Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Hairspray

1 septembre, 2007

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La comédie musicale est vraiment un genre cinématographique étrange. Quand on l’utilise, on peut parler de tout car tout passe comme une lettre à la poste, on peut montrer n’importe quoi sans que cela soit remis en cause,… car la comédie musicale dédramatise tout. Elle est « second degré » par nature, extra-réelle. Non pas que l’on ne peut pas être ému mais, à moins d’être neurasthénique, il est difficile d’être triste devant une comédie musicale (voyez les films indiens, et tout particulièrement les drames – ce qui veut dire presque tous – qui sont les plus marrants). Alors quand on doit parler de sujets aussi lourds que l’intégration et la différence, pourquoi ne pas le faire en musique ?

Hairspray narre donc l’histoire d’une jeune fille un peu trop grosse dans le modèle de perfection des sixties, ce qui ne l’empêche pas de rêver de participer à un show musical télévisuel dont elle est fan. Tout particulièrement l’émission du mardi, le « negro day » où les noirs peuvent s’exprimer en dansant et chantant à leur façon. Grâce à sa forte personnalité et à un certain talent de danseuse, la jeune fille parvient à réaliser son rêve et intégre l’émission, mais c’est pour mieux découvrir la ségrégation qui ronge les usa de l’époque. Courageusement, et en chanson, la jeune fille changera tout ça (on va me dire encore que je spoile, là, mais tout le monde se doute qu’une comédie musicale sur l’intégration et le racisme aura un happy-end, ou alors on tient là l’exemple d’un des rares blockbusters néo-nazis).

On pourrait craindre avec un tel scénario que Hairspray ne soit qu’une énorme guimauve meringuée, ce qui est un peu le cas, mais cela fait en fait parti du délire, cette béatification qu’avaient les sixties sur elles-mêmes et la façon dont elles se représentaient. Cela s’explique aisément par l’origine du film, une autre version (non musicale, celle la) sortie en 1988 et réalisée par John Waters (qui a un caméo très rigolo), plus communément connu sous le surnom de « Pape du Trash ». A savoir qu’il s’était spécialisé dans les excès, tous les excès, que ce soit faire bouffer une vraie merde de chien à l’un de ses acteurs – ou actrice, parce que c’était un travelo qui jouait d’ailleurs déjà le rôle de Travolta dans l’original - ou bien user d’une caricature appuyée pour railler ce qui n’allait pas dans son environnement (la ville du film, Baltimore, est sa ville natale). Et on retrouve quelque peu cette influence dans le film, une très bonne chose puisque cela nous offre quelques blagues assez décalées et un ton qui évite trop la miévrerie, ce qui est toujours pas si mal quand on parle du remake d’un film à partir de la comédie musicale qui en avait été tirée.

Mais le principale dans une comédie musicale, si ce n’est la comédie, c’est le musical ! Et de ce côté, le film s’en sort plutôt bien avec des morceaux qui swinguent sévère, qui balancent grave, complètement bath, quoi ! Les numéros de danse ne sont pas en reste et offrent une assez grande variété de configurations (chanson en solo, en groupe, en montage alterné,…)  et de styles qui maintiennent le rythme sur près de deux heures. Le tout avec le classicisme des comédies musicales d’antan, ce qui signifie  beaucoup de caméras fixes mais toujours ce côté clinquant et foisonnant qui fait de l’image un véritable spectacle, qui la rend vivante. Car c’est pour ça qu’étaient faites les comédies musicales à l’époque : en foutre plein les yeux et les oreilles.

S’appuyant sur un casting 4 étoiles où tous tirent leur épingle du jeu, Hairspray est donc un film très sympa et une excellente comédie musicale. Bon, c’est sûr que les classiques que sont The Rocky Horror Picture Show ou Phantom of the Paradise peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles, mais en cette période de rentrée grise et de politique de plus en plus à l’extrême droite, ça fait plaisir de voir un petit film qui se veut juste divertissant, positif, et qui le fait bien. 

