Archive pour décembre, 2019

Critique ciné : Star Wars – L’Ascension de Skywalker

22 décembre, 2019

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Annoncé en grande pompe comme la fin d’un cycle dans la saga, le point culminant de l’histoire-mère, Star Wars : L’Ascension de Skywalker est un film littéralement hanté par les fantômes du passé. Dans sa diégèse déjà, les protagonistes ne cessant de s’y tourner vers leurs prédécesseurs afin de trouver des réponses, mais aussi plus largement dans sa conception même, tout y étant pensé afin de convoquer les grandes heures de la franchise et boucler la boucle. Quitte à se montrer incohérent, voire à flirter avec l’absurde. Quitte à laisser des trous béants dans une intrigue filant beaucoup trop vite pour son propre bien. Quitte à ne presque jamais parvenir à faire prendre la sauce. Alors, c’est sûr, JJ Abrams n’avait pas la tâche facile entre son arrivée en catastrophe pour remplacer Colin Trevorrow ou son obligation de prolonger une histoire que le huitième volet avait brillamment démolie, mais on constate surtout que même le petit malin qu’il est ne fait pas le poids face à l’ampleur du projet, tous les impératifs qu’il charrie. Car en plus de devoir gérer le poids d’un très lourd héritage et y apporter une conclusion, il lui faut répondre aux attentes d’un studio ayant de la suite dans les idées et imprimant sans vergogne son modèle puisque, comme dans Solo – A Star Wars Story, nous sommes face à une péloche pensée comme un serial hyperactif aux bonnes grosses ficelles de blockbuster. Quitte à ce que Star Wars : L’Ascension de Skywalker ne puisse jamais s’imposer comme un final en apothéose ou même une conclusion satisfaisante. Surgit alors un autre fantôme du passé, celui d’un petit mec qui rigole dans sa barbe blanche en se disant que lui au moins, il avait réussi à garder une vision et une certaine cohérence sur sa prélogie.

Critique ciné : A couteaux tirés

15 décembre, 2019

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Ayant bien mérité une petite récréation après avoir oeuvré sur le méga-blockbuster Star Wars 8 : Les Derniers Jedi, Rian Johnson revient ainsi avec A couteaux tirés, projet de moindre envergure dans lequel il peut se laisser aller aux histoires en chausse-trappes qu’il affectionne tant. Jouissant d’un casting cinq étoiles et d’un décor absolument fabuleux, il se frotte en effet aux récits à la Agatha Christie et en livre sa propre version, qui ne réinvente en rien le whodunnit (au contraire, il se complaît dans des codes qui pouvaient sembler désuets) mais l’illustre avec une efficacité exemplaire, l’intrigue se déroulant sans jamais nous lâcher afin de mieux nous manipuler, ne pas nous laisser le temps d’extrapoler vraiment sur l’identité de l’assassin. Et si A couteaux tirés fonctionne très bien lors du premier visionnage, même une fois le mystère éventé on prendra plaisir à le revoir, pour son humour noir, sa luxueuse direction artistique ou tout simplement pour étudier sa mécanique parfaitement huilée. Une bonne récréation.