Critique ciné : Rambo – Last Blood

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Toujours vaillant, Sylvester Stallone fait revenir le vétéran du Vietnam pour Rambo : Last Blood, cinquième opus d’une saga dont on ne remettra pas en cause la longévité vu la grosse claque que nous avait mis le précédent. Et pourtant, même en mettant de côté plusieurs choses qui coincent, difficile de ne pas être déçu par ce film. Passons donc sur le tournage au rabais, le fait de situer l’action cette fois en Amérique du Nord étant plus un moyen – on ne va pas se mentir – de faire des économies que de boucler la boucle et de satisfaire à la continuité de la série. Passons aussi sur le scénario nous donnant le sentiment que le bidasse traumatisé y a été greffé de force, son postulat étant plus celui d’un thriller d’action lambda que celui d’un Rambo. Passons même sur les bons gros clichetons que celui-ci véhicule, avec le discours tendancieux que cela implique… Nous aurions pu excuser tout ça, d’autant que Sly insuffle toujours une belle profondeur à son rôle. En revanche, impossible de laisser passer la manière dont le film trahit nos attentes en expédiant son climax en quelques minutes incohérentes et foutraques. Si John Rambo nous avait tant marqués, c’était dû à son ton mélancolique et plus encore à ses déferlements de violence apocalyptique qui donnaient au héros une nouvelle raison d’être, une modernité qui justifiait son retour dans le registre de l’action. Ici, Rambo agit pour se venger et bien qu’il veuille faire souffrir ses ennemis, il les achève les uns après les autres après qu’ils soient tombés dans ses pièges à la Maman, j’ai raté l’avion, dans la pénombre et en montage ultra-cut, ce qui appauvrit irrémédiablement l’impact de ce final et donc de tout ce vers quoi tendait le métrage… Clairement, Sly n’assume pas les géniaux débordements du quatrième volet (alors qu’il nous fait croire ici le contraire en une ou deux occasions), ce dont son director’s cut témoignait déjà, et Rambo : Last Blood en devient des adieux bien tristes à cette icône du cinéma. Laissez-le se reposer dans son rocking-chair, sa guerre est finie.

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