Critique ciné : Glass

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Démarrée avec Incassable et poursuivie par surprise avec Split, M. Night Shyamalan vient clore sa trilogie anti-Marvel des super-héros avec Glass. Et quelle conclusion ! Parfaitement cohérent avec les précédents volets (ne vous attendez pas au déluge d’action vendu par les trailers, on reste à l’échelle d’une production Blumhouse), le film consiste pourtant en une remise en cause de ceux-ci, dont il démonte les éléments surnaturels avec une exhaustivité et une conviction (d’où ces plans serrés face caméra d’une Sarah Paulson plus hypnotisante que jamais) faisant naître un début de doute chez les personnages comme les spectateurs. Négation de son travail par le réalisateur ? Retour en arrière sur ses dires ? Bien évidemment que non, il s’agit d’un nouveau jeu de dupe du cinéaste, lequel nous manipule pour mieux réaffirmer son discours sur les super-héros et leur donner une réalité encore plus grande, plus crédible, et cela même s’il a recours à des éléments narratifs qui tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. On pourra donc regretter que tous les protagonistes ne soient pas traités à égalité – avec ses 25 personnalités, James McAvoy a forcément tendance à vampiriser les autres, tout en retenu et retrait – mais c’est parce que les enjeux du film vont au-delà d’eux, il s’agit en fait d’établir une mythologie tangible où tout reste à être inventé. Pas par Shyamalan néanmoins mais bien par nous, car tel est le cadeau que nous fait Glass : mettre le monde des super-héros à notre portée de main. Une chose que n’est jamais parvenue à faire Marvel et ses productions à plusieurs centaines de millions de dollars. Leçon à méditer…

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