Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Transformers

26 août, 2007

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Il est des films que l’on attends avec un plaisir sadique logé au fond du bulbe, des films qui font baver parce qu’ils semblent n’avoir été créés que pour satisfaire à nos instincts les plus primaires, les plus jouissifs. « Moi faire grosse fight dans la ville et tout péter ! », enfin vous voyez le genre. Transformers apparait comme étant de ceux-là, le pur trip à geeks, un cadeau offert à tous les fanboys qui n’attendent – présentement - que de voir des robots monstrueux se foutre sur la gueule comme des sagouins. Et puis on se rappelle que l’argent est une valeur qui a sa p’tite importance dans nos sociétés, de nos jours. Et que les geeks, bien que très sympathiques (Dieu les bénisse !), ne constituent qu’un infime pourcentage de la population (0,07 %, me souffle-t’on). C’est donc fort logiquement que ce qui devait être le geek movie de l’été se voit finalement être un simple blockbuster calibré pour une rentabilité maximale, un film pas vraiment mauvais mais terriblement moyen. Explications :

Les robots, bien sûr, en premier lieu. Ils étaient l’aspect le plus excitant de Transformers (dire qu’ils étaient l’unique raison de son existence est même encore un euphémisme) et sont donc la première source de déception massive que distribue généreusement le film de Michael Bay. Ils souffrent ainsi d’une personnalisation trop importante, ce qui pouvait coller dans le dessin animé où ils étaient les seuls personnages dans un univers complètement fictif mais qui fonctionne beaucoup moins bien dans un film live. Les robots géants représentent un intérêt en cela qu’ils jouent sur le contraste avec le réalisme, il est en effet intéressant de voir, s’ils existaient, comment ils se déplaceraient, se battraient, les bruits qu’ils feraient,… toujours avec cette idée de grandeur, de démesure, de force. On imagine qu’ils vont être super impressionnants, galvanisateurs à l’extrême, et on se retrouve en fin de compte avec un robot qui fait du breakdance et parle comme un rappeur… Bon, d’accord, il n’y en a qu’un seul comme ça, mais tous les autres n’en souffrent pas moins d’un traitement bien par-dessus la jambe. Le réal n’aime pas vraiment les robots, ou tout du moins il n’y connait rien, et ça se voit. Clairement. Entre des scènes risiblement absurdes (la partie de cache-cache dans le jardin) et des combats gâchés par une réalisation épileptique et innapropriée (les scènes, difficilement lisibles, ne mettent presque jamais en valeur le choc des mécaniques), il est donc bien difficile de sauver les transformers de la casse où ils semblent aller bille-en-tête. 

Et il ne faut pas compter sur le scénario pour relever le niveau tant il se contente de… de… bah de rien, en fait. Il n’y en a pas vraiment, ou tout juste un vague intrigue (les Autobots et les Decepticon s’apprêtent à clore une lutte millénaire et intersidérale sur notre belle planète bleue, tout ça pour récupérer un cube mystérieux aux pouvoirs infinis… quoi ?) qui relie les évènements et les différents groupes entre eux. Ces groupes, justement, sont aussi symptomatiques des faiblesses d’un scénar’ qui adopte la forme lourdaude du film catastrophe avec cet amoncellement de points-de-vue caractéristiques, surtout dans les mains de l’homme qui a fait des « chefs d’oeuvres » comme Armaggedon ou Pearl Harbor. Ce qui signifie que si l’on ne s’ennuie pas devant ce film, on ne peut pas non plus dire que l’on s’y implique réellement. Le « héros » était pourtant sympathique (quoique un peu trop ostensiblement racoleur à ados) et aurait mérité que le film se concentre sur lui, mais il se retrouve éclipsé dans la seconde partie pour laisser la place à une intrigue abracadabrantesque et très mal faite (le personnage de John Turturro est carrèment pathétique). Et je ne vous parle même pas des blagues foireuses qui pullulent à intervalles réguliers…

