Archive pour la catégorie 'Div-X-nation'

Balls of Fury

13 décembre, 2007

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Hé bah dis donc, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas écrit un article « div-x-nation » ! Faut dire que j’en ai vu peu ces derniers temps et que, dû à ma désormais officielle politique rédactionnelle (« je ne parle que des bons films vus en div-x pour donner envie d’aller au ciné et pour ne pas être emmerdé par le FBI »), aucun d’entre eux ne méritait que je m’attarde sur son cas ici. Jusqu’à Balls of Fury (Balles de feu en vf) qui, je dois dire, m’a bien fait marrer. Ce qui est parfait quand il s’agit d’une comédie, vous ne trouvez pas ? Parce que si ça avait été un drame pendant la WWII… enfin, je m’égare. Place au ping-pong !

« Randy Daytona est un jeune joueur de ping-pong prometteur sur le point de remporter la médaille d’or aux jeux olympiques de Séoul. Malheureusement pour lui, la mafia chinoise est sur le dos de son parieur de père et Randy, déconcentré, perd la partie. Puis il perd son père. Et, logiquement, il perd son goût pour la compétition, disparaissant de la scène publique. Quelques années plus tard, le petit génie du ping-pong est devenu un performer minable dans un cabaret miteux. C’est là qu’il est contacté par un agent de la CIA qui veut l’engager pour une mission top-secréte, à savoir participer au championnat de ping-pong underground de Fang, un ancien champion cumulant aussi la casquette de parrain de la mafia chinoise…« 

A première vue, Balls of Fury semble donc manquer cruellement d’originalité tant nombre de ses éléments font partie des canons de la parodie de films sportifs. On a le héros « ancienne star déchue » comme dans Blades of Glory (tiens, c’est rigolo comme les titres se ressemblent !), un sport à la con qui est mis en avant dans un championnat permettant une galette croquignoutte de persos aux techniques variées comme dans Dodgeball,… Et même si le manque d’originalité d’un scénario de comédie n’est pas forcément une tare trop importante, du moment qu’il y a de purs gags,  le fait qu’il n’y ait pas de grosse tête d’affiche de l’humour ricain au générique nous inciterait encore à la méfiance. De crainte de ne voir qu’un sous-produit à l’humour bidon et surfant sur la vague du succès mérité de Dodgeball. Et ce serait dommage de s’arrêter à cette première opinion ! 

Parce que Balls of Fury, s’il part comme une comédie sportive classique, va très vite détourner sa structure narrative pour la caler sur celle des films d’espionnage et d’action. Une riche idée qui offre des scènes à l’originalité bienvenue (le  »combat » final, indubitablement la plus folle partie de ping-pong de tous les temps) tout en transformant suffisamment les passages obligés pour leur donner l’aspect du neuf (l’entraînement à Chinatown avec un vieux maître aveugle). Et puis si l’acteur principal - que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam – s’en sort très bien dans la comédie, ce sont surtout les seconds rôles qui font plaisirs, de Christopher Walken (royal en mandarin chinois) à Jason Scott Lee (le revoilà, lui !), en passant par James Hong et la magnifique Maggie Q (dieu qu’elle est belle) jusqu’à un petit caméo sympa de Masi Oka. Un casting plus proche d’un film d’action/espionnage que d’une véritable comédie, ce qui tend encore à renforcer l’aspect parodie et à lire ce sport drama sur un autre niveau. 

Sorte de Opération Dragon au pays du ping-pong et de la blague débilos, Balls of Fury est donc une bonne petite comédie sympatoche ne trouvera sûrement pas, malheureusement, le chemin de nos salles obscures (j’dis ça comme ça, mais en fait j’en sais rien). Mais que cela ne vous empêche pas de surveiller, au cas où, parce que je peux vous garantir que vous passerez un moment pas prise-de-tête pour un sou (mais pour 9 euros 80 par tête, oui). Enfin voilà, donnons leur chance à ses comédies qui réprésentent une alternative amusante aux géants de l’humour ricain !

petite news en bonus de noël : le réalisateur de ce film, Ben Garant, qui est aussi l’un des créateurs de la parodie de série policière Reno 911 (mabataille, you know what to do), travaille actuellement en tant que scénariste sur un comédie de SF avec Mike Myers et pour l’instant intitulée How to Survive a Robot Uprising… tripant, non ?  