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Evan Tout-Puissant (Reloaded)

28 août, 2007

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Comme je m’étais promis de le faire – dans ma critique « div-x-nation » – si l’occasion se présentait, je suis allé voir Evan Tout-Puissant au cinéma (prenez ça dans votre face, détracteurs du div-x !). Histoire de confirmer mon opinion plutôt excellente de ce petit film (c’est rigolo de dire « petit » parce que c’est le plus gros budget jamais alloué à une comédie) (qu’est-ce qu’on se marre !), mais ce nouveau visionnage m’a contraint à revenir en ces terres désolées pour apporter quelques petites précisions. Comme j’ai déjà bien parlé de ce film (cherchez dans la catégorie « Div-X-nation »  pour retrouver la critique complète), je vais faire très vite et ne gâcherais le temps de personne.

Numero uno : la vf craint. Mais vraiment, elle craint ! Ça étonne quelqu’un ? Personne ? Comme c’est étonnant…

Numero doue : la vf craint… ah non, je l’ai déjà fait, ça. Ah, oui ! Les commentaires sur Dieu que j’avais mal compris en vo non sous-titrée ! Ou comment on nous explique que le Déluge invoqué par Dieu n’est pas un système d’épuration à faire pâlir de jalousie les nazis mais bien un acte d’amour… bah oui, les animaux viennent par paire pour… s’aimer… et tout ça. J’avais donc manqué ces quelques petites touches d’hypocrisie quand j’avais le cul vissé devant mon ordi, mais au cinéma on ne peut pas passer au travers. Voilà, c’est pas très méchant mais ça rend quand même le film un peu moins sympathique. Dommage.

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Ratatouille

28 août, 2007

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« Rémi, petit rat de campagne, est un passionné de cuisine. Un jour, par sa faute, toute sa colonie est forcée de déménager et il se retrouve à voler de ses propres ailes dans Paris, la capitale de la gastronomie. S’incrustant dans un restaurant légendaire, il va se lier d’amitié avec un humain maladroit, chacun profitant de cette association pour réaliser ses rêves…«  

Grandiose ! Avec ce nouveau film, Pixar confirme le sens de l’excellence que l’on retrouve presque toujours dans leurs films, ce génie dans la façon d’aborder l’animation par informatique et qui renoue habillement avec la méthode classique. Ratatouille, c’est un dessin animé à l’ancienne fait avec des méthodes contemporaines, parce que c’est dans les vieux bols que l’on fait les meilleures ratatouilles, bien sûr ! (hahaha… j’vais m’pendre)

Ce film a donc beau être, comme à chaque production du studio, une avancée dans la maîtrise des images de synthèse (avec des textures plus réalistes, des mouvements plus fluides, des volumes plus concrets, des poils plus luxuriants,…), il n’en demeure pas moins qu’il se prévaut d’une certaine tradition disneyenne de l’animation. Si l’on prend le cas des personnages et de leur character-design particulièrement réussi, par exemple, on remarque qu’ils sont stylisés à l’extrême et ne cherchent pas à imiter le réel comme pourrait le permettre l’informatique (voyez Beowulf). Le cadre de l’histoire (un Paris fantasmé et hors du temps) et le comique (basé uniquement sur les situations et les personnages) participent aussi de cet effort, ils sont pensés de façon à avoir toujours autant d’impact dans 10, 20 ou 60 ans. Il s’agit donc bien ici d’un véritable dessin animé, un de ces « grands classiques »  intemporels qui ont fait la réputation du studio Disney depuis près de 70 ans. Un « grand classique » brillant.

Mais il ne faudrait pas mettre tout le crédit du succès de ce film sur le compte de l’héritage disneyen, ce serait oublier l’homme aux commandes : Brad Bird. Ancien transfuge de la série « Les Simpson » sur laquelle il a acquis des bases plus qu’excellentes, le sieur s’est réellement fait remarquer avec son premier long-métrage, Le Géant de Fer, un des derniers grands dessins animés à l’ancienne. Puis il a retourné tout le monde avec Les Indestructibles, chef d’oeuvre de l’animation « adulte ». Et aujourd’hui encore, son talent explose au travers de Ratatouille : la réalisation est virtuose, ne serait-ce que par rapport au brio avec lequel elle fait cohabiter des personnages à échelles si éloignées dans un même plan. Et, puisqu’il s’agit d’animation par ordinateur, les libertés que l’on peut prendre avec la « caméra » s’en retrouvent décuplées, Brad Bird les utilisant plus qu’efficacement : la scène de la première soupe de Rémi (le rat-héros), dans le restaurant, est donc instantanément une scène d’anthologie avec sa caméra sans cesse en mouvement, accompagnant chaque geste du perso, chacun de ses regards avec une fluidité hallucinante. Et des scènes d’anthologie comme celle-ci, le film en compte beaucoup.

