Critique ciné : Mother!

19 septembre, 2017

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Cinéaste dont les considérations auteurisantes ne se départissent jamais d’un sens certain de l’entertainment, Darren Aronofsky revient en apparence avec Mother! au thriller à tendance surnaturelle après le sulfureux Black Swan. Vendu comme une sorte de suite spirituelle à Rosemary’s Baby, ce nouvel effort creuse ainsi efficacement la piste pendant un moment, jusqu’à ce qu’on comprenne que ce sentiment d’étrangeté n’a rien à voir avec l’horreur ou même le surnaturel, mais sert en fait un propos radicalement différent. A savoir une allégorie sur Dieu et la Vierge Marie, la façon qu’ils ont d’être perçus et adorés par les humains, ceci conduisant le film à virer dans l’abstraction la plus totale. Alors certes le casting est impeccable (Jennifer Lawrence est au passage filmée avec une fascination toute amoureuse qui ne trompe pas, l’actrice et son réalisateur étant en couple depuis le tournage) et la réalisation au diapason (l’orchestration du chaos lors du climax est absolument admirable) mais cela n’aboutit au final qu’à un trip psycho-religieux à la Lars von Trier, trop hermétique pour ceux qui attendent de voir Aronofsky prendre le cinéma de genre à bras le corps. Putain!

Critique ciné : Hitman & Bodyguard

10 septembre, 2017

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Tombé un peu en désuétude au début des années 2000, le genre du buddy-movie refait malgré tout surface de temps en temps et aujourd’hui c’est au tour de Hitman & Bodyguard, comédie d’action avec un pitch fichtrement abracadabrantesque comme il se doit (en tout cas dès qu’on sort des duos de flics). Du classique, très classique même, porté par la réalisation plutôt véner’ de Patrick Hughes – la violence est bien sèche – et une paire de comédiens dans des rôles taillés sur mesure, au point que ça en paraîtrait presque trop facile. Néanmoins, et c’est la magie du buddy-movie, la recette fonctionne pour peu que l’abattage se fasse avec suffisamment de conviction, et Hitman & Bodyguard saura par conséquent divertir le chaland en cette période de rentrée traditionnellement un peu terne. Puis il l’oubliera aussitôt.

Critique ciné : Seven Sisters

3 septembre, 2017

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Parti aux Etats-Unis après le diptyque Dead Snow afin de mettre en boîte le fun mais pas très consistant Hansel et Gretel : Witch Hunters, Tommy Wirkola est de retour en Europe pour Seven Sisters, un film qui a tout en apparence de ces productions SF à destination des adolescents qui pullulent dans les salles. La surprise n’en est que plus grande lorsqu’on comprend à quel point la péloche se détache de ce courant par sa noirceur, sa violence, faisant d’elle un conte cruel et adulte bien loin des Hunger Games et autres Divergente. Alors certes, tout ça reste perfectible (qu’est-ce qu’il ne l’est pas ?), mais on ne pourra nier que Wirkola semble avoir gagné en maturité et que cela lui réussit plutôt bien. Continue comme ça, Tommy !

Critique ciné : La Tour sombre

3 septembre, 2017

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Réputée inadaptable, la saga littéraire La Tour sombre de Stephen King est passée par de nombreuses étapes avant de débarquer sur nos écrans et, ce faisant, est passée entre de nombreuses mains pour finir entre celles de Akiva Goldsman (producteur et scénariste) et Ron Howard (producteur, un temps rattaché comme réalisateur). Des noms qui ne sont pas forcément pour nous rassurer sur un tel projet et ça ne manque pas : en bons moguls hollywoodiens qu’ils savent être, ils ont défiguré leur matériau d’origine pour le réduire à sa plus simple et commerciale expression, un succédané de teen-lit sans la moindre ampleur (c’est torché en à peine plus d’1h30). Mais en dépit de la bonne volonté du réalisateur et du casting, tout ça ne peut qu’aboutir à une œuvre mineure. Et dire que le King voit les romans comme son Seigneur des anneaux

