Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

30 Jours de nuit

13 janvier, 2008

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 « Barrow, Alaska. La ville la plus au nord des USA s’apprête à affronter la nuit polaire, la disparition complète du soleil pour u mois éprouvant mais auxquels les habitants sont pour la plupart habitués. Pourtant, quelque chose cloche. Le shérif Eben (Josh Hartnett, qui n’a jamais été aussi bon) doit faire face à des actes criminels étranges : disparition des téléphones portables, mort de chiens,… En fait les signes annociateurs d’une arrivée imminente, celle d’une meute de vampires désirant se faire un petit festival de chasse et de ripaille pendant les 30 jours que va durer la nuit. Plus qu’une seule solution pour ceux ayant survécu au premier assaut : se cacher. Et attendre en espérant pouvoir un jour revoir le soleil…« 

Précédé d’une réputation plus que flatteuse (beaucoup de critiques crient même au chef d’oeuvre pur et simple), c’est avec des sentiments partagés que nous nous installons dans les sièges du cinéma. Parce que, premièrement, nous avons la quasi-certitude que nous allons voir un pur film. Et, deuxièmement, parce que l’on redoute de se chier dessus de peur. A la fois plein d’assurance et d’angoisses.  And you know what ?… I’m happy! J’suis happy parce que ce film, aussi rare que cela puisse sembler, n’a pas de défaut apparent. C’est vrai, j’ai beau y réfléchir, il n’y a rien de regrettable sur ses deux heures de durées. Bon, on pourrait probablement bien trouver 2, 3 petites choses (ça dépend des points-de-vue) mais, moi, je ne vois pas lesquels (ah si, quand même, il y a la gestion peu concluante du temps, avec des ellipses dont on ne ressent jamais vraiment les effets, mais ce n’est vraiment pas grand chose).

Parce que 30 Jours de nuit est vraiment une pure bombe. Clair, simple et net. Ça vous saute aux yeux dès ses premières images, d’une beauté plastique tout bonnement hallucinante. Et ça continuera tout du long, démontrant sans fard à quel point la réalisation de David Slade est à la fois réfléchie, généreuse et tripante. Aussi maîtrisée que celle de son premier long, Hard Candy, mais avec cette fois un sujet lui permettant des excès plus que réjouissants. Il faut ainsi voir la première attaque des vampires sur la ville - un monument de barbarie chaotique que le réal nous présente dans un long traveling en plongée au-dessus des rues – pour comprendre le plaisir que procure ce film, la vigueur qui l’anime. /Ne l’écoutez pas il dit n’importe quoi !!!/* Il vous fait peur, vous électrise. Vous envoie à la gueule une direction artistique brutale (le look des vampires) et glacée (les décors, très originaux), inspirée par un comic déjà génial mais qui se voit ici encore transcendé.

Mais là où l’adaptation fait très fort vis-à-vis du comic c’est en exacerbant encore davantage la bestialité des vampires, les présentant comme une meute d’animaux voraces et déchaînés. Seul dénote dans cette approche le chef de meute, capable de parler (mais dans une langue étrangère la plupart du temps), et une gamine bien stressante (même si c’est dommage qu’elle parle, justement) mais, pour tous les autres, ils se contentent de pousser des cris à vous glacer le sang. Un traitement qui simplifie un peu la façon de nous les présenter (pas besoin de s’élargir sur leurs motivations) mais qui, loin d’être une tare, permet au contraire de préserver leur impact tout en se laissant la place aux victimes d’exister. Et ça, le scénario le fait très bien, avec une concision et une efficacité qui forcent le respect, en quelques lignes de dialogues bien senties. Le plus étonnant êtant peut-être la capacité qu’a le film de rendre vivantes les scènes où les survivants se cachent et attendent le retour du soleil, des scènes qui auraient pu ralentir le rythme mais qui n’en font rien, la tension et la peur étant toujours palpables.

30 Jours de nuit, avec toutes ses qualités évidentes et jouissives, s’est donc vu élever au rang de films cultes comme The Thing par nombre de critiques… bah ouais, vous avez raison les gars. 30 Jours de nuits, c’est juste un putain de chef d’oeuvre ! Avec un cadre et un traitement originaux, à la fois flipant et jouissif, le film s’élève aux côtés des classiques du genre, immédiatement. Et devrait y rester pour un long, très long moment !

