Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Critique ciné : Downsizing

15 janvier, 2018

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Le monde va mal, très mal, et nous semblons dans l’incapacité de rattraper nos erreurs pour effacer l’ardoise. Fort heureusement, Downsizing est là et détient la solution : réduire l’humanité à hauteur de Minipouss. Un argument de départ d’autant plus que sympa qu’il ouvre de nombreuses pistes pour la comédie tout en engageant la réflexion sur une thématiqe de première importance. Néanmoins, le réalisateur Alexander Payne (The Descendants) ne se départit pas de ses habitudes et manières d’auteur indépendant, il se refuse clairement à trop jouer avec son sujet (voir les gags des trailers absents du montage final) et préfère se concentrer sur le parcours de son protagoniste principal incarné par Matt Damon. Ce à quoi nous n’aurions pas eu grand chose à redire si, en définitive, ça se faisait autrement qu’avec de simples ressorts de comédie romantique. Downsizing en devient alors inutilement ronflant quand il appelait à l’évidence à autre chose, et on ne pourra que rêver de ce qu’aurait fait un Terry Gilliam d’un tel sujet. Mais rêvez vite, parce qu’on ne sait pas combien de temps il nous reste…

Critique ciné : Jumanji – Bienvenue dans la jungle

29 décembre, 2017

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Peu de gens s’en souviennent mais le cultissime Jumanji a déjà eu les honneurs d’une suite en 2005, Zathura, réalisée par Jon Favreau et également tirée d’un livre de Chris Van Allsburg. Une suite toutefois peut-être plus spirituelle qu’autre chose de par un changement radical d’univers, ce qui explique certainement pourquoi le public n’associe pas les deux œuvres et pourquoi débarque aujourd’hui un deuxième chapitre officiel, Jumanji : Bienvenue dans la jungle. Et vous savez quoi ? Cela ne ressemble pas plus au métrage de Joe Johnston que Zathura ! Passe encore l’actualisation du jeu de plateau en jeu vidéo, c’est bien dans le changement du principe même de la franchise – où le jeu envahit petit à petit le réel – que le film de Jake Kasdan (Walk Hard, Sex Tape) franchit le Rubicon. Reprenant le principe de la série animée, ce nouveau film projette donc dès le départ ses protagonistes dans le monde du jeu et comme si cette trahison ne suffisait déjà pas, il expurge au maximum toute magie et mystère afin de se transformer en bête comédie d’action (sérieux, des motards avec des lance-roquettes? Où sont passés les araignées géantes et les singes débilos ?). Gentiment divertissante certes, et dotée de personnages plus réussis que ce nous aurions cru (The Rock, t’es le meilleur !), mais loin de la cascade de surprises, fantaisies et émotions qui caractérisaient les précédentes adaptations de l’oeuvre de Van Allsburg (même leur utilisation des codes du jeu vidéo est finalement très limitée). Qu’on se le dise alors : la seule vraie suite à Jumanji, c’est Zathura !

Critique ciné : Le Crime de l’Orient-Express

29 décembre, 2017

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Noël est l’époque des cadeaux et cette année Kenneth Branagh fait d’une pierre, deux coups puisqu’il offre au Crime de l’Orient-Express de Agatha Christie une nouvelle adaptation et se réserve au passage – beau cadeau – le rôle de Hercule Poirot. Et quand on déballe tout ça au pied du sapin, ça donne quoi ? Une version qui remet au goût du jour ce classique de la littérature (et surtout ses précédentes adaptations) grâce à un visuel absolument splendide, une esthétique d’une classe folle où le luxe et l’exotisme le partagent à la noirceur et la froideur pour aboutir à la concrétisation d’une sorte de version fantasmée de cette histoire… et puis c’est à peu près tout. Outre donc la mise en avant d’un petit discours sur les préjugés raciaux et une relecture à la Guy Ritchie heureusement très vite avortée (parce que le comte qui calme la presse avec un coup-de-pied-retourné-sauté, ça faisait peur quand même), Le Crime de l’Orient-Express cuvée 2017 n’apportera rien de bien neuf à tous ceux déjà familiers des tenants et aboutissants de son intrigue tandis que les autres, eux, auront la chance de pouvoir la découvrir dans un écrin des plus rutillants. Quant à Kenneth Branagh… bah, joyeux Noël mec !

