Critique ciné : Downtown Abbey

7 octobre, 2019

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Vous avez aimé la série Downtown Abbey ? Vous avez adoré suivre les déboires de cette famille pendant des années et vous êtes retrouvés démunis quand tout a pris fin, en dépit d’une conclusion on ne peut plus complète et joyeuse ? Fans en manque, réjouissez-vous car voici Downtown Abbey, le film, qui reprend peu ou prou là où nous en étions pour repartir comme en quarante (1927 en réalité, mais bon, on ne va pas chipeauter) ! Et puisque tout avait été dit ou presque, son créateur Julian Fellowes n’a eu d’autre choix que de composer une sorte de gros épisode spécial sans véritable enjeu dramatique ou défi technique, une espèce de bonus annexe. Ou plutôt un cadeau, emballé avec la même tendresse que celle ressentie dans chaque épisode de la série de la BBC, le même savoir-faire. La même élégance. Alors, vous désesperiez de retourner à Downtown Abbey ? Hé bien qu’attendez-vous ? Tout le monde est là pour une dernière valse qui ne vous rappellera que des bons souvenirs !

Critique ciné : Rambo – Last Blood

7 octobre, 2019

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Toujours vaillant, Sylvester Stallone fait revenir le vétéran du Vietnam pour Rambo : Last Blood, cinquième opus d’une saga dont on ne remettra pas en cause la longévité vu la grosse claque que nous avait mis le précédent. Et pourtant, même en mettant de côté plusieurs choses qui coincent, difficile de ne pas être déçu par ce film. Passons donc sur le tournage au rabais, le fait de situer l’action cette fois en Amérique du Nord étant plus un moyen – on ne va pas se mentir – de faire des économies que de boucler la boucle et de satisfaire à la continuité de la série. Passons aussi sur le scénario nous donnant le sentiment que le bidasse traumatisé y a été greffé de force, son postulat étant plus celui d’un thriller d’action lambda que celui d’un Rambo. Passons même sur les bons gros clichetons que celui-ci véhicule, avec le discours tendancieux que cela implique… Nous aurions pu excuser tout ça, d’autant que Sly insuffle toujours une belle profondeur à son rôle. En revanche, impossible de laisser passer la manière dont le film trahit nos attentes en expédiant son climax en quelques minutes incohérentes et foutraques. Si John Rambo nous avait tant marqués, c’était dû à son ton mélancolique et plus encore à ses déferlements de violence apocalyptique qui donnaient au héros une nouvelle raison d’être, une modernité qui justifiait son retour dans le registre de l’action. Ici, Rambo agit pour se venger et bien qu’il veuille faire souffrir ses ennemis, il les achève les uns après les autres après qu’ils soient tombés dans ses pièges à la Maman, j’ai raté l’avion, dans la pénombre et en montage ultra-cut, ce qui appauvrit irrémédiablement l’impact de ce final et donc de tout ce vers quoi tendait le métrage… Clairement, Sly n’assume pas les géniaux débordements du quatrième volet (alors qu’il nous fait croire ici le contraire en une ou deux occasions), ce dont son director’s cut témoignait déjà, et Rambo : Last Blood en devient des adieux bien tristes à cette icône du cinéma. Laissez-le se reposer dans son rocking-chair, sa guerre est finie.

Critique ciné : Ad Astra

7 octobre, 2019

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Il est loin le temps où James Gray ne filmait qu’à New-York puisque, après The Lost City of Z et ses expéditions amazoniennes, le voici qui embarque Brad Pitt pour l’espace avec Ad Astra. Le cinéaste ne renie pourtant rien de ses thématiques phares puisque son nouvel effort traite à nouveau de la famille, des liens du sang et de l’héritage que nous laissent nos parents, de la façon dont cela nous façonne lorsqu’on y fait face. Pile-poil dans sa filmographie, donc. Le film nous fait d’autant plus plaisir que, si l’on attendait plutôt ça sur son précédent métrage, Gray va cette fois jusqu’au bout de son idée avec une structure calquée sur Apocalypse Now. C’est à dire un voyage en ligne droite aux confins de la folie, qui prend ici la forme d’une tristesse mortifère, une odyssée mutique qui en laissera certains sur le carreau de par son rythme lent, bercé par les monologues intérieurs de Brad Pitt. Dommage puisque si la péloche comporte bien quelques morceau de bravoure (l’attaque sur la Lune, relativement inédite), c’est bien cette introspection face au néant de l’espace qui donne à Ad Astra tout son sens et sa valeur. Voilà, James Gray a vraiment décollé de New-York.

