Archive pour la catégorie 'Cinema Cinema'

Critique ciné : Cro Man

24 février, 2018

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Porté par son héritage prestigieux (Wallace et Gromit, quand même) mais bousculé par les réalités du marché, le studio Aardman démontre avec Cro Man qu’il continue malgré tout son petit bonhomme de chemin sans se préoccuper franchement de la concurrence, avec un flegme et un humour pince-sans-rire typiquement britanniques. L’histoire part ainsi d’un postulat aussi simple qu’absurde, une relecture footballistique de la préhistoire dont l’idée faisait marrer le réalisateur attitré Nick Park. Il ne leur en a pas fallu davantage pour se lancer sur un projet de long-métrage et à contrario de ce terreau à priori peu fertile, on peut faire confiance à l’inventivité du studio pour faire fleurir trouvailles et gags. Mais surtout, les créateurs croient dur comme pierre en leur péloche et ses personnages et n’ont donc aucun mal à nous communiquer ce sentiment, jusqu’à nous faire nous enflammer pour un match de foot même si on n’aime pas ce sport. Moins ambitieux peut-être alors que leurs précédents travaux (on sent bien depuis Shaun le mouton que les budgets ont été revus à la baisse), Cro Man n’en porte pas moins la signature Aardman caractéristique qui en fait un vrai petit moment de bonheur et d’humour. Et Crochon est vraiment trop une mascotte géniale !

Critique ciné : The Greatest Showman

9 février, 2018

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Qu’est-ce qui fait une bonne comédie musicale ? Ses numéros musicaux, pardi ! On pourrait bien sûr ajouter des choses à cette affirmation mais pour le coup, on n’est pas loin de la vérité. Sa nature d’oeuvre originale le desservant quelque peu dans un genre habitué aux adaptations des grands succès de Broadway, The Greatest Showman doit alors mettre les bouchées doubles pour nous faire taper du pied, nous emporter, et force est d’avouer que nous n’avions pas rencontré une énergie si communicatrice dans une comédie musicale depuis Hairspray. Porté par des chansons aux rythmiques implacables (on pense beaucoup au groupe Imagine Dragons), un casting au diapason (putain de Hugh Jackman, ce mec a décidément trop la classe) et une mise en scène inventive, le film remplit son office avec une folie qui ne transparaissait pas dans sa promotion. On ne saurait dire si c’est seulement dû à Michael Gracey (un ancien des SFX passé à la réalisation pour ce projet) ou bien au «producteur exécutif» James Mangold (appelé en renfort en cours de production) mais cela fait en tout cas très plaisir de découvrir une comédie musicale à ce point flamboyante. Tant pis donc si The Greatest Showman prend beaucoup de libertés avec la vie de Phineas Taylor Barnum et la création de son cirque pour en faire un récit optimiste et un peu bateau : quand la musique est bonne…

Critique ciné : Pentagon Papers

4 février, 2018

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Continuant de faire ses va-et-vient entre films historiques «sérieux» et blockbusters pour toute la famille, Steven Spielberg s’attaque cette fois avec Pentagon Papers à l’un des premiers scandales d’Etat mis à jour par la presse, un exercice journalistique qui n’a jamais été aussi vivace que ces dernières années. C’est ainsi une occasion bienvenue de découvrir les arcanes d’un grand quotidien, son fonctionnement en interne et ses implications en externe, accompagnés pour cela par un casting aux petits oignons. Une visite d’autant plus intéressante que le cofondateur de Dreamworks n’a pas son pareil pour capter le réel tout en gardant toujours une approche cinématographique pertinente et élégante, ce qui tient autant à sa mise en scène – ses plans-séquence n’ont rien perdu de leur efficacité – qu’au travail impeccable de ses collaborateurs de longue (John Williams, Janusz Kaminski, Rick Carter, Michael Kahn…). Tout ça respire néanmoins un peu trop la facilité. Le cinéaste progresse en effet sur un terrain où il ne prend clairement aucun risque, où son idéalisme empêche d’avoir un regard vraiment objectif sur les événements et finit par confiner à la démagogie (n’oublions pas que la course au scoop reste une des motivations premières du journalisme). Handicapé encore par une grosse absence de suspense qu’incarne un climax vite torché, Pentagon Papers s’inscrit comme un successeur (ou prédécesseur ?) en demi-teinte aux Hommes du président, un exercice de style appliqué mais un peu creux. Pour voir Spielberg se mettre en danger et potentiellement nous couper le souffle, on attendra donc plutôt son Ready Player One à sortir dans quelques semaines !