Meet the Robinsons (Bienvenue chez les Robinson)

27 septembre, 2007

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- 1995 – Depuis le temps que les studios Disney nous offrent des films inspirés des contes classiques les plus célèbres, il n’est pas étonnant de voir leurs sources d’inspiration se tarir. Non pas qu’il n’y ait plus d’histoire a tirer de ce patrimoine mondial mais il faut désormais les utiliser avec parcimonie car, soit elles ont déjà été souvent traitées par d’autres studios, soit elles apparaîtraient comme des redites des disneys déjà produits. Surtout qu’avec l’arrivée de l’image de synthèse, une nouvelle forme d’animation est en train de se voir concrétisée. Une impression de modernité en décalage avec l’aspect « traditionnel » des contes. Il leur était donc nécessaire d’explorer de nouveaux territoires et, cela, Disney (avec quand même l’aide de Pixar, ne les oublions pas) l’a bien compris en lâchant Toy Story sur grand écran, le premier long-métrage d’animation entièrement réalisé sur informatique et véritable claque visuelle parlant à la fois à l’enfant et au geek en chacun de nous. Une révolution – n’ayons pas peur du mot – car, en plus de l’aspect visuel, ce film marque une véritable avancée dans la logique de Disney qui adoptera désormais un ton plus décalé et moderne, plus « adulte », avec des thèmes et des univers que le studio n’avait jamais abordé… Quoi, vous ne vous voyez pas ? Pourtant, il y était quand même question d’un astro-commando futuriste débarquant dans l’univers désuet d’un cowboy old-school…

La SF est donc un des nouveaux terrains de jeu du studio Disney qui, après l’avoir annoncé avec ce Toy Story, à embrayé parmi sa production classique sur des projets comme La Planète au trésor, Atlantis, Les Indestructibles, Chicken Little et, aujourd’hui, ce Bienvenue chez les Robinson (avec justement John Lasseter, le réalisateur de Toy Story, comme producteur exécutif). Ou l’histoire de Lewis, un orphelin de 12 ans à l’inventivité débordante, bien que n’ayant pas encore réussi à inventer une chose qui fonctionne, et désespérant de ne jamais trouver une famille. Pourtant, un jour, son quotidien morose est boulversé par sa rencontre avec un autre garçon qui dit venir du futur pour le protéger d’un étrange homme à chapeau melon et qui l’emmène à son époque. Là, il fera la connaissance des Robinson, des originaux à la limite de l’internement psy, et découvrira une vraie famille…

Nous sommes donc bien en pleine science-fiction, qui plus est dans un de ses sous-genre les plus complexes (le voyage temporel). Alors, c’est sûr, les nerds vont se gausser de la rigueur scientifique du film et de sa conception elliptique des paradoxes temporels, mais il n’empêche que cela nous permet d’être introduit à une vision du futur plutôt raffraichissante et colorée, un univers bigaré dans lequel nous allons pouvoir faire la connaissance de cette famille azimutée que sont les Robinson. Et c’est là qu’entre en jeu le second changement majeur que s’est permis Disney avec le temps : l’apparition de l’humour second degré. Je ne sais pas si vous vous rappelez le choc que fut le visionnage de Kuzco, l’empereur mégalo avec justement cet humour qui donnait le ton à l’ensemble du film (auparavant, cela était réservé aux sidekicks comme Timon et Pumba, par exemple), mais on retrouve un peu de cela dans la folie qui caractérise Bienvenue chez les Robinson avec une galerie de personnages touchant au grand n’importe quoi et aussi, tout simplement, touchants (c’est beau !) (n.b : mention spéciale au méchant, l’homme au chapeau melon, qui est tout simplement génial dans le genre maniaco-dépressif). Et que le réalisateur soit un des créateurs de Kuzco ne nous étonnera donc pas tant les deux films revêtent les apparats du « classicisme disneyen » – malgré ses images de synthèse, Bienvenue chez les Robinson opte pour un look réellement cartoonesque plutôt réussi – pour mieux les dynamiter de l’intérieur avec leurs gags.