Alors, heureusement qu’il reste quelques points positifs pour sauver ce film du lynchage publique, comme les sfx qui sont à tomber par terre ou bien les designs des robots, vraiment classes. 2/3 scènes laissent aussi brièvement voir ce qu’aurait dû être le film, la meilleure étant certainement l’arrivée très réussie des Autobots sur Terre avec une musique de Steve – Steamboy- Jablonsky qui se démarque à ce moment de la simple ambiance sonore pour trouver un vrai souffle épique. Mais, bon, il n’empêche que ce Transformers reste un blockbuster tout juste « à peine correct », ce qui est bien dommage – comme toujours – quand on imagine ce que cela aurait pu donner. Il ne reste plus qu’à pleurer en pensant à ce qu’aurait fait Alex Proyas d’un tel matériau…

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Les Simpson – le film

27 juillet, 2007

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Plus de 10 ans ! Ça faisait plus de 10 ans que l’on entendait parler de ce film et qu’on l’attendait comme le messie, sans rien voir venir de concret (tiens, comme pour le messie… ce sont les juifs qui doivent être dégoutés : ils auraient mieux fait d’attendre Les Simpson – le film) (ça aurait fait une bonne pub, ça, un peu sujette à scandale mais bonne quand même). Pendant un temps, certaines rumeurs laissaient même entendre parler d’une adaptation « live », avec de vrais acteurs. Un choix qui aurait pu coûter cher en ces heures où l’audience américaine de la série stagne à un niveau « tout juste satisfaisant ». Heureusement, Matt Groening et son équipe n’en ont rien fait, ils sont restés fidèles à leur matériau d’origine, gardant ce qui en faisait la force. Le sel. La quintessence. Pour notre plus grand plaisir.

Car c’est un vrai plaisir que de retrouver les Simpson sur grand écran, surtout dans un film à la fois si proche de la série et, en même temps, tellement différent. Une habile balance entre respect et nouveauté, à savoir exactement ce qu’il faut faire lorsqu’il s’agit de bosser sur une adaptation. Parce qu’il faut à la fois contenter les anciens fans, les futurs fans potentiels et les créateurs qui ont désormais l’occasion de jouer avec un nouveau format. Une gageure que l’on retrouve d’ailleurs dès le générique de début, celui-ci suivant le modèle de la version télévisée mais sans oublier de l’upgrader avec des ajouts bien sympathiques, qui permettront tout autant d’introduire rapidement les « futurs » dans cet univers et cet humour qu’ils apparaîtront comme des clins d’oeil complices aux « anciens ». L’équipe aux commandes de cette perle, à la différence par exemple du film South Park qui était une VRAIE comédie musicale cinématographique comme peu d’épisodes le sont (sans être péjoratif : je voue un véritable culte à South Park – le film), n’hésite donc pas à jouer avec sa nature première, télévisuelle. Au travers d’un écran-titre « à suivre », d’un bandeau publicitaire, du générique de fin,… De petits détails, presque insignifiants, qui n’en demeurent pas moins symptômatiques d’une volonté de bien-faire évidente. De transposer sans dépayser. 

Le passage au cinéma et une utilisation plus généralisée de l’informatique offre aussi à la famille jaune de revêtir leurs plus beaux atours. C’est bien simple, on ne les avait jamais vu comme ça ! Que ce soit au niveau de l’animation fluide des personnages, des mouvements de caméra sinueux ou des détails dans les plans larges (les scènes de foule sont une vraie chianlit à faire sur la série), on apperçoit clairement la grandeur qu’impose le format du long-métrage et qui est ici adoptée avec succès. L’élément le plus révélateur de cela étant bien sûr les CGI, car ce sont eux (et le budget, ça va sans dire) qui permettent d’atteindre le look « cinéma ». Pourtant, ils ne consistent pas non plus en un déferlement d’effets tape-à-l’oeil mais, encore une fois, ils se fondent dans la mouture télé en calquant leur aspect sur celui de la 2-D - car la série est presque exclusivement en 2-D, aujourd’hui encore - rappelant par là-même le brilliant travail déjà effectué sur l’autre série de Matt Groening, « Futurama ».  

