Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Cloverfield

9 février, 2008

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Le buzz avait commencé il y a déjà quelques mois, jouant à fond la carte du mystère. Le film n’avait alors pas de titre, juste une date qui résonnait comme l’annonciation de la fin du monde. Puis vint le teaser, qui mit tout le monde d’accord quand au fait qu’on ne savait toujours pas de quoi ce 01-18-08 allait parler. Mais il mit aussi tout le monde d’accord sur un autre point : ce film avait l’air carrément énorme, et on n’en pouvait plus de découvrir ce qui était en mesure de foutre ainsi en l’air la Statue de la Liberté, de provoquer de telles explosions. Des pistes furent lâchées un peu partout sur la toile, certaines apparement vraies (le Slusho) comme d’autres probablement fausses (les références à Lovecraft et la « sphère casse-tête »), laissant la place aux pronostics les plus fous. On a vu des gens témoigner de la fin du monde devant des caméras DV, un faux reportage de la télévision japonaise relatant la destruction d’une station pétrolière en pleine mer. Et maintenant qu’on a vu le film… on n’en sait pas réellement plus. Mais, putain de dieu, qu’est-ce qu’on s’est fait plaisir !

Parce que Cloverfield jouit d’une idée de base tout bonnement géniale, celle de nous présenter une invasion à la Godzilla au travers d’une simple caméra DV. Un concept aussi simple qu’il est fort, et qui va nous placer au beau milieu de l’action et de la panique comme rarement dans le cinéma. Ainsi, si l’on commence avec des passages classiques et chiants comme le sont presque toujours les « films de famille » (ici une fête d’adieu entre jeunes New-Yorkais très hype), c’est pour mieux marquer la rupture lorsque le monstre débarque, aussi subitement que brutalement. Un contre-point parfait, la furie s’emparant à ce moment du film vous sortant avec violence de la torpeur qui la précédait, pour vous perdre de plus en plus profondément dans le chaos ambiant. Et ça ne s’arrête plus, le monstre étant omniprésent (le bruit de ses lourds pas se fait presque entendre en permanence) et possédant qui plus est quelques particularités qui en font un véritable vecteur de fin du monde (je vous laisse découvrir LES surprises). L’armée débarque, canarde impuisamment dans tous les sens, ça court, ça hurle, la terre tremble sous le poids d’un monstre gigantesque et stylé, les bâtiments s’écroulent… oui, c’est carrèment jouissif. Et le mieux, dans tout ça, c’est que l’on a l’impression d’y être !

Cependant, Cloverfield ne se contente pas de taper dans le spectaculaire, car sa forme et son histoire lui permettent d’aborder nombre d’idées fort à-propos,  qui se mélangent pour former une réelle richesse thématique. Parce qu’en plus d’une assez bonne crédibilisation de la DV (la durée n’excédant pas celle d’une K7, les coupures résultant d’un saut dans le time-code, les ellipses,…) indispensable pour pousser davantage le film vers une impression de réalisme (nous sommes quand même censés regarder une k7 DV telle qu’elle a été trouvée, brute de décoffrage), le premier effort de Matt Reeves nous interroge sur nombre de faits d’actualité. Sur des images que nous avons vu, et le rapport que nous entretenons avec elles. Evidemment, on pense tout de suite au 11 septembre lorsque l’on voit ces buildings qui explosent, le nuage de poussière et débris se propager, les « oh my god ! » anonymes qui résonnent. Des images que nous avons tous vu. Mais le plus intéressant (au niveau thématique, j’entends, parce que sinon j’aime bien aussi quand ça fait « Krashhh ! Boum ! Pjiou ! ») serait donc notre relation à ses images, le besoin tordu que nous avons de les voir et qui est bien sûr explicité par la forme même du film. Quand le personnage qui tient la caméra s’explique sur le fait de continuer à filmer en disant « vous ne croyez pas que les gens voudront savoir ce qui s’est passé ?« , il tape en plein dans le mille. Oui, on veut savoir, on veut voir. Et pour ça, Cloverfield nous fait sacrément plaisir.

Que dire de plus ? 

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Astérix aux Jeux Olympiques

2 février, 2008

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L’industrie du cinéma, parce qu’elle est précisément une industrie à part entière, a très tôt été dominée par des impératifs économiques. Un constante qui fait un peu tâche dans notre conception du cinéma en tant qu’art mais dont la logique est malgré tout immuable (il faut bien rentrer dans ses frais si l’on veut pouvoir produire d’autres films) et qui même, dans le meilleur des mondes, devrait logiquement pousser les équipes derrière chaque péloche à se surpasser pour surclasser les autres au firmament du box-office. Mais voilà, nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes et, plutôt que de se crever le cul à devoir sans cesse faire mieux, l’industrie du cinéma à  préféré avoirs recours à une formule magique assurant (presque) à coup sûr un certain succès publique (comprendre « pécunier ») : la « recette ». Une recette dont les ingrédients bien connus sont une licence fédératrice, un florilège de stars et un paquet de pognon pour en mettre plein la vue. Et s’il est vrai que cette recette peut accoucher de très bons films, voire même de purs chefs d’oeuvre, son contraire est encore plus vérifiable comme le démontre ce consternant Astérix aux Jeux Olympiques. Chroniques d’une bouse annoncée…