Ce nouvel opus disneyen est donc une vraie bonne surprise et convainc bien plus que Chicken Little, dans un genre très proche, grâce à une folie plus assumée et donc plus maîtrisée (bizarrement). Les thèmes propres à la science-fiction étant de plus bien mieux traités (même si ce n’est pas non plus I, Robot), nous avons là un petit film qui ne révolutionnera pas l’industrie de l’animation mais qui s’avère malgré tout une chouette péloche distrayante et qui ravira enfants comme adultes (la formule sent grave le réchauffé mais, puisque c’est vrai, pourquoi m’ennuyer à dire autre chose ?).

sortie le 17 octobre 2007 

The Tripper

16 septembre, 2007

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The Tripper est le deuxième film de David Arquette (l’officier Deeway de la série des Scream) avec la casquette de réalisateur. Ce qui aurait pu nous faire craindre le pire (n’ayant pas vu le premier). En effet, acteur et réalisateur ne sont absolument pas le même métier, et le fait que le premier endosse le statut du second pourrait fortement paraître comme étant un caprice de « star ». Seulement, voilà, il existe des précédents de comédiens passant derrière la caméra et dont l’expérience c’est révélée être une sacrée réussite. Il n’y a, par exemple, qu’à regarder Mel Gibson – dont le dernier opus, Apocalypto, est une vraie bombe – pour s’en convaincre. Alors, pourquoi ne pas laisser le bénéfice du doute à David Arquette ? Surtout quand on le voit autant impliqué dans le projet, ajoutant en sus du poste de réalisateur ceux de scénariste, producteur et même comédien dans un petit rôle, parce que l’on ne se refait pas. Et quand, en plus, il s’agit d’un film d’horreur indépendant, un slasher ayant l’air assez marrant, eh bien on acceuille la chose avec la plus grande curiosité.

On assiste donc dans The Tripper à un festival hippie, façon « Woodstock à l’arrache dans les bois », et où un petit groupe de jeunes va voir le nombre de leurs relations réduit par l’arrivée d’un boogeyman sérieusement énervé par ces sales fumeurs de joints. Rien de nouveau sous le soleil, comme ça, sauf que ce sont le ton du film et son tueur qui vont faire la différence, la petite note d’originalité qui va faire plaisir. A savoir que David Arquette est un homme de gauche convaincu, assez porté sur l’humour, et qu’il a donc fait de son bad-guy un fier représentant de la droite dure américaine. Ce qui offre une approche un peu différente des canons du genre où le tueur s’en prend aussi à tout ce qui est jeune, sexué et défoncé, mais de façon implicite. Ici, on est en plein dans l’explicite, avec un boogeyman arborant fièrement les attributs d’un ancien président des Etats-Unis, le très libéral Ronald Reagan (un autre acteur qui a choisi de changer de métier, mais en moins bien là) et dont la haine des hippies devient chez « Ronnie » un facheuse habitude à les trucider. On regrettera seulement que cette caractéristique ne soit pas totalement respectée dans le film, le tueur allant jusqu’à hacher un républicain pur jus. Mais comme c’est l’occasion d’une blague énorme… allez, passons ! Parce que sinon, cette idée en apporte plein de petites autres très réjouissantes, souvent très marrantes, et que cela constitue chez « Ronnie » un background qui ne manque pas de sens, faisant de lui l’enfant d’un univers rude où les politiciens bien propres sont comme des soleils dans la lucarne de la télévision, éclipsant l’horreur d’autres images (celles du Viet-Nam) sans néanmoins les faire complétement disparaître.

On a donc là un boogeyman bien stylé,à la fois politisé et grotesque, mais cela suffit-il à faire un bon slasher ? Parce que l’on ne peut pas vraiment dire que le film fasse peur, ça non. Ni même qu’il soit réellement gore. Ou bien que le scénario, dans ses grandes lignes, sort des ornières du genre. Et puis certaines scènes de trip hallucinatoire adoptent un look piqué aux cinéma beatnik des 60/70′s qui fait un peu tâche, trop flashy. Alors, qu’est-ce qu’il reste ? Eh bien, plein de choses, à commencer par un casting qui donne vraiment l’impression d’être à la cool, même Thomas – Punisher - Jane dans le rôle d’un shérif autant stéréotypé que sympathique. Sans oublier Jason Mewes, le Jay du culte Jay et Silent-Bob Contre-attaquent, méconnaissable dans un emploi plus discret que ce à quoi il nous avait habitué mais à qui revient, malgré tout, la meilleure blague du film (vous verrez, c’est énorme). Un autre point positif serait la réalisation de David Arquette qui se permet quelques libertés, quelques expérimentations bien senties (si l’on fait exception de certains passages hallucinoïdes discutés plus haut) et qui démontrent, si ce n’est du talent, au moins une certaine application dans la mise en scène.

