Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Abandonnée

2 juin, 2007

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Marie, une productrice américaine de 40 ans, part pour la Russie à la recherche de son passé. Abandonnée dès son tout jeune âge, elle découvre que les raisons de cet abandon cachent un fait-divers sordide, mystérieux, et hérite de la maison familiale perdue au milieu de nulle part. Là, elle fera une rencontre qui boulversera sa vie… et affrontera les reflets de son passé maudit.

Ce film ayant eu de très bonnes critiques, j’y suis allé en confiance, certain de passer un bon moment (et redoutant d’avoir peur, mais ça fait partie du jeu). Pourtant, et même si j’ai bien aimé le film, je ne peux pas dire que ça ait été la surprise à la quelle je m’attendais (et donc, pour le coup, ça a été une vrai surprise). Sa principale (unique ?) faiblesse est ainsi son scénario qui, bien qu’il soit habilement ficelé et un digne représentant du genre dit « de maison hantée », n’en évite pas moins les poncifs de ce type d’intrigues, ce qui désamorce réellement le suspense au niveau des révélations sur le passé de l’héroïne ou la nature des döppledangers (des fantômes/doubles assez stylés et plutôt flippants). Dans un style relativement proche, et d’un autre réalisateur espagnol, Les Autresse révélait beaucoup plus surprenant et novateur avec son traitement d’une ghost-story. Mais là n’est pas l’intérêt d’Abandonnée.

Parce que même si le film ne vourra pas faire des bonds sur votre siège (le réalisateur évite les cheap-trickstrop faciles, comme « le chat qui sort du frigo » ou la fameuse « main qui rentre brusquement dans le champ »), il fout véritablement mal à l’aise grâce à sa réalisation aux petits oignons. Que ce soit la photo superbe (regardez les images et ces couleurs !), le cadrage, le montage ou la musique, tout est orchestré pour vous plonger dans cet univers glauque et déprimant, vous mettre aux côtés de ces personnages qui perdent la raison (le réalisateur avoue avoir voulu adopter un style proche du documentaire). Il y a aussi quelques idées assez originales comme cette scène où le faisceau de la lampe torche révèle le passé par fragments. Et il y a bien sûr les fantômes, dont le design « simple » ne les prive pas d’une aura terrifiante.

Abandonnée, en l’état, constitue ainsi un brillant exercice de style, la nouvelle révélation d’un talent prometteur (putain, ils sont forts ces espagouins, quand même) que l’on aimerait voir s’atteler au plus tôt à des projets un peu plus consistants au niveau de l’intrigue. Un réalisateur à découvrir, donc.  

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Pirates des Caraïbes : Jusqu’au bout du monde

26 mai, 2007

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Attention, capitaine ! Grosse bouse à tribord  !

Bon, j’imagine très bien ce que vous pensez et ça doit ressembler à peu près à ça : après la critique sur Spiderman 3, vous vous dîtes que ce type (moi) n’aime pas les super-productions américaines, ou bien que je suis difficile, ou juste un gros casse-couille (les 2 dernières propositions ont une part de vérité) (la 1ère critique où le critique est critiqué… ça fait réfléchir). Mais avec ce film, franchement, c’est mérité. Disons que si le film de Sam Raimi était « un coup de couteau dans le dos » (c’est juste pour l’image, hein, je ne suis pas non plus sur le point de voler jusqu’aux states pour mettre une branlée au père d’Evil Dead), Pirates des Caraïbes 3 est une balle dans la tête, le viol des membres féminins de ta famille, la profanation du tombeau de tes ancêtres et l’urinage sur tes plants de tomates. Le tout avec le sourire !