* vous remarquerez qu’une phrase pirate s’est incrustée dans mon article, une phrase du fait de la fourberie de ma petite soeur. J’en ai été peiné, au début, car elle détone dans un texte jusque là brillant  et racé, profilé comme la lame d’un samouraï avec des pouvoirs psychiques (les pouvoirs psychiques, c’est cool). Et puis je me suis rendu compte que, finalement, ça incriminait plus son absence de lucidité que ça ne me gênait, donc je l’ai laissé. Gloire aux gens privés de conscience ! 

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Aliens versus Predator : Requiem

6 janvier, 2008

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Petit retour en arrière : nous sommes en 2004, à la fin octobre, et sur nos écrans se profile une rencontre depuis longtemps attendue, le match du siècle, l’armaggedon de la SF. L’Alien contre le Predator. Le coeur plein de liesse, nous nous rendons donc au cinéma dans l’espoir de voir un truc énorme, de la fight de ouf entre deux des plus belles créatures du cinéma et puis, là, triste déconvenue. On constate que Paul Anderson est bien aux commandes de ce projet et que, s’il arrive au bonhomme de faire parfois illusion (le très flippant Event Horizon), il est aussi un spécialiste du flingage de projets méga-attendus (Resident Evil qui, bien que « correct », n’en demeure pas moins un tâcheron et presque une trahison vis-à-vis du jeu vidéo original). Malgré quelques rares bonnes idées, Alien vs Predator est ainsi une amère déception qui en aura fait pester plus d’un à la sortie des salles obscures. L’annonce d’une suite, une paire d’années plus tard, n’éveilla donc que peu l’intérêt des fans.

Et puis, bon gré, mal gré, on s’était pris à espérer : quelques photos sympas, un trailer énorme, des notes d’intention plaisantes,… oui, les fans voulaient croire. Que l’affront soit lavé. Que l’honneur soit sauvé. Alors, au final, qu’en est-il ?

Eh bah, si l’on en croit nombre de critiques sur la toiles, ce film est une bouse énorme, une véritable chianlit donnant tout son sens au terme « Requiem » puisqu’elle sonne le glas des deux icônes, les enterrant sous une épaisse couche de scénario inepte rehaussée de bonnes grosses pelletés de réalisation bâclée. Alors, oui, c’est vrai que le scénario n’est pas brillant. Et que la réalisation n’est pas toujours au top. Mais il n’en demeure pas moins, à mon sens, que le film surpasse le premier, ce qui est déjà un très bon point. Parce que, cette fois-ci, il ne faut pas attendre presque une heure avant que les deux monstres se rencontrent pour se foutre joyeusement sur la gueule. Le fait de reprendre directement à la suite du premier permet d’entrer direct dans le vif du sujet, avec l’évasion des aliens, leur propagation dans une petite ville tranquille (avec même une mort d’enfant, ce qui fait toujours plaisir pour la touche « hardcore ») et l’envoie d’un chasseur Predator pour rectifier le tir.

Une très bonne idée ça, d’ailleurs, qu’il n’y ait qu’une seule langouste rasta pour chasser les aliens, puisque cela permet de retrouver un peu du feeling des originaux, ceux où le Predator est un chasseur solitaire, à la fois méthodique et brutal. Sacrément stylé, le Predator l’est donc, surtout qu’il y a eu un effort pour qu’il soit traité comme un personnage à part entière et cela dès le début. Malheureusement, AvP : Requiem souffre encore de la principale tare de son prédécesseur, à savoir la présence humaine. C’est là où le bât blesse puisque le film, hésitant entre le point de vue à adopter (extra-terrestre ou humain ?), va bâcler quelque peu l’un et l’autre, jusqu’à un dernier tiers (et un final débile de première) où les humains prennent le dessus sans que l’on ait jamais ressenti le moindre intérêt pour eux. Ça reste quand même fendard parce que le rythme est soutenu, avec de la violence et de l’action bien jouissives (même si pas toujours très lisibles), mais on ne peut s’empêcher de regretter que la rencontre, une fois de plus, n’aille pas au bout de son concept.