En fait, il ne faut pas chercher dans The Tripper les signes d’un quelconque chef d’oeuvre ultime, ni même ceux d’un modèle du genre, car ce serait se fourvoyer et passer à côté de ce que le film est vraiment, à savoir une petite péloche bien fun et ultra-fendard. Loin de la mouvance des films « ultra-violents » comme Saw et autres Hostel, The Tripper n’a donc d’autre objectif  que de divertir, un peu à l’image du Horribilis de James Gunn. Une petite série B efficace et sincère, aussi sympathique que prometteuse, voilà ce qu’est en fait le deuxième film de David Arquette. Et c’est déjà pas mal ! 

La Vengeance dans la peau

7 septembre, 2007

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Je préfère vous prévenir tout de suite – comme ça, ce sera fait – je ne suis absolument pas un fan des aventures de Jason Bourne. J’ai vu les deux premiers, j’ai trouvé qu’il y avait quelques scènes d’action très cools, mais ça s’arrête là. Le côté « James Bond réaliste » ne me plait pas plus que ça et ammène le même défaut qui est apparu chez 007 avec Casino Royal : je m’ennuie. Dès qu’il s’agit de l’intrigue, je ne sais pourquoi mais mon esprit flanche et je ne suis plus ce qui se passe. Ne vous attendez donc pas à ce que je vous fasse un résumé de cette Vengeance dans la peau, car je l’ai regardé en n’ayant rien à foutre de l’histoire. Et vous savez quoi ? Y en a pas besoin pour apprécier le film !

Parce que les fans seront peut-être très satisfaits de connaître enfin la véritable identité de Bourne et son passé (je spoile ou pas ? allez, il s’appelle Henri Jacquenmart et était épicier dans le 18e à Paris avant de devenir Jason Bourne) mais moi, ce que je veux, ce sont ces fameuses scènes d’action très cools. Et, de ce côté-là, on peut dire que La Vengeance dans la peau est sacrément fournie. C’est bien simple, il n’y a que cela ! Le film commence par un début « in medias res » (« en pleine action ») et ne s’arrête plus jusqu’à la fin. Et c’est pas des conneries ! Il n’y a quasiment aucune scène où Bourne peut se poser et réfléchir un instant à ce qu’il est en train de faire, car tout le film repose sur une unique chasse à l’homme, comme une unique et énorme scène d’action. Je m’explique. Dans une poursuite classique au cinéma, on utilise d’ordinaire la technique dite du « champ/contre-champ » : je montre un plan du gentil en train de courir, je montre un plan du méchant en train de courir, je montre un plan du gentil… etc; et quand ils se rencontrent dans le même plan, en général il y a baston (c’est simpliste mais c’est à peu près ça dans certains films). Eh bien La Vengeance dans la peau, c’est exactement ce principe mais appliqué à tout le film. Il n’y a qu’à remplacer le mot « plan » par « scène » !

D’où un rythme particulièrement soutenu, toujours sur la brèche car toujours dans l’urgence de la poursuite. Une riche idée vraiment bien utilisée et rendue palpable par une musique omniprésente et mais aussi, et surtout, par un filmage « à l’épaule », le style documentaire très en vogue qui offre un sacré peps à l’image quand il est aussi bien maitrisé qu’ici. Les scènes d’action sont donc toujours très lisibles, on ne se perd pas dans le flou comme cela est arrivé dans bien des films et c’est d’autant mieux que ce qu’il y a à voir est sacrèment tripant. Parce qu’il y a des cascades de malades, mais ce sont encore les courses poursuites qui se taillent la part du lion avec une brilliante gestion de l’espace. Deux, trois scènes mériteraient même de devenir des cas d’école tellement les différents points de vue à différents niveaux s’emboîtent sans jamais se marcher sur les pieds (la scène du journaliste « téléguidé » et la méga course-poursuite sur les toits du bled).