« Chroniques d’une bouse annoncée » car, je dois l’avouer, cette critique fera encore moins preuve d’objectivité que d’ordinaire. Je vais donc me permettre de faire une petite parenthèse pour vous expliquer en quoi réside ma mauvaise foi, de quel putride dégoût elle tire sa vigueur. Petit retour en arrière : alors que le Astérix : Mission Cléopâtre de Chabat se taille une part de lion dans les records d’entrées en France (6 ans déjà), un troisième film est très vite envisagé. Un Astérix en Hispanie réalisé par Gérard Jugnot est évoqué, un choix un peu décevant mais, de toutes façons, on ne voit pas trop qui pourrait passer derrière Chabat et son énorme – et réussi – hommage à l’humour des Z.A.Z. Pourquoi pas Jugnot, donc ? Ça fera toujours un autre point de vue sur la célèbre bande-dessinée. S’en suit une très longue phase de pré-production durant laquelle le projet devient Astérix aux Jeux Olympiques et là, c’est le drame… Les détenteurs des droits hurlent à l’outrage pour on ne sait trop quelles raisons, Jugnot est débarqué du projet et le film passe à la trappe. On se dit que c’est dommage, puis on se fait une raison. Et là, quelques temps après, débarque une nouvelle étonnante : le film est relancé et, c’est là où ça coince sévère, la réalisation sera assurée par Thomas Langmann. Langmann, Langmann… Ah, ouais ! Comme le producteur, là, le fils de Claude Berri !… Bon, j’ai l’air de rigoler comme ça, mais cette manie qu’a le monde du cinéma de favoriser les liens du sang m’énerve au plus haut point (entre sentiment de révolte et sûrement un peu de jalousie, j’avoue), surtout quand ça prend autant la forme d’un caprice de « fils de ». Entre injustice, gâchis et foutage de gueule, voilà donc en tout cas un truc qui me fout sacrément les boules.

Je partais ainsi avec un fort à-priori négatif, c’est peu de le dire, mais n’allez pas croire que ma seule subjectivité quant aux coulisses du film est responsable de ces commentaires incendiaires. Parce qu’il faut bien l’avouer, surtout quand c’est aussi évident : ce film est une grosse merde. Pure et simple. Avec un scénario en roues libres qui enchaîne les scènes sans jamais éveiller le moindre intérêt (pas vraiment de héros, pas de structure, pas d’enjeux,… pas de scénario, en fait !) et une réalisation qui peine à se montrer intéressante (même les money-shots manquent de gueule !) quand elle n’est pas simplement à chier, il est vrai qu’il est difficile de remporter des suffrages. Mais là où l’on touche les tréfonds de la nullité la plus crasse, c’est que le film n’est pas drôle ! Mais pas du tout, du tout ! Il réussit même à rendre des acteurs comme Poelvoorde ou Garcia pathétiques (un exploit qu’avait déjà atteint le minable Le Boulet, lui aussi co-réalisé par Frédéric Forestier), baignant dans un humour dont la finesse et l’originalité vous rappelleront à coup sûr ces excellents dimanche après-midi devant Vidéo-Gag. C’est dire ! Toutes les blagues tombent ainsi à plat, la faute à une absence flagrante de maîtrise du rythme et de la mécanique des gags. Et quand une comédie ne vous fait pas rire… voilà, tout est dit.

Astérix aux Jeux Olympiques est donc un vrai film de producteur, en cela qu’il s’attache à la « recette » évoquée plus haut coûte-que-coûte, y recourant jusqu’à la nausée (c’est bien la peine d’avoir autant de stars si c’est pour TOUTES les sous-exploiter) comme si elle se suffisait à elle seule pour faire un bon film. Alors il fera sûrement des entrées, ça oui. Peut-être même qu’il rentrera dans ses frais rien qu’avec l’exploitation en salles (ce qui est devenu presque impossible pour les grosses productions), qui sait ? Mais il y a néanmoins une chose qui est certaine : cet Astérix aux Jeux Olympiques ne rentrera pas dans le panthéon des grandes oeuvres cinématographiques, ni même dans celui des excellents films ou bien encore des péloches sympas. Il n’est pas même passable, et encore moins excusable. C’est une bouse, c’est tout.   