Nouveau rendez-vous râté que cet Aliens vs Predator : Requiem, donc, qui porte sur lui les stigmates d’une approche pas assez jusqu’au-boutiste. Le tir a quand même été sacrément corrigé depuis le premier opus (ici, au moins, on ne se fait pas chier et le Predator ne fait pas ami-ami avec les humains) et, si le film en est meilleur, il n’en demeure pas moins encore à cent lieues de ce qu’il pourrait atteindre en mettant réellement face-à-face le Predator et l’Alien. On parle d’un hypothètique troisième volet, si succès au box-office il y a, cette fois dans l’espace… espèrons que ce coup-ci nous ne serons pas de la partie et que les deux monstres pourront s’amuser juste entre eux…      

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A la croisée des mondes – La Boussole d’or

6 janvier, 2008

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« Dans un univers parallèle où se côtoient magie et science, la jeune Lyra se voit confier un objet pour le moins étrange et ardemment convoité : une boussole d’or. Poursuivie par le Magisterium, l’organisme régulant ce monde et édictant ses lois, Lyra se lance sur la piste de ceux qui ont kidnappé son meilleur ami comme beaucoup d’autres enfants, les Enfourneurs. Au gré de ses rencontres, la petite fille parviendra jusqu’aux terres du nord, là où elle percera le secret des disparitions et en découvrira un peu plus sur elle…«   

Alors bien que l’on pourrait facilement apparenter ce film à un énième Narnia-like, il faut savoir que A la Croisée des Mondes est en fait souvent considéré, par quelques obscurs experts littéraire vivant dans des grottes ou des troncs d’arbre, comme l’anti-Narnia par excellence. Parce que le livre de Philip Pullman est aux antipodes du message chrétien de la saga de C.S. Lewis, en premier lieu. Et, en second lieu, parce que l’univers présenté est plus sombre, reposant sur des structures narratives plus adultes (l’enfant-héros ne vient pas de notre monde, ce qui démontre bien que l’on ne recherche pas l’identification à tout prix avec le lecteur/spectateur). Ici, nous n’avons donc pas de lion ressuscitant miraculeusement ou de gentils animaux de la forêt qui parlent, mais une race guerrière d’ours géants et des « daemons » (des sortes d’animaux-totems qui accompagnent chaque personnage en permanence) ; ici, nous n’avons pas une méchante sorcière bien dans la tradition des contes de fées mais un organisme tout-puissant et tyranique, le Magisterium, que l’on peut rapprocher autant de l’Etat que de l’Eglise ; …

Autant d’élèments qui vont peu à peu tisser un univers de fantasy assez original et pour lequel le film puise dans nombre de références qui font bien plaisir, surtout en ce qui concerne les décors (une sorte de Jules Verne british-isé, avec parfois quelques touches de La Cité des Enfants perdus et même du western !). Un univers sortant ainsi du cadre du « simple » conte de fées et dont le traitement va même se voir agrémenté de notions purement SF, l’évocation des univers parallèle et d’une mystérieuse « poussière » ouvrant de plus des pistes assez excitantes pour la suite. Rajoutez à cela quelques scènes tripantes et/ou étonnantes et vous devriez alors obtenir une pure bombe de film. Sauf que…

Sauf que, voilà, le film souffre aussi de sa teneur adulte pourtant si prometteuse. Parce que si l’on peut passer outre une réalisation manquant parfois d’un peu de maîtrise et d’ampleur (Chris Weitz, le réal, est d’ordinaire principalement producteur, ce qui ne fleure jamais très bon) et une Nicole Kidman au visage de plus en plus plastifié (plus ça va, plus elle a le nez de Michael Jackson), il est plus difficile de faire l’impasse sur une adaptation semblant ne pas avoir su retranscrire intelligemment le livre d’origine : les scènes s’enchaînent parfois un peu trop vite, beaucoup d’éléments sont à peine effleurés,… La complexité du livre, et donc son intérêt, devient ainsi le problème d’une adaptation trop frileuse. La richesse de l’univers ne se satisfait pas de 2 seules heures pour s’établir correctement, et on n’a donc l’impression de n’avoir qu’un avant-goût. Une erreur assez gênante qui a cependant pour elle de donner envie de lire les bouquins (une bonne chose en soi).