Critique ciné : Star Wars 8 – Les Derniers Jedi

15 décembre, 2017

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Parti comme c’était avec le film de JJ Abrams, nous pensions que Star Wars 8 – Les Derniers Jedi flatterait la fibre nostalgique des fans en calquant son fond et sa forme sur l’opus de la trilogie originale lui correspondant, c’est à dire L’Empire contre-attaque (pour ceux qui ne suivent pas). Une manière un peu facile de se montrer respectueux, qui peut aisément tomber dans l’obséquieux. Pourtant, gouverné de main de maître par un jeune réalisateur (Rian Looper Johnson) sachant très bien ce qu’il a entre les mains et où il peut l’emmener, ce nouvel épisode ne tombe jamais dans le piège, nous faisant aller de surprise en surprise comme à la belle époque. Poursuivant dans la veine old-school du précédent volet sans oublier pour autant de nous régaler les mirettes avec du neuf (en témoignent les très bonnes idées visuelles qui donnent corps à la planète Crait), le film jouit ainsi d’un scénario béton, véritablement intelligent (voir comment sont retournées les critiques faites à l’encontre de Kylo Ren ou bien comment il joue du discours manichéen de la saga ou même de ses codes), qui le conduit à être franchement épique en dépit d’une intrigue en définitive très ramassée. Alors oui, Star Wars 8 – Les Derniers Jedi est le digne héritier du chapitre 5 mais pas parce qu’il le singe : il gagne cette distinction en osant prendre des risques et en s’inscrivant comme ce qui sera très certainement considéré comme le meilleur épisode de cette nouvelle trilogie. Abrams aura fort à faire pour nous faire mentir avec son épisode 9.

Critique ciné : Santa & Cie

11 décembre, 2017

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Fréquente dans le cinéma américain, la comédie fantastique de Noël n’a pas en revanche pignon sur rue dans nos contrées où soit elle est méprisée pour son caractère enfantin, soit elle est redoutée pour le budget qu’elle réclame. Il n’y avait alors bien qu’un Alain Chabat pour nous offrir ce Santa & Cie, livré pile-poil avant les fêtes de fin d’année. Opportuniste, l’ex-Nul ? Forcément un brin – en même temps un film de Noël en Août, ça ne le ferait pas du tout – mais par-delà cela, on ne pourra pas l’accuser d’avoir vendu son âme au Diable. Loin du style lumineux et factice de ce genre de films, il garde une vraie démarche de cinéaste et n’hésite pas à bousculer un peu les plus jeunes (et les moins jeunes) spectateurs, par exemple en créant des ambiances véritablement anxiogènes quand cela est nécessaire pour servir son propos (comme dépeindre une «réalité» crédible et pas très folichonne, en contraste avec la magie du monde de Santa Claus). Une démarche ayant déjà plombé un certain nombre de comédies mais, miracle de Noël, ici cela passe sans heurt grâce à l’humour de Chabat (excellent en père Noël taciturne et paumé) et un casting inspiré (mention spéciale aux deux enfants, marrants sans jamais être crispants). On aurait alors peut-être aimé un peu plus de folie dans la comédie, reste que Santa & Cie est un cadeau idéal pour qui aime le 25 décembre et Alain Chabat. Joyeux Noël !

