Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Critique ciné : Coexister

21 octobre, 2017

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Ironiquement, si son nouveau film se nomme Coexister, il s’agit pourtant du premier effort en solo derrière la caméra pour Fabrice Eboué, après les très sympas Case départ et Le Crocodile du Botswanga. Loin de se dégonfler, le transfuge du Jamel Comedy Club s’attaque alors à un sujet toujours un peu délicat délicat, les religions, d’autant plus que son goût pour l’humour noir ne peut qu’aboutir à un résultat plus grinçant qu’un Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?. Ce qui ne l’empêchera bien évidemment pas de prêcher la tolérance. Lui-même se montre d’ailleurs très (trop ?) tolérant à en juger certains éléments de l’intrigue vite expédiés, tel le problème de la cocaïne ou la culpabilité de son personnage. Qu’importe, son sens de la vanne et sa réalisation sachant abandonner de temps en temps le fonctionnel, doublés d’un solide casting (mention spéciale à Ramzy Bédia), font que Coexister s’impose sans peine comme l’une des comédies françaises les plus recommandables de cette fin d’année.

Critique ciné : Kingsman – Le Cercle d’or

17 octobre, 2017

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Passé de la production à la réalisation avec le discret mais sympathique polar Layer Cake, Matthew Vaughn n’a depuis eu de cesse de prouver qu’il est un cinéaste aussi geek que virtuose, livrant parmi les meilleurs comic-book movies de ces dernières années. Donnant pour la première fois en personne une suite à l’un de ces films (certainement parce qu’il en est l’un des principaux initiateurs), Kingsman : Le Cercle d’or aurait pu marquer le début d’un essoufflement dans ce parcours sans faute, le signe d’une certaine routine ou lassitude. Mais non, carrément pas. Vaughn nous met dès la scène d’introduction une grosse baffe dans la gueule avec une course-poursuite d’anthologie (la mise en scène de la baston dans la voiture tient du jamais-vu dans sa fluidité, son dynamisme et sa mobilité) pour ne plus nous lâcher ensuite, et se multiplient alors les scènes et idées où on ne peut que passer de «waouh !» à des «oh, putain !» béats. Drôle, rythmé, doté qui plus est d’un scénario carré qui rend aussi bien honneur aux héros (la relation entre les Kingsmen finit par devenir vraiment touchante) qu’aux vilains (Julianne Moore réussit à être aussi diabolique, mégalo et «sensée» que Samuel L. Jackson dans le premier volet), Kingsman : Le Cercle d’or s’inscrit donc comme une suite exemplaire et l’un des meilleurs films de 2017. Et le troisième volet sera certainement parmi ceux de 2019 si Matthew Vaughn continue sur cette voie !

Critique ciné : Blade Runner 2049

7 octobre, 2017

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Evoquée plusieurs fois depuis la sortie de l’original en 1982, Blade Runner 2049 offre donc une suite à l’un des sommets de la SF au cinéma. Mission impossible ? Pas nécessairement quand on constate toutes les excellentes choses que comporte ce film, à commencer par une équipe devant et derrière la caméra qui réunit passé et présent sous des auspices on ne peut plus prometteurs. Ce qui se traduit à l’écran par une direction artistique absolument fantastique, sublimée par le filmage élégant de Denis Villeneuve, ou encore une intrigue ayant la très bonne idée de remettre réplicants et réflexions sur la vie artificielle au premier plan, comme pour se recentrer sur la question «les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?». Et pourtant… Pourtant, on se fait chier. Et pas qu’un peu. Certes, l’auteur de ces lignes n’était pas au top de sa forme lors de la séance mais à en croire les nombreux spectateurs ayant quitté la salle en cours de projection, ou la pluie de rires moqueurs quand les lumières se sont rallumées, il n’est pas le seul à avoir trouvé que la narration s’enlisait sérieusement pour rien et plombait tous les efforts concédés au projet. Alors oui, c’est bien de vouloir faire de l’art, mais si c’est pour en devenir pompeux et gonflant…

Critique ciné : Barry Seal – American Traffic

1 octobre, 2017

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Quelque part entre Air America et Scarface, Barry Seal : American Traffic relate l’histoire vraie et incroyable d’un simple pilote de ligne qui, au tournant des 80′s, va se goinfrer sur le dos du gouvernement américain et du cartel de la drogue avant d’être rattrapé par son inconscience. Une rise and fall story se démarquant de la gravité d’ordinaire propre au genre grâce au caractère absolument absurde des faits décrits, mis en images par un Doug Liman qui n’a rien perdu de son dynamisme ni de son humour (la réalisation sait se faire toujours ludique) et manie le style documentaire avec l’efficacité exemplaire qu’on lui connaît (rappelons qu’il est quand même l’instigateur de l’action «à la Bourne»). Quant à Tom Cruise, il nous rappelle combien il peut être sympathique dès lors qu’il choisit des rôles un peu plus second degré, un peu plus humains. C’est là une des grandes réussites de Barry Seal : American Traffic.

