Archive pour novembre, 2018

Critique ciné : Yéti & compagnie

25 novembre, 2018

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Si nous sommes toujours partants (ou presque) pour un Pixar ou un Dreamworks, dans la masse des films d’animation familiaux sortant tous les ans il arrive qu’on passe à côté de bonnes petites surprises. Produit par la Warner Bros, un studio qui n’a pas toujours été très heureux dans le domaine, Yéti & compagnie aurait pu être de ceux-là et cela aurait été fort dommage car s’il ne réinvente pas la roue, ni fait montre de prouesses techniques particulières, il contient pourtant assez de bonnes choses pour faire passer un bon moment aux petits et grands. Rythmé, plutôt drôle, il brillera surtout par l’intelligence de son intrigue (le réalisateur Karey Kirkpatrick est plus connu pour son début de carrière en tant que scénariste) fonctionnant souvent sur un principe d’inversion qu’on a plus l’habitude de croiser chez les Pixar, servant ici un message ô combien d’actualité et crucial. La peur de l’autre, l’obscurantisme, la violence de l’être humain et son impact sur l’environnement, les risques de la pensée unique… autant de thèmes que la péloche sait aborder habilement, de manière à se faire comprendre des parents et ressentir par les enfants sans être lourdingue. Nous n’en attendions pas tant et grâce à cela, Yéti & compagnie peut se targuer d’être un chouette petit film d’animation et une réjouissante surprise en cette fin d’année.

Critique ciné : Les Animaux fantastiques – Les Crimes de Grindelwald

20 novembre, 2018

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Le travail d’adaptation n’est pas chose aisée, on risque toujours de perdre des choses essentielles, d’aller trop vite sur d’autres, d’être submergé par la richesse du matériau d’origine… Autant de problèmes qu’on ne s’attend pas à rencontrer dans Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald, le deuxième opus d’une série pensée dès le départ pour le ciné contrairement à la saga-mère, Harry Potter. Peut-être est-ce alors dû à l’omniprésence de JK Rowling sur le projet et particulièrement le scénario mais ce nouveau chapitre souffre étonnamment de toutes les faiblesses qu’on retrouverait dans une adaptation boiteuse, ne sachant pas faire la part des choses entre le littéraire et le cinématographique : personnages sacrifiés et donc inconsistants, intrigue confuse, incohérences en pagaille, trous dans la narration, scènes gâchées… tout ça cristallisé dans un montage aux fraises, comme paumé dans un trop-plein de matière à gérer. C’est simple, quasi aucun autre épisode de la franchise Potter ne s’est montré aussi pénible à suivre, d’autant plus qu’il s’agit d’un volet de transition à la construction bâtarde (le climax fait aussi forcé qu’il est vite expédié). Et c’est bien dommage car le métrage comporte également certaines des meilleures choses vues dans le monde de la magie – ou entendues avec le score enflammé de James Newton Howard – de par la vision toujours aussi dark de David Yates qui n’empêche pas un vrai sens du merveilleux. La découverte du sous-sol de chez Dragonneau ou celle du Paris magique sont par exemple de purs moments de cinéma potteresque qui rappelleront la magie des débuts, et l’ensemble jouit d’une production value absolument phénoménale. Cela ne suffira toutefois pas à rattraper l’aspect bancal de ces Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald dont la principale qualité est de nous faire espérer un avenir meilleur, fait de trois films mieux pensés et pensés comme tels.

Critique ciné : Millénium – Ce qui ne me tue pas

20 novembre, 2018

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Ayant compris qu’en dépit de ses qualités, le remake du premier Millénium par David Fincher était quelque peu redondant avec le film original (d’autant que lui et ses suites ont été plus que largement distribués dans le monde), les pontes de Sony Pictures ont décidé de passer directement aux quatrième volume, Millénium : Ce qui ne me tue pas. Un tome qui marquait une rupture de par l’arrivée d’un nouvel auteur – David Lagercrantz en remplacement du défunt Stieg Larsson – et qui se traduit ici par une remise à zéro des compteurs : nouvelle Lisbeth Salander (incarnée par Claire Foy, un peu trop «humaine» en dépit d’une première apparition quasi-biblique), nouveau réalisateur (le très efficace Fede Don’t Breathe Alvarez) mais surtout nouvelle direction pour la franchise, qui se met à lorgner terriblement du côté des Mission : Impossible chapeautés par Tom Cruise. Tout y est en effet, des scènes d’action avec cascades qui claquent à la menace en forme de MacGuffin en passant par la team d’experts disparates autour du protagoniste principal (Lisbeth, évidemment), au point que Millénium : Ce qui ne me tue pas ne pourra entretenir au final que très peu de liens avec la trilogie de base. Les fans de la première heure en seront certainement décontenancés et déçus tandis que les autres découvriront un thriller un peu bâtard (la mise au second plan de la partie enquête appauvrit considérablement l’intrigue) mais d’une noirceur vénéneuse plutôt classe.

Critique ciné : Bohemian Rhapsody

14 novembre, 2018

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Devenu un genre à part entière, le biopic de chanteur a encore nombre d’artistes à aborder et Bohemian Rhapsody s’attaque aux plus cultes d’entre eux, les légendaires Queen menés par le charismatique Freddie Mercury. Un génie comme on en croise rarement, dont le film dresse un portrait à la fois discret et sans langue de bois, tout en fêlures dissimulées sous le fard de l’extravagance. La performance admirable de Rami Malek (Mr Robot) n’y est bien sûr pas étrangère mais il ne faut pas minimiser l’importance des autres membres du groupe, servis par un casting inspiré et une écriture sonnant juste. Des éléments sans lesquels le film ne pourrait déployer la même émotion, tout ici tournant autour de la question de la famille, de l’unité. Porté encore par les tubes légendaires du groupe et la réalisation ludique de Bryan Singer et Dexter Fletcher (le premier s’est fait viré par la prod’ en cours de tournage), Bohemian Rhapsody n’a alors aucun mal à s’inscrire comme un biopic exemplaire, certes aucunement révolutionnaire mais dont la flamboyance saura vous transporter sans peine. Sa musique seule y suffirait.