Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Critique ciné : Les 7 mercenaires

26 octobre, 2016

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Connu principalement pour ses néo-polars urbains (rappelons-nous à quel point Training Day représentait quelque chose de neuf à l’époque dans le paysage), on en oublierait presque que le réalisateur Antoine Fuqua s’est malgré tout frotté à d’autres genres et même à l’Histoire le temps d’un Roi Arthur révisionniste. Néanmoins, avec Les 7 mercenaires, c’est la première fois qu’on le sent s’attaquer à quelque chose de vraiment différent, qui pourrait le forcer à atténuer ses tics de mise en scène, peut-être bien à cause de l’héritage que représente le classique original de John Sturges (sans même parler des Sept samouraïs de Kurosawa). Les bandes-annonces dévoilant des images baignant dans la lumière très crue du complice Mauro Fiore auraient alors dû nous mettre la puce à l’oreille : non, Fuqua ne cherche pas franchement à s’inscrire dans un cinéma plus old-school. OK, il fait du western et se prévaut de glorieuses influences mais malgré cela, il peine clairement à insuffler de l’épique dans sa mise en scène, de l’ampleur dans sa narration. Tout est pourtant là afin d’y parvenir (à l’exception d’une BO à la hauteur de celle de Elmer Bernstein, les compositions posthumes de James Horner étant trop timides pour convaincre) sauf que le cinéaste ne se dépareille pas de ses habitudes et même au milieu du grand Ouest, nous ressentons toujours une certaine sensation d’enfermement, une tension permanente. Aussi nerveux que dans ses œuvres les plus représentatives, Fuqua sacrifie ainsi la mise en place à l’efficacité et c’est par exemple pourquoi les morceaux de bravoure du métrage, s’ils sont spectaculaires, échouent à être véritablement prenants. Il n’y a qu’à comparer le showdown de ce remake avec celui de Open Range pour mesurer combien on peut se disperser ici dans la gestion de l’action, du rythme et de l’espace, plus encore avec la large galerie de personnages à gérer. A ce titre, si quelques-uns d’entre eux trouvent de quoi briller un peu de par le charisme de leurs interprètes (Vincent D’Onofrio en tête), beaucoup s’avèrent relativement insipides et pas seulement dans la bande d’antihéros : les rôles de Haley Bennett et Peter Sarsgaard, bien qu’ils devraient cristalliser les raisons d’être de cette mission suicide, demeurent en effet trop unidimensionnels pour prétendre être autre chose que de simples prétextes, et tout ce qui en découle est alors à l’avenant. S’il continue donc à creuser une réelle cohérence d’auteur dans sa filmographie, Antoine Fuqua signe avec Les 7 mercenaires un western certes efficace mais également oubliable, incapable qu’il est de renouer avec la grandeur classique de ses modèles. Un produit de son temps, rien de plus.

0203Denzel Washington;Chris Pratt;Ethan Hawke;Manuel Garcia-Rulfo;Vincent D Onofrio;Martin Sensmeier;Byung-hun Lee

