Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Steak

30 juin, 2007

steak.jpg

Alors là, je suis bien embêté : je ne sais pas vraiment quoi dire de ce film. On ne peut pas dire que je n’ai pas aimé, non, mais on ne peut pas dire non plus que j’ai été franchement emballé. Le film est vendu comme une comédie (voire l’affiche avec fond blanc, classique, et la façon « discrète » dont est surligné le mot « comédie »), qui plus est avec Eric et Ramzy, et je m’attendais donc à une bouse façon Double Zéro ou Les Daltons. Tout ce que ce film n’est pas, en somme.

Là, je sens que les personnes ayant aimé La Tour Montparnasse Infernale (oui, j’en fais parti) (je l’ai même vu deux fois au ciné, c’est dire) bouillonnent d’excitation en se posant une question cruciale : « alors, ça veut dire que ces mecs ont réussi à refaire un film drôle » ? Bah non, désolé de vous gâcher le plaisir mais Steak ne vous fera pas hurler de rire. A moins que vous ayez des troubles psychotiques ou que vous adoriez les enterrements pour leur ambiance festive. Parce que ce film n’est pas vraiment une comédie. Enfin pas seulement, pour être plus exact.

On y trouve donc aussi un aspect dramatique assez poussé (en tout cas c’est du jamais vu pour Eric et Ramzy), du commentaire social en forme de parabole (non, pas comme Canalsat mais plutôt comme la Bible… façon d’parler), de l’humour froid comme un glaçon dans le maillot de bain en été et aux antipodes de la comédie française classique, de la science-fiction rétrograde,… En fait, il s’agit réellement d’un film d’auteur, presque un film d’art et essai tant Steak apparaît comme un ovni dans la vaste étendue cinématographique. Ceci étant, bien entendu, dû à son réalisateur, le véritable instigateur du projet et non Eric et Ramzy comme voudrait nous le faire croire la campagne de promotion.

Quentin Dupieux, c’est lui l’homme aux commandes, n’est ainsi pas qu’un réalisateur, il a déjà connu une gloire musicale il y a quelques années sous le pseudo de Mr Oizo. Vous vous rappelez ? Mais si, l’espace de marionnette poilue et jaune toute fripée qui battait la mesure sur un beat entêtant. Flat Beat ? La pub Levi’s ? Bon, laissez tomber. Ce qu’il faut en comprendre, c’est que Quentin Dupieux est un artiste touche à tout, un type qui ne peut se satisfaire d’un seul moyen d’expression (j’suis sûr qu’il touche aussi un peu à l’origami) et cela se ressent nettement dans son dernier film avec des ruptures de ton qui vous laissent comme une poule devant un cure-dent. On y voit par exemple, au début, Ramzy se faire martyriser par des brutes de son école, le pousser à bout, à un point tel qu’il finit par les descendre avec une mitrailleuse (et ce n’est absolument pas présenté de façon comique) puis, dans la scène suivante, Eric le croise et commence à jouer avec l’arme comme un gamin. Et tout le film est comme ça, ce qui est assez original mais en même temps très perturbant. Pas nul, mais autre.

Par contre, il y a bien une chose qui m’a réellement déçu : Jonathan Lambert qui est sous-exploité. Tout ceux qui, comme moi, l’ont vu dans la grosse émission sur Comédie! savent à quel point cet acteur peut être drôle, une montagne de méchanceté cachée derrière un visage d’enfant. D’ailleurs, c’est pour lui que je suis allé voir le film, parce qu’il se fait trop rare sur nos écrans (petits et grands), c’est dire si j’avais les boules pour ça (faut vraiment qu’il fasse un film en haut de l’affiche).

Donc, et pour résumer selon la méthode métalo-stoïcienne, je dirai que si vous avez envie de vous marrer comme des baleines vous perdrez votre argent en allant voir ce film. Si, par contre, vous n’avez rien contre les films comme vous n’en avez jamais vu, décalés et bizarres, eh bien cela pourrait s’avérer une expérience assez intéressante. A vous de voir ce que vous voulez voir. 