Cette Vengeance dans la peau enterre donc à plate couture les deux précédents et conclut de fort belle manière une trilogie qui ne me plaisait pas plus que ça. Si en plus le côté histoire est bien assuré – ce dont je ne me permettrai pas de parler – on tient là un des tous meilleurs films d’action de l’année. Et en plus, ça sort le 12 sur vos écrans ! 

Halloween

3 septembre, 2007

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Le Halloween original, celui de John Carpenter, a une place bien spéciale dans l’histoire du film d’horreur. Il marqua les débuts d’un nouveau genre, le slasher, en créant une nouvelle logique au film de frousse. En faire un remake aujourd’hui est donc une chose qui ne semblait pas couler de source car le film, bien qu’ayant vieilli, conserve encore son efficacité dans les moments intéressants. Ceux qui appréciaient le film depuis longtemps virent même cette nouvelle carrément d’un mauvais oeil au regard des récentes et médiocres versions. Jusqu’à ce que le nom du réalisateur attaché au projet soit annoncé : Rob Zombie. L’ancien leader d’un groupe de métal, devenu un réalisateur respecté dans la communauté de l’horreur en seulement deux films (La Maison des 1000 morts et The Devil’s Rejects). Un vrai fan, doublé d’un faiseur talentueux : la personne rêvée pour redémarrer la franchise sur de nouvelles bases. Et s’il s’avère que le film est très bon film, il souffre cependant un tout petit peu de la volonté du réal de montrer le côté « humain » de Michael Myers (sa condition pour participer au projet). Cela se manifeste par une cassure au milieu du film, le découpant en deux parties bien distinctes. Suivez le guide :

Il y a ainsi l’enfance, la partie originale et très bien réussie par ailleurs. On y découvre Myers enfant, son environnement et toutes les différentes pressions et autres traumas qui vont en faire un monstre. Là où cette partie fait fort, c’est dans la façon très logique qu’elle a de nous montrer la transformation de Myers, les différents rouages et étapes de sa métamorphose, parce qu’au début le gamin ne ressemble pas du tout à l’image que l’on a du célèbre tueur, celle de l’original : c’est un ado complexé comme beaucoup d’autres, avec une famille merdique mais réaliste (car le propos du film est bien que Michael vient de quelque part, pas comme dans l’original où à peine on découvre la famille qu’ils sont déjà morts et le gamin donc un tueur), qui souffre des brimades d’autres élèves de son école  et qui, surtout, parle ! Michael Myers ne parle pas, normalement, il est une force muette et implacable comme le couteau qu’il affectionne tout particulièrement. On se demande donc comment le réal (qui est aussi le scénariste) va faire pour l’amener à devenir un monstre et, finalement, tout s’assemble. Tout coule de source. Certains éléments sont là dès le début (le plus important étant le besoin de se cacher derrière un masque, mais aussi les prémisces d’une psychopathologie avec sa fascination pour les animaux morts et un fort complexe d’Oedipe), les autres arrivent avec une précision mécanique qui relève presque de l’étude psychiatrique dans la rigoureuse crédibilité du chemin parcouru par le jeune garçon (le premier meurtre peu maîtrisé et qui ne sert que d’entraînement pour celui de la famille, suivi de l’internement en HP qui devient un enfermement dans le mutisme,…). Petit à petit, le monstre naît devant nos yeux.

La première partie du Halloween nouveau cru opte donc pour le réalisme et réussit véritablement à proposer un regard neuf sur un personnage que l’on pensait fait d’un seul bloc. Mais qu’en est-il pour la seconde partie, celle qui est la plus proche du film de Carpenter ? Eh bien elle correspond à la principale (seule ?) faiblesse du film, car après cette première partie excitante et originale, on retourne dans le vif du slasher avec une trame qui respecte presque à la lettre l’original. Ce qui veut dire qu’il faut introduire tous les nouveaux personnages et futures victimes du monstre, ce qui implique forcèment un relâchement dans le rythme du film (surtout quand cela arrive au bout de presque une heure de visionnage). Fort heureusement, Michael Myers est déjà en train de traîner ses guêtres dans les parages et le festival de meurtres va très bientôt commencer, avec une grosse accèleration du rythme puisque Rob Zombie va compresser un film d’une heure et demie dans cette seconde partie d’une durée deux fois moins longue. Autant dire que ça charcute à la chaîne ! Et dans le style boucherie, le réalisateur a voulu conserver un certain réalisme, une rudesse dans les images et la réalisation qui offre une certaine virtuosité au slasher comme il a rarement l’occasion d’en profiter (l’excellent travail fait sur le montage et le son « coup de poing », qui vous prennent aux tripes et vous collent à la rétine). Cette seconde partie est donc plus crue, plus violente, plus sexe que l’original, ce qui rattrape largement la légère baisse de régime en milieu de métrage.