Critique ciné : Deepwater

14 octobre, 2016

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Faire un film tiré de faits réels avérés – qui plus est une catastrophe – soulève toujours plusieurs questions dont les principales devraient être «cela s’est-il produit il y a suffisamment longtemps ?», «ai-je autre chose à raconter que simplement le récit chronologique du drame ?» et «comment aborder la chose en évitant le sensationnalisme ?». Le minimum syndical pour éviter de choquer, en somme. Inspiré de l’incendie de la station pétrolière BP en 2010 dans le Golfe du Mexique, Deepwater (du nom de la station, Deepwater Horizon) semble alors n’avoir pris aucune de ces considérations en compte tant il s’embourbe dans les ornières du film-catastrophe tout ce qu’il y a de plus classique. S’il peut être en effet intéressant de découvrir dans un premier temps comment fonctionnent ces gigantesques monstres maritimes, comment ça peut se passer en coulisses, tout cela est contrebalancé par un didactisme trop maladroitement intégré à l’histoire (le cours de science de la gamine fait tellement dans la vulgarisation que ça en deviendrait vexant) et pléthore de scènes lénifiantes (il faudrait écrire un livre sur les films où on découvre un héros tendrounet au réveil avec sa petite femme). Qui a vu du Roland Emmerich saura de quoi nous parlons. Dans la seconde partie cependant, celle de l’accident, on ne cède étonnamment pas au pathos – pour le coup on s’éloignerait des mauvais aspects du film-catastrophe – mais bien au spectaculaire pur, ce qui n’est pas franchement mieux si l’on veut rendre un hommage (la seule façon de se justifier pour avoir aussi peu attendu entre les faits et le film). Le métrage aurait pu insister sur la dénonciation du groupe BP ou au contraire creuser plus profondément la question pour éviter le manichéisme, voire appuyer son discours écologiste ou encore tout simplement exploiter sa galerie de personnages. Mais non. Même s’il est un peu moins pompier qu’à l’accoutumée, le réalisateur Peter Berg (Le Royaume, Battleship) ne se débarrasse pas pour autant de son appétit pour l’héroïsme forcené et reste quasi-exclusivement du point-de-vue de Mark Wahlberg, ce qui ne peut que renforcer notre sentiment d’être face à un film d’action, un véritable blockbuster. Sa mise en scène de l’action s’avère heureusement alors assez phénoménale. Nous plongeons dans un véritable enfer de flammes et d’explosions constant où l’on ressent comme rarement la violence de ce qu’il se passe à l’écran, faisant du moindre geyser de boue une baffe dans la tronche. Pas sûr que les familles des défunts s’en sentent toutefois honorés… Quant aux spectateurs lambda, Deepwater ne leur proposera qu’une expérience pyrotechnique impressionnante, mémorable même, qu’on trouvera au mieux creuse, au pire puante. Du pur Peter Berg, en somme.

DEEPWATER HORIZON07Vidrine (John Malkovich), Andrea Fleytas (Gina Rodriguez), Jimmy Harrell (Kurt Russell)

Critique ciné : Miss Peregrine et les enfants particuliers

10 octobre, 2016

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En petite forme sur son Big Eyes, Tim Burton nous revient avec un projet en apparence taillé sur-mesure pour lui. A savoir l’adaptation du roman Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs, ou le récit de la découverte par un adolescent d’une société parallèle à notre monde, peuplée d’enfants aux pouvoirs si étonnants qu’ils seraient considérés comme des monstres hors de leurs bulles totalement coupées de l’extérieur. Tout de suite, on perçoit la filiation potentielle avec les thèmes chers au cinéaste et pourtant, son amour des freaks n’est pas ce qui prédomine ici. Le film disserte en fait peu sur la question, il fonctionne davantage comme une adaptation littéraire à la Harry Potter, se nourrissant de son univers et de ses mystères pour maintenir notre intérêt. Et de son casting, Asa Butterfield pouvant compter sur les femmes fortes Eva Green (géniale) et Ella Purnell (charmante) pour rehausser un rôle principal un peu terne. Burton s’avère ainsi très à l’aise sur ce registre «merveilleux» (même s’il n’évite pas de nous perdre un chouïa avec son histoire de boucles temporelles, sujet toujours casse-gueule), en tout cas plus que lorsqu’il s’agit de verser dans le X-Men version culottes courtes. En dépit de quelques bonnes idées dont un joli hommage updaté à Ray Harryhausen, la baston n’a en effet jamais été le fort du génie de Burbank, on le sait, et l’absence de Danny Elfman à la musique se fait cruellement ressentir pour insuffler un peu d’épique à l’aventure. Là où on retrouve l’auteur de Sleepy Hollow pour de bon, c’est n’est alors pas tant dans la poésie gothique du récit – présente bien qu’un peu impersonnelle – mais bien dans certaines séquences proprement cauchemardesques, le design des Sépulcreux ou le «festin des yeux» faisant basculer le métrage dans l’horreur pure. Une rareté de nos jours, plus encore dans ce qu’on pourrait prendre pour un blockbuster familial de plus dans la filmographie du réalisateur (hormis Edward aux mains d’argent, regardez les titres qui lui sont accolés sur l’affiche). Rien que pour ça et plus généralement pour un film s’inscrivant sans peine dans le haut du panier de sa catégorie, Miss Peregrine et les enfants particuliers se révèle ainsi un plutôt bon cru pour Burton même si, il faut bien le dire, il y poursuit l’effacement des marques de fabrique de son style (son dernier effort ne vaut pas tant pour la patte qu’il y appose que pour le travail d’adaptation soigné). On verra ce que cette remise en question de l’artiste donnera par la suite…