Critique ciné : Coco

5 décembre, 2017

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On avait déjà noté cet état de fait et Coco (pas celui de Gad Elmaleh, hein, lui il a été assez oublié pour qu’un autre film lui pique son titre) vient le confirmer : si la qualité des productions Pixar s’est faite beaucoup plus fluctuante depuis quelques années (qui a dit «depuis le rachat par Disney»?), allant jusqu’à nous livrer de véritables déceptions (qui a dit «bouses»?), le niveau retrouve à chaque fois sa splendeur stratosphérique dès lors qu’un membre historique du studio est aux commandes (ici Lee Unkrich, entre autres réalisateur de Toy Story 3, secondé par Adrian Molina). C’est triste, mais c’est comme ça. En dépit ainsi d’un sujet pas franchement original pour qui a vu La Légende de Manolo et d’un scénario n’évitant pas certaines facilités, il n’y a pas à tortiller du croupion, ça fonctionne. Les personnages savent se montrer véritablement émouvants ; l’univers est riche, solide et magnifique ; les gags ont cette qualité intemporelle propre au studio… Et voilà comment Coco, qui ne nous chauffait pourtant pas trop, s’avère au final un digne ajout à la filmographie de Pixar, nous rappelant par moments les plongées exotiques qu’offraient certains des plus vieux Disney. En mieux.

Critique ciné : Mazinger Z

26 novembre, 2017

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Pour célébrer les 50 ans de carrière du célèbre mangaka Go Nagai, une de ses créations les plus adorées se voit offert une luxueuse adaptation. Non, pas Goldorak (ça, c’est chez nous qu’on l’adore) mais bien Mazinger Z, un précurseur presque inconnu par chez nous mais bénéficiant d’un véritable culte au Japon. Parce que la lucrative nostalgie n’a pas de frontière. Loin toutefois du jeunisme constaté lors de certaines entreprises de ce type (cf le récent Les Chevaliers du Zodiaque), ce nouveau métrage fait preuve d’une déférence des plus pointilleuse envers son matériau d’origine. Certes la technique jouit des dernières avancées de la technologie mais cela se fait toujours en gardant le style «à la main», old-school, et on retrouve cette volonté dans la moindre parcelle du film, de son générique de début à l’ancienne jusqu’à l’humour un peu enfantin. Mazinger Z Infinity (son titre complet) ravira ainsi les fans et initiés, qui voient là une belle chance de renouer avec leurs souvenirs d’enfance dans des conditions dont ils n’auraient jamais rêvé à l’époque de Récré A2.

Critique ciné : Justice League

26 novembre, 2017

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La saga cinématographique DC Comics a beau avoir eu la mauvaise idée de singer de plus en plus la concurrence, Zack Snyder restait le gage d’une certaine unité, d’un style partagé entre tous les différents projets. En toute logique propulsé aux commandes du choral Justice League, le bonhomme dut néanmoins se retirer en cours de production suite à un drame personnel et fut remplacé par Joss Whedon, qui préparait alors Batgirl… après avoir donné vie aux deux Avengers chez Marvel. Et voilà comment, à l’occasion de ce qui aurait dû être l’affirmation de son identité propre, le DCEU est complètement passé du côté MCU du comic-book movie et pas pour le mieux : disparition de tout discours mythologique et de toute noirceur, scénario carburant aux poncifs du cru (les artefacts tout-puissants, le final apocalyptique, les blagues à profusion…), réécriture / reshoot grossier (pour s’en convaincre, comparez la scène entre Loïs et Clark dans le champ vue dans le trailer – à l’évidence la version de Snyder – à celle plus lénifiante finalement tournée par Whedon). Dans le même ordre d’idée, le film amorce une sorte de retour nostalgique aux premiers succès de la franchise avec non seulement la réutilisation des thèmes composés par Danny Elfman et John Williams mais aussi une direction artistique très typée, avec parfois la touche un peu carton-pâte des années 90 (certains décors de rue nous replongent en plein Dick Tracy de Warren Beatty), ce qui aurait pu être une piste intéressante si elle n’allait totalement à l’encontre de tout ce que les précédents films ont mis en place. Tout cela montre combien DC et Warner s’enfoncent de plus en plus dans le flou, sans vision claire de leur projet, et accouchent de projets de plus en plus oubliables (Wonder Woman fait d’autant plus figure de miraculé). En plus, ce Justice League mal-calibré nous donne à voir le Batman le moins charismatique à avoir jamais parcouru Gotham. Là, tout est dit.

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