Le nouvel Halloween est donc un drôle de film, qui aurait très vite pu être bancal s’il n’était tenu d’une main de maître par Rob Zombie, l’homme qui prouve encore une fois l’étendu de son talent en nous offrant un putain de bon film d’horreur, à la fois novateur et respectueux (ils ont même conservé la musique originale, Dieu les bénisse !). Il faut aussi saluer deux performances d’acteurs qui font plaisir à voir : d’abord, celle de Sheri Moon Zombie qui prouve qu’elle n’est là uniquement parce qu’elle est mariée au réalisateur (elle est la mère dépassée du garçon), et celle de Malcom MacDowell qui est vraiment excellent en Dr Loomis, devenu désormais une vraie figure paternelle pour Michael. Parce que Halloween, c’est aussi un film avec du coeur. Et dans un coeur, il y a plein de sang…

Blades of Glory (Les Rois du patin)

1 septembre, 2007

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« Parce qu’ils se sont méchamment foutus sur la gueule lors d’une remise de médailles aux J.O., deux patineurs rivaux se voient retiré leur médaille d’or « ex-aqueo » ainsi que leur licence de patinage en solo. Plongés en disgrâce, chacun disparaît de la scène publique pour sombrer dans l’anonymat. 3ans 1/2 plus tard, les deux patineurs se retrouvent par hasard et, après s’être de nouveau méchamment foutus sur la gueule, s’apperçoivent d’une faille dans le jugement du comité de patinage : ils n’ont plus le droit de patiner en solo, mais rien ne leur interdit de le faire en duo ! Et les nouveaux J.O. étant proches, il ne leur reste plus qu’une solution : faire un couple homme/homme pour enfin remporter cette foutue médaille d’or !« 

Will Ferrell est un acteur étonnant à plus d’un titre. Déjà, il a une drôle de gueule, entre la brute des bois et le cocker larmoyant. Et il a un putain de talent pour la comédie, parce qu’il sait jouer de cette faculté faciale. Pas comme un Jim Carrey qui fait des grimaces (ce n’est pas péjoratif : je bénis Jim Carrey pour Ace Ventura et The Mask et pleins d’autre chaque jours que « Jim Carrey » fait), mais avec une subtilité toujours sur le point d’exploser. Et quand ça explose… mon « Jim Carrey » ! Que c’est drôle ! Dans Blades of Glory, son rôle du macho-man Chazz est donc un modèle de bêtise et de testostérone à l’américaine, une brute à paillettes et dont les mains lancent des feux d’artifices. Grandiose. Il faut le voir aussi lors de sa décadence et de la désormais scène culte du costume de sorcier. Vous verrez, c’est énorme. Will Ferrell est donc un des grands comiques américains actuels, sur qui peut quasiment se reposer le film pour réussir à nous faire rire (et il y réussit très bien).

Mais ce serait trop simple, car Will Ferrell, aussi génial qu’il soit, ne l’est jamais autant que lorsqu’il est confronté à un ou plusieurs autres acteurs de sa trempe (ça se vérifie très vite : mettez-le face à Nicole Kidman et vous obtenez Ma sorcière bien-aimée, cqfd ipso facto taratata). L’homme en charge de cela ici est Jon Heder, un quasi-inconnu dans l’hexagone alors qu’il est devenu une des nouvelles stars de l’humour aux states avec un seul film, Napoleon Dynamite. Ou l’histoire d’un nerd de l’extrême, ces types qui ressemblent à ce qu’était Bill Gates avant d’être riche (et aujourd’hui encore, d’ailleurs). Jon Heder est ainsi un acteur qui a un certain talent dans le registre de la « crevette qui s’écrase », ce qui fait du rôle de petit blondinet propret de Blades of Glory un emploi parfait pour lui, car il parvient à la fois à s’imposer et à mettre en valeur son partenaire (et réciproquement).