Pourtant, l’épisode 2 avait été une vraie bonne surprise, surpassant largement le premier grâce à la bonne idée d’en gommer les principaux défauts (c.à.d. + d’action, + de monstres, – d’Orlando Bloom et de Keira Trucmuche, – d’intrigues de trahison à la mord-moi-le-noeud,…). Eh bah, devinez quoi ? Pour le troisième, ils sont revenus aux sources ! Comme ça fait plaisir… Petit inventaire de ce qui ne va pas (attention, il se peut que ça spoile sévère) :

Le film se recentre sur les humains et leurs allers-retours incessants entre petites trahisons et réconciliations sans queue ni tête, les monstres passant donc au second plan et Davy Jones devient même risible (je pensais pas que c’était possible tellement il est stylé). Mais il est pas tout seul parce que, en plus des têtes à claques Orlando Bloom et Keira J’ai-la-flemme-de-chercher-son-nom-sur-le-net (qui sont toujours aussi nuls, merci pour eux), le fameux capitaine Sparrow lui-même est baclé  avec des vannes qui tombent à plat 92% du temps (j’ai compté). Pour ceux qui voulaient voir un peu plus le superbe Kraken, désolé, mais ce sera pas dans ce film (vous verrez l’explication, c’est à pleurer tellement ça aurait pu être une scène splendide et tellement on ne nous la montre pas du tout) ! Et pour ceux qui voulaient voir Chow Yun-Fat se battre  comme un pirate, désolé, mais ce n’est pas là non plus qu’il faut chercher (le con trouve le moyen de mourrir au bout d’une 1h 15 de film). Et Keith Richard ?… J’ai pas envie de dire du mal d’une pierre qui roule. On pourrait aussi parler des ajouts qui font tâche avec les autres films (depuis quand Davy Jones peut passer à travers les objets ?), mais on va m’accuser de mauvaise foi, alors j’arrête là…

Enfin, il y a juste encore un truc : vous avez vu, dans la bande-annonce, la réunion de tous les seigneurs pirates ? Ça faisait envie, hein ? Tous ces monstrueux pirates réunis, avec leurs particularités et leur armada, prêts à se battre contre une centaine de bâtiments de guerre, ça aurait pu donner un truc génial digne du final hypothétique du manga One Piece, non ? Eh bah non. C’est tout gâché. A tel point que l’on ne les voit pas se battre, pas plus que la centaine de bâtiments de guerre. Tout ça, c’est juste pour faire joli… mais ça fait juste chier.

Alors c’est dommage, parce que le réalisateur est quand même plutôt bon (il subsiste quelques très, très beaux plans) et qu’on attendait un final en apothéose, mais l’ensemble est foutu en l’air par un scénario hasardeux qui se perd sur la durée (et en 2h40, il a le temps de bien se paumer comme il faut) et qui laisse s’exprimer des personnages tout juste bons à se faire tuer au second plan (Orlando Bloom et… bon, vous avez compris). Plus qu’un abordage, un véritable sabordage…

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Zodiac

18 mai, 2007

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Zodiac raconte l’histoire vraie d’un tueur en série ayant sévi aux U.S.A fin 60′s/début 70′s et qui n’a jamais été arrêté. Vu que le film dure plus de 2h30, on pouvait craindre d’être baladé tout ce temps pour ne déboucher sur rien mais, à la manière du J.F.K.d’Oliver Stone, le film de David Fincher se permet néanmoins d’énoncer clairement sa théorie (basée sur le livre-enquête d’un des personnages), ce qui se révèle être à la fois une force (un film sans fin amène toujours la frustration) et une faiblesse (la théorie est peut-être crédible, mais rien ne dit qu’elle soit réelle). Cette dualité, on la retrouve d’ailleurs au sein même du film qui se composerait plutôt de deux films bien distincts.

La première suit ainsi la période de gloire du Zodiac, avec ses meurtres, l’enquête, la médiatisation. La réalisation fluide de Fincher nous fait pénétrer de plein front dans cette époque, on assiste à la « déchéance » de tous ceux qui essayent de coincer cet assassin apparemment très malin. Il s’agit là de la partie officielle.