Critique ciné : 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance

20 janvier, 2018

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Attention, chef d’oeuvre immédiat ! Encensé par la critique à juste titre, 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance est en effet un film d’une intelligence rare, abordant un fait divers – qui n’est qu’un prétexte – en multipliant points de vue et changements de perspective pour dresser une galerie de portraits complexes, tout en nuances : inexorablement humains en somme. Le casting (Frances McDormand en tête mais aussi Sam Rockwell, Woody Harrelson…) est à ce titre absolument incroyable, les comédiens trouvent tous des rôles uniques de profondeur et se révèlent parfaits dans chacune de leurs facettes jusqu’à en devenir bouleversants. C’est simple, on a rarement ressenti tant d’empathie devant un écran de cinéma et des personnages qui auraient normalement dû nous rebuter. La réalisation de Martin McDonagh (Sept psychopathes, Bons baisers de Bruges) et le style général du métrage ne manqueront pas alors de rappeler le travail des frères Coen sauf que pour le coup, le travail des frangins n’a jamais atteint une telle véracité dans l’émotion, dans le mélange de la comédie et du drame. Tout ça pour mener une réflexion exemplaire sur la colère et la vengeance, jamais stigmatisante ou moralisatrice mais au contraire compréhensive et pleine d’espoir sans verser pour autant dans la facilité. 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance, c’est sans conteste la première (la plus ?) grosse claque de 2018 et un grand film indispensable.

Critique ciné : Downsizing

15 janvier, 2018

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Le monde va mal, très mal, et nous semblons dans l’incapacité de rattraper nos erreurs pour effacer l’ardoise. Fort heureusement, Downsizing est là et détient la solution : réduire l’humanité à hauteur de Minipouss. Un argument de départ d’autant plus que sympa qu’il ouvre de nombreuses pistes pour la comédie tout en engageant la réflexion sur une thématiqe de première importance. Néanmoins, le réalisateur Alexander Payne (The Descendants) ne se départit pas de ses habitudes et manières d’auteur indépendant, il se refuse clairement à trop jouer avec son sujet (voir les gags des trailers absents du montage final) et préfère se concentrer sur le parcours de son protagoniste principal incarné par Matt Damon. Ce à quoi nous n’aurions pas eu grand chose à redire si, en définitive, ça se faisait autrement qu’avec de simples ressorts de comédie romantique. Downsizing en devient alors inutilement ronflant quand il appelait à l’évidence à autre chose, et on ne pourra que rêver de ce qu’aurait fait un Terry Gilliam d’un tel sujet. Mais rêvez vite, parce qu’on ne sait pas combien de temps il nous reste…