0203Miss Peregrine's Home For Peculiar Children

Critique ciné : Kubo et l’armure magique

27 septembre, 2016

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Comme Pixar à la belle époque, le jeune studio Laika est porté depuis ses débuts sur le sommet d’une vague créatrice irréprochable, additionnant à chaque sortie une nouvelle petite pépite – à défaut de gros cartons en salles – à son curriculum vitae. Quatrième effort en à peine plus de huit ans, une gageure sachant la difficulté que représente la stop-motion, Kubo et l’armure magique ne trahit alors en rien la tradition et, une nouvelle fois, les artistes à sa solde repoussent les limites de leur art. Ayant dès le départ fait le pari du mélange des techniques là où Aardman Animations se refuse obstinément au recours aux CGI (ce qui fait par ailleurs tout leur charme), ils en arrivent aujourd’hui à un résultat brouillant totalement les frontières, effaçant les contraintes de l’animation en volume au profit d’une fluidité stupéfiante (les scènes usant du shamisen sont à pleurer de beauté et poésie) sans en perdre l’âme. Ou presque tant certains éléments sembleraient à priori irréalisables en image par image, tel ce monstrueux squelette qu’affrontent nos héros riquiqui face à lui. Puis le traditionnel petit aperçu des coulisses vient nous rappeler les défis relevés par les équipes de Laika, ne pouvant qu’une nouvelle fois nous laisser bouche-bée. Car loin de se poser ces questions techniques lorsque nous découvrons le métrage, nous sommes en effet davantage subjugués par la magnifique direction artistique, qui mêle une influence asiatique retranscrite avec un bon goût exemplaire (certains plans sont du pur wu xia pian des 70′s) aux premiers amours horrifiques du studio avec un naturel confondant (on repense à leur façon de mixer les différents arts) et une démesure rendant honneur au caractère épique de l’aventure. C’est encore une grosse baffe visuelle, que dire de plus ? Après, muni d’une bonne grosse louche de mauvaise foi, on pourra toujours critiquer une intrigue dont la simplicité relève en fait d’une volonté de renouer avec la forme du conte classique pour mieux parler aux publics de tous âges, un besoin vital pour les productions de Laika qui peinent à rallier les spectateurs en dépit de leurs qualités indéniables. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils appauvrissent leur contenu pour mieux racoler les marmots. Lorsqu’on y regarde de plus près, Kubo et l’armure magique s’avère au contraire être une histoire sur l’art de raconter des histoires, de les regarder et de les apprécier, tout un sous-texte dont la profondeur finit par donner corps à une véritable profession de foi de la part d’artistes tristement menacés d’extinction (rappelons que le film s’est méchamment planté au box-office US). Alors tant qu’on peut encore jouir d’un tel spectacle sur grand écran, il faut absolument en profiter.

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Critique ciné : Free State of Jones

