Archive pour juin, 2019

Critique ciné : Tolkien

30 juin, 2019

tolkien_nicholas hoult_lily collins_dome karukoski_affiche_poster

Jusqu’à quel point une oeuvre est-elle connectée à son créateur, dans quelle mesure la retrouve-t-on dans son parcours ? Telle est la question que se pose Tolkien, évocation de la vie de l’auteur de Bilbo le hobbit et du Seigneur des anneaux depuis son enfance jusqu’à la rédaction des premières lignes de son chef d’oeuvre. Un récit classique et efficace, mis en images avec élégance par Dome Karukoski (Tom of Finland), et au cours duquel on verra donc se dessiner petit à petit certains motifs des écrits de JRR, émerger certaines figures, en particulier lors de ces visions infernales de la bataille de la Somme où surgissent dragons et cavaliers encapuchonnés. Mais plus que cette chasse aux clins d’oeil et coïncidences qui ravirait juste les fanboys, le film a la bonne idée de se reposer pour beaucoup sur l’amitié liant Tolkien à ses camarades, un petit groupe d’artistes idéalistes en qui il va trouver de vrais frères, soit le thème au coeur même des écrits de l’auteur. Le métrage préfère donc à une accumulation factuelle, qui serait en plus fictive et forcée, un portrait émotionnel de son sujet. En cela, Tolkien raconte avec conviction les destins entremêlés d’un homme et de son oeuvre et constitue un biopic parfait pour cette légende de la littérature.

Critique ciné : Godzilla 2 – Roi des monstres

17 juin, 2019

godzilla 2 roi des monstres_king of monsters_kyle chandler_vera farmiga_michael dougherty_affiche_poster

Persévérant dans sa volonté de concrétiser le MCU du kaiju eiga malgré la réception en demi-teinte des précédents volets, Warner Bros met les bouchées doubles avec Godzilla 2 – Roi des monstres, vendu comme une foire d’empoigne apocalyptique entre pléthore de monstres géants. Un programme alléchant mais qui, on le sait, peut très facilement se prendre les pieds dans le tapis de ses promesses, surtout lorsqu’on en vient si vite au combat royal dans une saga (remember Justice League ?). Catapulté aux commandes de son premier blockbuster, le plutôt doué Michael Dougherty (Trick ‘r Treat, Krampus) use de son expérience de scénariste pour livrer un script sachant respecter la nature « catastrophe naturelle » des monstres de la Toho tout en approfondissant la mythologie mise en place depuis deux films. Qui plus est, il donne à leur apparition simultanée une raison et une construction qui évitent au métrage de tomber dans le piège du buffet si garni qu’il finit par s’écrouler sous son propre poids. Pourtant, ce savoir-faire ne l’empêche pas de se planter sur les protagonistes humains, dont la caractérisation trouble et potentiellement intéressante se dilue dans un développement revenant comme par magie aux standards hollywoodiens. Soit le même problème que dans l’opus de Gareth Edwards, c’est à dire cette incapacité à sortir des schémas avec un traitement générique qui ne s’accorde thématiquement pas du tout aux quelques grandes idées que charrie l’intrigue, sans compter qu’il casse le rythme en faisant régulièrement redescendre notre pic d’intérêt. On sera néanmoins très vite et souvent réveillé par la partition tonitruante de ce bourrin de Bear McCreary mais aussi, et surtout, par l’avalanche de visions dantesques qu’offre Godzilla 2 – Roi des monstres, redonnant tout son sens et son gigantisme à l’expression « forces de la nature ». Rien que pour ça, on demande à voir la suite de ce kaijuverse. Et puis, c’est quand même cool les gros monstres qui se tapent dessus.