Ratatouille est ainsi un véritable chef d’oeuvre, un petit bijou de film d’animation avec un scénario solide, une réalisation béton, une musique excellente,… Je ne vois pas ce que je peux dire de plus : si vous n’avez pas compris que vous devez courir au cinéma, je ne peux rien faire pour vous.

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Transformers

26 août, 2007

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Il est des films que l’on attends avec un plaisir sadique logé au fond du bulbe, des films qui font baver parce qu’ils semblent n’avoir été créés que pour satisfaire à nos instincts les plus primaires, les plus jouissifs. « Moi faire grosse fight dans la ville et tout péter ! », enfin vous voyez le genre. Transformers apparait comme étant de ceux-là, le pur trip à geeks, un cadeau offert à tous les fanboys qui n’attendent – présentement - que de voir des robots monstrueux se foutre sur la gueule comme des sagouins. Et puis on se rappelle que l’argent est une valeur qui a sa p’tite importance dans nos sociétés, de nos jours. Et que les geeks, bien que très sympathiques (Dieu les bénisse !), ne constituent qu’un infime pourcentage de la population (0,07 %, me souffle-t’on). C’est donc fort logiquement que ce qui devait être le geek movie de l’été se voit finalement être un simple blockbuster calibré pour une rentabilité maximale, un film pas vraiment mauvais mais terriblement moyen. Explications :

Les robots, bien sûr, en premier lieu. Ils étaient l’aspect le plus excitant de Transformers (dire qu’ils étaient l’unique raison de son existence est même encore un euphémisme) et sont donc la première source de déception massive que distribue généreusement le film de Michael Bay. Ils souffrent ainsi d’une personnalisation trop importante, ce qui pouvait coller dans le dessin animé où ils étaient les seuls personnages dans un univers complètement fictif mais qui fonctionne beaucoup moins bien dans un film live. Les robots géants représentent un intérêt en cela qu’ils jouent sur le contraste avec le réalisme, il est en effet intéressant de voir, s’ils existaient, comment ils se déplaceraient, se battraient, les bruits qu’ils feraient,… toujours avec cette idée de grandeur, de démesure, de force. On imagine qu’ils vont être super impressionnants, galvanisateurs à l’extrême, et on se retrouve en fin de compte avec un robot qui fait du breakdance et parle comme un rappeur… Bon, d’accord, il n’y en a qu’un seul comme ça, mais tous les autres n’en souffrent pas moins d’un traitement bien par-dessus la jambe. Le réal n’aime pas vraiment les robots, ou tout du moins il n’y connait rien, et ça se voit. Clairement. Entre des scènes risiblement absurdes (la partie de cache-cache dans le jardin) et des combats gâchés par une réalisation épileptique et innapropriée (les scènes, difficilement lisibles, ne mettent presque jamais en valeur le choc des mécaniques), il est donc bien difficile de sauver les transformers de la casse où ils semblent aller bille-en-tête. 

Et il ne faut pas compter sur le scénario pour relever le niveau tant il se contente de… de… bah de rien, en fait. Il n’y en a pas vraiment, ou tout juste un vague intrigue (les Autobots et les Decepticon s’apprêtent à clore une lutte millénaire et intersidérale sur notre belle planète bleue, tout ça pour récupérer un cube mystérieux aux pouvoirs infinis… quoi ?) qui relie les évènements et les différents groupes entre eux. Ces groupes, justement, sont aussi symptomatiques des faiblesses d’un scénar’ qui adopte la forme lourdaude du film catastrophe avec cet amoncellement de points-de-vue caractéristiques, surtout dans les mains de l’homme qui a fait des « chefs d’oeuvres » comme Armaggedon ou Pearl Harbor. Ce qui signifie que si l’on ne s’ennuie pas devant ce film, on ne peut pas non plus dire que l’on s’y implique réellement. Le « héros » était pourtant sympathique (quoique un peu trop ostensiblement racoleur à ados) et aurait mérité que le film se concentre sur lui, mais il se retrouve éclipsé dans la seconde partie pour laisser la place à une intrigue abracadabrantesque et très mal faite (le personnage de John Turturro est carrèment pathétique). Et je ne vous parle même pas des blagues foireuses qui pullulent à intervalles réguliers…