A la Croisée des Mondes est donc un film plutôt sympa (ça reste quand même une très bonne narniaquerie) qui laisse néanmoins une impression d’inachevé dans la bouche, la faute à une adaptation pas assez maîtrisée (scénario et réalisation sont le fait de Chris Weitz) qui étouffe un peu son sujet. Manque plus qu’à voir ce que donnera la suite, si ils la tournent (le film n’a pas vraiment fait des merveilles au box-office), et, en attendant, plongeons-nous dans les livres pour connaître réellement ce que vaut cet Anti-Narnia potentiellement brillant.

Tous à vos bouquins ! Prêts ? Lisez !

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Eden Log

29 décembre, 2007

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Alors, autant vous prévenir tout de suite, Eden Log risque d’en décontenancer plus d’un tant le film ne vous prendra jamais par la main pour expliquer ses tenants et aboutissants. C’est chiant, mais c’est comme ça. Pourtant, le postulat de départ n’a rien de bien compliqué : un homme (Clovis Cornillac) se réveille dans une sorte de grotte plongée dans l’obscurité, en fait le dernier sous-sol d’une structure qu’il devra gravir pour en découvrir la véritable nature, ainsi que pour retrouver sa mémoire… Postulat simple, donc, mais qui va se voir sérieusement compliqué par son traitement et sa réalisation, de bon goût (le travail sur la lumière est de toute beauté) mais avec un peu trop de tics auteurisants pour être facilement accessible.

Parce que si les révélations que nous offre le film n’ont rien d’incompréhensibles (alors en fait, le mec derrière tout ça c’est… Patrick Sabatier ?), il faut voir de quelle façon elles nous sont communiquées : la plupart des dialogues sont presque incompréhensibles (beaucoup de voix sont modifiées par divers artifices tels que des enceintes et autres masques à gaz, mais ce problème pourrait aussi avoir été accentué par le son – pas génial – de la salle où je l’ai vu), les éléments les plus révélateurs sont des détails noyés dans l’obscurité,… L’obscurité, justement, est un autre des éléments qui en rebutera beaucoup avec son traitement extrême et jusqu’au-boutiste, peut-être même plus encore que dans The Descent (la référence en la matière jusqu’à présent) et dont l’omniprésence contribue parfois à rendre le montage quelque peu illisible. De nombreux parti-pris de réalisation qui n’aident donc en rien à la compréhension mais qui tendent à deux choses : coller au point de vue du héros et raconter une histoire aux accents mystico-bibliques (la Bible fonctionne beaucoup sur la parabole et le sous-texte, un peu comme Eden Log). Des intentions louables, et concrétisées, mais qui n’en éclaircissent pas plus les choses.

Dommage, surtout que le film possède malgré tout quelques solides bons points. Ce bon vieux Clovis, déjà, sur qui repose tout le film. Les lumières, dont on a déjà parlé. Des p’tites bestioles pas piquées des hannetons et qui font bien plaisir dans un paysage cinématographique français plutôt frisquet en la matière. Deux, trois très bonnes idées de décors (le personnage en suspension, très étrange). Et, pour finir, un univers d’anticipation assez original, en tout cas en ce qui concerne le cinéma. Autant de qualités qui ne parviennent cependant pas à complétement corriger le tir dans un style finalement assez minimaliste (faut dire que ça coute cher de faire des films en France et que l’on alloue peu de crédits à ce genre de cinéma), reflet d’une intellectualisation trop poussée qui laisse sur le carreaux toute la partie « émotion », au sens large. 

Eden Log est donc à conseiller aux férus de science-fiction avec une bonne ouverture d’esprit et un fort pouvoir de concentration (au moins niveau 23 avec une bonne spécialisation en stamina). Ceux-là sauront profiter d’un film surprenant dans bien des sens, bons comme mauvais, tandis que les autres se feront royalement chier. Le film n’est absolument pas fait pour le grand public, ni même pensé en terme de « fun », et c’est bien dommage car le cinéma français manque de grosses locomotives récentes dans le genre, de celles qui redonneraient un souffle à cette production dans nos contrées. Parce qu’entre Chrysalis et ce Eden Log, force est d’avouer que l’on donne l’impression de toujours se branler un peu beaucoup le ciboulot, comme si on avait peur de faire des films de SF qui pourraient être de grands succès publiques (ce qui n’est absolument pas incompatible avec le succès critique, rappelons-le). Rageant, d’autant plus qu’on a de purs talents par chez nous. Franck Vestiel, je te souhaite donc une bonne carrière aux states où, je l’espère, tu nous feras une bonne grosse bombe !       