18771577w434h289q80.jpg  18771576w434h289q80.jpg  18771578w434h289q80.jpg

La Colline a des yeux 2

23 juin, 2007

hillshaveeyes2.jpg

Je suis quelqu’un qui n’aime pas trop quitter le confort douillet du « chez soi », qui n’aime pas aller découvrir de nouveaux endroits, voyager là où aucun pied humain ne s’est jamais posé… et j’ai bien raison ! Parce que le monde est dangereux, avec des salopards atomiques prêt à vous dessouder à tous les coins de rues, derrière chaque arbre, chaque rocher. Le monde est une immense tapette à souris et, heureusement, le cinéma est là pour nous en avertir. Avec un film comme La Colline a des yeux 2, par exemple.

Alors, quelle destination faut-il éviter cette année ? Eh bah, comme l’année dernière, c’est le Nouveau-Mexique et ses terres rongées par les expériences nucléaires mais, avouons-le tout de suite, ce numéro 2 est très loin d’égaler l’excellence de son prédécesseur. Et mettons les choses au clair : je ne suis pas un gros chauvin qui garde une rancune tenace contre les allemands (car le réalisateur est grecque… mais non, il est allemand ! Vous suivez ou quoi ?), cependant on ne peut que constater la supériorité du film D’Alexandre Aja sur celui de Martin Weisz, le frenchie ayant accouché d’un film à la fois viscéral, violent, malsain et complétement barré. Mais est-ce la faute du réalisateur allemand si son deuxième film ne retrouve pas ce niveau d’excellence ? Bah non, bien sûr que non !

Car depuis le premier, un nom est réapparu en gros sur les affiches de la franchise (la bande-annonce française va même jusqu’à dire que le film est de lui alors qu’il n’est que producteur), celui-là même qui l’a instigué il y a quelques années : Wes Craven. Et s’il a fait quelques très bons film par le passé, force est d’avouer qu’il a aujourd’hui carrément perdu la gniaque, le feu sacré (à ce propos, il faut voir Cursedet son loup-garou tout moche qui fait des doigts d’honneur pour comprendre). Pourtant le succès du remake a dû réveiller en lui ses instincts de boucher mercantile, car le revoilà sur le devant de la scène, allant même jusqu’à signer le scénario lui-même avec l’aide de son fils (« du piston ? où ça ? non, j’ai jamais eu besoin de piston pour réussir ! »). Et c’est là où le bat blesse fortement : Craven n’est pas Aja, et son scénar’ est à mille lieux d’égaler l’intensité émotionnelle du premier, ce qui fait de cette colline numéro 2 un simple jeu de massacre, l’occasion de vous faire sursauter tout en matant des bidasses se faire méchamment déssouder. Et je ne vous parle même pas de la présentation des persos, à pleurer tant les dialogues sont nuls et basés uniquement sur des insultes gratuites.

Voulu comme une suite à la Aliens (comprendre « bigger, larger, louder« ), La Colline a des yeux 2 ne réinvente pourtant pas l’original comme le faisait le film de James Cameron, il ne fait que reprendre les poncifs du genre en les multipliant par deux (seule innovation notable : les méchants ne sont désormais plus des marginaux dégénérés mais de vrais mutants monstrueux). Alors est-ce que le film est mauvais ? Non, quand même pas. On ne s’ennuie pas et on en a pour son argent en matière de massacres sanglants, mais il souffre terriblement de la comparaison avec le premier opus. Juste un petit film sympa, donc, sans plus.

18752876w434h289q80.jpg  18752879w434h289q80.jpg  18752878w434h289q80.jpg

A l’intérieur

19 juin, 2007

alintrieur.jpg

Une femme enceinte jusqu’aux dents et qui a perdu son mari quelques mois auparavant, dans un terrible accident de voiture, se clôt chez elle le soir de noël, seule et amère. L’accouchement doit être provoqué le lendemain mais risque pourtant d’arriver plus tôt que prévu, une étrange femme pénétrant à l’intérieur de la maison et étant fermement déterminée à voler ce bébé. Quitte à tuer pour cela…

Avec un pitch aussi simple, on est en droit de s’attendre à un véritable exemple d’efficacité et, de ce côté-là, on n’est pas déçu : l’histoire ne tarde pas à se mettre en place, on arrive rapidement à l’affrontement entre les deux femmes qui ne s’éternise pas inutilement (le film fait 1h20) et la tension reste présente tout du long sans que rien ne vienne la perturber. De ce côté-ci, le film est donc une véritable réussite. Pourtant…