Alors, heureusement qu’il reste quelques points positifs pour sauver ce film du lynchage publique, comme les sfx qui sont à tomber par terre ou bien les designs des robots, vraiment classes. 2/3 scènes laissent aussi brièvement voir ce qu’aurait dû être le film, la meilleure étant certainement l’arrivée très réussie des Autobots sur Terre avec une musique de Steve – Steamboy- Jablonsky qui se démarque à ce moment de la simple ambiance sonore pour trouver un vrai souffle épique. Mais, bon, il n’empêche que ce Transformers reste un blockbuster tout juste « à peine correct », ce qui est bien dommage – comme toujours – quand on imagine ce que cela aurait pu donner. Il ne reste plus qu’à pleurer en pensant à ce qu’aurait fait Alex Proyas d’un tel matériau…

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Les Simpson – le film

27 juillet, 2007

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Plus de 10 ans ! Ça faisait plus de 10 ans que l’on entendait parler de ce film et qu’on l’attendait comme le messie, sans rien voir venir de concret (tiens, comme pour le messie… ce sont les juifs qui doivent être dégoutés : ils auraient mieux fait d’attendre Les Simpson – le film) (ça aurait fait une bonne pub, ça, un peu sujette à scandale mais bonne quand même). Pendant un temps, certaines rumeurs laissaient même entendre parler d’une adaptation « live », avec de vrais acteurs. Un choix qui aurait pu coûter cher en ces heures où l’audience américaine de la série stagne à un niveau « tout juste satisfaisant ». Heureusement, Matt Groening et son équipe n’en ont rien fait, ils sont restés fidèles à leur matériau d’origine, gardant ce qui en faisait la force. Le sel. La quintessence. Pour notre plus grand plaisir.

Car c’est un vrai plaisir que de retrouver les Simpson sur grand écran, surtout dans un film à la fois si proche de la série et, en même temps, tellement différent. Une habile balance entre respect et nouveauté, à savoir exactement ce qu’il faut faire lorsqu’il s’agit de bosser sur une adaptation. Parce qu’il faut à la fois contenter les anciens fans, les futurs fans potentiels et les créateurs qui ont désormais l’occasion de jouer avec un nouveau format. Une gageure que l’on retrouve d’ailleurs dès le générique de début, celui-ci suivant le modèle de la version télévisée mais sans oublier de l’upgrader avec des ajouts bien sympathiques, qui permettront tout autant d’introduire rapidement les « futurs » dans cet univers et cet humour qu’ils apparaîtront comme des clins d’oeil complices aux « anciens ». L’équipe aux commandes de cette perle, à la différence par exemple du film South Park qui était une VRAIE comédie musicale cinématographique comme peu d’épisodes le sont (sans être péjoratif : je voue un véritable culte à South Park – le film), n’hésite donc pas à jouer avec sa nature première, télévisuelle. Au travers d’un écran-titre « à suivre », d’un bandeau publicitaire, du générique de fin,… De petits détails, presque insignifiants, qui n’en demeurent pas moins symptômatiques d’une volonté de bien-faire évidente. De transposer sans dépayser. 

Le passage au cinéma et une utilisation plus généralisée de l’informatique offre aussi à la famille jaune de revêtir leurs plus beaux atours. C’est bien simple, on ne les avait jamais vu comme ça ! Que ce soit au niveau de l’animation fluide des personnages, des mouvements de caméra sinueux ou des détails dans les plans larges (les scènes de foule sont une vraie chianlit à faire sur la série), on apperçoit clairement la grandeur qu’impose le format du long-métrage et qui est ici adoptée avec succès. L’élément le plus révélateur de cela étant bien sûr les CGI, car ce sont eux (et le budget, ça va sans dire) qui permettent d’atteindre le look « cinéma ». Pourtant, ils ne consistent pas non plus en un déferlement d’effets tape-à-l’oeil mais, encore une fois, ils se fondent dans la mouture télé en calquant leur aspect sur celui de la 2-D - car la série est presque exclusivement en 2-D, aujourd’hui encore - rappelant par là-même le brilliant travail déjà effectué sur l’autre série de Matt Groening, « Futurama ».  