Mais « Les Simpson » ne sont pas que ça, c’est aussi l’histoire d’une famille dont chaque membre nous est famillier, proche. On ne peut donc pas faire un film en les utilisant comme de simples prétextes, ils se doivent d’exister pour que l’on retrouve cette forme de « réalité » qu’ils ont acquis après 18 années à les fréquenter. Et si leurs personnalités sont déjà solidement établies par la série, ils ne leur manque plus pour atteindre cette « existence » que chacun ait son mot à dire dans le film, qu’il ne soit pas là juste pour être là. Et si un épisode est composé en général de 2/3 intrigues et sous-intrigues, le film et sa durée permettent d’élever ce nombre à 6/7 intrigues, ce qui offre à chaque Simpson la possibilité d’avoir sa propre histoire, plus ou moins importante en fonction de sa popularité (évidemment, Homer est au centre de tout le métrage). Tout ça pour dire que le scénario est béton, alliant le côté « intimiste » de la série à de l’action hollywoodienne avec un sens du rythme étonnant (il faut voir comment les gags -excellents - s’enchaînent). Tout est pensé en matière d’efficacité, le film ne souffre d’aucun temps mort et vous emmène au bout de ses 1h30 sans même que vous ayez eu le temps de décapsuler une bière. Dans le genre, on n’a pas fait mieux depuis South Park.

Alors, on pourrait croire en lisant tout cela que Les Simpson – le film n’est génial que ce parce qu’il ressemble aux épisodes de la série… eh bah c’est pas faux… pas totalement, en tout cas. Il s’agit en effet d’un épisode géant, respectant à la lettre la logique interne de la série ( la structure, les guests-stars,…) tout en l’explosant pour coller au grand écran. Un fragile jeu d’équilibriste auquel toute l’équipe s’est prêtée de la plus belle des manières, accouchant d’une comédie absolument ENORME ! Pour tout dire, j’en ai encore les larmes aux yeux tellement j’ai attendu de voir ça…

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Hot Fuzz

20 juillet, 2007

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« Nicholas Angel est flic. Un super-flic aux méthodes musclées et qui détient tous les records de la police de Londres, véritable modèle d’efficacité au service de la justice. Et c’est bien là le problème, car il fait passer tous ses confrères pour des amateurs. Alors, pour calmer ses ardeurs et sauver la face, ses supérieurs le mutent à Sanford, le village le plus tranquille de toute l’Angleterre et où le principal problème est un saltimbanque qui fait la statue vivante sur la place de la fontaine. Le lieutenant Angel aura bien du mal à s’adapter à cette vie rurale et à ses collègues laxistes mais, heureusement pour lui, une vague de meurtres va bientôt s’étendre sur la petite communauté…« 

Véritable transposition des films d’action américains à la Bruckheimer dans le cadre de la paisible campagne anglaise, Hot Fuzz joue la carte du mélange des genres comme le faisait Shaun of the Dead et réussit encore une fois à remporter le pactole. Il faut dire que le triumvirat derrière ces films sait s’y prendre pour donner une touche franchement originale à leurs métrages, usant d’un humour plus fin qu’il n’y paraît – on peut vraiment l’apprécier à plusieurs niveaux, sans même connaître les films qu’il pastiche – pour donner un ton spécifique qui va englober toutes les tendances et les unifier. Et elles sont ici nombreuses : film d’action, bien sûr, mais aussi film policier (avec enquête, indices et tout le tralala), comédie de moeurs ou encore film d’horreur avec un assassin qui fait très slasher (capuche noire et affection pour les objets tranchants de rigueur) et quelques plans gores bien sympas.