Critique ciné : La Planète des singes – Suprématie

3 septembre, 2017

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Ayant pris la suite de Rupert Wyatt pour La Planète des singes – L’affrontement, Matt Reeves avait livré un opus peut-être moins émouvant que son prédécesseur mais ô combien plus épique, puisant dans l’héritage du cinéma hollywoodien afin de transcender son postulat de SF d’anticipation. Un geste qu’il prolonge en toute logique avec un La Planète des singes – Suprématie qui convoque aussi bien le western que le film de guerre ou encore celui de prison, tout ça pour donner de la substance au parcours d’un César (magnifique Andy Serkis) qui n’a jamais été aussi proche de la figure de Spartacus. Concluant en beauté cette nouvelle trilogie ayant admirablement prolongé la saga, le film est à n’en point douter l’un (le ?) des blockbusters les plus intelligents et indispensables de cet été 2017.

Critique ciné : Valérian et la Cité des mille planètes

1 août, 2017

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Concrétisation d’un rêve vieux de quelques dizaines d’années pour Luc Besson, Valérian et la Cité des mille planètes marque un nouvel échelon dans le cinéma hexagonal en tant que plus gros budget (même si cela reste discutable vue l’origine de ses fonds) et, on l’espérait, le retour à la grande forme pour le mogul français. Las, son adaptation de la bande-dessinée de Christin et Mézières a beau lui donner l’opportunité de démultiplier idées et concepts frappadingues de SF, Besson ne sait clairement plus comment raconter une histoire, entre personnages peinant à nous apparaître comme sympathiques et narration aux fraises. Pire, et même si l’excellente scène d’introduction nous ferait presque croire le contraire pendant un moment, le réalisateur barbu n’est pas plus inspiré que ça dans sa mise en scène et trouve jusqu’au moyen de saper ses morceaux de bravoure. Alors Valérian et la Cité des mille planètes, plus gros budget de l’histoire du cinéma français ? Peut-être mais aussi, et plus encore, l’un de ses plus gros rendez-vous manqués. Heureusement alors que l’amour de Besson pour le projet transpire de chaque image sans quoi, il n’y aurait pas grand chose à sauver.

Critique ciné : Baby Driver

23 juillet, 2017

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Comme pour se remettre de son dommageable renvoi de Antman, Edgar Wright signe avec Baby Driver un film beaucoup plus simple en apparences que ses autres efforts, doté d’une histoire bien plus classique et classifiable. Il se livre néanmoins à un exercice de style prodigieux, un travail magistral sur l’adéquation entre son et image. Wright surbooste ainsi le rythme et le cinétisme de son film sans jamais en perdre le contrôle, il va jusqu’à reprendre les motifs de la comédie musicale pour les appliquer sur presque toutes les scènes et plus encore celles d’action, qui en deviennent autant des moments de grâce que des purs rush d’adrénaline. Baby Driver, c’est enfin un personnage principal (excellent Ansel Elgort) aussi attachant qu’atypique dans un caper-movie, qui passe à l’âge adulte comme achève de le faire ici le réalisateur britannique.

Critique ciné : Dunkerque

23 juillet, 2017

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Aussi silencieux que bruyant, aussi sensitif que sensationnaliste, Dunkerque adopte le parti-pris compliqué de raconter l’histoire d’une déroute militaire mais, par ce biais, il échappe également à l’héroïsme un peu pompier qu’on retrouve d’ordinaire dans ce genre de productions (presque tous les personnages sont des figures sans passé). Christopher Nolan manque bien de tomber dans le piège de son cinéma parfois trop cérébral avec une temporalité multiple, difficile à appréhender au début mais loin d’être accessoire car cela lui permet de resserrer sa narration et de se focaliser sur l’événement tout en creusant le suspense. Dunkerque est ainsi un film de guerre atypique, presque expérimental mais franchement passionnant sur le plan cinématographique dès lors qu’on en comprend et accepte les mécanismes.

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