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Sweeney Todd

27 janvier, 2008

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Tim Burton, de par sa personnalité relativement unique dans le paysage hollywoodien et qui transpire de chacun de ses films, s’est constitué très rapidement un réseau de fans purs et durs (dont je fais parti) tombés sous le charme de sa poésie macabre, de son humoir noir et de son amour des freaks et autres parias. Et si l’on peut observer dans un grand pan de sa filmographie ces caractéristiques devenues fondatrice de son style, admirateurs comme détracteurs ne purent manquer de noter un revirement flagrant dans les thématiques de Burton à l’aune du 21ème siècle (sans parler de La Planète des singes qui n’est en fait rien d’autre qu’un pari que le génie de Burbank se lance à lui-même, à savoir se confronter à un pur blockbuster à l’hollywoodienne). Perturbé en effet par la mort de son père, Tim Burton va accoucher de deux films où son style s’efface derrière ses doutes et questionnements. Big Fish et Charlie et la chocolaterie – puisque c’est d’eux que l’on parle - vont ainsi remettre en cause le rôle du père (jusqu’à présent, ses héros étaient souvent sans parent), surtout que Burton connaît entre-temps lui aussi les « joies » de la paternité, et lui servir de thérapie pour amorcer ce nouveau virage dans sa vie. Et la bonne nouvelle, c’est que cette thérapie est aujourd’hui terminée !

Sweeney Todd est donc le film où Tim Burton s’impose enfin comme un père, sûr de ses décisions et de ses goûts. Et quoi de mieux pour fêter cela que se faire plaisir (décidément, après Xavier Gens, les réalisateurs ont envie de nous montrer qu’ils font un métier bien cool !) en portant à l’écran une comédie musicale dont il était tombé amoureux alors qu’il travaillait encore chez Disney. Un projet qu’il avait déjà essayé de monter plusieurs fois, l’histoire d’un père et mari qui s’est vu voler sa vie par un juge cupide et libidineux, et qui revient dans la ville de Londres après 15 ans de bagne pour se venger par l’intermédiaire de son échoppe de barbier… en coupant les gorges des riches pour les transformer en tourtes… On le voit, le ton du réalisateur s’est ici durci, affirmé, et le flou qui caractérisait ses deux films précédents laisse la place au retour en force d’un Burton en grande forme. Ainsi, la réalisation exemplaire de Sweeney Todd va en laisser plus d’un sur le cul tant c’est beau à en pleurer (je ne vais pas vous en faire le détail parce que tout – et je dis bien « tout » – est grave assuré), une perfection technique mise au service du style gothique de Burton même s’il est ici plus sombre que d’ordinaire (ce film compte parmi ses plus « réalistes » car il ne contient aucun fantastique). Mais sa patte est là, indubitablement. Juste un peu plus mûre.

Le ton adulte qu’adopte  le film montre de même cette progression de Tim Burton qui a abandonné l’émerveillement enfantin pour laisser ici la place à des thématiques réellement malsaines : cannibalisme, viol, perversion sexuelle,… Oui, nous sommes très loin de Edward aux mains d’argent ! Un des changements majeurs serait aussi le traitement du héros Burtonien qui, s’il a toujours été un peu perturbé, est dans ce film atteint d’une folie destructrice comme jamais auparavant. Johnny Depp incarne donc un personnage très sombre et qui n’a finalement rien à envier au méchant, la vengeance étant une motivation qui va le pousser dans des débordements d’une extrême violence (jusqu’à un plan final magnifique). Ainsi, on ne peut parler de Sweeney Todd sans s’attarder un peu sur les égorgements qui sont assez révélateurs de ces modifications chez Burton. Gores à souhait, le réalisateur a fait pour les coups de coupe-choux sur la gorge ce qu’il avait fait avec les décapitations dans Sleepy Hollow, à savoir qu’il a voulu rendre chacun d’entre eux unique. Mais là où Sleepy Hollow se permettait parfois une approche presque cartoonesque, Sweeney Todd va faire dans le réalisme le plus craspec (même si le sang a toujours ces couleur et texture rappelant les films d’horreur que Burton affectionne), avec des giclées n’ayant rien à envier aux films d’horreur pure et dure. Une réelle volonté de la part du réalisateur qui s’est battu contre le comité de censure américain et ses producteurs pour conserver cet aspect et qui démontre bien de sa volonté de passer à un autre niveau. Celui de l’âge adulte, et il le fait qui plus est en conservant toutes les qualités de son « adolescence » (la présence de son style, encore une fois).

Mais si on a l’impression de tenir un chef d’oeuvre ultime en lisant ce qui précéde, c’est sans compter sur un énorme point noir qui va sérieusement modérer notre propos : l’aspect comédie musicale. Non pas que les acteurs chantent mal ou ne sont pas à l’aise dans ce registre, bien au contraire, mais en fait la musique… n’est pas terrible, tout simplement. Et il y en a beaucoup, de chansons (certaines sont malgré tout plutôt agréables, mais ce n’est vraiment pas la majorité). Le pire étant très certainement que, la plupart du temps, ces scènes nous sont montrées comme s’il s’agissait de simples scènes de dialogue. Il faut comprendre par là que le film ne joue presque jamais sur le décalage qu’impose normalement une comédie musicale (ce sont quand même des gens qui chantent pour s’exprimer, ce qui ne se voit pas souvent dans la réalité et rend l’impression de réalisme encore plus factice que s’il s’agissait de fantastique ou science-fiction). Beaucoup de ce qui aurait pu être de petits dialogues devenant des scènes musicales complètes et trop terre-à-terre (heureusement que la réalisation est magnifique !), le rythme s’en retrouve TRES sérieusement alourdi et on se prend même à redouter la prochaine chanson. Ce qui est plutôt génant lorsque l’on est devant une comédie musicale… 