Pourtant, il ne faut pas s’attendre à un déferlement de scènes d’action car le principe même de ce cross-over est de parachuter Bad Boys 2 dans l’un des rares pays où les simples policiers n’ont pas d’armes à feu. Les 3/4 du film consistent donc en la découverte du village par le héros, puis son adaptation et  ensuite l’enquête à proprement parlé. Et ce qui aurait pu n’être qu’une longue et rébarbative installation de l’action d’1h10 est en fait un modèle de comédie qui passe trop vite tant les blagues venues de nulle part fusent en tous sens. Tout ça jusqu’à un final dantesque – dès qu’on leur met des armes dans les mains – qui joue à fond la carte du décalage, autant délirant qu’il est respectueux du travail de démolition de l’école américaine, adoptant à l’identique le style survolté d’un Tony Scott sur Domino pour mieux y intégrer leurs gags.

Hot Fuzz est donc une franche réussite, une vraie bonne comédie à la fois intelligente et complètement barrée, le cri d’amour de geeks pour un genre souvent décrié et méprisé mais ô! combien jouissif. Et, en tant que geeks, on ne peut dès lors dire qu’une seule chose : Hot Fuzz, c’est le film qu’il te faut ! 

(… oui, ça veut dire que ça DECHIRE GRAVE !!!)   

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Harry Potter et l’Ordre du Phénix

18 juillet, 2007

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Evitons-nous le tortillage de croupion et entrons direct dans le vif du sujet : ce nouvel opus de Harry Potter est probablement le meilleur de la série ! Rien que ça, ma bonne dame ! Bon, on peut noter certains manques dans l’histoire mais, je ne sais si c’est parce que le bouquin n’est plus très frais dans ma mémoire, pour la première fois je trouve que l’on a réellement l’impression que le film se suffit à lui-même, il y a vraiment une alchimie entre le contenu et la durée, pourtant assez courte (2h07, la plus petite de la série pour un des livres les plus épais).

Le travail d’adaptation n’a donc jamais été aussi réussi et tisse une toile logique entre les principaux évènements, aidé par un montage qui ne souffre pas de cette impression tenace de « passer du coq à l’âne » qui pouvait entâcher les autres épisodes. La scène d’entraînement de l’Armée de Dumbledore, par exemple et bien qu’usant d’un « truc » déjà fort usité au cinéma (le « montage » à la Rocky), démontre parfaitement l’efficacité du propos, la maîtrise du contenu. La musique elle-même prend un souffle nouveau – le thème de la série n’apparaît qu’après la première demi-heure – et finit d’asseoir ce sentiment que l’on regarde un vrai film ayant sa propre personnalité, avec un scénario mûrement pensé et non pas un bricolage fait à partir du roman (ce qui ne m’empêche pas non plus d’apprécier les autres… bah oui, j’adore cette série). On s’est recentré sur le coeur de l’histoire intelligemment, la révolte, ce qui offre une réelle consistance à cet Ordre du Phénix : le fil rouge n’est cette fois plus l’année scolaire (le problème majeur du 3ème opus et qui l’empêchait d’atteindre ce niveau), mais bel et bien la « mission ». Et ça fait du bien !

Surtout que la réalisation, tout comme la direction artistique, n’est pas en reste, elle a même une classe similaire à celle de Cuaron pour Le Prisonnier d’Azkaban et qui faisait référence, ce qui est un point plus qu’excellent quand elle sert à mettre en images des scènes avec un vrai souffle épique et un ton de plus en plus adulte. On pense à la première attaque des Détraqueurs, simple et efficace, à la libération de Harry par l’Ordre du Phénix, bougrement galvanisante, ou bien encore au monstrueux duel finale qui nous montre pour la première fois des sorciers se battre pour de vrai (et ça vaut le détour, croyez-moi !). Autant de scènes qui inscrivent finalement la saga dans une période plus mâture, véritable prolongation du final sombre et « traumatisant » de La Coupe de feu. L’époque des débuts, de la découverte et de l’émerveillement, est désormais finie et on passe aux choses sérieuses de bien belle manière.

