Critique ciné : Dumbo

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Pris d’une folie du recyclage à tout-va depuis quelques années, le studio aux grandes oreilles ne semble plus tellement en mesure de nous étonner (et ce ne sont pas Aladdin ou Le Roi lion qui vont à priori nous faire changer d’avis). Ainsi, malgré la présence de Tim Burton aux manettes, Dumbo ne semblait pas mieux parti. Et pourtant… Car là où la plupart de leurs remakes ne font que mettre en live les grands classiques animés, sans rien ajouter ou presque, celui-ci extrapole et modifie beaucoup son matériau d’origine, qui compte il est vrai parmi les Disney les plus «légers» (à peine plus d’une heure de durée, une intrigue picaresque sans réelle construction). Une trahison ? Non, une réappropriation plutôt, laquelle légitime le projet sans rien perdre de la portée émotionnelle de l’original, en dépit d’une présence humaine finalement plutôt bien traitée. Mieux encore, là où on peut facilement reprocher au réalisateur d’avoir vendu son âme à la souris ces dernières années (Alice au pays des merveilles a encore du mal à passer), son dernier effort propose une double lecture absolument étonnante où Dumbo/Burton, d’abord moqué pour sa différence, est ensuite admiré grâce à elle au point de rejoindre l’establishment, un Dreamland/Disney qu’il finira par faire s’écrouler de l’intérieur… Rien que pour ça, Dumbo s’impose alors comme le film le plus personnel de Burton vu depuis longtemps et on ne sait pas s’il tient de la prophétie mais une chose est sûre, on a plus envie que jamais de retrouver le génie de Burbank. Pour un feu de joie ?

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