Sweeney Todd est une assez grosse déception, donc, même si l’on sait que cela ne tient qu’à l’aspect comédie musicale dont on se serait bien passé. Surtout qu’il nous apparaît comme une évidence que le film avait tout pour devenir un chef d’oeuvre le cas échéant (un score de Elfman aurait été monstrueux dans cette ambiance). Tant pis, nous ne pleurerons pas, parce que ce film confirme malgré tout avec un éclat rouge sang que le génie de Tim Burton n’a jamais été aussi vivace, aussi puissament évocateur, et rend le futur de sa carrière encore plus excitant maintenant qu’il est passé à l’âge de la maturité dans une continuité logique avec ce qui a précédé. Surtout qu’il y a un Alice aux Pays des Merveilles en préparation !  

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Frontière(s)

26 janvier, 2008

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 « Alors que les élections présidentielles démontrent d’une montée flagrante du racisme en France, une bande de jeunes des cités profite du chaos ambiant pour commettre un braquage. Mais la police, bien galvanisée par la haine ambiante, leur tombe immédiatement dessus. Parvenant malgré tout à s’enfuir, les jeunes mettent à exécution la seconde partie de leur plan et prennent la route en direction du nord pour passer dans un autre pays. Sauf qu’ils font l’erreur de s’arrêter à la frontière pour se regrouper, dans un motel perdu au milieu de nulle part. Et tenu par une famille de nazis cannibales… »

Frontière(s) est le premier vrai film de Xavier Gens (Hitman est sorti avant mais a été réalisé après, bizarrement) et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fait preuve d’une putain de maîtrise technique pour sa première oeuvre. Si l’on fait exception d’un montage quelque peu chaotique en début de métrage (mais c’est l’effet recherché et c’est réussi dans son genre, donc pas la peine de chipoter), on remarque que le reste bénéficie d’un traitement à la fois rigoureux et… réussi, simplement. Que ce soit au niveau de la composition des plans ou des mouvements de caméras, l’ensemble suinte d’une réelle beauté plastique qui donne une véritable force évocatrice aux images, une réelle énergie encore réhaussée par une musique au diapason de la violence du métrage.

Mais là où le film fait plaisir, c’est justement qu’il est sans cesse à la recherche du plaisir. Plaisir de créer et plaisir de regarder. Ainsi, s’il est évident que le réalisateur s’éclate comme un petit fou avec son histoire et en profite même pour en rajouter une couche dès que possible (la scène complétement gratuite de fusillade à la fin), il est tout autant évident que tout est mis en place pour nous communiquer cette jouissance nihiliste : début « in medias res », rythme trépidant et, surtout,  jusqu’au boutisme dans la violence et l’horreur. Après tout, nous sommes venus pour ça, non ? Et si le film ne fait pas peur à proprement parlé (on ne cherche pas à vous fair sursauter toutes les 3 minutes), on ne peut nier que ce jeu de massacre est sacrément éprouvant. Entre accès de violence incontrôlables et douleur viscérale (quand ça fait mal au perso, ça vous fait mal aussi !), Frontière(s) se place comme un excellent représentant du survival en cela qu’il parvient à vous laisser sur les rotules, épuisés de votre rencontre avec cette galerie de dégénérés flirtant même parfois avec le fantastique de façon assez sympa (les « enfants », qui laissent une belle porte ouverte pour une suite hypothétique).

Cependant, cette quête du plaisir dans laquelle s’est lancé Xavier Gens n’en amène pas moins quelques défauts, dont le premier (et presque le seul) serait la présence un peu trop marquée des modèles du survival tout au long de la péloche. Gens est un cinéphile, ça se voit, et un adorateur de ce genre de films, ce qui se voit encore plus. Il a donc profité de son premier film pour regurgiter toutes ses références, ce qui fait que Frontière(s) ne peut s’empêcher d’accumuler nombre de poncifs. Vous me direz que c’est comme pour Death Sentence et le vigilante-flick, que de toutes façons c’est le genre en lui-même qui est ultra-codifié, et vous aurez raison. Mais il n’empêche que cela rend l’histoire prévisible au possible (exception faite d’un élément peu crédible mais original dans le 3ème tiers) et même, à trop vouloir jouer avec les codes pour aller droit au but, cela finit par simplifier la trame au point d’ammener des incohérences assez énormes (un nazi qui veut se reproduire avec une beur pour préserver sa race parfaite de la consanguinité n’est pas une chose très crédible, même s’ils n’ont « pas le choix ») ou des personnages au traitement assez grossier (mention spéciale au chef de famille nazi – encore lui – qui est tellement caricatural qu’il en devient presque déplacé, sans oublier les jeunes qui sont bien crispants dans la première partie du métrage).