Notons de plus un casting bien pensé et l’introduction réussie de nouveaux personnages qui collent immédiatement avec l’univers d’Harry Potter, parfaitement interprétés, que ce soit la lunaire Luna Lovegood ou bien la détestable Dolores Ombrage (Helena Bonham Carter est trop peu présente pour pouvoir juger). On pourrait aussi louer l’excellente direction d’acteur dont a bien profité Daniel Radcliffe, jouant enfin plus que correctement, et qui est parvenue à recadrer Michael Gamblon qui faisait jusque là un Dumbledore trop excentrique pour être crédible.  Bon, Emma Watson joue toujours aussi mal, mais il s’agit quand même d’un plus non négligeable et qui laisse augurer du meilleur pour le 6ème film où l’intrigue se concentrera principalement sur le héros et son professeur.

Alors quand on sait que David Yates reprendra justement les rênes pour Le Prince de sang-mêlé, on ne peut que se réjouir d’avance et espérer qu’il saura réitérer le succés de cet épisode. Le meilleur de la série jusqu’à présent, rappelons-le.

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Die Hard 4 : Retour en Enfer

8 juillet, 2007

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Notre époque est marquée par le retour des grandes figures cinématographiques des années 80 (et, en poussant un peu, des années 90) : Terminator, Rocky, Rambo (de là à dire que Stallone ne survit plus qu’au travers de ses gloires passées, il n’y a qu’un pas), Indiana Jones,… Le public a envie de retrouver ces joies passées, ce plaisir nostalgique de revoir les gloires l’ayant fait rêvé, tandis que les producteurs ont très envie de se faire un max de thunes sans trop se creuser les méninges :  une drôle de situation qui nous met face à nos faiblesses en tant que consommateurs, nous fait ressentir une certaine culpabilité quand on comprend à quel point nous sommes manipulables. Alors, sachant cela, est-ce que l’on avait vraiment envie de retrouver John McClane dans un nouveau Die Hard ? Bah… ouais. Bordel, ouais !

Comme disait Gilbert Bécaud : « il n’y a pas de mal à se faire plaisir, sauf si c’est en enculant des animaux ». Alors ne gâchons pas notre plaisir avec ces vaines réflexions et profitons plutôt de ce revival plus que bienvenu. Et vous savez quoi ? I’m happy ! Die Hard 4 : Retour en Enfer est un vrai bon film d’action, un de ceux qui vous chopent par le colbac dès le début et ne cessent de vous en foutre plein les mirettes et les oreilles pendant deux heures trépidantes et pétaradantes. On pouvait craindre que Bruce Willis soit trop vieux pour ces conneries : il n’en est rien, McClane a toujours autant la classe. On pouvait craindre que le buddy de service soit le symptôme d’un jeûnisme envahissant et casse-couille : il n’en est rien non plus, il est en fait plutôt sympathique et a même la décence de ne pas faire de skate-board. On pouvait aussi craindre que la fille de McClane soit une présence plus génante qu’autre chose : ce n’est encore pas le cas, elle est introduite vite fait, bien fait, et ne revient dans l’histoire que lorsque que c’est nécessaire. 

Parce que ce crû 2007 reprend les éléments qui ont fait le succès de la série, à savoir un héros charismatique qui balance des vannes avec un certain dédain et de l’action, de l’action, de l’action ! Et de ce côté-là, on est bien servi : entre l’instantanément culte « catapultage de voiture dans un hélicoptère » ou le combat contre un avion de chasse sévèremment armé, on assiste à des scènes énormes et jamais vues auparavant. Et cela tout du long, ce qui fait que l’on ne s’ennuie jamais grâce à un scénario habillement ficelé qui parvient à faire cohabiter une histoire intéressante (le piratage informatique de tout un pays, ça fait quand même un putain d’enjeu avec des conséquences assez cools) et ces scènes d’action de haute-volée.

