Archive pour octobre, 2019

Critique ciné : Terminator – Dark Fate

27 octobre, 2019

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Annoncé en grande pompe comme étant le véritable troisième volet de la saga, dû entre autre au retour de James Cameron aux affaires (mais attention, seulement à la production), Terminator : Dark Fate veut faire table rase des épisodes les plus conspués pour redorer le blason de la franchise. Premier problème : si telle était leur démarche, pourquoi reprendre tellement d’éléments des films qu’on veut oublier au point de faire ressembler le sien à un pot-pourri d’idées disparates ? Où est la cohérence ? Et quitte à se torcher avec cette dernière, voici le vrai gigantesque problème de ce « troisième » épisode : à force de modifier leur mythologie, de la réécrire, ils en sont venus à nier totalement le mantra de la série (« pas de destin, juste ce que nous en faisons« ) et donc à annihiler tout forme d’enjeu narratif puisque, quoi qu’on fasse, les machines finiront par nous mettre la pâtée. Tim Miller a beau alors nous pondre des scènes d’action dantesques, le scénario a beau brasser des thématiques progressistes d’actualité (girl-power, immigration), le film a beau être construit comme une immense course-poursuite et jouir de la présence d’une Mackenzie Davis aussi belle que crédible dans la baston, difficile de ne pas se faire franchement chier devant Terminator : Dark Fate, nouvel épisode de trop et qu’on préférera oublier au profit du film de Jonathan Mostow, qui était en fin de compte un troisième chapitre ô combien plus recommandable.

Critique ciné : Gemini Man

27 octobre, 2019

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Quelque peu anachronique dans son principe tant il rappelle les actioners à concept des 90′s (Volte-face, A l’aube du 6ème jour et consorts), Gemini Man a néanmoins de quoi piquer notre curiosité au vif entre la présence de Ang Lee derrière la caméra et le défi du jour du bonhomme, à savoir faire se confronter Will Smith à une version rajeunie de trois décennies de lui-même en full CGI. Une prouesse technique et artistique souvent franchement bluffante mais aussi parfois un peu dérangeante lorsqu’elle s’égare dans la « vallée de l’étrange », certains plans manquant de naturel. On sent la complexité du défi lors de certaines scènes volontairement plongées dans la pénombre ou au montage un peu trop cut, astuces pour aider l’armée d’infographistes oeuvrant sur le projet, mais la performance n’en reste pas moins impressionnante, bien supérieure aux précédents essais en la matière (voir les derniers Star Wars). D’autant que Ang Lee s’assure de la cohésion du fond et de la forme – scénario et mise en scène interrogeant cette notion de gémellité décalée – tout en nous livrant quelques séquences dans la grande tradition des productions Bruckheimer, dont une course-poursuite colombienne aussi spectaculaire dans ses cascades à moto que dans sa manière de gérer un duel de snipers en mouvement. A la fois en retard et de son temps, Gemini Man est donc un drôle de paradoxe mais puisqu’il fait correctement le taf’ (bien qu’il aurait gagné à être un peu plus surprenant), on se laissera aller à l’anachronisme sans déplaisir.

Critique ciné : Joker

27 octobre, 2019

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On pourrait parler pendant des heures de Joker. On pourrait ainsi commencer en évoquant la nature iconique de cet ennemi emblématique de Batman, ses différentes incarnations de papier ou de pellicule et combien il était vital de relever la barre après la version pimpée de Jared Leto. On pourrait ensuite pointer les origines curieuses de ce projet auquel fut un temps rattaché Martin Scorsese, ou bien sa place dans un DCEU qu’il remet en cause de fond en comble. On pourrait aussi discourir sur le fait que nous n’aurions jamais attendu Todd Phillips sur un tel projet et avec une telle réussite, que le cabossé Joaquin Phoenix était fait pour le rôle et s’avère absolument époustouflant. On pourrait même parler de la charge sociale du film et de son cadre choisi avec la plus grande des intelligences, de son absence de morale qui ne manquera pas de résonner chez les plus influençables et égarés, de la manière dont il nous fait adopter le point-de-vue du méchant… On pourrait donc parler de tout ça mais on va faire court : Joker, c’est juste un putain de chef d’oeuvre et le plus beau doigt d’honneur qu’on puisse faire au cinéma de super-héros mainstream. Purée, que ça fait du bien !

