Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Critique ciné : Ralph 2.0

25 février, 2019

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Sans être vraiment soutenu par son studio qui n’y croyait pas plus que ça, Les Mondes de Ralph a pourtant remporté un vif succès critique et publique, justifiant ce Ralph 2.0 au moins autant que son alléchant et logique postulat : explorer les méandres du net après ceux des jeux vidéo. Une mission que le film remplit plutôt bien, par le biais d’une vulgarisation inventive et marrante que ne renierait pas Pixar et évitant la surdose disneyenne que nous faisaient craindre les trailers. Le tout est juste un peu entaché par l’intrigue personnelle des deux héros, non dénuée d’émotions mais menée par des protagonistes qu’on a parfois du mal à suivre, voire même à excuser. Pourtant, quels Disney peuvent se targuer de montrer une gamine faire des concours de rôts à la bière, d’évoquer le Tetsuo monstrueux de Akira lors d’un climax étonnamment malsain ou encore d’arborer fièrement un second degré toujours sympathique ? Hein, lesquels ? Rien que pour ça, Ralph 2.0 mérite qu’on ne boude pas son plaisir et qu’on prenne part à ce bug gentillet dans la galaxie des grands classiques Disney.

Critique ciné : Nicky Larson et le parfum de Cupidon

25 février, 2019

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Méprisée pendant longtemps, la génération Club Do’ a bien grandi et s’est imposée dans le paysage culturel français au point d’en faire le creuset d’un métissage artistique passionnant, reconnu jusqu’à l’internationale. Ce qui explique ce Nicky Larson et le parfum de Cupidon, rencontre improbable entre le manga légendaire de Tsukasa Hojo et les trublions de la bande à Fifi. Conscients de la lourde responsabilité qui leur incombe, ils – et surtout le chef de file Philippe Lacheau, également réalisateur – font autant preuve de respect pour l’oeuvre originale et son adaptation française (ce qui n’est pas tout à fait la même chose, celle-ci s’accompagnant de toute une culture annexe à laquelle le film fait de nombreux clins d’oeil) que d’une réelle volonté de bien faire. Celle-ci se traduit alors par une péloche ayant vraiment de la gueule, bien davantage que ce à quoi nous ont habitué les comédies françaises et cela en dépit de moyens qui restent à l’évidence limités. Tout juste reprocherons-nous des personnages secondaires casés en force pour faire participer toute la bande à cette opportunité inespérée mais soyons clairs : Nicky Larson et le parfum de Cupidon est ce qui est arrivé de mieux au PAF depuis bien longtemps et mérite en cela d’être célébré, en espérant qu’il fera des émules et débloquera d’autres projets aussi étonnants. Oui, Alexandre Aja, on pense à toi et à ton Cobra

Critique ciné : Alita Battle Angel

25 février, 2019

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On n’y croyait pas mais il l’a fait ! Attendu de longue date sous la houlette de James Cameron, c’est finalement Robert Rodriguez qui s’est chargé d’adapter le manga Gunnm, ou Alita : Battle Angel comme on le nomme aux States (et donc au ciné à l’internationale, hum…). Un réalisateur qui nous est très sympathique mais que l’on ne pensait pas en mesure de porter à l’écran l’oeuvre culte de Yukito Kishiro, en tout cas pas à la hauteur du papa de Terminator. Sauf qu’avec une humilité rare, Rodriguez s’est presque totalement effacé derrière les recherches et idées accumulées par Cameron depuis des années afin de livrer un film qu’on croirait fait de la main du maître. En résulte un métrage allant au-delà de ce que nous en attendions depuis sa mise en chantier officielle, une péloche qui dépote tout en ayant du coeur, bien écrite et avec une tenue visuelle absolument fantastique. Son seul défaut sera en fait de se révéler n’être qu’une gigantesque introduction, sa fin ouverte pouvant laisser les spectateurs frustrés. C’est toutefois à ce prix que Alita : Battle Angel se tient aussi bien, nous laissant avec l’envie dévorante de découvrir la suite. Nous n’en attendions vraiment pas tant.