Alors, si l’on voulait vraiment pinailler, on pourrait regretter que le film adopte cet apparat un peu trop  »sérieux », « réaliste », ceci étant principalement dû à une image privée de ses couleurs chaudes quand celles de Une journée en enfer, par exemple, éclataient à l’écran et à un patriotisme à la mord-moi-le-noeud (cette fois, il sauve carrément tout les Etats-Unis), mais il est désormais plus dur de s’éclater en racontant une histoire touchant au terrorisme (merci le 11 septembre et la bêtise américaine). Ce qui éloigne ainsi quelque peu ce 4ème Die Hard de la touche « comic » qui caractérisait les précédents, mais « à nouvelle époque,… ».

Bouder Die Hard 4 à cause de cela serait donc pure folie, ce serait se priver d’un excellent moment de ciné qui remplit amplement ses promesses quand cela se fait trop rare (Spiderman 3, Pirates des Caraïbes 3,… la liste est longue). En tout cas, on peut dire que le bal des « grosses sorties alléchantes de Juillet » commence de bien belle manière avec ce nouveau chapitre d’une série culte, le retour en force du plus cool des flics ricains. Putain, ouais !      

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Steak

30 juin, 2007

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Alors là, je suis bien embêté : je ne sais pas vraiment quoi dire de ce film. On ne peut pas dire que je n’ai pas aimé, non, mais on ne peut pas dire non plus que j’ai été franchement emballé. Le film est vendu comme une comédie (voire l’affiche avec fond blanc, classique, et la façon « discrète » dont est surligné le mot « comédie »), qui plus est avec Eric et Ramzy, et je m’attendais donc à une bouse façon Double Zéro ou Les Daltons. Tout ce que ce film n’est pas, en somme.

Là, je sens que les personnes ayant aimé La Tour Montparnasse Infernale (oui, j’en fais parti) (je l’ai même vu deux fois au ciné, c’est dire) bouillonnent d’excitation en se posant une question cruciale : « alors, ça veut dire que ces mecs ont réussi à refaire un film drôle » ? Bah non, désolé de vous gâcher le plaisir mais Steak ne vous fera pas hurler de rire. A moins que vous ayez des troubles psychotiques ou que vous adoriez les enterrements pour leur ambiance festive. Parce que ce film n’est pas vraiment une comédie. Enfin pas seulement, pour être plus exact.

On y trouve donc aussi un aspect dramatique assez poussé (en tout cas c’est du jamais vu pour Eric et Ramzy), du commentaire social en forme de parabole (non, pas comme Canalsat mais plutôt comme la Bible… façon d’parler), de l’humour froid comme un glaçon dans le maillot de bain en été et aux antipodes de la comédie française classique, de la science-fiction rétrograde,… En fait, il s’agit réellement d’un film d’auteur, presque un film d’art et essai tant Steak apparaît comme un ovni dans la vaste étendue cinématographique. Ceci étant, bien entendu, dû à son réalisateur, le véritable instigateur du projet et non Eric et Ramzy comme voudrait nous le faire croire la campagne de promotion.

Quentin Dupieux, c’est lui l’homme aux commandes, n’est ainsi pas qu’un réalisateur, il a déjà connu une gloire musicale il y a quelques années sous le pseudo de Mr Oizo. Vous vous rappelez ? Mais si, l’espace de marionnette poilue et jaune toute fripée qui battait la mesure sur un beat entêtant. Flat Beat ? La pub Levi’s ? Bon, laissez tomber. Ce qu’il faut en comprendre, c’est que Quentin Dupieux est un artiste touche à tout, un type qui ne peut se satisfaire d’un seul moyen d’expression (j’suis sûr qu’il touche aussi un peu à l’origami) et cela se ressent nettement dans son dernier film avec des ruptures de ton qui vous laissent comme une poule devant un cure-dent. On y voit par exemple, au début, Ramzy se faire martyriser par des brutes de son école, le pousser à bout, à un point tel qu’il finit par les descendre avec une mitrailleuse (et ce n’est absolument pas présenté de façon comique) puis, dans la scène suivante, Eric le croise et commence à jouer avec l’arme comme un gamin. Et tout le film est comme ça, ce qui est assez original mais en même temps très perturbant. Pas nul, mais autre.

