un principe d’inversion qu’on a plus l’habitude de croiser chez les Pixar, servant ici un message ô combien d’actualité et crucial. La peur de l’autre, l’obscurantisme, la violence de l’être humain et son impact sur l’environnement, les risques de la pensée unique… autant de thèmes que la péloche sait aborder habilement, de manière à se faire comprendre des parents et ressentir par les enfants sans être lourdingue. Nous n’en attendions pas tant et grâce à cela, Yéti & compagnie peut se targuer d’être un chouette petit film d’animation et une réjouissante surprise en cette fin d’année.

Critique ciné : Les Animaux fantastiques – Les Crimes de Grindelwald

20 novembre, 2018

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Le travail d’adaptation n’est pas chose aisée, on risque toujours de perdre des choses essentielles, d’aller trop vite sur d’autres, d’être submergé par la richesse du matériau d’origine… Autant de problèmes qu’on ne s’attend pas à rencontrer dans Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald, le deuxième opus d’une série pensée dès le départ pour le ciné contrairement à la saga-mère, Harry Potter. Peut-être est-ce alors dû à l’omniprésence de JK Rowling sur le projet et particulièrement le scénario mais ce nouveau chapitre souffre étonnamment de toutes les faiblesses qu’on retrouverait dans une adaptation boiteuse, ne sachant pas faire la part des choses entre le littéraire et le cinématographique : personnages sacrifiés et donc inconsistants, intrigue confuse, incohérences en pagaille, trous dans la narration, scènes gâchées… tout ça cristallisé dans un montage aux fraises, comme paumé dans un trop-plein de matière à gérer. C’est simple, quasi aucun autre épisode de la franchise Potter ne s’est montré aussi pénible à suivre, d’autant plus qu’il s’agit d’un volet de transition à la construction bâtarde (le climax fait aussi forcé qu’il est vite expédié). Et c’est bien dommage car le métrage comporte également certaines des meilleures choses vues dans le monde de la magie – ou entendues avec le score enflammé de James Newton Howard – de par la vision toujours aussi dark de David Yates qui n’empêche pas un vrai sens du merveilleux. La découverte du sous-sol de chez Dragonneau ou celle du Paris magique sont par exemple de purs moments de cinéma potteresque qui rappelleront la magie des débuts, et l’ensemble jouit d’une production value absolument phénoménale. Cela ne suffira toutefois pas à rattraper l’aspect bancal de ces Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald dont la principale qualité est de nous faire espérer un avenir meilleur, fait de trois films mieux pensés et pensés comme tels.

Critique ciné : Millénium – Ce qui ne me tue pas

20 novembre, 2018

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Ayant compris qu’en dépit de ses qualités, le remake du premier Millénium par David Fincher était quelque peu redondant avec le film original (d’autant que lui et ses suites ont été plus que largement distribués dans le monde), les pontes de Sony Pictures ont décidé de passer directement aux quatrième volume, Millénium : Ce qui ne me tue pas. Un tome qui marquait une rupture de par l’arrivée d’un nouvel auteur – David Lagercrantz en remplacement du défunt Stieg Larsson – et qui se traduit ici par une remise à zéro des compteurs : nouvelle Lisbeth Salander (incarnée par Claire Foy, un peu trop «humaine» en dépit d’une première apparition quasi-biblique), nouveau réalisateur (le très efficace Fede Don’t Breathe Alvarez) mais surtout nouvelle direction pour la franchise, qui se met à lorgner terriblement du côté des Mission : Impossible chapeautés par Tom Cruise. Tout y est en effet, des scènes d’action avec cascades qui claquent à la menace en forme de MacGuffin en passant par la team d’experts disparates autour du protagoniste principal (Lisbeth, évidemment), au point que Millénium : Ce qui ne me tue pas ne pourra entretenir au final que très peu de liens avec la trilogie de base. Les fans de la première heure en seront certainement décontenancés et déçus tandis que les autres découvriront un thriller un peu bâtard (la mise au second plan de la partie enquête appauvrit considérablement l’intrigue) mais d’une noirceur vénéneuse plutôt classe.

Critique ciné : Bohemian Rhapsody

14 novembre, 2018

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Devenu un genre à part entière, le biopic de chanteur a encore nombre d’artistes à aborder et Bohemian Rhapsody s’attaque aux plus cultes d’entre eux, les légendaires Queen menés par le charismatique Freddie Mercury. Un génie comme on en croise rarement, dont le film dresse un portrait à la fois discret et sans langue de bois, tout en fêlures dissimulées sous le fard de l’extravagance. La performance admirable de Rami Malek (Mr Robot) n’y est bien sûr pas étrangère mais il ne faut pas minimiser l’importance des autres membres du groupe, servis par un casting inspiré et une écriture sonnant juste. Des éléments sans lesquels le film ne pourrait déployer la même émotion, tout ici tournant autour de la question de la famille, de l’unité. Porté encore par les tubes légendaires du groupe et la réalisation ludique de Bryan Singer et Dexter Fletcher (le premier s’est fait viré par la prod’ en cours de tournage), Bohemian Rhapsody n’a alors aucun mal à s’inscrire comme un biopic exemplaire, certes aucunement révolutionnaire mais dont la flamboyance saura vous transporter sans peine. Sa musique seule y suffirait.

Critique ciné : Halloween

28 octobre, 2018

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Faisant table rase de quatre décennies de suites diverses et autres reboot, ce nouvel Halloween se propose comme une suite directe au chef d’oeuvre de John Carpenter. Une idée pas plus conne qu’une autre lorsqu’on la compare à tout ce qui a pu être fait dans la saga. Et même plutôt porteuse, puisqu’elle inspire aux inattendus David Gordon Green et Danny McBride un récit qui revient à la source, à la confrontation Michael Myers / Laurie Strode et à la nature du Mal tout en auscultant comment celui-ci peut pervertir une victime (le film reprend telles quelles des scènes du film de 78 en y remplaçant Michael par Laurie) et comment cette dernière peut le transmettre à son tour. Malheureusement, cette suite arrive vingt-cinq années trop tard comme en témoigne une direction artistique qui ne choquerait pas dans le fin 80′s / début 90′s. En voulant en fait respecter le trou de quarante ans qui sépare les deux films, les responsables sont obligés d’adjoindre une petite fille à la relation mère-fille qu’ils voulaient étudier et cela déséquilibre bien évidemment l’ensemble, ce personnage prenant le pas sur les autres – on reste dans un slasher, donc faut trucider du teenager – et n’étant absolument pas concerné par les même thématiques. Halloween cuvée 2018 ne raconte dès lors rien de franchement intéressant sur une bonne partie de sa durée et en devient un slasher plutôt bien foutu (on sent un vrai respect du genre) mais très loin de pouvoir se targuer d’être le digne successeur du métrage séminal de Carpenter. On pourra dire ce que l’on veut de la version de Rob Zombie, qui perdait des spectateurs à force d’expérimentations, mais elle au moins allait au bout de ses idées.

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