Critique ciné : Jumanji – Bienvenue dans la jungle

29 décembre, 2017

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Peu de gens s’en souviennent mais le cultissime Jumanji a déjà eu les honneurs d’une suite en 2005, Zathura, réalisée par Jon Favreau et également tirée d’un livre de Chris Van Allsburg. Une suite toutefois peut-être plus spirituelle qu’autre chose de par un changement radical d’univers, ce qui explique certainement pourquoi le public n’associe pas les deux œuvres et pourquoi débarque aujourd’hui un deuxième chapitre officiel, Jumanji : Bienvenue dans la jungle. Et vous savez quoi ? Cela ne ressemble pas plus au métrage de Joe Johnston que Zathura ! Passe encore l’actualisation du jeu de plateau en jeu vidéo, c’est bien dans le changement du principe même de la franchise – où le jeu envahit petit à petit le réel – que le film de Jake Kasdan (Walk Hard, Sex Tape) franchit le Rubicon. Reprenant le principe de la série animée, ce nouveau film projette donc dès le départ ses protagonistes dans le monde du jeu et comme si cette trahison ne suffisait déjà pas, il expurge au maximum toute magie et mystère afin de se transformer en bête comédie d’action (sérieux, des motards avec des lance-roquettes? Où sont passés les araignées géantes et les singes débilos ?). Gentiment divertissante certes, et dotée de personnages plus réussis que ce nous aurions cru (The Rock, t’es le meilleur !), mais loin de la cascade de surprises, fantaisies et émotions qui caractérisaient les précédentes adaptations de l’oeuvre de Van Allsburg (même leur utilisation des codes du jeu vidéo est finalement très limitée). Qu’on se le dise alors : la seule vraie suite à Jumanji, c’est Zathura !

Critique ciné : Le Crime de l’Orient-Express

29 décembre, 2017

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Noël est l’époque des cadeaux et cette année Kenneth Branagh fait d’une pierre, deux coups puisqu’il offre au Crime de l’Orient-Express de Agatha Christie une nouvelle adaptation et se réserve au passage – beau cadeau – le rôle de Hercule Poirot. Et quand on déballe tout ça au pied du sapin, ça donne quoi ? Une version qui remet au goût du jour ce classique de la littérature (et surtout ses précédentes adaptations) grâce à un visuel absolument splendide, une esthétique d’une classe folle où le luxe et l’exotisme le partagent à la noirceur et la froideur pour aboutir à la concrétisation d’une sorte de version fantasmée de cette histoire… et puis c’est à peu près tout. Outre donc la mise en avant d’un petit discours sur les préjugés raciaux et une relecture à la Guy Ritchie heureusement très vite avortée (parce que le comte qui calme la presse avec un coup-de-pied-retourné-sauté, ça faisait peur quand même), Le Crime de l’Orient-Express cuvée 2017 n’apportera rien de bien neuf à tous ceux déjà familiers des tenants et aboutissants de son intrigue tandis que les autres, eux, auront la chance de pouvoir la découvrir dans un écrin des plus rutillants. Quant à Kenneth Branagh… bah, joyeux Noël mec !

Critique ciné : Star Wars 8 – Les Derniers Jedi

15 décembre, 2017

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Parti comme c’était avec le film de JJ Abrams, nous pensions que Star Wars 8 – Les Derniers Jedi flatterait la fibre nostalgique des fans en calquant son fond et sa forme sur l’opus de la trilogie originale lui correspondant, c’est à dire L’Empire contre-attaque (pour ceux qui ne suivent pas). Une manière un peu facile de se montrer respectueux, qui peut aisément tomber dans l’obséquieux. Pourtant, gouverné de main de maître par un jeune réalisateur (Rian Looper Johnson) sachant très bien ce qu’il a entre les mains et où il peut l’emmener, ce nouvel épisode ne tombe jamais dans le piège, nous faisant aller de surprise en surprise comme à la belle époque. Poursuivant dans la veine old-school du précédent volet sans oublier pour autant de nous régaler les mirettes avec du neuf (en témoignent les très bonnes idées visuelles qui donnent corps à la planète Crait), le film jouit ainsi d’un scénario béton, véritablement intelligent (voir comment sont retournées les critiques faites à l’encontre de Kylo Ren ou bien comment il joue du discours manichéen de la saga ou même de ses codes), qui le conduit à être franchement épique en dépit d’une intrigue en définitive très ramassée. Alors oui, Star Wars 8 – Les Derniers Jedi est le digne héritier du chapitre 5 mais pas parce qu’il le singe : il gagne cette distinction en osant prendre des risques et en s’inscrivant comme ce qui sera très certainement considéré comme le meilleur épisode de cette nouvelle trilogie. Abrams aura fort à faire pour nous faire mentir avec son épisode 9.

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