Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Critique ciné : A Beautiful Day

17 novembre, 2017

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Il suffit parfois d’une bonne bande-annonce pour nous faire oublier qu’un film récompensé à Cannes à de fortes chances d’être décevant au bout du compte. Loin du rush de violence crasse vendu par son trailer, A Beautiful Day est ainsi une œuvre certes crasse mais surtout atmosphérique, d’une froideur cérébrale annihilant toute velléité d’émotion, d’identification, alors qu’il appelait clairement à un traitement contraire. Sans aller jusqu’au Léon de Luc Besson (excellente péloche au demeurant), on aurait en effet adoré pouvoir s’émouvoir de la performance hallucinante de Joaquin Phoenix ou de la mise en scène à l’évidence brillante de Lynne Ramsay (We Need to Talk about Kevin) mais c’est peine perdue tant tout cela se perd dans cette conception auteurisante oubliant qu’on peut à la fois divertir et faire réfléchir les spectateurs. On reste extérieur au récit et le titre original – You Were Never Really Here (« Tu n’as jamais vraiment été là ») – prend alors tout son sens. A Beautiful Day, ou la malédiction des palmés.

Critique ciné : Happy Birthdead

16 novembre, 2017

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Un peu à la bourre pour profiter de l’effet Halloween, Happy Birthdead est un revival du slasher des années 80/90 et, production Blumhouse oblige, se dote d’un pitch au concept aguicheur. Ici, un postulat à la Un jour sans fin où l’héroïne (fantastique Jessica Rothe qui nous offre une prestation plurielle et à chaque fois convaincante) revit sans cesse la journée de son anniversaire et de son meurtre par un boogeyman sacrément old-school, avec tout ce que ça implique de second degré et de passages obligés. Grâce à une écriture et une réalisation solides à défaut d’être révolutionnaires de Christopher Landon (Paranormal Activity : The Marked Ones), le whodunit fonctionne alors plutôt bien et Happy Birthdead gagne ses galons d’oeuvre maline et nostalgique. Une bonne occasion de revenir un peu en arrière sur un genre tombé en désuétude mais qui peut toujours réserver quelques surprises (faîtes-vous Detention dans la foulée pour achever le trip).

Critique ciné : Thor – Ragnarok

13 novembre, 2017

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On l’a déjà dit, les films de Marvel ont clairement eu tendance à s’enterrer dans une routine, une formule, faisant que seuls ceux ayant réussi à s’en échapper pouvaient émerger du lot et briller. Le succès public mais surtout critique des Gardiens de la galaxie n’a ainsi pas manqué de mettre la puce à l’oreille du studio et pour la troisième aventure solo de son Dieu du tonnerre, Thor : Ragnarok, il a décidé de revoir sa copie : moins de connexions avec le MCU, plus de SF, plus de péripéties, plus d’inspirations 80′s et surtout du fun, du fun, du fun ! Un mélange qui aurait pu rapidement virer à l’indigeste s’il n’y avait aux commandes quelqu’un de la trempe de Taika Waititi, un réalisateur néo-zélandais quasi-inconnu mais sachant parfaitement jongler avec les concepts et les ruptures de ton les plus casses-gueules comme le savent les quelques chanceux ayant vu son mockumentaire Vampires en toute intimité. Se reposant sur un scénario solide (le rythme ne faiblit jamais sans oublier de raconter son histoire) et le talent comique sous-estimé de Chris Hemsworth, Waititi livre donc avec Thor : Ragnarok un métrage épique et généreux, drôle et spectaculaire. Et ce qui aurait facilement pu devenir l’un des films préférés de l’auteur de ces lignes s’il l’avait découvert dans la première moitié des nineties. Facile.

Critique ciné : Au revoir là-haut

3 novembre, 2017

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Au revoir là-haut représente un double défi inédit pour le génial Albert Dupontel : déjà, il s’agit de sa première adaptation d’un roman, qui plus est un lauréat du Goncourt. Et deuxièmement il se frotte là à son premier film historique, qui plus est un gros blockbuster tournant autour de la Première Guerre mondiale. Des gageures le forçant à adopter un style un peu plus classique que d’ordinaire mais sans que jamais ne cessent de poindre son humour et son humanité, transpirant de la douce folie animant le métrage. Pour chipoter, on pourrait reprocher à l’oeuvre de reposer sur une narration un peu trop pépère (sans être chiante pour autant) et de trop se focaliser sur le personnage de Dupontel (alors que celui incarné par Nahuel Perez Biscayart est étonnamment en retrait, sans parler du point-de-vue de la gamine qui aurait pu être porteur si exploité). Mais rien de tout cela ne fait le poids face à la personnalité rare et précieuse de l’artiste aux commandes, qui font de Au revoir là-haut un film tout aussi rare et précieux.