Mais bon, vous aurez compris que le paragraphe précédent n’a sa place ici uniquement que pour proposer un point de vue objectif sur le film. Parce que si l’on met de côté l’objectivité « journalistique » et que l’on se concentre sur la sujectivité, à savoir la perception que vous aurez de Frontière(s) quand vous serez mis face à ce voyage en enfer, croyez bien que vous en aurez pour votre argent. A la fois généreux et jusqu’au boutiste, le premier film de Xavier Gens est une vraie bonne réussite car il assume parfaitement son statut de spectacle décomplexé (au point même qu’il en oublie pendant un temps sa très bonne idée de contexte politique… mais on s’en fout !) et terrifiant. Une qualité trop rare dans le cinoche français pour la bouder. Vous voilà prévenus.

autre avertissement de prévention : par pitié, jeunesse, lorsque vous avez besoin de faire une halte dans un motel, n’en choissisez pas un qui soit au milieu de nulle part ! Pensez au nombre de futurs Einstein ou Gandhi qui sont morts sous les hachoirs de cannibales dégénérés, tout ça parce qu’ils se sont laissés séduire par le charme bucolique de la campagne ! Pensez-y ! Et voyagez toujours armés !   

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Death Sentence

19 janvier, 2008

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 « Nick Hume (Kevin Bacon) est un homme qui n’est pas vraiment à plaindre : il a une femme splendide, des garçons sympas, un bon job, une jolie maison,… Pourtant, un jour où il ramène son aîné d’un match de hockey, tout cet univers de bonheur va s’écrouler avec le meurtre du fils par un gang croisant leur chemin. Celui ayant porté le coup fatal est traduit en justice, mais Nick constate très vite que jamais le tribunal ne pourra punir l’accusé à la hauteur de son chagrin. Il retire alors son témoignage et le meurtrier est relâché. Cependant, il ne profitera pas longtemps de sa liberté car Nick est après lui, bien décidé à se faire justice lui-même. Un acte qui le plongera plus encore dans une spirale de haine, de vengeance et de perte…« 

On le sait (si, si, vous savez : j’en ai déjà parlé), le vigilante-flick est un genre cinématographique particulièrement casse-gueule, en cela qu’il joue sur un ressort complétement immoral dans notre société (se faire justice soi-même). En effet on ne peut pas dire, et fort heureusement, que glorifier la loi du Talion soit considéré comme un acte louable et une preuve d’intelligence. Bien au contraire. Pourtant, il est une autre vérité qui va à l’encontre de celle-ci : les histoires traitant de vengeance sont celles qui vous prennent le plus aux tripes, celles provoquant en général le plus aisément notre empathie. Une contradiction faisant que les films de ce genre ont toujours le cul entre deux chaises, véritable plaisir coupable nécessitant une réelle intelligence dans son propos sous peine de se transformer en manifeste fasciste. Alors quand James Wan - le petit malin derrière le premier Saw - se lance dans l’aventure, on se prend à espérer un film qui soit aussi réussi sur la forme que dans le fond. Et force est de l’avouer, le jeune réalisateur a plutôt réussi son pari !

On commence par le « fond » car c’est ce qui prime dans ce genre de films. Parce que si le film ne se montre pas un tant soit peu critique à l’égard de son héros, s’il ne montre la vengeance que comme un acte positif, alors il ne sera rien d’autre qu’une péloche au discours plus que tendancieux. Un écueil qu’évitent assez efficacement Wan et son scénariste en donnant une certaine touche comic-book à Death Sentence, principalement grâce à une approche très graphique de la violence et à un gang jouant davantage la carte du  »cliché » que du réalisme (les gangs pluri-ethniques n’existent pas aux states, convenons-en). Mais plus encore, ils l’évitent en faisant de la mission de Kevin Bacon (vraiment excellent,comme toujours) une descente aux Enfers douloureuse et destructrice. En cédant à ses instincts, Nick Hume met ainsi le doigt dans un engrenage de violence qui va le transformer, lui faire perdre tout ce qu’il avait, jusqu’à ce qu’il finisse par ressembler trait pour trait aux voyoux qu’il pourchasse (le chef du gang le lui dit même texto). Ça a l’air con comme ça, voir même simpliste comme traitement, mais c’est bien le seul qui permet de se dédouaner des critiques quant à une morale douteuse. Donc on pardonne ce manque d’originalité dans un genre de toute façon déjà très codifié, Death Sentence satisfaisant parfaitement à cette nécessité jusqu’à un final pessimiste au possible.

