Critique ciné : Midsommar

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Dénomination apparue il y a peu, la « A-horror » désigne un cinéma d’horreur supposément plus sophistiqué, plus intellectuel, dans lequel peut s’épancher tout un pan de la critique qui jusqu’alors méprisait le genre. Propulsé en modèle de cette catégorie grâce au méga-buzzé Hérédité, Ari Aster revient aux affaires avec Midsommar, sorte de réactualisation scandinave et teintée de slasher du culte The Wicker Man. Et tout comme cet illustre prédécesseur, on ne peut pas dire que le nouvel effort de Aster fasse dans l’horreur classique en dépit d’un postulat et d’une structure vus mille fois chez la concurrence, des bases sur lesquelles il construit une immersion sensitive et hallucinée qui va progressivement virer au cauchemar éveillé. Néanmoins, si l’intelligence de la mise en scène et la beauté de la direction artistique savent faire naître le bizarre et le malaise, elles échouent à créer véritablement de la tension, de la peur. Trop long, trop ouaté, le film souffre qui plus est de personnages unanimement antipathiques (même l’héroïne fatigue à force de n’être qu’une victime) ou pire de la propension du cinéaste à annoncer tout ce qui va arriver par le biais d’indices loin d’être aussi cryptiques qu’il le pense. Tout pour désamorcer l’horreur chez le spectateur. Si Midsommar est donc clairement une expérience intriguante voire même parfois passionnante, on aura en revanche beaucoup plus de mal à le qualifier de film d’horreur. Même avec un « A » devant.

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