Critique ciné : Coexister

21 octobre, 2017

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Ironiquement, si son nouveau film se nomme Coexister, il s’agit pourtant du premier effort en solo derrière la caméra pour Fabrice Eboué, après les très sympas Case départ et Le Crocodile du Botswanga. Loin de se dégonfler, le transfuge du Jamel Comedy Club s’attaque alors à un sujet toujours un peu délicat délicat, les religions, d’autant plus que son goût pour l’humour noir ne peut qu’aboutir à un résultat plus grinçant qu’un Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?. Ce qui ne l’empêchera bien évidemment pas de prêcher la tolérance. Lui-même se montre d’ailleurs très (trop ?) tolérant à en juger certains éléments de l’intrigue vite expédiés, tel le problème de la cocaïne ou la culpabilité de son personnage. Qu’importe, son sens de la vanne et sa réalisation sachant abandonner de temps en temps le fonctionnel, doublés d’un solide casting (mention spéciale à Ramzy Bédia), font que Coexister s’impose sans peine comme l’une des comédies françaises les plus recommandables de cette fin d’année.

Critique ciné : Kingsman – Le Cercle d’or

17 octobre, 2017

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Passé de la production à la réalisation avec le discret mais sympathique polar Layer Cake, Matthew Vaughn n’a depuis eu de cesse de prouver qu’il est un cinéaste aussi geek que virtuose, livrant parmi les meilleurs comic-book movies de ces dernières années. Donnant pour la première fois en personne une suite à l’un de ces films (certainement parce qu’il en est l’un des principaux initiateurs), Kingsman : Le Cercle d’or aurait pu marquer le début d’un essoufflement dans ce parcours sans faute, le signe d’une certaine routine ou lassitude. Mais non, carrément pas. Vaughn nous met dès la scène d’introduction une grosse baffe dans la gueule avec une course-poursuite d’anthologie (la mise en scène de la baston dans la voiture tient du jamais-vu dans sa fluidité, son dynamisme et sa mobilité) pour ne plus nous lâcher ensuite, et se multiplient alors les scènes et idées où on ne peut que passer de «waouh !» à des «oh, putain !» béats. Drôle, rythmé, doté qui plus est d’un scénario carré qui rend aussi bien honneur aux héros (la relation entre les Kingsmen finit par devenir vraiment touchante) qu’aux vilains (Julianne Moore réussit à être aussi diabolique, mégalo et «sensée» que Samuel L. Jackson dans le premier volet), Kingsman : Le Cercle d’or s’inscrit donc comme une suite exemplaire et l’un des meilleurs films de 2017. Et le troisième volet sera certainement parmi ceux de 2019 si Matthew Vaughn continue sur cette voie !

Critique ciné : Blade Runner 2049

7 octobre, 2017

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Evoquée plusieurs fois depuis la sortie de l’original en 1982, Blade Runner 2049 offre donc une suite à l’un des sommets de la SF au cinéma. Mission impossible ? Pas nécessairement quand on constate toutes les excellentes choses que comporte ce film, à commencer par une équipe devant et derrière la caméra qui réunit passé et présent sous des auspices on ne peut plus prometteurs. Ce qui se traduit à l’écran par une direction artistique absolument fantastique, sublimée par le filmage élégant de Denis Villeneuve, ou encore une intrigue ayant la très bonne idée de remettre réplicants et réflexions sur la vie artificielle au premier plan, comme pour se recentrer sur la question «les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?». Et pourtant… Pourtant, on se fait chier. Et pas qu’un peu. Certes, l’auteur de ces lignes n’était pas au top de sa forme lors de la séance mais à en croire les nombreux spectateurs ayant quitté la salle en cours de projection, ou la pluie de rires moqueurs quand les lumières se sont rallumées, il n’est pas le seul à avoir trouvé que la narration s’enlisait sérieusement pour rien et plombait tous les efforts concédés au projet. Alors oui, c’est bien de vouloir faire de l’art, mais si c’est pour en devenir pompeux et gonflant…

Critique ciné : Barry Seal – American Traffic

1 octobre, 2017

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Quelque part entre Air America et Scarface, Barry Seal : American Traffic relate l’histoire vraie et incroyable d’un simple pilote de ligne qui, au tournant des 80′s, va se goinfrer sur le dos du gouvernement américain et du cartel de la drogue avant d’être rattrapé par son inconscience. Une rise and fall story se démarquant de la gravité d’ordinaire propre au genre grâce au caractère absolument absurde des faits décrits, mis en images par un Doug Liman qui n’a rien perdu de son dynamisme ni de son humour (la réalisation sait se faire toujours ludique) et manie le style documentaire avec l’efficacité exemplaire qu’on lui connaît (rappelons qu’il est quand même l’instigateur de l’action «à la Bourne»). Quant à Tom Cruise, il nous rappelle combien il peut être sympathique dès lors qu’il choisit des rôles un peu plus second degré, un peu plus humains. C’est là une des grandes réussites de Barry Seal : American Traffic.

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