Par contre, il y a bien une chose qui m’a réellement déçu : Jonathan Lambert qui est sous-exploité. Tout ceux qui, comme moi, l’ont vu dans la grosse émission sur Comédie! savent à quel point cet acteur peut être drôle, une montagne de méchanceté cachée derrière un visage d’enfant. D’ailleurs, c’est pour lui que je suis allé voir le film, parce qu’il se fait trop rare sur nos écrans (petits et grands), c’est dire si j’avais les boules pour ça (faut vraiment qu’il fasse un film en haut de l’affiche).

Donc, et pour résumer selon la méthode métalo-stoïcienne, je dirai que si vous avez envie de vous marrer comme des baleines vous perdrez votre argent en allant voir ce film. Si, par contre, vous n’avez rien contre les films comme vous n’en avez jamais vu, décalés et bizarres, eh bien cela pourrait s’avérer une expérience assez intéressante. A vous de voir ce que vous voulez voir. 

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La Colline a des yeux 2

23 juin, 2007

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Je suis quelqu’un qui n’aime pas trop quitter le confort douillet du « chez soi », qui n’aime pas aller découvrir de nouveaux endroits, voyager là où aucun pied humain ne s’est jamais posé… et j’ai bien raison ! Parce que le monde est dangereux, avec des salopards atomiques prêt à vous dessouder à tous les coins de rues, derrière chaque arbre, chaque rocher. Le monde est une immense tapette à souris et, heureusement, le cinéma est là pour nous en avertir. Avec un film comme La Colline a des yeux 2, par exemple.

Alors, quelle destination faut-il éviter cette année ? Eh bah, comme l’année dernière, c’est le Nouveau-Mexique et ses terres rongées par les expériences nucléaires mais, avouons-le tout de suite, ce numéro 2 est très loin d’égaler l’excellence de son prédécesseur. Et mettons les choses au clair : je ne suis pas un gros chauvin qui garde une rancune tenace contre les allemands (car le réalisateur est grecque… mais non, il est allemand ! Vous suivez ou quoi ?), cependant on ne peut que constater la supériorité du film D’Alexandre Aja sur celui de Martin Weisz, le frenchie ayant accouché d’un film à la fois viscéral, violent, malsain et complétement barré. Mais est-ce la faute du réalisateur allemand si son deuxième film ne retrouve pas ce niveau d’excellence ? Bah non, bien sûr que non !

Car depuis le premier, un nom est réapparu en gros sur les affiches de la franchise (la bande-annonce française va même jusqu’à dire que le film est de lui alors qu’il n’est que producteur), celui-là même qui l’a instigué il y a quelques années : Wes Craven. Et s’il a fait quelques très bons film par le passé, force est d’avouer qu’il a aujourd’hui carrément perdu la gniaque, le feu sacré (à ce propos, il faut voir Cursedet son loup-garou tout moche qui fait des doigts d’honneur pour comprendre). Pourtant le succès du remake a dû réveiller en lui ses instincts de boucher mercantile, car le revoilà sur le devant de la scène, allant même jusqu’à signer le scénario lui-même avec l’aide de son fils (« du piston ? où ça ? non, j’ai jamais eu besoin de piston pour réussir ! »). Et c’est là où le bat blesse fortement : Craven n’est pas Aja, et son scénar’ est à mille lieux d’égaler l’intensité émotionnelle du premier, ce qui fait de cette colline numéro 2 un simple jeu de massacre, l’occasion de vous faire sursauter tout en matant des bidasses se faire méchamment déssouder. Et je ne vous parle même pas de la présentation des persos, à pleurer tant les dialogues sont nuls et basés uniquement sur des insultes gratuites.

