Critique ciné : Les Frères Sisters

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Réalisateur ultra hypé dans le cinéma français, Jacques Audiard (Un prophète, De rouille et d’os) n’est pas franchement ce qu’on peut appeler un auteur fun. Le voir s’essayer au western avec Les Frères Sisters – d’après le roman éponyme de Patrick deWitt – pour son premier film en anglais ne pouvait donc qu’intriguer, voire peut-être même inquiéter. Sauf que c’est un vrai miracle qui se produit, démontrant après Tarantino que le genre peut révéler le meilleur chez nombre de cinéastes. Le fils de Michel se sert ainsi du western pour dresser un portrait plein de nuances d’une Amérique qui se cherche, en pleine transition, mais surtout pour raconter le parcours de personnages absolument passionnants, d’une richesse d’écriture qui rappelle le récent 3 Billboards (on passe sans cesse d’une émotion à l’autre sans que ça choque pour autant, tout coule de source dans un élan naturaliste parfaitement maîtrisé). Quand en plus la forme côtoie les canons du western crépusculaire (on sent le réalisateur qui s’est fait plaisir) et s’adjoint les services de comédiens fantastiques, Les Frères Sisters en devient non pas seulement le premier film en anglais de Jacques Audiard mais bien son premier chef d’oeuvre indéniable. Vive le western !

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