Critique ciné : Dragons 3 – Le Monde caché

12 février, 2019

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Fer de lance du studio Dreamworks Animation depuis la (médiocre) fin de la saga Shrek, l’adaptation des romans How to Train Your Dragon de Cressida Cowell clôt sa trilogie avec Dragons 3 : Le Monde caché. Un film attendu en cela que les précédents volets développaient un arc narratif aussi épique que captivant, la destinée de Harold et Crocmou n’ayant potentiellement rien à envier aux plus grandes fresques de la fantasy. Ne manquait qu’une conclusion en bonne et due forme, que voici donc. Ou presque. Car si ce final ne manque pas de panache, force est de lui reconnaître un problème jusque-là absent de la série puisqu’il perd un peu en efficacité dans sa narration en revenant sur des thématiques qu’on pensait déjà acquises (la posture de chef de Harold) et en nous présentant un méchant au potentiel inexploité, peinant à instiller une véritable menace. Dès lors, forcément, les affrontements ne peuvent que rêver de l’intensité de ceux du précédent volet… Loin toutefois d’une réelle foirade, Dragons 3 : Le Monde caché sait faire preuve d’une émotion terrassante et parvient à conclure en beauté la saga, bouclant l’évolution de ses héros en une trajectoire parfaite. A moins alors de nous pondre un épisode crépusculaire où le dragonnier et son pote à écailles seraient confrontés à la vieillesse et la mort, par pitié Dreamworks, restez-en là avec cette trilogie exemplaire.

Critique ciné : Minuscule 2 – Les Mandibules du bout du monde

6 février, 2019

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Passés avec succès du petit au grand écran, les intrépides insectes imaginés par Hélène Giraud et Thomas Szabo sont de retour pour un deuxième long-métrage, Minuscule 2 : Les Mandibules du bout du monde. Une aventure qui en bonne suite se déroule à une échelle encore plus grande, la coccinelle et la fourmi noire se retrouvant cette fois catapultées dans les jungles verdoyantes de Guadeloupe. Mais pas ensemble, malheureusement. En effet, s’ils participent bien de la même intrigue, les protagonistes vivent pourtant leurs péripéties chacun de leur côté, en parallèle, ce qui a une forte tendance à ralentir un rythme déjà très pépère dû à l’absence de dialogue ou un filmage naturaliste, posé. C’est à dire le style propre à Minuscule, on connaît, mais celui-ci s’accorde donc mal avec la forme du récit ici, ce qui ne retirera rien aux qualités intrinsèques de la série : l’humour aussi bien inspiré du cinéma muet que des cartoons classiques, la poésie, l’ode à la nature… autant de choses qui font de Minuscule 2 : Les Mandibules du bout du monde – malgré ses petites longueurs – une oeuvre qu’on se doit de choyer pour son caractère singulier et intemporel. Le genre de film qu’on accueillera de la même façon qu’on ait 2 ou 102 ans.

