Critique ciné : Halloween

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Faisant table rase de quatre décennies de suites diverses et autres reboot, ce nouvel Halloween se propose comme une suite directe au chef d’oeuvre de John Carpenter. Une idée pas plus conne qu’une autre lorsqu’on la compare à tout ce qui a pu être fait dans la saga. Et même plutôt porteuse, puisqu’elle inspire aux inattendus David Gordon Green et Danny McBride un récit qui revient à la source, à la confrontation Michael Myers / Laurie Strode et à la nature du Mal tout en auscultant comment celui-ci peut pervertir une victime (le film reprend telles quelles des scènes du film de 78 en y remplaçant Michael par Laurie) et comment cette dernière peut le transmettre à son tour. Malheureusement, cette suite arrive vingt-cinq années trop tard comme en témoigne une direction artistique qui ne choquerait pas dans le fin 80′s / début 90′s. En voulant en fait respecter le trou de quarante ans qui sépare les deux films, les responsables sont obligés d’adjoindre une petite fille à la relation mère-fille qu’ils voulaient étudier et cela déséquilibre bien évidemment l’ensemble, ce personnage prenant le pas sur les autres – on reste dans un slasher, donc faut trucider du teenager – et n’étant absolument pas concerné par les même thématiques. Halloween cuvée 2018 ne raconte dès lors rien de franchement intéressant sur une bonne partie de sa durée et en devient un slasher plutôt bien foutu (on sent un vrai respect du genre) mais très loin de pouvoir se targuer d’être le digne successeur du métrage séminal de Carpenter. On pourra dire ce que l’on veut de la version de Rob Zombie, qui perdait des spectateurs à force d’expérimentations, mais elle au moins allait au bout de ses idées.

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