Archive pour la catégorie 'Poesies debiles'

Le furet et le café

9 mai, 2007

Court, court le furet dans la neige

Tâchetée de blanc, tâchetée de beige

Car le gros Léon y a versé

Un peu de son précieux café.

« Mais c’est pas grave », dit le corbeau

« Faisons-fi de ces tâches »

« Ressemblant à des pistaches »

« Et célèbrons ensemble le printemps nouveau ! »

Le furet, pourtant, n’est pas à la fête

Il a, en effet, autre chose en tête.

Car, sous ses pattes fatiguées

Le café est en train de le brûler.

L’Odysée du nouvel Ulysse

8 mai, 2007

“Heureux qui, comme Ulysse,

A fait un sacré long voyage

Car, et même si ses yeux se plissent,

Il a pu voir nombre de paysages”.

“Heureux aussi qui, comme Ulysse,

Contre l’ennemi a fait la guerre

Car il a pu, baignant dans le sang et la pisse,

Acquérir de bien belles terres”.

Mais est-ce là vraiment une chance ?

Ne doit-on pas faire preuve de méfiance

Envers cette vision rétrograde d’un temps achevé ?

Car, aujourd’hui, est née une nouvelle odysée.

Celle de millions de gens dans l’attente,

Errant sur une mer sans vague,

Et, là, ce n’est pas une blague,

Sans espoir de connaître un jour la rente.

Pas moyen de payer, pas moyen de vivre,

Vous voyez, bien sûr, de qui je veux parler ?

De tous ceux qui patientent, ivres,

En attendant de pouvoir enfin travailler.

Heureux donc qui, comme cet enfoiré,

A réussi à trouver un bon métier.

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