La seconde nous fait suivre, après coup, l’enquête menée en solo par le personnage de Jake Gyllenhaal (il est celui qui a écrit le livre qui a inspiré le film… vous suivez ?). La partie officieuse, « romancée » pourrait-on dire, mais aussi celle qui justifie la structure du film. En effet, on a assisté dans la première à l’impuissance de la police car la collaboration entre les différents services, les différents états, peine à se faire. Il faudra donc qu’un homme seul réunisse toutes les pièces, auprès de tous les intervenants de la première partie, pour reconstituer le puzzle (prouvant ainsi que le tueur n’est pas si malin, le fameux message codé n’étant qu’un moyen de faire parler de lui). Tout le film ne tend donc que vers ça, et c’est plutôt bien car sinon il n’y aurait pas vraiment de film.

Cette dichotomie (oui, j’ai du vocabulaire) pourra en gêner certains (il y a vraiment une différence de ton entre les deux parties), mais la réalisation de Fincher ayant considérablement mûrie (finis les travelings à travers les serrures ou anses de cafetière) pour s’adapter à son sujet, on se laisse embarquer dans cette enquête policière qui vous tient en haleine, surtout dans la seconde partie où le héros est mis en danger. Le film de la maturité pour Fincher ? Peut-être bien. Un bon film ? Très certainement !

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Pur Week-end

11 mai, 2007

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Parce qu’il faut encourager le cinéma français quand il propose autre chose que des casse-couilleries auteurisantes (si, il faut), je suis allé voir ce film avec un sentiment partagé et cela pour deux raisons :

1 – ça a fortement l’air d’une comédie (le casting, l’affiche)

2 – je savais que ce n’en était pas vraiment une

Et au visionnage, ce sentiment se trouve parfaitement confirmé. Le film a toujours le cul entre deux chaises, ça oscille, ça se déhanche mais, bizarrement, c’est en cela que réside sa force. Comédie de dialogues sur une situation dramatique, on se laisse entraîner dans cette histoire abracadabrantesque principalement grâce au jeu des acteurs. Ce sont eux qui tiennent le film, qui rendent ce groupe d’amis sympathique.

Parce que l’histoire, elle, est pas toujours terrible. Si les relations entre les potes sont bien écrites, le reste ne peut pas en dire de même. L’intrigue « policière », avec la recherche d’un autre évadé (peut-être je spoile, là, non ?) (non, pas vraiment) et une fliquette à baffer sévère, offre ainsi peu d’intérêt, elle n’est qu’un prétexte servant de moteur au véritable noyau du film. D’où le « cul entre deux chaises », l’improbable croisement entre Les Randonneurs et Le fugitif, ce ton particulier qui fait toute son originalité.

Et vu que, aujourd’hui, l’originalité se fait rare… 

Les larmes de l’araignée

9 mai, 2007

Ah y est, après une longue attente Spiderman 3 est enfin sorti, je l’ai vu et je dois dire… que je suis déçu. C’est triste, mais c’est comme ça. J’ai trouvé le film trop long, bien moins écrit que les deux premiers.

En même temps, il était difficile de faire mieux en ayant autant de personnages à introduire et à faire évoluer, alors il y a forcément des raccourcis un peu trop évidents, trop gênants. Surtout en ce qui concerne l’homme de sable et Venom, dont les transformations sont un peu trop dues au hasard. Exemple ? Il doit y avoir plus de 200 églises à New-York, mais le rival de Parker va évidemment dans celle où l’araignée se débarasse de son symbiote, pile-poil pour que ça lui tombe dessus…

Mais ce n’est pas tout, il faut voir le costume de Venom qui est assez décevant, pas assez impressionnant. Sa tête est sympa, mais il n’arrête pas de révèler son visage humain pour parler (syndrome Spawn). Frustrant. Encore plus frustrant, le combat final manque d’intensité, il est gâché par des touches d’humour qui n’ont rien à foutre là (ouhouhouh, Jameson est là et fait sa petite blague). Alors qu’il y a quand même un putain de géant de sable et Venom à affronter.

Une déception, donc, mais heureusement que Sam Raimi est aux commandes car il nous offre quand même quelques scènes d’anthologie, comme la naissance de l’homme de sable ou bien le premier combat Parker/Osborn. En fait, il s’agit d’un film tout juste correct, quand il aurait dû être une tuerie ultime. Triste jour…

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Oui, tu peux pleurer, l’araignée

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