Critique ciné : Music of My Life

18 septembre, 2019

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Quoi de mieux qu’un feel-good movie pour faire passer la pilule de la rentrée ? Parfaitement calé pour nous faire un peu oublier la déprime de la reprise du travail, Music of My Life satisfait à de nombreux critères du genre avec son récit de passage à l’âge adulte plein de nostalgie et de message d’ouverture d’esprit, le tout cimenté par un gimmick fédérateur qui va donner à l’oeuvre sa propre voix (ici les chansons de Bruce Springsteen, dans une mise en scène qui flirte parfois avec la comédie musicale). Une formule qui peut paraître un peu facile, et peut-être l’est-elle réellement, mais dont on ne peut nier la redoutable efficacité, plus encore lorsqu’on a quelqu’un comme Gurinder Chadha aux manettes. Déjà responsable du succès surprise Joue-la comme Beckham il y a quelques années, la réalisatrice revient ainsi à un projet assez similaire, où le discours communautaire ne sert en fait que de vecteur à un propos bien plus universel, une tranche de vie dans laquelle chacun pourra puiser de quoi se rendre un peu meilleur, un peu plus heureux. Les plus cyniques trouveront toujours de quoi râler et railler mais ça n’empêchera pas Music of My Life de filer la patate aux autres, qui sortiront de la salle avec un grand sourire aux lèvres. We feel good, thank you.

Critique ciné : Dora et la cité perdue

11 septembre, 2019

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Adapter en film live le dessin animé éducatif Dora l’exploratrice : idée à la con ? Carrément ouais, et plus encore quand on entendait le nom de Michael Bay rattaché à l’affaire (du passé désormais, ouf). Pourtant, Dora et la cité perdue prouve qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Comme celle de découvrir une adaptation sachant prendre en compte avec intelligence et humour les « faiblesses » de son matériau d’origine, en tout cas ses aspects les plus inadaptables, pour livrer un résultat aussi fidèle que novateur et abouti, avec un sens du second degré absolument savoureux. Oui, on parle bien de Dora sur grand écran, vous ne rêvez pas. Avec Babouche, Chippeur et tout ça. Ancien collaborateur de Ali G et responsable des deux derniers long-métrages des Muppets, le réalisateur James Bobin injecte en fait plusieurs niveaux de lecture à son travail qui en devient un métissage film live / animation pouvant plaire à tous les âges, qui plus est porté par une Isabela Moner réussissant à rendre le personnage de Dora véritablement adorable et drôle ce qui, avouons-le, n’était pas gagné. Et puis, quels films pour enfants ont les cojones de mettre des dialogues sous-titrés ? C’est simple, Dora et la cité perdue, c’est le George de la jungle de cette décennie. Et ce n’est pas peu dire.