Surtout que, en ce qui concerne la « forme », le film de James Wan fait carrèment plaisir. On l’a déjà dit : le film est très violent. Mais ce n’est pas une violence magnifiée, on n’est pas dans un polar HK ou un blockbuster (dont j’aime aussi beaucoup les styles, mais qui ne cadreraient pas pour autant avec le vigilante-flick) et donc, ici, la violence est brute de décoffrage. Séche et tendue à l’image des films ayant inspiré le réalisateur (Les Chiens de paille,…), avec quelques excès gores – bienvenus - ne laissant plâner aucun doute quant à la douleur qu’elle entraîne. Et comme si James Wan ne voulait user d’artifices trop faciles, la réalisation privilégie de longs mouvements de caméras et semble avoir oublié le montage cut à la saw pour nous faire assister à l’horreur de la situation, dans son intégrale crudité. L’inévitable scène de course-poursuite, par exemple, n’est dès lors plus la classique chasse survoltée mais une fuite désespérée.

Coup double réussi, donc, pour ce film qui parvient à rendre sa violence à la fois jouissive et réflexive, démontrant encore une fois l’habile talent de faiseur de James Wan qui parvient à maîtriser autant son sujet que sa caméra. Death Sentence est un très bon film, une bonne petite catharsis qui devrait vous aider à laisser évacuer toute votre colère et votre frustration, remplissant par là-même une des plus belles fonctions du cinéma. Seul regret : que John Goodman, quasi-méconnaissable, ne soit pas plus présent dans l’histoire. Parce que sinon, c’est du tout bon !      

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30 Jours de nuit

13 janvier, 2008

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 « Barrow, Alaska. La ville la plus au nord des USA s’apprête à affronter la nuit polaire, la disparition complète du soleil pour u mois éprouvant mais auxquels les habitants sont pour la plupart habitués. Pourtant, quelque chose cloche. Le shérif Eben (Josh Hartnett, qui n’a jamais été aussi bon) doit faire face à des actes criminels étranges : disparition des téléphones portables, mort de chiens,… En fait les signes annociateurs d’une arrivée imminente, celle d’une meute de vampires désirant se faire un petit festival de chasse et de ripaille pendant les 30 jours que va durer la nuit. Plus qu’une seule solution pour ceux ayant survécu au premier assaut : se cacher. Et attendre en espérant pouvoir un jour revoir le soleil…« 

Précédé d’une réputation plus que flatteuse (beaucoup de critiques crient même au chef d’oeuvre pur et simple), c’est avec des sentiments partagés que nous nous installons dans les sièges du cinéma. Parce que, premièrement, nous avons la quasi-certitude que nous allons voir un pur film. Et, deuxièmement, parce que l’on redoute de se chier dessus de peur. A la fois plein d’assurance et d’angoisses.  And you know what ?… I’m happy! J’suis happy parce que ce film, aussi rare que cela puisse sembler, n’a pas de défaut apparent. C’est vrai, j’ai beau y réfléchir, il n’y a rien de regrettable sur ses deux heures de durées. Bon, on pourrait probablement bien trouver 2, 3 petites choses (ça dépend des points-de-vue) mais, moi, je ne vois pas lesquels (ah si, quand même, il y a la gestion peu concluante du temps, avec des ellipses dont on ne ressent jamais vraiment les effets, mais ce n’est vraiment pas grand chose).

Parce que 30 Jours de nuit est vraiment une pure bombe. Clair, simple et net. Ça vous saute aux yeux dès ses premières images, d’une beauté plastique tout bonnement hallucinante. Et ça continuera tout du long, démontrant sans fard à quel point la réalisation de David Slade est à la fois réfléchie, généreuse et tripante. Aussi maîtrisée que celle de son premier long, Hard Candy, mais avec cette fois un sujet lui permettant des excès plus que réjouissants. Il faut ainsi voir la première attaque des vampires sur la ville - un monument de barbarie chaotique que le réal nous présente dans un long traveling en plongée au-dessus des rues – pour comprendre le plaisir que procure ce film, la vigueur qui l’anime. /Ne l’écoutez pas il dit n’importe quoi !!!/* Il vous fait peur, vous électrise. Vous envoie à la gueule une direction artistique brutale (le look des vampires) et glacée (les décors, très originaux), inspirée par un comic déjà génial mais qui se voit ici encore transcendé.

Mais là où l’adaptation fait très fort vis-à-vis du comic c’est en exacerbant encore davantage la bestialité des vampires, les présentant comme une meute d’animaux voraces et déchaînés. Seul dénote dans cette approche le chef de meute, capable de parler (mais dans une langue étrangère la plupart du temps), et une gamine bien stressante (même si c’est dommage qu’elle parle, justement) mais, pour tous les autres, ils se contentent de pousser des cris à vous glacer le sang. Un traitement qui simplifie un peu la façon de nous les présenter (pas besoin de s’élargir sur leurs motivations) mais qui, loin d’être une tare, permet au contraire de préserver leur impact tout en se laissant la place aux victimes d’exister. Et ça, le scénario le fait très bien, avec une concision et une efficacité qui forcent le respect, en quelques lignes de dialogues bien senties. Le plus étonnant êtant peut-être la capacité qu’a le film de rendre vivantes les scènes où les survivants se cachent et attendent le retour du soleil, des scènes qui auraient pu ralentir le rythme mais qui n’en font rien, la tension et la peur étant toujours palpables.