Pourtant, on ne peut s’empêcher de ressentir comme un manque, un « je-ne-sais-quoi » qui aurait fait de A l’intérieur autre chose qu’un film très sympathique et hautement recommandable. Est-ce dû au scénario, finalement peut-être trop simple et ne pouvant éviter un certain côté « cyclique » (une personne rentre, se fait tuer, puis une autre suit,…) en plus d’être assez prévisible ? Ou bien peut-être est-ce dû à Alysson Paradis, qui n’apparaît jamais comme sympathique et que l’on souhaite donc voir crever ? Ou bien encore, peut-être est-ce dû à cette french touchauteurisante qui, si elle est un gage de qualité formelle, empêche néanmoins le film d’être vraiment fun ? Ce qui était déjà le cas sur Haute tension et Ils et l’est encore plus ici.

Le renouveau du cinéma de genre français passe donc par une approche sérieuse du sujet, réaliste même tant aucune place n’est laissée au second degré (en même temps, le second degré à la française nous a donné Bloody Mallory qui était une vraie daube) et il faut ainsi attendre que les talents bien de chez nous s’exportent aux States pour accoucher de films parvenant à jouer sur les deux tableaux. Pour nous offrir un spectacle total comme l’était le remake de La Colline a des yeux. C’est triste, mais c’est comme ça, surtout que l’on sent que ça les démange avec ces petites touches de fantastique qui pointent le bout de leur nez à chaque fois.

Il faut néanmoins rappeler que A l’intérieur est un premier film et que, en tant que tel, il laisse présager du meilleur pour l’avenir. Que ce soit la réalisation, efficace et classe; le gore sans concession et qui vous prend aux tripes ou bien une Béatrice Dalle réellement flippante (ses premières apparitions la classent direct dans le panthéon des monstres du cinéma), le film ne manque pas de qualités évidentes et mérite donc amplement d’être découvert. Surtout que les initiatives de ce genre dans le paysage cinématographique français sont rares et qu’il est donc d’utilité publique de les cautionner. Et le premier que je chope en train de le télécharger, je lui latte les couilles si fort qu’il en rôtera du foutre pendant deux semaines ! (téléchargez donc Hostel 2, plutôt)

alintrieur2.jpg  alintrieur3.jpg  alintrieur1.jpg

Boulevard de la Mort

8 juin, 2007

boulevarddelamort.jpg

Pourquoi ? Pourquoi, Seigneur, est-ce que je me fais avoir (presque) à chaque fois par Tarantino ? Peut-être est-ce à cause des promesses que font ses films, vendus comme des moments de fun cinématographique absolu (matez un peu l’affiche !) ? Peut-être est-ce à cause de ses talents de réalisateur, parce qu’il en a, l’animal ? Ou bien peut-être est-ce la faute à sa tronche de cartoon sous acide ? Toujours est-il que, exception faîte de Kill Bill vol.1, je pense à chaque fois voir un bon film et je me retrouve à me faire chier devant une péloche bavarde et… bah non, en fait, son seul vrai GROS et ENORME problème sont les dialogues, sa marque de fabrique. Et moi, les persos qui parlent pendant une heure et demie pour ne rien dire et laisser l’histoire stagner, je n’appelle pas ça un moment de fun cinématographique absolu. Boulevard de la Mort correspondant parfaitement à cette description.

« Deux groupes de filles vont faire la rencontre, malheureuse, de Stuntman Mike, un ancien cascadeur qui, au volant de sa voiture à l’épreuve de la Mort (Death Proof, le titre en v.o.), aime à écraser les jeunes femmes comme d’autres les hérissons« .

Ça papote donc sévère dans ce film, autour de sujets dont l’intérêt vous fait frôler l’apopléxie cérébrale (sérieux, à un moment, je commençais à saigner des oreilles), et on se demande alors où sont passées les promesses d’un slasher avec, en lieu et place d’un couteau, d’une hache, ou d’une perçeuse, une voiture super flippante conduite par un véritable bad-ass motherfucker. Le bad-ass motherfucker (Kurt Russel, Snake Plissken forever) est bien là, c’est vrai, mais le slasher… je sais pas, peut-être j’ai dormi sans m’en rendre compte. Parce que mis à part une scène de meurtre exploitant son sujet et quelques éléments ici où là, le reste du film est tellement noyé sous ses dialogues que l’on a l’impression de regarder une version un peu trash de Sex and the City (sans mentir, les héroïnes passent plus de la moitié du film autour de tables diverses, à boire et à parler). Quand, en plus, les dialogues sont débités par des personnages inintéressants au possible (mention spéciale à Zoe Bell, cascadeuse de son état jouant son propre rôle et trouvant le moyen de mal le jouer) (mais alors vraiment, VRAIMENT mal), on a vite fait de décrocher et d’attendre simplement que ça veuille bien finir.