Critique ciné : Downtown Abbey

7 octobre, 2019

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Vous avez aimé la série Downtown Abbey ? Vous avez adoré suivre les déboires de cette famille pendant des années et vous êtes retrouvés démunis quand tout a pris fin, en dépit d’une conclusion on ne peut plus complète et joyeuse ? Fans en manque, réjouissez-vous car voici Downtown Abbey, le film, qui reprend peu ou prou là où nous en étions pour repartir comme en quarante (1927 en réalité, mais bon, on ne va pas chipeauter) ! Et puisque tout avait été dit ou presque, son créateur Julian Fellowes n’a eu d’autre choix que de composer une sorte de gros épisode spécial sans véritable enjeu dramatique ou défi technique, une espèce de bonus annexe. Ou plutôt un cadeau, emballé avec la même tendresse que celle ressentie dans chaque épisode de la série de la BBC, le même savoir-faire. La même élégance. Alors, vous désesperiez de retourner à Downtown Abbey ? Hé bien qu’attendez-vous ? Tout le monde est là pour une dernière valse qui ne vous rappellera que des bons souvenirs !

Critique ciné : Rambo – Last Blood

7 octobre, 2019

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Toujours vaillant, Sylvester Stallone fait revenir le vétéran du Vietnam pour Rambo : Last Blood, cinquième opus d’une saga dont on ne remettra pas en cause la longévité vu la grosse claque que nous avait mis le précédent. Et pourtant, même en mettant de côté plusieurs choses qui coincent, difficile de ne pas être déçu par ce film. Passons donc sur le tournage au rabais, le fait de situer l’action cette fois en Amérique du Nord étant plus un moyen – on ne va pas se mentir – de faire des économies que de boucler la boucle et de satisfaire à la continuité de la série. Passons aussi sur le scénario nous donnant le sentiment que le bidasse traumatisé y a été greffé de force, son postulat étant plus celui d’un thriller d’action lambda que celui d’un Rambo. Passons même sur les bons gros clichetons que celui-ci véhicule, avec le discours tendancieux que cela implique… Nous aurions pu excuser tout ça, d’autant que Sly insuffle toujours une belle profondeur à son rôle. En revanche, impossible de laisser passer la manière dont le film trahit nos attentes en expédiant son climax en quelques minutes incohérentes et foutraques. Si John Rambo nous avait tant marqués, c’était dû à son ton mélancolique et plus encore à ses déferlements de violence apocalyptique qui donnaient au héros une nouvelle raison d’être, une modernité qui justifiait son retour dans le registre de l’action. Ici, Rambo agit pour se venger et bien qu’il veuille faire souffrir ses ennemis, il les achève les uns après les autres après qu’ils soient tombés dans ses pièges à la Maman, j’ai raté l’avion, dans la pénombre et en montage ultra-cut, ce qui appauvrit irrémédiablement l’impact de ce final et donc de tout ce vers quoi tendait le métrage… Clairement, Sly n’assume pas les géniaux débordements du quatrième volet (alors qu’il nous fait croire ici le contraire en une ou deux occasions), ce dont son director’s cut témoignait déjà, et Rambo : Last Blood en devient des adieux bien tristes à cette icône du cinéma. Laissez-le se reposer dans son rocking-chair, sa guerre est finie.

Critique ciné : Ad Astra

7 octobre, 2019

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Il est loin le temps où James Gray ne filmait qu’à New-York puisque, après The Lost City of Z et ses expéditions amazoniennes, le voici qui embarque Brad Pitt pour l’espace avec Ad Astra. Le cinéaste ne renie pourtant rien de ses thématiques phares puisque son nouvel effort traite à nouveau de la famille, des liens du sang et de l’héritage que nous laissent nos parents, de la façon dont cela nous façonne lorsqu’on y fait face. Pile-poil dans sa filmographie, donc. Le film nous fait d’autant plus plaisir que, si l’on attendait plutôt ça sur son précédent métrage, Gray va cette fois jusqu’au bout de son idée avec une structure calquée sur Apocalypse Now. C’est à dire un voyage en ligne droite aux confins de la folie, qui prend ici la forme d’une tristesse mortifère, une odyssée mutique qui en laissera certains sur le carreau de par son rythme lent, bercé par les monologues intérieurs de Brad Pitt. Dommage puisque si la péloche comporte bien quelques morceau de bravoure (l’attaque sur la Lune, relativement inédite), c’est bien cette introspection face au néant de l’espace qui donne à Ad Astra tout son sens et sa valeur. Voilà, James Gray a vraiment décollé de New-York.