Critique ciné : Fast & Furious – Hobbs & Shaw

11 septembre, 2019

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Parce que la franchise Fast & Furious s’est un peu essoufflée et égarée dans sa logique de surenchère pyrotechnique, ses producteurs ont décidé de la décliner dans un spin-off tout en finesse mené par deux de ses mémorables seconds couteaux, Hobbs & Shaw… non, bien sûr, il s’agit ici de célébrer l’action délurée dans toute sa démesure, d’enfoncer le clou au point que F&F ne pourra revenir qu’en renouant avec ses fondations. Ce produit dérivé se crée ainsi sa propre identité, celle d’un buddy movie orgiaque copulant joyeusement avec la science-fiction et se constituant sa propre mythologie avec un mystérieux grand méchant et des acolytes surprises (tous à retrouver dans la suite d’ores et déjà annoncée). La famille demeure la caution morale mais on sent bien que tous les compteurs ont été poussés au maximum et, forcément, ça devient un chouïa too much. Un gros chouïa même. Les relations entre les personnages consistent juste en des échanges de vannes qui tournent à vide (la preuve, Dwayne The Fucking Rock Johnson et Jason Statham sont plus drôles quand ils ne parlent pas comme lors de la scène du double scanner facial) et bien que nous n’ayons rien contre les scènes d’action imaginées par un gamin avec ses jouets, elles versent ici tellement dans le nawak que ça en devient franchement bordélique, qui plus est avec une mise en scène souvent brouillonne. On attendait mieux de David Leitch (Deadpool 2), qui s’est à priori pas mal déchargé sur sa seconde équipe. En somme, Fast & Furious : Hobbs & Shaw c’est beaucoup de bruit pour rien. Un feu d’artifice en plein jour.

Critique ciné : Wedding Nightmare

6 septembre, 2019

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Si se marier est déjà une épreuve en soi, ça l’est encore plus pour l’héroïne de Wedding Nightmare, laquelle se retrouve plongée dans une mortelle partie de cache-cache organisée par une belle-famille aussi riche que timbrée. Commence alors un jeu des chats et de la souris au rythme enlevé et à l’humour noir ravageur, plus fin qu’il n’y paraît (le portrait des riches a beau être jouissivement caricatural, ils ont tous au moins une scène qui les humanise un peu) et surtout mené par une Samara Weaving – la nièce de Hugo – qui bastonne sévère, crédible dans toutes les phases que traverse son personnage. Pour leur deuxième long-métrage rien qu’à eux (ils avaient participé auparavant à plusieurs films à sketchs) après The Baby, le collectif Radio Silence s’en sort en tout cas très bien et réalise une belle transition dans leur carrière puisqu’ils abandonnent le gimmick du found footage qui leur collait à la peau jusqu’à présent. Nous sommes curieux maintenant de découvrir la descendance de Wedding Nightmare.

Critique ciné : Scary Stories

6 septembre, 2019

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Vous aimez les histoires qui font peur ? Ça tombe bien, avec Scary Stories, André Ovredal (à la réalisation) et Guillermo del Toro (producteur et scénariste) en ont plusieurs à vous raconter, tirées d’une série de romans de Alvin Schwartz et réunies dans un métrage voyant une poignée d’ados confrontés à une malédiction multifaces depuis qu’ils sont tombés sur le mauvais livre… Là, vous devez penser « hé, ça ressemble vachement à Chair de poule ! », et vous aurez raison… Sauf que ! Sauf que là où la création de R.L. Stine vise clairement les moins de 12 ans, et plus encore son adaptation ciné, nous sommes ici en présence d’une oeuvre voulant foutre la trouille pour de vrai. Même aux plus grands. Grâce à l’amour que porte del Toro aux monstres et son ingéniosité à les concevoir, couplés au talent de Ovredal pour ancrer le fantastique dans le réel et faire monter la tension, le film acquiert son statut de vraie oeuvre horrifique sans se départir pour autant totalement de ce feeling « pour teenagers », un peu comme une sorte de production Amblin hardcore. Cela tient bien sûr à la bande de (très bons) jeunes comédiens qui doivent faire face à une menace sans pouvoir compter sur les adultes mais aussi à un cadre historique bien caractéristique (Halloween 1968, tout un programme) ou encore un humour noir très présent, même chez les créatures qui possèdent toujours un côté grotesque. Pour les futurs 31 octobre en tout cas, c’est sûr, dès que les mômes seront couchés après leur Chair de poule, nous on pourra embrayer avec joie sur Scary Stories. En attendant qu’ils aient un peu grandi et puissent passer aux choses sérieuses.

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