Critique ciné : Midway

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Il a beau semble-t-il être assez engagé dans sa vie privée et parfois même visionnaire, Roland Emmerich n’est pas connu pour être le plus finaud des réalisateurs. Ainsi, quand il se lance sur Midway, sa principale motivation – en plus du besoin de redorer son blason après le gros échec de Independence Day Resurgence – était de montrer les attaques en piqué comme jamais auparavant… ok, ça fait léger, mais pourquoi pas ? D’autant que cela s’avère très réussi de ce côté-là et, en même temps, le contraire eut été étonnant car s’il y a bien une chose que sait faire le cinéaste allemand, c’est pondre du grand spectacle. Il ne s’enfonce pas pour autant dans toutes ses sales manies : son film se retient pas mal sur le mélo ou même la glorification de l’héroïsme, il ne veut pas se montrer trop romanesque car il préfère se targuer de relater les faits au plus près de leur réalité. Une volonté appréciable sauf que Emmerich organise ça comme dans ses films-catastrophe, avec une multiplication de seconds rôles qui n’ont aucun espace pour s’épaissir tandis que les premiers rôles restent aussi très en surface ou s’avèrent franchement antipathiques (putain, le personnage de Ed Skrein est à baffer). Et quant au réalisme… Disons que la présence de capitaux chinois dans la production soulève de vraies questions. En effet, si nous étions déjà méfiants quant à la capacité des américains à relater honnêtement ces événements, plus encore avec Roland aux manettes, la participation des chinois – champions du nationalisme et de la haine des japonais – jette encore plus le doute. Doute confirmé puisque si le métrage a beau leur réserver quelques scènes « de commandement » et être dédié aussi bien aux morts américains que japonais, son parti-pris est indéniable et son point de vue très dirigiste. Il faut ainsi voir comment Midway embrasse le besoin de vengeance après Pearl Harbor sans rien remettre en cause ou, pire, comment il nie toute une partie du conflit, faisant dans son final comme si la guerre était gagnée alors qu’il faudra ensuite encore trois années d’affrontements et deux bombes nucléaires. Juste. Pour le devoir de mémoire, on repassera.

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