Par contre, côté technique, il n’y a rien à redire. Tarantino sait vraiment faire de la belle image et, si ça n’aide pas à rendre les dialogues plus digestes, ça porte par contre les autres scènes à un vrai niveau de plaisir sur pellicule. La mise à mort du premier groupe de pétasses (ne voyez pas là l’expression d’un sexisme quelconque : ce sont vraiment des pétasses) est ainsi un pur bijou de montage, à la fois totalement chaotique et parfaitement ordonné. Autre excellent point : la course poursuite finale bien tendue, avec de belles cascades et de la bonne tôle froissée, et cela malgré ses héroïnes peu crédiblement hystériques et revanchardes. 

N’étant pas famillier des films GrindHouse, peut-être alors suis-je passé à côté de ce que le film voulait faire, ou reproduire. Peut-être même est-ce à dessein qu’il soit coupé en deux parties distinctes, donnant l’impression de regarder deux moyen-métrages n’ayant en commun que le perso du méchant (ce qui devrait logiquement faire de lui le héros, mais comme on le voit moins que le derrière des actrices…). Ou bien encore, peut-être est-ce fait exprès qu’il soit nul et que c’est pour ça qu’il est bien, en réalité (?). Dans tous les cas, je me suis encore fait avoir par le sieur Tarantino avec ce film qui est une véritable arnaque. Espérons que le Planète Terreur de Rodriguez saura relever la barre (ce qui ne sera pas très dur).

boulevard3.jpg  boulevard1.jpg  boulevard2.jpg 

Abandonnée

2 juin, 2007

affiche.jpg

Marie, une productrice américaine de 40 ans, part pour la Russie à la recherche de son passé. Abandonnée dès son tout jeune âge, elle découvre que les raisons de cet abandon cachent un fait-divers sordide, mystérieux, et hérite de la maison familiale perdue au milieu de nulle part. Là, elle fera une rencontre qui boulversera sa vie… et affrontera les reflets de son passé maudit.

Ce film ayant eu de très bonnes critiques, j’y suis allé en confiance, certain de passer un bon moment (et redoutant d’avoir peur, mais ça fait partie du jeu). Pourtant, et même si j’ai bien aimé le film, je ne peux pas dire que ça ait été la surprise à la quelle je m’attendais (et donc, pour le coup, ça a été une vrai surprise). Sa principale (unique ?) faiblesse est ainsi son scénario qui, bien qu’il soit habilement ficelé et un digne représentant du genre dit « de maison hantée », n’en évite pas moins les poncifs de ce type d’intrigues, ce qui désamorce réellement le suspense au niveau des révélations sur le passé de l’héroïne ou la nature des döppledangers (des fantômes/doubles assez stylés et plutôt flippants). Dans un style relativement proche, et d’un autre réalisateur espagnol, Les Autresse révélait beaucoup plus surprenant et novateur avec son traitement d’une ghost-story. Mais là n’est pas l’intérêt d’Abandonnée.

Parce que même si le film ne vourra pas faire des bonds sur votre siège (le réalisateur évite les cheap-trickstrop faciles, comme « le chat qui sort du frigo » ou la fameuse « main qui rentre brusquement dans le champ »), il fout véritablement mal à l’aise grâce à sa réalisation aux petits oignons. Que ce soit la photo superbe (regardez les images et ces couleurs !), le cadrage, le montage ou la musique, tout est orchestré pour vous plonger dans cet univers glauque et déprimant, vous mettre aux côtés de ces personnages qui perdent la raison (le réalisateur avoue avoir voulu adopter un style proche du documentaire). Il y a aussi quelques idées assez originales comme cette scène où le faisceau de la lampe torche révèle le passé par fragments. Et il y a bien sûr les fantômes, dont le design « simple » ne les prive pas d’une aura terrifiante.

