Archive pour janvier, 2020

Critique ciné : Jojo Rabbit

30 janvier, 2020

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Peut-on rire de tout ? Avec son nazi en culottes courtes ayant un Hitler facétieux pour ami imaginaire, Jojo Rabbit soulève légitimement la question chez les gens de peu d’imagination, le sujet restant tendu aujourd’hui encore (l’exemple de La Vie est belle de Roberto Benigni paraît bien loin). Et pourtant tout peut être drôle ou en tout cas le devenir, pour peu qu’on confie la tâche à quelqu’un sachant manier l’humour et ses différents registres ! Taïka Waïtiti est de ceux-là – lui qui a réussi à faire du troisième Thor l’un des meilleurs et des plus fun représentants du MCU – sans toutefois se limiter à ce statut de brillant trublion. En témoigne le faux documentaire Vampires en toute intimité dont il était l’un des maîtres d’oeuvre, plongée génialement décalée dans le quotidien de suceurs de sang où transparaissait malgré tout une réelle humanité et une certaine gravité. Jojo Rabbit ne fonctionne alors pas autrement : ses airs de comédie délirante ne sont là que pour nourrir le coeur du métrage, le récit d’un passage à l’âge adulte à la fois cruel et plein d’espoir nous donnant à contempler une oeuvre tour à tour drôle et émouvante, glaçante et tendre. Le tout avec un discours dont l’anti-manichéisme force le respect par son intelligence. Alors oui, mille fois oui, on peut rire de tout. Surtout lorsque c’est aussi bien fait qu’ici !

Critique ciné : Selfie

26 janvier, 2020

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La question de l’identité numérique a tant de ramifications qu’il fallait bien un film à sketches pour tenter d’en dresser un portrait à peu près cohérent, et telle est donc la voie choisie par Selfie. Celle d’un exercice qu’on ne croise pas si souvent mais dont les tares reviennent elles presque à chaque fois, à savoir une qualité et un intérêt très fluctuants d’un segment à l’autre. Un écueil évité par ce nouveau représentant du genre car si ce sont bien des cinéastes différents qui s’occupent de chaque récit, ceux-ci ont travaillé de concert à l’élaboration du projet. Ils ont su lui donner une réelle homogénéité artistique et tonale, dépassant de loin les classiques rappels ou connexions d’une histoire à l’autre et faisant que l’oeuvre ne peut être considérée que dans son intégralité. On saluera également la capacité du métrage à ne pas grossir démesurément le trait (doublée de choix de casting fort avisés), ce qui permet de conserver une certaine sympathie envers des protagonistes qui sans cela auraient aisément pu devenir antipathiques et provoquer notre rejet pur et simple (le titre complet n’ironise pas lorsqu’il parle d’ «honnêtes gens»). En somme, Selfie, on like !

Critique ciné : 1917

20 janvier, 2020

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Sorti de sa double aventure Bond-esque qui l’a décoincé niveau divertissement, le réalisateur Sam Mendes se consacre ainsi à un projet plus personnel mais pas moins gigantesque ou ambitieux : 1917, film de guerre inspiré par les récits de son propre grand-père et mis en scène sous la forme d’un long plan-séquence ininterrompu. Comme Hitchcock à l’époque avec La Corde ou plus récemment le Birdman de Inarritu. Un vrai défi technique orchestré brillamment et qui n’est pas là ici juste pour se la péter, il a une réelle utilité en cela qu’il nous plonge mieux qu’aucun autre procédé au coeur de l’action, de l’urgence de la situation. Il nous fait adopter comme jamais le point de vue d’une paire de protagonistes (incarnés par deux jeunes acteurs fort prometteurs) qu’on ne lâchera pas une seconde tandis qu’ils s’enfoncent derrière les lignes ennemies pour prévenir un massacre. En un geste virtuose, Mendes nous fait donc goûter avec 1917 à toute l’absurdité et l’horreur de la guerre, transformant son devoir de mémoire personnel en un message universel et toujours aussi essentiel. Putain de bon réalisateur.

Critique ciné : Underwater

12 janvier, 2020

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Un peu comme avec le récent Manhattan Lockdown, on ne peut pas dire que Underwater soit un film particulièrement original. Ce serait même, disons-le franchement, un repompage intégral du Alien de Ridley Scott, tout juste transposé des étoiles lointaines aux profondeurs de l’océan. Et pourtant, comme c’était donc le cas avec le polar de Brian Kirk, Underwater se suit sans déplaisir, déjà grâce à un casting solide (Kristen Stewart s’avère moins crispante que d’ordinaire, Vincent Cassel en impose toujours autant) mais aussi et surtout de par une intrigue sans temps mort (il ne faut pas attendre plus de deux minutes avant que l’action commence et elle ne s’arrêtera plus) et pleine de surprises, y allant à fond dans son concept. Nous ne sommes pas face à un nouveau Sphère mais bien à un M.A.L. au budget confortable, guidé par un cinéaste qui se fait à l’évidence un gros kif. Alors oui, on l’a dit, Underwater n’a pas un sou d’originalité. Mais si c’est le prix à payer pour dénicher un film qui fasse le café sans nous décevoir ou nous rebuter, hé bien on veut bien le payer pour l’instant…

Critique ciné : Manhattan Lockdown

6 janvier, 2020

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Tout droit échappé de la pléthore de polars d’action qui pullulaient dans les 90′s, Manhattan Lockdown pourrait facilement passer inaperçu aux côtés des grosses sorties de fin d’année. Et ce serait dommage car s’il est vrai que le film ne réinvente pas la poudre, qu’il se montre assez prévisible dans son développement ou ses révélations, celui-ci est en contrepartie suffisamment bien ficelé pour nous offrir un bon petit moment de cinéma, efficace et sans fioriture. Le meilleur exemple de cela est le personnage principal (incarné par un Chadwick Boseman qui en impose de plus en plus), présenté en juste trois petites scènes sur lesquelles nous ne reviendrons plus ou presque parce qu’il n’y en a juste pas besoin en fait, elles ont suffi à nous poser le protagoniste et il n’y a plus qu’à le suivre dans sa sombre course-poursuite. Alors si vous aussi vous cherchez un échappatoire aux grosses productions qui souvent déçoivent plus qu’autre chose (qui a dit Star Wars 9 ?), n’hésitez pas à tenter Manhattan Lockdown : au moins, là, le taf’ est fait.

Critique ciné : La Reine des neiges 2

6 janvier, 2020

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S’ils ont déjà donné dans la suite avec les Pixar ou en DTV, il est assez rare que Disney sorte en salles le numéro 2 d’un de leurs grands classiques et quand ils l’ont fait, ce ne fut jamais très brillant. C’est dire si La Reine des neiges 2 a tout du coup de poker, la tentative du studio d’appliquer à ses films d’animation la recette mercantile régissant ses autres licences. Et il s’y prend comme nous pouvions nous y attendre : ton plus mature (incarné visuellement par un travail sur les lumières absolument fantastique), extension du lore, récit plus marqué fantasy… restent malgré tout les sempiternelles chansons qui, si elles peuvent participer du succès d’un film (le premier volet en est un exemple plus que parlant), n’en alourdissent pas moins considérablement la narration. Pas de quoi rendre irregardable cette suite correcte mais il n’empêche, après ce La Reine des neiges 2, on se demande à quand le crossover avec Raiponce et Chicken Little