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Je suis une légende

22 décembre, 2007

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« 2012. L’humanité a été rasée par un nouveau virus, mutation d’un remède miracle contre le cancer ayant transformé de nombreuses personnes en créatures nocturnes et voraces. Seul a survécu à la pandémie Robert Neville (Will Smith), scientifique militaire mystérieusement immunisé dont le quotidien – dans un New-York dévasté – s’organise autour de la survie de l’espèce humaine et la sienne, physique comme mentale. A la recherche d’un remède pouvant guérir la maladie, le survivant est sur le point de le trouver mais le temps manque car les mutants se font de plus en plus agressifs… et de plus en plus malins…« 

On l’a attendu ; on l’a vu ; et il a vaincu ! Autant le dire tout de suite, Je suis une Légende est un excellent film qui satisfait à tous les espoirs que l’on avait placé en lui ! Préparez-vous donc à un festival de streums bien haineux et speeds ; à des scènes de flippe bien stressantes (la lampe torche, c’est  toujours efficace) ; à de l’action avec plein de « kaboom », de « tac-tac-tac » et de « run ! » dedans ; à une vision post-apocalyptique du monde de toute beauté ; et, enfin, à un scénario d’anticipation exploitant des ficelles bien connues mais d’une façon si dynamique et efficace que ça en devient presque une re-découverte. On pourrait alors regretter que le thème de l’ « humanisation » des mutants ne soit pas un peu plus traité mais, puisque cela permet de conserver intacte leur dangerosité (et dangereux, ils le sont, croyez-moi) tout en offrant à l’histoire des horizons tout aussi efficaces à leur manière, pourquoi se plaindre ?

Car Je suis une Légende est aussi une péloche sincère, avec du coeur, prenant le temps de mettre en place son ambiance écrasante. Et c’est là peut-être la plus grosse surprise de ce film qui ne se pose pas uniquement comme un blockbuster tripant, celle d’être en même temps un film souvent émouvant. Un performance due en grande partie à celle de Will Smith, vraiment convaincant dans le rôle (oui, il m’a rabattu mon cacquet), mais aussi à une caméra qui ne cesse de l’écraser avec des plongées vertigineuses, de l’isoler dans des décors gigantesques. La solitude de Robert Neville est palpable dans ce film et, lorsqu’elle est mise à l’épreuve, on le ressent de façon d’autant plus cinglante, douloureuse, à l’égale de ce qu’il doit ressentir face à son combat désespéré et obsessionnel. Celui d’un homme voué au sacrifice, comme le démontre à son terme la très belle scène de chasse au tout début du métrage. Celui d’un héros simplement humain.

Un film qui plaira donc autant aux geeks (quelques clins d’oeil assez énormes nous sont adressés, comme cette gigantesque affiche teaser avec les logos de Superman et Batman superposés : les frères Warner auraient-ils quelque chose à nous avouer ou juste ils se foutent de notre gueule ?) qu’aux cinéphiles ou usagers occasionnels, tant Je suis une Légende parvient à faire mouche sur tous les tableaux. Un film d’anticipation aussi intelligent qu’efficace, aussi complet que pouvait l’être I, Robot (le moins qu’on puisse dire c’est que Will Smith cartonne sévère dans le genre) et qui confirme tout le bien que laissait supposer Constantine quant aux talents de Francis Lawrence, désormais réalisateur à suivre avec assiduité. Et si certains critiqueront peut-être la nouvelle fin, plus optimiste que l’originale, il n’en demeure pas moins que l’important est malgré tout là et bien là : Robert Neville est réellement une légende…