Blades of Glory jouit donc d’un duo d’acteurs vraiment excellents et qui font de ce film une perle de comédie, à la fois pure et complètement barrée. Mais plus encore, c’est une comédie qui parvient à surprendre en allant plus loin que les autres, car là où un film classique aurait pu s’arrêter (les 2 adversaires réussissent à devenir potes et à gagner une compèt’ en duo), cela correspond à peine aux trois premiers 1/4 d’heures de celui-ci. L’intrigue se relance, part sur de nouvelles choses, s’étoffe et permet aux héros de nous lâcher quelques autres blagues bien bonnes. Un modèle d’écriture que l’on peut sans prétention mettre entre Zoolander, Dodgeball et La Légende de Ron Burgundy.

Je n’aurai donc qu’un seul mot d’ordre : à la fin octobre de l’année 2007 après J.C. (oui, « J.C. » pour « Jim Carrey »), patinez jusqu’au cinéma le plus proche de chez vous (et qui passe ce film, sinon ça va pas le faire) et payez dûment votre place pour remercier un peu ces braves gens d’Hollywood de nous faire tant rire. Merci l’artiste ! 

28 Semaines plus tard

30 août, 2007

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Alors voilà, ça y est, j’ai vu 28 semaines plus tard et, malgré ma crainte inexpliquée des zombies (oui, bon, ce sont pas vraiment des zombies mais des « infectés ») (l’effet reste cependant le même : ils me font flipper), j’ai survécu à ce film que l’on pourrait qualifier de stressant. Ce qui veut bien dire ce que cela veut dire : le film ne fait pas vraiment peur. Enfin, disons que je n’ai eu aussi peur que je le craignais. Est-ce un mauvais point d’entrèe de jeu, alors ? Bah, pas vraiment, parce que si 28 semaines plus tard ne vous fait pas vous chier dessus, il peut au moins se targuer de vous foutre un putain de coup d’adrénaline ! 

« Il aura suffit de 28 jours pour que toute l’Angleterre soit dévastée par un mystérieux virus transformant les gens en bêtes assoiffées de sang. N’ayant plus rien pour se nourrir, les infectés commencèrent à mourrir de faim jusqu’à ce que, bientôt, il n’en reste plus un. Des militaires de l’OTAN réinvestirent alors le pays et sa reconstruction put commencer. On relogea les gens, les familles se réunirent, on réorganisa la société. Tout se passait pour le mieux… mais pas pour longtemps. Car à la 28ème semaine, le virus fait sa réapparition…« 

Il s’agit donc ici d’une suite suivant un modèle très en vogue en ce moment, celui du Aliens de James Cameron, ou comment jouer intelligemment de la surenchère pour se démarquer de l’original. « Bigger and larger« , comme disent les gens qui peuvent lire Shakespeare dans le texte. Un traitement qui tendrait à le rapprocher presque plus d’un film d’action que d’un véritable film d’horreur. Ce qu’il faut comprendre par là, c’est que l’on ne passe pas ici son temps à attendre qu’un de ces enfoirés de zombards veuille bien sortir de l’obscurité pour nous faire sursauter, ce qui demeure une technique efficace mais classique, presque trop facile (et donc préjudiciable). Au contraire, les premiers infectés que l’on voit sortent même de la lumière, c’est dire ! Il s’agit bien ainsi d’une horreur plus malsaine, plus « intellectuelle » dans sa façon d’être mise en scène et de par les thèmes qu’elle aborde (je ne peux pas trop en parler ici car je risquerai de vous défleurer 2/3 surprises qui ponctuent un scénario plutôt malin).

J’en vois qui sortent de la salle au mot « intellectuelle », mais rassurez-vous : dans 28 semaines plus tard, il y a du gore et du gun ! Et en quantité ! Car cette suite prend le contre-pied direct de l’original, en ne nous dépeignant non plus l’errance d’un petit groupe au milieu d’une Angleterre abandonnée et déshumanisée mais en nous faisant partager une nouvelle chute à grande échelle. Comme si l’on assistait aux évènements qui précédaient le réveil du personnage de Cillian Murphy dans 28 jours plus tard, ce chaos dont on ne voyait que le résultat. Il n’y a donc ici pas de place pour un suspense à base de « cheap tricks » car le danger est déjà là, partout, omniprésent. Une fois la seconde vague d’infection lancée (avec une scène très sympa et bien violente de foule en panique), le film ne relâche plus son rythme et il ne reste plus aux personnages qu’à courir, surtout « expression censurée » infectés, « expression censurée » se met à tuer « expression censurée » pour « expression censurée ». Seuls contre tous dans une course désespérée (le magnifique thème musical du film rend très bien cette idée).