Mais « Les Simpson » ne sont pas que ça, c’est aussi l’histoire d’une famille dont chaque membre nous est famillier, proche. On ne peut donc pas faire un film en les utilisant comme de simples prétextes, ils se doivent d’exister pour que l’on retrouve cette forme de « réalité » qu’ils ont acquis après 18 années à les fréquenter. Et si leurs personnalités sont déjà solidement établies par la série, ils ne leur manque plus pour atteindre cette « existence » que chacun ait son mot à dire dans le film, qu’il ne soit pas là juste pour être là. Et si un épisode est composé en général de 2/3 intrigues et sous-intrigues, le film et sa durée permettent d’élever ce nombre à 6/7 intrigues, ce qui offre à chaque Simpson la possibilité d’avoir sa propre histoire, plus ou moins importante en fonction de sa popularité (évidemment, Homer est au centre de tout le métrage). Tout ça pour dire que le scénario est béton, alliant le côté « intimiste » de la série à de l’action hollywoodienne avec un sens du rythme étonnant (il faut voir comment les gags -excellents - s’enchaînent). Tout est pensé en matière d’efficacité, le film ne souffre d’aucun temps mort et vous emmène au bout de ses 1h30 sans même que vous ayez eu le temps de décapsuler une bière. Dans le genre, on n’a pas fait mieux depuis South Park.

Alors, on pourrait croire en lisant tout cela que Les Simpson – le film n’est génial que ce parce qu’il ressemble aux épisodes de la série… eh bah c’est pas faux… pas totalement, en tout cas. Il s’agit en effet d’un épisode géant, respectant à la lettre la logique interne de la série ( la structure, les guests-stars,…) tout en l’explosant pour coller au grand écran. Un fragile jeu d’équilibriste auquel toute l’équipe s’est prêtée de la plus belle des manières, accouchant d’une comédie absolument ENORME ! Pour tout dire, j’en ai encore les larmes aux yeux tellement j’ai attendu de voir ça…

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Hot Fuzz

20 juillet, 2007

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« Nicholas Angel est flic. Un super-flic aux méthodes musclées et qui détient tous les records de la police de Londres, véritable modèle d’efficacité au service de la justice. Et c’est bien là le problème, car il fait passer tous ses confrères pour des amateurs. Alors, pour calmer ses ardeurs et sauver la face, ses supérieurs le mutent à Sanford, le village le plus tranquille de toute l’Angleterre et où le principal problème est un saltimbanque qui fait la statue vivante sur la place de la fontaine. Le lieutenant Angel aura bien du mal à s’adapter à cette vie rurale et à ses collègues laxistes mais, heureusement pour lui, une vague de meurtres va bientôt s’étendre sur la petite communauté…« 

Véritable transposition des films d’action américains à la Bruckheimer dans le cadre de la paisible campagne anglaise, Hot Fuzz joue la carte du mélange des genres comme le faisait Shaun of the Dead et réussit encore une fois à remporter le pactole. Il faut dire que le triumvirat derrière ces films sait s’y prendre pour donner une touche franchement originale à leurs métrages, usant d’un humour plus fin qu’il n’y paraît – on peut vraiment l’apprécier à plusieurs niveaux, sans même connaître les films qu’il pastiche – pour donner un ton spécifique qui va englober toutes les tendances et les unifier. Et elles sont ici nombreuses : film d’action, bien sûr, mais aussi film policier (avec enquête, indices et tout le tralala), comédie de moeurs ou encore film d’horreur avec un assassin qui fait très slasher (capuche noire et affection pour les objets tranchants de rigueur) et quelques plans gores bien sympas.

Pourtant, il ne faut pas s’attendre à un déferlement de scènes d’action car le principe même de ce cross-over est de parachuter Bad Boys 2 dans l’un des rares pays où les simples policiers n’ont pas d’armes à feu. Les 3/4 du film consistent donc en la découverte du village par le héros, puis son adaptation et  ensuite l’enquête à proprement parlé. Et ce qui aurait pu n’être qu’une longue et rébarbative installation de l’action d’1h10 est en fait un modèle de comédie qui passe trop vite tant les blagues venues de nulle part fusent en tous sens. Tout ça jusqu’à un final dantesque – dès qu’on leur met des armes dans les mains – qui joue à fond la carte du décalage, autant délirant qu’il est respectueux du travail de démolition de l’école américaine, adoptant à l’identique le style survolté d’un Tony Scott sur Domino pour mieux y intégrer leurs gags.