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Il était une fois

15 décembre, 2007

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 « Giselle est la parfaite princesse de contes de fées, béate de bonheur dans son monde de dessin animé. Belle, douce, douée en chant et amie des animaux de la forêt, elle a en plus la chance de rencontrer son prince charmant avec lequel elle va se marier très prochainement (demain). Mais cela n’est pas au goût de la Reine, une sorcière qui voit dans l’arrivée de cette jeune beauté une menace à sa main-mise sur le royaume et qui l’expédie alors hors de ses limites, dans un monde où la maxime « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » a autant de sens qu’une publicité japonaise n’en a pour un occidental… Notre monde…« 

Avec un pitch comme ça, on s’offre normalement un vaste champ de possibilités en matière de gags. Regardez La Rose pourpre du Caire, regardez Last Action Hero : le décalage résultant de l’irruption d’un personnage dans un monde qui n’est pas le sien permet de jouer à fond sur les contrastes, ce qui est toujours un moyen détourné pour commenter notre monde ou des éléments le composant. Et comme on nous parle en fait de choses qui nous sont quelque part proches, le gag en est d’autant plus réussi et le rire d’autant plus libérateur. Et même s’il faudrait être fou pour s’attendre à une approche de la sorte dans une production Disney estampillée « BLOCKBUSTER X-MAS ’07″, la bande-annonce laissait entrevoir un humour plutôt bon-enfant et « corrosif » envers les classiques de l’animation disneyenne, jouant à fond sur les caractéristiques toonesques de ses personnages. Alors, pourquoi pas ? Enfin, c’est noël, quoi !

Sauf que, voilà, les toons qui sont ici « parodiés » sont ceux des premiers classiques et si leur pureté virginale aurait pu être la source d’excellents gags, il n’en est en fait presque rien puisque le concept est exploité juste du bout des doigts, sans trop se mouiller. On est dans un Disney, quoi, et faut pas trop pousser le bouchon. Seul le Prince Charmant (James Marsden, plus convaincant que dans X-Men)(faut dire que dans Il était une fois, il parle… ça aide) s’en sort donc sur la longueur, avec quelques excès qui font bien plaisir mais que l’on aurait aimé plus nombreux. Et c’est là le problème, parce qu’on est dans un Disney et qu’il faut une jolie morale toute mimi pour que nos ch’tiots aient confiance dans l’avenir : « oui, le grand amour de conte de fées est possible dans notre monde ». Haaaaa… On se retrouve donc avec une romance croisée entre les deux univers qui, en plus d’alourdir sacrément le scénario par une guimauve mise au point il y a déjà longtemps dans les cuisines Disney, va carrément contredire la thématique même du film : non, le monde censé être réel ne l’est pas, c’est juste un monde d’histoires à l’eau de rose, un New-York de carte postale vu dans au moins une bonne trentaine de comédies romantiques (j’peux pas vous les citer là, mais j’suis bien sûr qu’y en a au moins 30 !). Il n’y a donc pas de réelle confrontation, l’histoire est cousue de fil blanc et ne remet surtout rien en cause. Du pur téléfilm Disneychannel, juste avec beaucoup plus de thunes.

Et encore, si le scénario ne faisait que prendre une (très) mauvaise voie mais qu’il parvenait à avoir un minimum de cohérence… bah non, ce n’est pas le cas ici. Décidément. Parce qu’il faut voir les ellipses hasardeuses et autres raccourcis douteux qui parsément le métrage, expression d’un montage que l’on imagine tronqué au max pour pouvoir faire plus de séances par jour et ne pas lasser les petits kids. Le tout jusqu’à un final d’une inutilité flagrante (la méchante dit elle-même « Vous voulez du spectacle ? Vous allez en avoir !« , comme si elle se savait obligée de justifier sa transformation) et qui se résout dans un déni absolu de sens et de logique. Climax sans intérêt + final rose bonbon à gerber = très mauvaises dernières impressions.

