Archive pour octobre, 2018

Critique ciné : Halloween

28 octobre, 2018

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Faisant table rase de quatre décennies de suites diverses et autres reboot, ce nouvel Halloween se propose comme une suite directe au chef d’oeuvre de John Carpenter. Une idée pas plus conne qu’une autre lorsqu’on la compare à tout ce qui a pu être fait dans la saga. Et même plutôt porteuse, puisqu’elle inspire aux inattendus David Gordon Green et Danny McBride un récit qui revient à la source, à la confrontation Michael Myers / Laurie Strode et à la nature du Mal tout en auscultant comment celui-ci peut pervertir une victime (le film reprend telles quelles des scènes du film de 78 en y remplaçant Michael par Laurie) et comment cette dernière peut le transmettre à son tour. Malheureusement, cette suite arrive vingt-cinq années trop tard comme en témoigne une direction artistique qui ne choquerait pas dans le fin 80′s / début 90′s. En voulant en fait respecter le trou de quarante ans qui sépare les deux films, les responsables sont obligés d’adjoindre une petite fille à la relation mère-fille qu’ils voulaient étudier et cela déséquilibre bien évidemment l’ensemble, ce personnage prenant le pas sur les autres – on reste dans un slasher, donc faut trucider du teenager – et n’étant absolument pas concerné par les même thématiques. Halloween cuvée 2018 ne raconte dès lors rien de franchement intéressant sur une bonne partie de sa durée et en devient un slasher plutôt bien foutu (on sent un vrai respect du genre) mais très loin de pouvoir se targuer d’être le digne successeur du métrage séminal de Carpenter. On pourra dire ce que l’on veut de la version de Rob Zombie, qui perdait des spectateurs à force d’expérimentations, mais elle au moins allait au bout de ses idées.

Critique ciné : The Predator

23 octobre, 2018

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Introduite avec deux films devenus cultes, la langouste rasta n’a ensuite pas franchement été gâtée, au gré d’oeuvres sincères mais boiteuses. Nous comptions ainsi beaucoup sur The Predator pour redorer son blason, d’autant que l’excellent et inattendu Shane Black avait été promu aux commandes. Scénariste génial ici épaulé par son comparse Fred Dekker, il fait alors peut-être fausse route en voulant creuser la mythologie de la créature (une piste qui n’a jamais rien apporté de bon) mais compense cela par quantité de bonnes idées, une volonté d’offrir un spectacle véritablement adulte et surtout – sa spécialité – une galerie de personnages aussi forts en gueule qu’attachants. Voilà qui fait beaucoup de bonnes choses, non ? Le drame c’est que nous n’aurons pas franchement le temps d’en profiter, le film ayant clairement été raboté pour ne pas dépasser la durée générique d’1h45 alors que vingt minutes supplémentaires auraient été plus que bienvenues. Une volonté mercantile (ça permet de faire une séance de plus par jour dans les cinémas, pas con) qui suce la moelle de toute la péloche : les personnages ont du mal à dépasser le statut de clichés, l’intrigue devient confuse et bourrée de blancs, les scènes d’action sont montées à la serpe et ne posent aucune ambiance (sans compter que la photo dégueulasse les rends encore plus illisibles)… The Predator est un beau gâchis que ne pourrait rattraper qu’un hypothétique director’s cut en blu-ray. On croise les doigts.

Critique ciné : Johnny English contre-attaque

23 octobre, 2018

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Personne ne l’attendait (ce qui est un peu sa spécialité direz-vous) mais le plus gaffeur des agents secrets britanniques est de retour pour Johnny English contre-attaque. Un troisième opus en forme donc de comeback où le cousin idiot de James Bond affronte les dangers du monde moderne avec une approche résolument old-school, de laquelle découle en toute logique le ressort de très nombreux gags. Plus encore, là où les films précédents jouaient la carte de la modernité et du high-tech, celui-ci parodie l’âge classique du film d’espionnage, les premiers 007, ce qui ne manque pas de donner une petite touche surannée à la péloche. Et de faire des économies au passage (on y va mollo sur l’exotisme et l’action), le film ne donnant pas l’impression d’avoir bénéficié de beaucoup d’investissement si ce n’est celui de Rowan Atkinson, dans un registre qu’il maîtrise ô combien. S’il est alors quasiment impossible de louper une parodie de film d’espionnage (vérifiez par vous-même), on ne peut pourtant pas dire que Johnny English contre-attaque brille particulièrement, ampoulé un brin par sa ronronnante mécanique. Mission à moitié remplie, monsieur English.

Critique ciné : La Prophétie de l’horloge

8 octobre, 2018

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Quelque peu lassé par son statut de réalisateur d’horreur, Eli Roth essaye comme plusieurs confrères du splat pack de diversifier un peu son travail, de prendre une petite bouffée d’air. Après le vigilante movie avec le remake de Death Wish, le bonhomme s’attaque donc à l’occasion de La Prophétie de l’horloge à la comédie fantastico-horrifique pour kids sous la tutelle de la mythique Amblin Entertainment, histoire de ne laisser planer aucun doute sur la direction prise par le projet : il va s’agir de faire flipper les enfants avec une aventure surnaturelle bourrée de péripéties en tout genre. Un contrat dûment rempli par cette adaptation du roman de John Bellairs, pour laquelle Roth déploie toute sa science et son amour du cinéma comme en atteste par exemple une direction artistique absolument magnifique (on n’a pas vu un tel sens du détail macabre dans une péloche familiale depuis le Casper de Brad Silberling). De l’intrigue n’émane alors pas le même parfum de mystère, d’autant que sa construction s’avère un brin erratique, mais ça n’empêchera pas La Prophétie de l’horloge de devenir un nouvel incontournable pour faire frissonner les plus jeunes à Halloween. Et le duo Cate Blanchett / Jack Black fait des étincelles !