Archive pour avril, 2019

Critique ciné : Shazam !

10 avril, 2019

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Dans la galaxie DC, Shazam ! (ou Captain Marvel comme on le nommait il y a encore quelques années) constitue un peu le fond du panier. Infiniment moins populaire que Bat’ ou Sup’, moins connu que leurs comparses de la Justice League, la création de C.C. Beck et Bill Parker leur est pourtant à presque tous antérieure mais s’avère aujourd’hui totalement inconnue du grand public et permet donc, pour son passage au grand écran, de se lâcher sur le travail d’adaptation plus que d’ordinaire. Hormis quelques fans hardcore, pas de crainte de froisser qui que ce soit. Calquant sa structure sur le premier Spider-Man de Sam Raimi, modèle indéboulonnable de l’origin story, le film prend ainsi son temps pour présenter ses personnages – l’introduction est consacrée au méchant et non au héros, c’est dire – et joue à fond la carte de la comédie, du second degré (on se moque gentiment du DCEU) avec un côté sale gosse parfois rafraîchissant, afin de ne pas perdre en rythme et surtout d’intégrer au mieux dans un réel contemporain ce personnage somme toute assez risible (vraiment, quel costume de merde). Et ça fonctionne plutôt bien, il faut le dire, les deux grosses heures du métrage passant comme une lettre à la poste. Peut-être trop même, l’intrigue restant en définitive à la surface, superficielle, sans moments véritablement marquants ou presque. La faute certainement à la réalisation surtout fonctionnelle du suédois David F. Sandberg (Dans le noir, Annabelle 2), tellement à l’aise dans la comédie qu’il en oublie d’iconiser son récit et de lui donner un tant soit peu de classe, de grandeur. D’autres avant ont su se montrer drôles tout en faisant leur taf’ de super-héros (Les Gardiens de la galaxie, Deadpool et même Thor avec Ragnarok) mais Shazam ! paraît condamné à n’être qu’une petite péloche sympa, sans prétention… ce qui vaudra toujours mille fois mieux que Justice League !

Critique ciné : Dumbo

4 avril, 2019

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Pris d’une folie du recyclage à tout-va depuis quelques années, le studio aux grandes oreilles ne semble plus tellement en mesure de nous étonner (et ce ne sont pas Aladdin ou Le Roi lion qui vont à priori nous faire changer d’avis). Ainsi, malgré la présence de Tim Burton aux manettes, Dumbo ne semblait pas mieux parti. Et pourtant… Car là où la plupart de leurs remakes ne font que mettre en live les grands classiques animés, sans rien ajouter ou presque, celui-ci extrapole et modifie beaucoup son matériau d’origine, qui compte il est vrai parmi les Disney les plus «légers» (à peine plus d’une heure de durée, une intrigue picaresque sans réelle construction). Une trahison ? Non, une réappropriation plutôt, laquelle légitime le projet sans rien perdre de la portée émotionnelle de l’original, en dépit d’une présence humaine finalement plutôt bien traitée. Mieux encore, là où on peut facilement reprocher au réalisateur d’avoir vendu son âme à la souris ces dernières années (Alice au pays des merveilles a encore du mal à passer), son dernier effort propose une double lecture absolument étonnante où Dumbo/Burton, d’abord moqué pour sa différence, est ensuite admiré grâce à elle au point de rejoindre l’establishment, un Dreamland/Disney qu’il finira par faire s’écrouler de l’intérieur… Rien que pour ça, Dumbo s’impose alors comme le film le plus personnel de Burton vu depuis longtemps et on ne sait pas s’il tient de la prophétie mais une chose est sûre, on a plus envie que jamais de retrouver le génie de Burbank. Pour un feu de joie ?