30 Jours de nuit, avec toutes ses qualités évidentes et jouissives, s’est donc vu élever au rang de films cultes comme The Thing par nombre de critiques… bah ouais, vous avez raison les gars. 30 Jours de nuits, c’est juste un putain de chef d’oeuvre ! Avec un cadre et un traitement originaux, à la fois flipant et jouissif, le film s’élève aux côtés des classiques du genre, immédiatement. Et devrait y rester pour un long, très long moment !

* vous remarquerez qu’une phrase pirate s’est incrustée dans mon article, une phrase du fait de la fourberie de ma petite soeur. J’en ai été peiné, au début, car elle détone dans un texte jusque là brillant  et racé, profilé comme la lame d’un samouraï avec des pouvoirs psychiques (les pouvoirs psychiques, c’est cool). Et puis je me suis rendu compte que, finalement, ça incriminait plus son absence de lucidité que ça ne me gênait, donc je l’ai laissé. Gloire aux gens privés de conscience ! 

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Aliens versus Predator : Requiem

6 janvier, 2008

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Petit retour en arrière : nous sommes en 2004, à la fin octobre, et sur nos écrans se profile une rencontre depuis longtemps attendue, le match du siècle, l’armaggedon de la SF. L’Alien contre le Predator. Le coeur plein de liesse, nous nous rendons donc au cinéma dans l’espoir de voir un truc énorme, de la fight de ouf entre deux des plus belles créatures du cinéma et puis, là, triste déconvenue. On constate que Paul Anderson est bien aux commandes de ce projet et que, s’il arrive au bonhomme de faire parfois illusion (le très flippant Event Horizon), il est aussi un spécialiste du flingage de projets méga-attendus (Resident Evil qui, bien que « correct », n’en demeure pas moins un tâcheron et presque une trahison vis-à-vis du jeu vidéo original). Malgré quelques rares bonnes idées, Alien vs Predator est ainsi une amère déception qui en aura fait pester plus d’un à la sortie des salles obscures. L’annonce d’une suite, une paire d’années plus tard, n’éveilla donc que peu l’intérêt des fans.

Et puis, bon gré, mal gré, on s’était pris à espérer : quelques photos sympas, un trailer énorme, des notes d’intention plaisantes,… oui, les fans voulaient croire. Que l’affront soit lavé. Que l’honneur soit sauvé. Alors, au final, qu’en est-il ?

Eh bah, si l’on en croit nombre de critiques sur la toiles, ce film est une bouse énorme, une véritable chianlit donnant tout son sens au terme « Requiem » puisqu’elle sonne le glas des deux icônes, les enterrant sous une épaisse couche de scénario inepte rehaussée de bonnes grosses pelletés de réalisation bâclée. Alors, oui, c’est vrai que le scénario n’est pas brillant. Et que la réalisation n’est pas toujours au top. Mais il n’en demeure pas moins, à mon sens, que le film surpasse le premier, ce qui est déjà un très bon point. Parce que, cette fois-ci, il ne faut pas attendre presque une heure avant que les deux monstres se rencontrent pour se foutre joyeusement sur la gueule. Le fait de reprendre directement à la suite du premier permet d’entrer direct dans le vif du sujet, avec l’évasion des aliens, leur propagation dans une petite ville tranquille (avec même une mort d’enfant, ce qui fait toujours plaisir pour la touche « hardcore ») et l’envoie d’un chasseur Predator pour rectifier le tir.

Une très bonne idée ça, d’ailleurs, qu’il n’y ait qu’une seule langouste rasta pour chasser les aliens, puisque cela permet de retrouver un peu du feeling des originaux, ceux où le Predator est un chasseur solitaire, à la fois méthodique et brutal. Sacrément stylé, le Predator l’est donc, surtout qu’il y a eu un effort pour qu’il soit traité comme un personnage à part entière et cela dès le début. Malheureusement, AvP : Requiem souffre encore de la principale tare de son prédécesseur, à savoir la présence humaine. C’est là où le bât blesse puisque le film, hésitant entre le point de vue à adopter (extra-terrestre ou humain ?), va bâcler quelque peu l’un et l’autre, jusqu’à un dernier tiers (et un final débile de première) où les humains prennent le dessus sans que l’on ait jamais ressenti le moindre intérêt pour eux. Ça reste quand même fendard parce que le rythme est soutenu, avec de la violence et de l’action bien jouissives (même si pas toujours très lisibles), mais on ne peut s’empêcher de regretter que la rencontre, une fois de plus, n’aille pas au bout de son concept.

