Critique ciné : Hellboy

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Déjà porté deux fois à l’écran par le fan génial Guillermo del Toro sans qu’il puisse achever la trilogie envisagée, Hellboy revient finalement au ciné après avoir changé de mains. Changement de réalisateur donc avec désormais le sympathique Neil Marshall (The Descent, Centurion) aux commandes mais surtout changement de structure, les droits ayant été récupérés par Davis Films et Millennium Films. Des pros de la surenchère décomplexée, du divertissement déraisonné, à qui l’on doit par exemple les Expendables ou les Resident Evil. Voilà la nouvelle maison du démon rouge et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a facilement trouvé ses marques. D’un côté, le film fait ainsi preuve d’une générosité sans borne, livrant une aventure pulp sans temps mort pleine de gloumouttes, de bastons ultra-gores et parsemée de visions dantesques, le tout emballé avec tout le savoir-faire qu’on est en droit d’attendre de Marshall. Toutefois, en contrepartie, ce foisonnement ne va pas sans déséquilibrer l’intrigue, trop bordélique pour son propre bien alors qu’on pourrait difficilement faire plus basique (on sent qu’ils anticipent une ou plusieurs suites, la malédiction MCU en action), ni sans appauvrir le traitement des personnages réduit à peau de zob’ (le professeur Broom s’avère tout particulièrement insaisissable). Même le bestiaire n’échappe pas à quelques faux-pas assez consternants, tels ces esprits gutturaux au concept aussi dégueulasse que leurs SFX sont moisis. S’il se laissera donc mater sans trop de déplaisir grâce à sa bonne volonté pléthorique, cet Hellboy ne nous fera pas oublier notre frustration de ne jamais voir le troisième épisode promis par del Toro et, pire, il l’exacerbe tant il sacrifie la poésie et le coeur de ses adaptations sur l’autel du gavage de spectaculaire. Seule une version longue laissant davantage souffler la narration pourrait rattraper un tant soit peu cette déception.

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