Il était une fois est donc un film qui souffre terriblement de sa parenté avec le studio Disney puisque tous ses tics les plus exaspérants se retrouvent ici condensés, dans un maelström de bons sentiments gnangnans et bigarrés. Pourtant, c’est aussi ça qui fera certainement le succès du film : les enfants vont adorer, les parents peu regardants seront contents que leurs enfants se soient amusés, les dépressifs vont retrouver le sourire ou trouver la force de régler tous leurs problèmes d’un coup,… Il y en a qui seront preneurs, quoi. Et puis il y en a d’autres qui regretteront que le film n’ait pas été confié à l’équipe qui nous avait offert le monstrueux Kuzco, l’empereur mégalo…     

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American Gangster

30 novembre, 2007

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 « Frank Lucas (Denzel Washington) travaille depuis plusieurs années pour Bumpy Johnson, le Parrain noir de Harlem, en tant que chauffeur et homme de main. Mais le début des 70′s est l’époque des changements et c’est en toute logique qu’il prend la relève lorsque son patron meurt. Réorganisant la mafia noire autour de sa famille et révolutionnant le business de l’héroïne en traitant directement avec les producteurs, Frank acquiert rapidement à son tour le titre de Parrain de Harlem. Mais cette réussite aussi  brillante que subite finit par  attirer l’attention de l’intégre inspecteur Roberts (Russel Crowe), récemment promu à la tête du jeune département anti-drogue et bien décidé à faire son boulot…« 

Alors c’est sûr que comme ça, en lisant le synopsis, on pourrait croire qu’on va assister à un bras-de-fer titanesque entre deux excellents acteurs, avec une pure ambiance de polar des seventies, une bonne grosse fresque dans les tréfonds de New-York de 2h30… mais non. Je sais, ça ne commence pas terrible comme critique mais c’est pourtant vrai : jamais, au cours du film, le duel Washington/Crowe ne satisfait nos attentes. Et en même temps, on se demande comment cela pourrait être le cas puisque leurs personnages ne se rencontrent que dans les 20 dernières minutes du film ! Remember Heat, anyone ? Nous suivons donc pendant deux heures deux intrigues qui peinent à se recouper sur le plan narratif ou à entrer thématiquement en résonnance (tout juste le contraste « Lucas qui réunit sa famille »/ »Roberts qui perd sa famille »). Ceci étant peut-être dû au fait que le scénario veuille coller au plus près de l’histoire vraie dont il s’inspire, ce qui retire pas mal de liberté en matière de dramatisation.

Pire encore, jamais le scénario ou la réalisation ne parviennent à provoquer notre empathie pour les personnages. C’est bizarre, mais il y a toujours comme une distance entre nous et ce que nous voyons, on ne s’implique pas dans l’histoire. La faute encore à ce manque de dramatisation, le film adoptant une forme « énonciation de faits » un peu fastidieuse. Mais si cette approche fonctionnait dans le Zodiac de Fincher (justement parce que cela correspondait à la méticuleuse enquête du personnage principal), ici les personnages ne donnent l’impression d’être que des figures lointaines quand on aurait aimé avoir des héros tragiques. Avec exactement la même histoire (suffit de passer des 20/30′s aux 70′s), Les Incorruptibles de Brian de Palma faisait ainsi bien plus plaisir car il n’hésitait pas à jouer sur le côté  »mythologique » de son sujet, ce que ne se permet jamais American Gangster dans sa constitution d’une chronique détaillée où aucune sous-intrigue n’aide la principale à s’élever (faut voir comment les seconds-rôles sont traités par-dessus la jambe, exactement l’inverse du film de de Palma : comparez comment sont traitées les teams d’incorruptibles dans les deux cas pour comprendre).

Alors, et malgré ces défaut majeurs, peut-on dire du dernier Ridley Scott qu’il s’agit d’une grosse bouse ? Bien sûr que non, parce que le réalisateur de Blade Runner et Gladiator sait quand même sacrèment bien s’y prendre pour nous faire de la bonne image (n’oublions pas qu’il était un clippeur au début de sa carrière et qu’il en a gardé un certain savoir-faire esthètique), avec une reconstitution des 70′s criante de vérité. Et puis il y a Russel Crowe et Denzel Washington, qui sont quand même deux putains d’acteurs. Et il reste aussi quelques scènes bien cool (la mise à mort en pleine rue par Frank d’un concurrent, par exemple), ce qui finit de nous faire rager quand on imagine ce qu’aurait pu être le film avec juste quelques scènes en plus. Va donc falloir attendre l’inévitable édition director’s cut, comme pour Kingdom of Heaven, afin de savoir ce que vaut réellement cet American Gangster.

n.b : putain, je suis vert ! C’est moi qui ai dormi ou le plan génial avec Denzel en contre-jour, qu’on voyait à la fin du trailer, a été coupé ? 