Abandonnée, en l’état, constitue ainsi un brillant exercice de style, la nouvelle révélation d’un talent prometteur (putain, ils sont forts ces espagouins, quand même) que l’on aimerait voir s’atteler au plus tôt à des projets un peu plus consistants au niveau de l’intrigue. Un réalisateur à découvrir, donc.  

18748900.jpg  18748901.jpg  18737865.jpg

Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde

26 mai, 2007

piratesdescarabes3.jpg

Attention, capitaine ! Grosse bouse à tribord  !

Bon, j’imagine très bien ce que vous pensez et ça doit ressembler à peu près à ça : après la critique sur Spiderman 3, vous vous dîtes que ce type (moi) n’aime pas les super-productions américaines, ou bien que je suis difficile, ou juste un gros casse-couille (les 2 dernières propositions ont une part de vérité) (la 1ère critique où le critique est critiqué… ça fait réfléchir). Mais avec ce film, franchement, c’est mérité. Disons que si le film de Sam Raimi était « un coup de couteau dans le dos » (c’est juste pour l’image, hein, je ne suis pas non plus sur le point de voler jusqu’aux states pour mettre une branlée au père d’Evil Dead), Pirates des Caraïbes 3 est une balle dans la tête, le viol des membres féminins de ta famille, la profanation du tombeau de tes ancêtres et l’urinage sur tes plants de tomates. Le tout avec le sourire !

Pourtant, l’épisode 2 avait été une vraie bonne surprise, surpassant largement le premier grâce à la bonne idée d’en gommer les principaux défauts (c.à.d. + d’action, + de monstres, – d’Orlando Bloom et de Keira Trucmuche, – d’intrigues de trahison à la mord-moi-le-noeud,…). Eh bah, devinez quoi ? Pour le troisième, ils sont revenus aux sources ! Comme ça fait plaisir… Petit inventaire de ce qui ne va pas (attention, il se peut que ça spoile sévère) :

Le film se recentre sur les humains et leurs allers-retours incessants entre petites trahisons et réconciliations sans queue ni tête, les monstres passant donc au second plan et Davy Jones devient même risible (je pensais pas que c’était possible tellement il est stylé). Mais il est pas tout seul parce que, en plus des têtes à claques Orlando Bloom et Keira J’ai-la-flemme-de-chercher-son-nom-sur-le-net (qui sont toujours aussi nuls, merci pour eux), le fameux capitaine Sparrow lui-même est baclé  avec des vannes qui tombent à plat 92% du temps (j’ai compté). Pour ceux qui voulaient voir un peu plus le superbe Kraken, désolé, mais ce sera pas dans ce film (vous verrez l’explication, c’est à pleurer tellement ça aurait pu être une scène splendide et tellement on ne nous la montre pas du tout) ! Et pour ceux qui voulaient voir Chow Yun-Fat se battre  comme un pirate, désolé, mais ce n’est pas là non plus qu’il faut chercher (le con trouve le moyen de mourrir au bout d’une 1h 15 de film). Et Keith Richard ?… J’ai pas envie de dire du mal d’une pierre qui roule. On pourrait aussi parler des ajouts qui font tâche avec les autres films (depuis quand Davy Jones peut passer à travers les objets ?), mais on va m’accuser de mauvaise foi, alors j’arrête là…

Enfin, il y a juste encore un truc : vous avez vu, dans la bande-annonce, la réunion de tous les seigneurs pirates ? Ça faisait envie, hein ? Tous ces monstrueux pirates réunis, avec leurs particularités et leur armada, prêts à se battre contre une centaine de bâtiments de guerre, ça aurait pu donner un truc génial digne du final hypothétique du manga One Piece, non ? Eh bah non. C’est tout gâché. A tel point que l’on ne les voit pas se battre, pas plus que la centaine de bâtiments de guerre. Tout ça, c’est juste pour faire joli… mais ça fait juste chier.