Critique ciné : Green Book

26 janvier, 2019

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Soyons clairs, Peter Farrelly a beau nous avoir fait hurler de rire au côté de son frangin Bobby avec des comédies cultes comme Dumb and Dumber, Mary à tout prix ou Fous d’Irène, son nom est loin de nous venir à l’esprit lorsqu’on dresse la liste des grands cinéastes. D’où notre surprise de le retrouver à la tête d’une machine à Oscars comme Green Book, qui plus est pour la première fois en solo. Et pourtant, c’est oublier une donnée primordiale de leur cinéma : certes l’humour trash et bébête y est érigé au pinacle avec un abattage affolant, mais cela se fait toujours avec un véritable amour de leurs protagonistes en dépit de leurs défauts, faiblesses, erreurs ou différences (le thème du handicap est omniprésent dans leur filmographie), sans compter qu’ils n’avaient pas leur pareil pour faire surgir des émotions sincères et profondes entre deux grosses blagues. Le bonhomme y va alors forcément mollo sur les gags – même si l’humour est très présent – avec ce nouveau projet mais on retrouve bien les fondamentaux de ses précédents efforts dans l’histoire vraie de cette tournée à travers l’Amérique sudiste des années 60, durant laquelle deux hommes que tout oppose vont se rencontrer et tisser des liens d’amitié. La formule peut sembler facile d’autant que, on le redit, Farrelly n’est pas le genre à prendre des risques dans sa mise en scène, pourtant Green Book s’impose comme un film à l’humanité touchante, sublimé encore par un duo d’acteurs (Mahershala Ali et Viggo Mortensen) absolument fantastiques. Une vraie machine à Oscars, qui mériterait peut-être bien pour le coup d’en gagner quelques uns…

Critique ciné : Glass

20 janvier, 2019

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Démarrée avec Incassable et poursuivie par surprise avec Split, M. Night Shyamalan vient clore sa trilogie anti-Marvel des super-héros avec Glass. Et quelle conclusion ! Parfaitement cohérent avec les précédents volets (ne vous attendez pas au déluge d’action vendu par les trailers, on reste à l’échelle d’une production Blumhouse), le film consiste pourtant en une remise en cause de ceux-ci, dont il démonte les éléments surnaturels avec une exhaustivité et une conviction (d’où ces plans serrés face caméra d’une Sarah Paulson plus hypnotisante que jamais) faisant naître un début de doute chez les personnages comme les spectateurs. Négation de son travail par le réalisateur ? Retour en arrière sur ses dires ? Bien évidemment que non, il s’agit d’un nouveau jeu de dupe du cinéaste, lequel nous manipule pour mieux réaffirmer son discours sur les super-héros et leur donner une réalité encore plus grande, plus crédible, et cela même s’il a recours à des éléments narratifs qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. On pourra donc regretter que tous les protagonistes ne soient pas traités à égalité – avec ses 25 personnalités, James McAvoy a forcément tendance à vampiriser les autres, tout en retenu et retrait – mais c’est parce que les enjeux du film vont au-delà d’eux, il s’agit en fait d’établir une mythologie tangible où tout reste à être inventé. Pas par Shyamalan néanmoins mais bien par nous, car tel est le cadeau que nous fait Glass : mettre le monde des super-héros à notre portée de main. Une chose que n’est jamais parvenue à faire Marvel et ses productions à plusieurs centaines de millions de dollars. Leçon à méditer…

Critique ciné : Edmond

20 janvier, 2019

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Couronné de succès sur les planches, Alexis Michalik passe au grand écran en adaptant une de ses pièces, Edmond, l’histoire romancée de la création de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand. Un matériau qu’il connaît donc sur le bout des doigts, ce qui explique peut-être l’aisance avec laquelle il le met en scène : connu pour sa science des corps en mouvement sur scène, il retranscrit cette énergie dans un filmage ludique et vivant, avec une caméra détestant rester statique et ne tombant par conséquent jamais dans l’écueil du théâtre filmé, bien au contraire (voir cette scène où le décor de théâtre devient un décor réel, faisant que la pièce se transforme en un film à proprement parler). Il n’en oublie pas pour autant d’où il vient et si le postulat de l’intrigue est plutôt sympa bien qu’un peu trop évident (la pièce s’écrit en réaction à la propre vie de Rostand, en parallèle), le film n’est jamais plus plaisant que lorsqu’il nous plonge avec amour dans le monde du théâtre, ni plus touchant que lorsqu’il nous fait ressentir la joie et la fierté de ses acteurs (au passage, le casting est putain bon) quand ils parviennent à créer quelque chose d’important. On ne sait alors pas si Edmond plonge Michalik dans le même état mais une chose est sûre, il peut être fier de son premier long-métrage.

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