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La Légende de Beowulf

23 novembre, 2007

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Alors celui-là, on pourra dire que je l’aurai attendu ! Depuis presque un an et demi, je crois, depuis le moment en fait où j’avais lu l’annonce du projet sur le web et que je m’étaisrendu sur le site officiel, à l’époque un simple page avec le titre du film animé. Un truc cheap mais qui m’avait laissé malgré tout une forte impression, surtout vis-à-vis de ce que je connaissais du projet : le nouveau Zemeckis, tiré de la légende nordique de Beowulf et réalisé avec la technique du Polar Express, sur un ton adulte, et scénarisé par Roger Avary et Neil Gaiman… tous les éléments étaient déjà là, concrets sans même avoir vu une seule vidéo. Et quand le temps des trailers est arrivé, quel plaisir à chaque fois renouvelé ! La douce impression qu’on allait assister à un spectacle barbare, épique, fantastique, beau à en crever. Et alors, une fois l’attente terminée, qu’en reste-t-il ?…

Eh bah tout ce que l’on était en droit d’attendre, mon gars (je vous ai fait peur, hein ?) ! C’est bien simple, le film satisfait à quasiment toutes nos attentes – les miennes en tout cas, puisqu’un récent commentaire sur ce blog disait le contraire – en étant à la fois beau et tripant. Car malgré quelques rares plans un peu foireux, jamais personnages de synthèse n’ont été aussi vivants, laissant autant transparaître une réelle interprétation d’acteur et démontrant déjà une énorme évolution par rapport au photo-réalisme du Polar Express, ce qui laisse présager du meilleur pour l’avenir (une nouvelle forme de cinéma est réellement en train de naître). Surtout que la cadre dans lequel ils évoluent, leur ressemblance avec les vrais acteurs et le ton plus adulte de la péloche – c’est vraiment pas pour les p’tits kids, même s’il n’y a pas grand chose de choquant - les font exister à un autre niveau que celui de personnages animés. C’est difficile à expliquer, mais je crois en fait… que ça ressemble beaucoup à un film live !

Outre que ce « film live »-ci est débarrassé de nombre des contraintes physiques propre à un tournage classique, comme la caméra, par exemple. C’est tout con, mais la technique de performance capture permet vraiment des merveilles quand on la met dans les mains d’un mec comme Zemeckis, toujours prêt à expérimenter et à pousser son concept jusqu’au bout. Ce qui nous donne une réalisation s’adaptant au poil à son sujet, stable et sans fioriture pour les scènes classiques; et tout en mouvements normalement impossibles dès que l’action s’installe. A ce titre, les combats contre les monstres géants sont tout bonnement incroyables de lisibilité et de fluidité malgré les différences d’échelle, la caméra collant à l’action avec une ampleur quasi-mythologique (ceux qui connaissent le jeu « God of War » devraient apprécier). 

Mais La Légende de Beowulf n’est pas qu’un exploit technologique, loin de là, c’est aussi un conte avec sa rudesse et sa cruauté venues directement des terres du Nord. Les fans de vikings (yep, Judepomm, c’est pour toi) devraient bien baver devant la classe du héros, qui rappelle parfois dans sa brutalité et sa détermination un certain Buliwyf de forte bonne mémoire, et cela même s’il se permet 2/3 cabrioles dans le combat avec Grendell (magnifique créature, au fait) pas forcèment très crédibles. Alors on pourra toujours lui reprocher quelques blans dans son intrigue (restriction budgétaire, durée ou problème quant à l’adaptation du texte d’origine, ça je ne sais pas), mais ce serait se mentir et refuser d’avouer que, Beowulf, c’est barbare, épique, fantastique et beau à en crever !  Tout ce que l’on en attendait ! (et en plus la musique déchire !) 

Alors, allez, tous en choeur : « I – AM – BEOWULF !!! » 

(oui toi aussi, là dans le fond… oui, toi aussi, YOU – ARE – BEOWULF !!!)   

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