Hot Fuzz est donc une franche réussite, une vraie bonne comédie à la fois intelligente et complètement barrée, le cri d’amour de geeks pour un genre souvent décrié et méprisé mais ô! combien jouissif. Et, en tant que geeks, on ne peut dès lors dire qu’une seule chose : Hot Fuzz, c’est le film qu’il te faut ! 

(… oui, ça veut dire que ça DECHIRE GRAVE !!!)   

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix

18 juillet, 2007

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Evitons-nous le tortillage de croupion et entrons direct dans le vif du sujet : ce nouvel opus de Harry Potter est probablement le meilleur de la série ! Rien que ça, ma bonne dame ! Bon, on peut noter certains manques dans l’histoire mais, je ne sais si c’est parce que le bouquin n’est plus très frais dans ma mémoire, pour la première fois je trouve que l’on a réellement l’impression que le film se suffit à lui-même, il y a vraiment une alchimie entre le contenu et la durée, pourtant assez courte (2h07, la plus petite de la série pour un des livres les plus épais).

Le travail d’adaptation n’a donc jamais été aussi réussi et tisse une toile logique entre les principaux évènements, aidé par un montage qui ne souffre pas de cette impression tenace de « passer du coq à l’âne » qui pouvait entâcher les autres épisodes. La scène d’entraînement de l’Armée de Dumbledore, par exemple et bien qu’usant d’un « truc » déjà fort usité au cinéma (le « montage » à la Rocky), démontre parfaitement l’efficacité du propos, la maîtrise du contenu. La musique elle-même prend un souffle nouveau – le thème de la série n’apparaît qu’après la première demi-heure – et finit d’asseoir ce sentiment que l’on regarde un vrai film ayant sa propre personnalité, avec un scénario mûrement pensé et non pas un bricolage fait à partir du roman (ce qui ne m’empêche pas non plus d’apprécier les autres… bah oui, j’adore cette série). On s’est recentré sur le coeur de l’histoire intelligemment, la révolte, ce qui offre une réelle consistance à cet Ordre du Phénix : le fil rouge n’est cette fois plus l’année scolaire (le problème majeur du 3ème opus et qui l’empêchait d’atteindre ce niveau), mais bel et bien la « mission ». Et ça fait du bien !

Surtout que la réalisation, tout comme la direction artistique, n’est pas en reste, elle a même une classe similaire à celle de Cuaron pour Le Prisonnier d’Azkaban et qui faisait référence, ce qui est un point plus qu’excellent quand elle sert à mettre en images des scènes avec un vrai souffle épique et un ton de plus en plus adulte. On pense à la première attaque des Détraqueurs, simple et efficace, à la libération de Harry par l’Ordre du Phénix, bougrement galvanisante, ou bien encore au monstrueux duel finale qui nous montre pour la première fois des sorciers se battre pour de vrai (et ça vaut le détour, croyez-moi !). Autant de scènes qui inscrivent finalement la saga dans une période plus mâture, véritable prolongation du final sombre et « traumatisant » de La Coupe de feu. L’époque des débuts, de la découverte et de l’émerveillement, est désormais finie et on passe aux choses sérieuses de bien belle manière.

Notons de plus un casting bien pensé et l’introduction réussie de nouveaux personnages qui collent immédiatement avec l’univers d’Harry Potter, parfaitement interprétés, que ce soit la lunaire Luna Lovegood ou bien la détestable Dolores Ombrage (Helena Bonham Carter est trop peu présente pour pouvoir juger). On pourrait aussi louer l’excellente direction d’acteur dont a bien profité Daniel Radcliffe, jouant enfin plus que correctement, et qui est parvenue à recadrer Michael Gamblon qui faisait jusque là un Dumbledore trop excentrique pour être crédible.  Bon, Emma Watson joue toujours aussi mal, mais il s’agit quand même d’un plus non négligeable et qui laisse augurer du meilleur pour le 6ème film où l’intrigue se concentrera principalement sur le héros et son professeur.