Alors c’est dommage, parce que le réalisateur est quand même plutôt bon (il subsiste quelques très, très beaux plans) et qu’on attendait un final en apothéose, mais l’ensemble est foutu en l’air par un scénario hasardeux qui se perd sur la durée (et en 2h40, il a le temps de bien se paumer comme il faut) et qui laisse s’exprimer des personnages tout juste bons à se faire tuer au second plan (Orlando Bloom et… bon, vous avez compris). Plus qu’un abordage, un véritable sabordage…

18704344.jpg  piratesphoto5.jpg  18753530.jpg

Zodiac

18 mai, 2007

zodiac.jpg

Zodiac raconte l’histoire vraie d’un tueur en série ayant sévi aux U.S.A fin 60′s/début 70′s et qui n’a jamais été arrêté. Vu que le film dure plus de 2h30, on pouvait craindre d’être baladé tout ce temps pour ne déboucher sur rien mais, à la manière du J.F.K.d’Oliver Stone, le film de David Fincher se permet néanmoins d’énoncer clairement sa théorie (basée sur le livre-enquête d’un des personnages), ce qui se révèle être à la fois une force (un film sans fin amène toujours la frustration) et une faiblesse (la théorie est peut-être crédible, mais rien ne dit qu’elle soit réelle). Cette dualité, on la retrouve d’ailleurs au sein même du film qui se composerait plutôt de deux films bien distincts.

La première suit ainsi la période de gloire du Zodiac, avec ses meurtres, l’enquête, la médiatisation. La réalisation fluide de Fincher nous fait pénétrer de plein front dans cette époque, on assiste à la « déchéance » de tous ceux qui essayent de coincer cet assassin apparemment très malin. Il s’agit là de la partie officielle.

La seconde nous fait suivre, après coup, l’enquête menée en solo par le personnage de Jake Gyllenhaal (il est celui qui a écrit le livre qui a inspiré le film… vous suivez ?). La partie officieuse, « romancée » pourrait-on dire, mais aussi celle qui justifie la structure du film. En effet, on a assisté dans la première à l’impuissance de la police car la collaboration entre les différents services, les différents états, peine à se faire. Il faudra donc qu’un homme seul réunisse toutes les pièces, auprès de tous les intervenants de la première partie, pour reconstituer le puzzle (prouvant ainsi que le tueur n’est pas si malin, le fameux message codé n’étant qu’un moyen de faire parler de lui). Tout le film ne tend donc que vers ça, et c’est plutôt bien car sinon il n’y aurait pas vraiment de film.

Cette dichotomie (oui, j’ai du vocabulaire) pourra en gêner certains (il y a vraiment une différence de ton entre les deux parties), mais la réalisation de Fincher ayant considérablement mûrie (finis les travelings à travers les serrures ou anses de cafetière) pour s’adapter à son sujet, on se laisse embarquer dans cette enquête policière qui vous tient en haleine, surtout dans la seconde partie où le héros est mis en danger. Le film de la maturité pour Fincher ? Peut-être bien. Un bon film ? Très certainement !

18760970.jpg  18760956.jpg  18760968.jpg 

Pur Week-end

11 mai, 2007

affiche.jpg

Parce qu’il faut encourager le cinéma français quand il propose autre chose que des casse-couilleries auteurisantes (si, il faut), je suis allé voir ce film avec un sentiment partagé et cela pour deux raisons :

1 – ça a fortement l’air d’une comédie (le casting, l’affiche)

2 – je savais que ce n’en était pas vraiment une

Et au visionnage, ce sentiment se trouve parfaitement confirmé. Le film a toujours le cul entre deux chaises, ça oscille, ça se déhanche mais, bizarrement, c’est en cela que réside sa force. Comédie de dialogues sur une situation dramatique, on se laisse entraîner dans cette histoire abracadabrantesque principalement grâce au jeu des acteurs. Ce sont eux qui tiennent le film, qui rendent ce groupe d’amis sympathique.

Parce que l’histoire, elle, est pas toujours terrible. Si les relations entre les potes sont bien écrites, le reste ne peut pas en dire de même. L’intrigue « policière », avec la recherche d’un autre évadé (peut-être je spoile, là, non ?) (non, pas vraiment) et une fliquette à baffer sévère, offre ainsi peu d’intérêt, elle n’est qu’un prétexte servant de moteur au véritable noyau du film. D’où le « cul entre deux chaises », l’improbable croisement entre Les Randonneurs et Le fugitif, ce ton particulier qui fait toute son originalité.

Et vu que, aujourd’hui, l’originalité se fait rare… 

1...7576777879