Voulu comme une suite à la Aliens (comprendre « bigger, larger, louder« ), La Colline a des yeux 2 ne réinvente pourtant pas l’original comme le faisait le film de James Cameron, il ne fait que reprendre les poncifs du genre en les multipliant par deux (seule innovation notable : les méchants ne sont désormais plus des marginaux dégénérés mais de vrais mutants monstrueux). Alors est-ce que le film est mauvais ? Non, quand même pas. On ne s’ennuie pas et on en a pour son argent en matière de massacres sanglants, mais il souffre terriblement de la comparaison avec le premier opus. Juste un petit film sympa, donc, sans plus.

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A l’intérieur

19 juin, 2007

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Une femme enceinte jusqu’aux dents et qui a perdu son mari quelques mois auparavant, dans un terrible accident de voiture, se clôt chez elle le soir de noël, seule et amère. L’accouchement doit être provoqué le lendemain mais risque pourtant d’arriver plus tôt que prévu, une étrange femme pénétrant à l’intérieur de la maison et étant fermement déterminée à voler ce bébé. Quitte à tuer pour cela…

Avec un pitch aussi simple, on est en droit de s’attendre à un véritable exemple d’efficacité et, de ce côté-là, on n’est pas déçu : l’histoire ne tarde pas à se mettre en place, on arrive rapidement à l’affrontement entre les deux femmes qui ne s’éternise pas inutilement (le film fait 1h20) et la tension reste présente tout du long sans que rien ne vienne la perturber. De ce côté-ci, le film est donc une véritable réussite. Pourtant…

Pourtant, on ne peut s’empêcher de ressentir comme un manque, un « je-ne-sais-quoi » qui aurait fait de A l’intérieur autre chose qu’un film très sympathique et hautement recommandable. Est-ce dû au scénario, finalement peut-être trop simple et ne pouvant éviter un certain côté « cyclique » (une personne rentre, se fait tuer, puis une autre suit,…) en plus d’être assez prévisible ? Ou bien peut-être est-ce dû à Alysson Paradis, qui n’apparaît jamais comme sympathique et que l’on souhaite donc voir crever ? Ou bien encore, peut-être est-ce dû à cette french touchauteurisante qui, si elle est un gage de qualité formelle, empêche néanmoins le film d’être vraiment fun ? Ce qui était déjà le cas sur Haute tension et Ils et l’est encore plus ici.

Le renouveau du cinéma de genre français passe donc par une approche sérieuse du sujet, réaliste même tant aucune place n’est laissée au second degré (en même temps, le second degré à la française nous a donné Bloody Mallory qui était une vraie daube) et il faut ainsi attendre que les talents bien de chez nous s’exportent aux States pour accoucher de films parvenant à jouer sur les deux tableaux. Pour nous offrir un spectacle total comme l’était le remake de La Colline a des yeux. C’est triste, mais c’est comme ça, surtout que l’on sent que ça les démange avec ces petites touches de fantastique qui pointent le bout de leur nez à chaque fois.

Il faut néanmoins rappeler que A l’intérieur est un premier film et que, en tant que tel, il laisse présager du meilleur pour l’avenir. Que ce soit la réalisation, efficace et classe; le gore sans concession et qui vous prend aux tripes ou bien une Béatrice Dalle réellement flippante (ses premières apparitions la classent direct dans le panthéon des monstres du cinéma), le film ne manque pas de qualités évidentes et mérite donc amplement d’être découvert. Surtout que les initiatives de ce genre dans le paysage cinématographique français sont rares et qu’il est donc d’utilité publique de les cautionner. Et le premier que je chope en train de le télécharger, je lui latte les couilles si fort qu’il en rôtera du foutre pendant deux semaines ! (téléchargez donc Hostel 2, plutôt)

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