Critique ciné : Rocketman

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Quelques mois après le succès de Bohemian Rhapsody, voici qu’arrive dans nos salles un autre biopic évènementiel avec Rocketman et si on les met en parallèle, ce n’est pas seulement parce qu’ils évoquent tous les deux le destin d’icônes rock et gay s’étant abîmées dans les excès. Ni parce qu’ils offrent à de jeunes comédiens prometteurs le rôle de leur vie, ici Taron Egerton qui continue de prouver qu’il a tout d’un grand. Non, si on les met ensemble, c’est en fait que ces deux métrages possèdent le même réalisateur, ou presque. Aux commandes dans le cas présent, Dexter Fletcher (Eddie the Eagle) est effectivement celui que la Fox avait appelé en renfort pour achever le biopic de Queen, Bryan Singer ayant été rattrapé par des démêlés avec la justice, ce qui ne fait que justifier plus encore le jeu des comparaisons. On remarquera ainsi très vite que là où Bohemian Rhapsody privilégiait une linéarité factuelle, Rocketman opte lui pour quelque chose de beaucoup plus déconstruit, plus fou, parce qu’il adopte en fait les oripeaux d’une véritable comédie musicale. Une différence cruciale qui se joue aussi bien aux niveaux visuel, narratif que musical, forcément, et à cause de laquelle le récit de la vie de Elton John pourrait sembler moins réussi que celui de Freddie Mercury. En effet, dès que se faisaient entendre les premières notes d’un tube de Queen, nous étions immédiatement transportés, le film nous menait sans cesse par le bout du nez et nous adorions ça. Ici, les classiques de Sir Elton se voient réappropriés, transformés afin de devenir des numéros musicaux bien troussés au demeurant mais aussi, obligatoirement, moins efficaces pour nous faire remuer sur nos sièges dès le premier visionnage. Ce que Rocketman perd donc en impact immédiat, il le gagne en personnalité propre. Celle de Fletcher, cette fois c’est sûr, mais aussi celle d’Elton John. Un mal pour un bien ?

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