19 septembre, 2016

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Parce que le combat n’a jamais pris fin, Free State of Jones s’intéresse à l’histoire vraie de Newt Knight (Matthew McConaughey, incroyable comme à son habitude ces dernières années), héros oublié de la guerre de Sécession qui fit se soulever une partie du Sud contre les Confédérés et leur doctrine esclavagiste. L’occasion d’une grande fresque historique comme le cinéma américain les adore, portée par la caméra d’un Gary Ross bien plus motivé que sur le premier Hunger Games. (entre Pleasantville et Pur Sang : la légende de Seabiscuit, il est clairement plus à l’aise dans l’illustration du passé). Mais si cette petite histoire dans la grande est davantage notable qu’une autre, c’est qu’elle s’est poursuivie en fait sur plusieurs décennies avec la descendance de Knight, marquant la très difficile (illusoire ?) transition du pays vers l’abolition des préjugés. Un héritage tristement maudit que l’on découvre par le biais de flashforwards – des scènes de procès dans les 60′s – faisant planer sur l’ensemble du récit un pessimisme diffus, éclatant en même temps que les drames émaillant les vaillantes tentatives des affranchis pour mettre en place un nouvel idéal ou, plus insidieux, lors de ces petites scènes dévoilant le racisme larvé chez de nombreuses personnes. Comment cela finit toujours par resurgir. Il en ressort que la tonalité du métrage s’avère plutôt pesante pour ne pas dire désespérée, d’une précision presque cruelle lorsqu’il s’agit de piétiner nos espoirs en l’être humain, et cela a quelque peu tendance à casser le rythme d’une narration qui avance sans nous cacher qu’elle ne peut aller nulle part. Malgré tout, paradoxe, c’est également sur ce point que Free State of Jones parvient le mieux à ses fins, exprimant pleinement l’immensité de la tâche qu’il reste à accomplir de par une lucidité que le caractère romanesque de l’intrigue n’entame en rien, un choix tranché dont peu des autres œuvres du même genre peuvent se targuer. Le combat continue…

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Critique ciné : Blood Father

10 septembre, 2016

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«Le grand retour de Mel Gibson». C’est à dire que le bonhomme a effectivement quelque peu disparu des écrans ces dernières années, rattrapé par son comportement borderline. Mais il était quand même là, dans les parages, s’amusant à jouer le bad guy dans Expendables 3 et Machete Kills ou bien ravivant la gloire d’antan le temps d’un DTV pas honteux (Kill the Gringo). Parler alors de «grand retour» à l’occasion de Blood Father est délicat mais s’il faut bien lui concéder une chose, c’est que Mad Mel n’avait pas trouvé depuis très longtemps un rôle lui collant autant à la peau. Tout y est ou presque : le personnage bad-ass droit dans ses bottes, la famille au cœur de la problématique, la violence sèche et libératrice, et même des petits airs de Mad Max de temps à autre… Ne manquerait plus que Danny Glover ! Plus encore, c’est bien la symétrie se dessinant entre l’acteur et son rôle (en particulier concernant les problèmes d’addiction ou la culpabilité envers les proches) qui lui permet d’être aussi crédible et dense, le mea culpa de l’un étant les explications de l’autre et inversement. Tout en restant digne et plutôt juste. On imagine ainsi fort bien comment Gibson a dû se jeter sur le projet, le scénario inespéré de Peter Craig – auteur du roman original – étant littéralement fait pour lui. Initiateur du métrage avec Wild Bunch et Why Not, le français Jean-François Richet (le diptyque Mesrine) a en tout cas réussi un beau hold-up sur son casting (même la jeune Erin Moriarty aide efficacement à rendre son personnage moins crispant) et ne se repose pas sur cette seule réussite. Toujours efficace et nerveuse, sa réalisation – appuyée par la lumière du fidèle Robert Gantz – confère à la cavale du père et de sa fille une âpreté et un lyrisme typiques du western moderne, offrant au spectacle un standing indéniable. Après, Blood Father n’est pas non plus traumatisant d’originalité, on est face à un «thriller du désert» comme il y en a déjà beaucoup. Ce qui n’est pas vraiment un problème car «le grand retour de Mel Gibson», nous l’attendons en fait plutôt pour novembre prochain et la sortie de Tu ne tueras point, ses retrouvailles avec le poste de réalisateur depuis Apocalypto (dix ans… fuck). Et ça lui fait toujours une bonne petite péloche de plus dans sa filmographie de comédien.

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Critique ciné : Peter et Elliott le dragon