Alors quand on sait que David Yates reprendra justement les rênes pour Le Prince de sang-mêlé, on ne peut que se réjouir d’avance et espérer qu’il saura réitérer le succés de cet épisode. Le meilleur de la série jusqu’à présent, rappelons-le.

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Die Hard 4 : Retour en Enfer

8 juillet, 2007

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Notre époque est marquée par le retour des grandes figures cinématographiques des années 80 (et, en poussant un peu, des années 90) : Terminator, Rocky, Rambo (de là à dire que Stallone ne survit plus qu’au travers de ses gloires passées, il n’y a qu’un pas), Indiana Jones,… Le public a envie de retrouver ces joies passées, ce plaisir nostalgique de revoir les gloires l’ayant fait rêvé, tandis que les producteurs ont très envie de se faire un max de thunes sans trop se creuser les méninges :  une drôle de situation qui nous met face à nos faiblesses en tant que consommateurs, nous fait ressentir une certaine culpabilité quand on comprend à quel point nous sommes manipulables. Alors, sachant cela, est-ce que l’on avait vraiment envie de retrouver John McClane dans un nouveau Die Hard ? Bah… ouais. Bordel, ouais !

Comme disait Gilbert Bécaud : « il n’y a pas de mal à se faire plaisir, sauf si c’est en enculant des animaux ». Alors ne gâchons pas notre plaisir avec ces vaines réflexions et profitons plutôt de ce revival plus que bienvenu. Et vous savez quoi ? I’m happy ! Die Hard 4 : Retour en Enfer est un vrai bon film d’action, un de ceux qui vous chopent par le colbac dès le début et ne cessent de vous en foutre plein les mirettes et les oreilles pendant deux heures trépidantes et pétaradantes. On pouvait craindre que Bruce Willis soit trop vieux pour ces conneries : il n’en est rien, McClane a toujours autant la classe. On pouvait craindre que le buddy de service soit le symptôme d’un jeûnisme envahissant et casse-couille : il n’en est rien non plus, il est en fait plutôt sympathique et a même la décence de ne pas faire de skate-board. On pouvait aussi craindre que la fille de McClane soit une présence plus génante qu’autre chose : ce n’est encore pas le cas, elle est introduite vite fait, bien fait, et ne revient dans l’histoire que lorsque que c’est nécessaire. 

Parce que ce crû 2007 reprend les éléments qui ont fait le succès de la série, à savoir un héros charismatique qui balance des vannes avec un certain dédain et de l’action, de l’action, de l’action ! Et de ce côté-là, on est bien servi : entre l’instantanément culte « catapultage de voiture dans un hélicoptère » ou le combat contre un avion de chasse sévèremment armé, on assiste à des scènes énormes et jamais vues auparavant. Et cela tout du long, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais grâce à un scénario habillement ficelé qui parvient à faire cohabiter une histoire intéressante (le piratage informatique de tout un pays, ça fait quand même un putain d’enjeu avec des conséquences assez cools) et ces scènes d’action de haute-volée.

Alors, si l’on voulait vraiment pinailler, on pourrait regretter que le film adopte cet apparat un peu trop  »sérieux », « réaliste », ceci étant principalement dû à une image privée de ses couleurs chaudes quand celles de Une journée en enfer, par exemple, éclataient à l’écran et à un patriotisme à la mord-moi-le-noeud (cette fois, il sauve carrément tout les Etats-Unis), mais il est désormais plus dur de s’éclater en racontant une histoire touchant au terrorisme (merci le 11 septembre et la bêtise américaine). Ce qui éloigne ainsi quelque peu ce 4ème Die Hard de la touche « comic » qui caractérisait les précédents, mais « à nouvelle époque,… ».

Bouder Die Hard 4 à cause de cela serait donc pure folie, ce serait se priver d’un excellent moment de ciné qui remplit amplement ses promesses quand cela se fait trop rare (Spiderman 3, Pirates des Caraïbes 3,… la liste est longue). En tout cas, on peut dire que le bal des « grosses sorties alléchantes de Juillet » commence de bien belle manière avec ce nouveau chapitre d’une série culte, le retour en force du plus cool des flics ricains. Putain, ouais !      

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