Commençant par une scène d’anthologie (n’ayons pas peur des mots, car cette scène où l’on voit Robert Carlyle poursuivi au beau milieu de la campagne anglaise par plusieurs dizaines d’infectés a vraiment un « je-ne-sais-quoi » d’unique et de tétanisant) et se poursuivant agréablement avec de très bonnes idées (le napalm sur Londres, la scène très gore de l’hélicoptère,…), 28 semaines plus tard est ce qu’on appelle une excellente suite, peut-être même meilleure que l’original avec lequel elle partage ce regard dépité sur l’extinction de l’Homme à cause de l’Homme. Un film donc à la fois nerveux, speed, tendu, électrisant et stressant. 

ndr : vous remarquerez que cet article contient quelques « expressions censurées », ceci étant dû au fait que l’on m’a accusé de spoiler le film en ces lignes. Après explications avec l’accusateur (mabataille, tu fais chier mais t’as raison… on va dire, j’veux pas d’emmerdes, moi !), j’ai cédé et donc censuré cette phrase polémique. Pour ceux qui avaient déjà lu cet article (et qui le relisent présentement : merci les gars et les filles, ça fait chaud au coeur de voir que vous aimez autant ce blog), je m’excuse et je leur demande présentement d’oublier ce qui pouvait y avoir dans cette phrase. Ça m’éviterait d’avoir à aller chez eux pour les lobotomiser. Merci et vive la liberté d’expression sur internet ! 

1408

6 juillet, 2007

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Stephen King est un homme torturé et, en tant que tel, il aime à écrire sur lui, il en a besoin. On retrouve donc très souvent parmi ses héros des écrivains à la fois cyniques et désabusés, des « observateurs » qu’il arrive à faire vivre pour la simple raison qu’il en est lui-même un (et cela même s’il est en train de devenir aveugle suite à un accident de voiture). On retrouve ainsi dans ses écrits cette sincérité, ce réalisme qui ancre le fantastique dans le quotidien et le rend fascinant. Et 1408 ne déroge pas à la règle…

Un auteur, spécialisé dans les récits sur des hôtels prétendument hantés, loue une chambre réputée mortelle pour quiconque tente d’y passer une nuit. La 1408. Au départ plus que sceptique, il devra pourtant se rendre à l’évidence qu’il existe des forces contre lesquelles la Raison ne peut rien car il est entré, désormais, en Enfer.

Y a pas à dire, le pitch est simple. Mais c’est pas plus mal car cette apparente simplicité, 1408 est tiré d’une nouvelle et non d’un roman, va permettre à l’histoire de se caler dans le format cinématographique là où beaucoup des écrits de King conviennent mieux au format télévisuel (je suis un gros fan du téléfilm Ça depuis des années). Et même si l’on ressent une certaine longueur vers les 3/4 du film, le héros passant tout de même près d’une heure dans la même chambre, l’histoire reste suffisamment ingénieuse pour nous tenir éveillés, pour nous donner envie de connaître le mot de la fin.

Cela tient au fait que ce film est un véritable concentré de tout ce qu’ont pu nous offrir les histoires de maisons hantées depuis des dizaines d’années, entre apparitions fantômatiques, murs qui saignent, radio qui s’allume toute seule et autres plongées dans la folie paranoïaque. En cela, le film repose ainsi entièrement sur l’interprétation de John Cusack (excellent), ce personnage solitaire et désabusé qui se retrouve confronté d’un seul coup à tout ce qu’il a mis si longtemps à décrédibiliser, un festival de manifestations surnaturelles sans cesse plus violentes et perturbantes.

Sans être un chef d’oeuvre, 1408 est donc un petit film sympathique qui pèche malheureusement par son manque d’originalité intrasèque (plus un best-of qu’une véritable relecture du genre), ce qui ne l’empêche pas de se suivre agréablement avec sa réalisation assez soignée. Gageons que The Mist, future adaptation de l’auteur, saura éviter cet écueil et rendre un véritable hommage au talent de créateur d’histoires de King.  

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