Nouveau rendez-vous râté que cet Aliens vs Predator : Requiem, donc, qui porte sur lui les stigmates d’une approche pas assez jusqu’au-boutiste. Le tir a quand même été sacrément corrigé depuis le premier opus (ici, au moins, on ne se fait pas chier et le Predator ne fait pas ami-ami avec les humains) et, si le film en est meilleur, il n’en demeure pas moins encore à cent lieues de ce qu’il pourrait atteindre en mettant réellement face-à-face le Predator et l’Alien. On parle d’un hypothètique troisième volet, si succès au box-office il y a, cette fois dans l’espace… espèrons que ce coup-ci nous ne serons pas de la partie et que les deux monstres pourront s’amuser juste entre eux…      

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A la croisée des mondes – La Boussole d’or

6 janvier, 2008

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« Dans un univers parallèle où se côtoient magie et science, la jeune Lyra se voit confier un objet pour le moins étrange et ardemment convoité : une boussole d’or. Poursuivie par le Magisterium, l’organisme régulant ce monde et édictant ses lois, Lyra se lance sur la piste de ceux qui ont kidnappé son meilleur ami comme beaucoup d’autres enfants, les Enfourneurs. Au gré de ses rencontres, la petite fille parviendra jusqu’aux terres du nord, là où elle percera le secret des disparitions et en découvrira un peu plus sur elle…«   

Alors bien que l’on pourrait facilement apparenter ce film à un énième Narnia-like, il faut savoir que A la Croisée des Mondes est en fait souvent considéré, par quelques obscurs experts littéraire vivant dans des grottes ou des troncs d’arbre, comme l’anti-Narnia par excellence. Parce que le livre de Philip Pullman est aux antipodes du message chrétien de la saga de C.S. Lewis, en premier lieu. Et, en second lieu, parce que l’univers présenté est plus sombre, reposant sur des structures narratives plus adultes (l’enfant-héros ne vient pas de notre monde, ce qui démontre bien que l’on ne recherche pas l’identification à tout prix avec le lecteur/spectateur). Ici, nous n’avons donc pas de lion ressuscitant miraculeusement ou de gentils animaux de la forêt qui parlent, mais une race guerrière d’ours géants et des « daemons » (des sortes d’animaux-totems qui accompagnent chaque personnage en permanence) ; ici, nous n’avons pas une méchante sorcière bien dans la tradition des contes de fées mais un organisme tout-puissant et tyranique, le Magisterium, que l’on peut rapprocher autant de l’Etat que de l’Eglise ; …

Autant d’élèments qui vont peu à peu tisser un univers de fantasy assez original et pour lequel le film puise dans nombre de références qui font bien plaisir, surtout en ce qui concerne les décors (une sorte de Jules Verne british-isé, avec parfois quelques touches de La Cité des Enfants perdus et même du western !). Un univers sortant ainsi du cadre du « simple » conte de fées et dont le traitement va même se voir agrémenté de notions purement SF, l’évocation des univers parallèle et d’une mystérieuse « poussière » ouvrant de plus des pistes assez excitantes pour la suite. Rajoutez à cela quelques scènes tripantes et/ou étonnantes et vous devriez alors obtenir une pure bombe de film. Sauf que…

Sauf que, voilà, le film souffre aussi de sa teneur adulte pourtant si prometteuse. Parce que si l’on peut passer outre une réalisation manquant parfois d’un peu de maîtrise et d’ampleur (Chris Weitz, le réal, est d’ordinaire principalement producteur, ce qui ne fleure jamais très bon) et une Nicole Kidman au visage de plus en plus plastifié (plus ça va, plus elle a le nez de Michael Jackson), il est plus difficile de faire l’impasse sur une adaptation semblant ne pas avoir su retranscrire intelligemment le livre d’origine : les scènes s’enchaînent parfois un peu trop vite, beaucoup d’éléments sont à peine effleurés,… La complexité du livre, et donc son intérêt, devient ainsi le problème d’une adaptation trop frileuse. La richesse de l’univers ne se satisfait pas de 2 seules heures pour s’établir correctement, et on n’a donc l’impression de n’avoir qu’un avant-goût. Une erreur assez gênante qui a cependant pour elle de donner envie de lire les bouquins (une bonne chose en soi).

A la Croisée des Mondes est donc un film plutôt sympa (ça reste quand même une très bonne narniaquerie) qui laisse néanmoins une impression d’inachevé dans la bouche, la faute à une adaptation pas assez maîtrisée (scénario et réalisation sont le fait de Chris Weitz) qui étouffe un peu son sujet. Manque plus qu’à voir ce que donnera la suite, si ils la tournent (le film n’a pas vraiment fait des merveilles au box-office), et, en attendant, plongeons-nous dans les livres pour connaître réellement ce que vaut cet Anti-Narnia potentiellement brillant.

Tous à vos bouquins ! Prêts ? Lisez !

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