Critique ciné : Mother!

19 septembre, 2017

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Cinéaste dont les considérations auteurisantes ne se départissent jamais d’un sens certain de l’entertainment, Darren Aronofsky revient en apparence avec Mother! au thriller à tendance surnaturelle après le sulfureux Black Swan. Vendu comme une sorte de suite spirituelle à Rosemary’s Baby, ce nouvel effort creuse ainsi efficacement la piste pendant un moment, jusqu’à ce qu’on comprenne que ce sentiment d’étrangeté n’a rien à voir avec l’horreur ou même le surnaturel, mais sert en fait un propos radicalement différent. A savoir une allégorie sur Dieu et la Vierge Marie, la façon qu’ils ont d’être perçus et adorés par les humains, ceci conduisant le film à virer dans l’abstraction la plus totale. Alors certes le casting est impeccable (Jennifer Lawrence est au passage filmée avec une fascination toute amoureuse qui ne trompe pas, l’actrice et son réalisateur étant en couple depuis le tournage) et la réalisation au diapason (l’orchestration du chaos lors du climax est absolument admirable) mais cela n’aboutit au final qu’à un trip psycho-religieux à la Lars von Trier, trop hermétique pour ceux qui attendent de voir Aronofsky prendre le cinéma de genre à bras le corps. Putain!

Critique ciné : Hitman & Bodyguard

10 septembre, 2017

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Tombé un peu en désuétude au début des années 2000, le genre du buddy-movie refait malgré tout surface de temps en temps et aujourd’hui c’est au tour de Hitman & Bodyguard, comédie d’action avec un pitch fichtrement abracadabrantesque comme il se doit (en tout cas dès qu’on sort des duos de flics). Du classique, très classique même, porté par la réalisation plutôt véner’ de Patrick Hughes – la violence est bien sèche – et une paire de comédiens dans des rôles taillés sur mesure, au point que ça en paraîtrait presque trop facile. Néanmoins, et c’est la magie du buddy-movie, la recette fonctionne pour peu que l’abattage se fasse avec suffisamment de conviction, et Hitman & Bodyguard saura par conséquent divertir le chaland en cette période de rentrée traditionnellement un peu terne. Puis il l’oubliera aussitôt.

Critique ciné : Seven Sisters

3 septembre, 2017

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Parti aux Etats-Unis après le diptyque Dead Snow afin de mettre en boîte le fun mais pas très consistant Hansel et Gretel : Witch Hunters, Tommy Wirkola est de retour en Europe pour Seven Sisters, un film qui a tout en apparence de ces productions SF à destination des adolescents qui pullulent dans les salles. La surprise n’en est que plus grande lorsqu’on comprend à quel point la péloche se détache de ce courant par sa noirceur, sa violence, faisant d’elle un conte cruel et adulte bien loin des Hunger Games et autres Divergente. Alors certes, tout ça reste perfectible (qu’est-ce qu’il ne l’est pas ?), mais on ne pourra nier que Wirkola semble avoir gagné en maturité et que cela lui réussit plutôt bien. Continue comme ça, Tommy !

Critique ciné : La Tour sombre

3 septembre, 2017

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Réputée inadaptable, la saga littéraire La Tour sombre de Stephen King est passée par de nombreuses étapes avant de débarquer sur nos écrans et, ce faisant, est passée entre de nombreuses mains pour finir entre celles de Akiva Goldsman (producteur et scénariste) et Ron Howard (producteur, un temps rattaché comme réalisateur). Des noms qui ne sont pas forcément pour nous rassurer sur un tel projet et ça ne manque pas : en bons moguls hollywoodiens qu’ils savent être, ils ont défiguré leur matériau d’origine pour le réduire à sa plus simple et commerciale expression, un succédané de teen-lit sans la moindre ampleur (c’est torché en à peine plus d’1h30). Mais en dépit de la bonne volonté du réalisateur et du casting, tout ça ne peut qu’aboutir à une œuvre mineure. Et dire que le King voit les romans comme son Seigneur des anneaux

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