Critique ciné : Gemini Man

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Quelque peu anachronique dans son principe tant il rappelle les actioners à concept des 90′s (Volte-face, A l’aube du 6ème jour et consorts), Gemini Man a néanmoins de quoi piquer notre curiosité au vif entre la présence de Ang Lee derrière la caméra et le défi du jour du bonhomme, à savoir faire se confronter Will Smith à une version rajeunie de trois décennies de lui-même en full CGI. Une prouesse technique et artistique souvent franchement bluffante mais aussi parfois un peu dérangeante lorsqu’elle s’égare dans la « vallée de l’étrange », certains plans manquant de naturel. On sent la complexité du défi lors de certaines scènes volontairement plongées dans la pénombre ou au montage un peu trop cut, astuces pour aider l’armée d’infographistes oeuvrant sur le projet, mais la performance n’en reste pas moins impressionnante, bien supérieure aux précédents essais en la matière (voir les derniers Star Wars). D’autant que Ang Lee s’assure de la cohésion du fond et de la forme – scénario et mise en scène interrogeant cette notion de gémellité décalée – tout en nous livrant quelques séquences dans la grande tradition des productions Bruckheimer, dont une course-poursuite colombienne aussi spectaculaire dans ses cascades à moto que dans sa manière de gérer un duel de snipers en mouvement. A la fois en retard et de son temps, Gemini Man est donc un drôle de paradoxe mais puisqu’il fait correctement le taf’ (bien qu’il aurait gagné à être un peu plus surprenant), on se laissera aller à l’anachronisme sans déplaisir.

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