26 août, 2016

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Dans une logique de recyclage qui s’emballe littéralement (sont annoncés les remakes de La Belle et la Bête, Mulan, Pinocchio, Mary Poppins…), voilà que Disney sort Peter et Elliott le dragon, une mise à jour du film de 1977 qui ne devrait pas nous intriguer plus que ça, ne serait-ce qu’au regard de sa démarche hautement discutable. Sauf qu’après une flopée de foirages, Le Livre de la jungle par Jon Favreau nous a prouvé il y a peu que des petits miracles étaient possibles, que de bonnes choses pouvaient sortir de cette politique à-priori sans imagination. Ce que vient donc confirmer cette nouvelle sortie, prenant le sage parti de s’éloigner de son modèle afin de trouver sa propre voie. On y laisse ainsi les numéros de danse, la magie et la fantaisie à l’original, au profit d’un cadre bien plus réaliste ou alors idéalisé juste par petites touches (l’utilisation des chansons folk par exemple), où Peter est un véritable enfant-sauvage (impressionnant Oakes Fegley). Et surtout où le dragon – même s’il a en définitive la même fonction – n’est plus une sorte d’ange venu aider l’enfant à se trouver une famille, il est traité comme un animal réel (un grand bravo au passage aux sfx qui donnent merveilleusement vie à ce gros chien vert ailé). Une différence primordiale qui ouvre l’oeuvre à un tout nouveau discours, écologique, mais aussi à un ton le rapprochant d’un genre de cinéma qui avait un peu disparu, ces films où les amitiés les plus rares et secrètes étaient invariablement mises en danger par l’influence des adultes et de la société, où le havre de paix naturel était perturbé par la civilisation. Le ton dans son ensemble s’avère ainsi plutôt dur et sombre : on n’a pas atteint cinq minutes de métrage que déjà le petit Peter a perdu ses parents dans un accident de la route (filmé avec une stylisation et une retenue n’étouffant en rien la gravité) et se retrouve pourchassé par des loups dans les bois, en pleine nuit… Pour les bambins, ce sera certainement aussi traumatique – et formateur – que le début de Bambi, et c’est là une des plus grandes réussites de ce film et de son réalisateur David Lowery (remarqué avec le drame Les Amants du Texas) qui ne prennent jamais leurs spectateurs – même les plus jeunes – pour des idiots, ils ne cherchent pas à les cajoler. Leur travail ne s’en porte alors que mieux, il gagne en sincérité et c’est ce dont avait le plus besoin ce projet, de réelles motivations pour justifier l’acte de remaker. Pas sûr alors que le studio aux grandes oreilles y parviendra mais pour le coup, son Peter et Elliott le dragon version 2016 mérite amplement d’intégrer la liste des Grands Classiques, aux côtés de son modèle.

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Critique ciné : Insaisissables 2

24 août, 2016

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Un magicien peut-il faire deux fois le même numéro devant le même public ? Est-ce que, même si l’on n’a pas compris le «truc», on se laissera émerveiller pareillement une seconde fois ? Des questions que n’ont pas dû franchement se poser les responsables de Insaisissables 2, suite du carton surprise que réalisa Louis Leterrier en 2013 et qui, déjà, souffrait de sa démarche de mettre des magiciens dans un caper-movie en un déluge de clinquant et de poudre aux yeux (je vous renvoie à la critique). Défaut que l’on retrouve donc à l’identique dans ce film-ci et c’est bien dommage car un temps durant il nous ferait presque croire le contraire, l’arrivée d’un Daniel Radcliffe drôle et vicieux venant perturber de belle manière la machinerie des Quatre Cavaliers. Mais voilà, ça ne dure pas. Pénalisé par sa quête du twist en rafale, le film gâche ce personnage – et tout ce qu’il aurait pu amener de positif à l’intrigue – en voulant le rattacher au premier opus, le moment de cette «révélation» marquant clairement un tournant négatif dans un récit qui reprend ses mauvaises habitudes, ne réussissant à tromper nos prédictions que grâce à un bordel incommensurable de fausses-pistes et narration épileptique. Autant dire que la dernière bobine en devient pénible à suivre surtout que John M. Chu, spécialiste du film de danse choisi pour remplacer Leterrier, fait de la belle image (enfin sauf en ce qui concerne les bastons) et nous file même un ou deux frissons (la première réapparition des Cavaliers face au public) mais se révèle incapable de donner un peu de sens à tout ça, de filmer autrement qu’avec des effets tape-à-l’oeil. Un magicien peut-il alors faire deux fois le même numéro devant le même public ? Hé bien oui apparemment, à en croire le carton renouvelé de cet Insaisissables 2. Cela ne veut toutefois pas forcément dire que le numéro est réussi…

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