Archive pour septembre, 2018

Critique ciné : Les Frères Sisters

23 septembre, 2018

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Réalisateur ultra hypé dans le cinéma français, Jacques Audiard (Un prophète, De rouille et d’os) n’est pas franchement ce qu’on peut appeler un auteur fun. Le voir s’essayer au western avec Les Frères Sisters – d’après le roman éponyme de Patrick deWitt – pour son premier film en anglais ne pouvait donc qu’intriguer, voire peut-être même inquiéter. Sauf que c’est un vrai miracle qui se produit, démontrant après Tarantino que le genre peut révéler le meilleur chez nombre de cinéastes. Le fils de Michel se sert ainsi du western pour dresser un portrait plein de nuances d’une Amérique qui se cherche, en pleine transition, mais surtout pour raconter le parcours de personnages absolument passionnants, d’une richesse d’écriture qui rappelle le récent 3 Billboards (on passe sans cesse d’une émotion à l’autre sans que ça choque pour autant, tout coule de source dans un élan naturaliste parfaitement maîtrisé). Quand en plus la forme côtoie les canons du western crépusculaire (on sent le réalisateur qui s’est fait plaisir) et s’adjoint les services de comédiens fantastiques, Les Frères Sisters en devient non pas seulement le premier film en anglais de Jacques Audiard mais bien son premier chef d’oeuvre indéniable. Vive le western !

Critique ciné : Les Déguns

18 septembre, 2018

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Transfuges de Youtube où ils oeuvrent depuis quelques années en direct de la planète Mars-eille, Les Déguns passent au grand écran avec un road-movie éponyme, un postulat bien pratique pour accoucher d’un film à sketchs. Leur spécialité. On pensera ainsi beaucoup à Dumb and Dumber bien que l’intrigue soit beaucoup plus lâche ici : grosso merdo c’est exactement la même mais en moins bien racontée. Le manque d’originalité fait que les responsables – dont Claude Zidi Jr à la réalisation – se laissent aller à la flemmardise et par conséquent n’hésitent pas à passer du coq à l’âne, à laisser de gros trous dans leur histoire, tout ça sacrifié sur l’autel du rythme (dans un genre similaire, Fatal s’en sortait par exemple autrement mieux en repompant éhontément Zoolander). Un abattage qui ne gênera pas les spectateurs les plus enfumés (ni les abonnés à leur chaîne), lesquels trouveront toujours de quoi se marrer de temps en temps, mais à cause duquel Les Déguns pourra difficilement prétendre à être autre chose qu’un premier essai un peu brouillon et facile.

Critique ciné : Guy

3 septembre, 2018

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Deuxième passage à la réalisation pour le comédien Alex Lutz qui livre un faux documentaire sur un chanteur fictif, Guy, l’occasion pour lui de parler de choses qu’il considère comme vraies, réelles. Un film sur la vie, le temps qui passe, l’amour et les non-dits, autant de sujets qu’il aborde avec un mordant toujours emprunt de nostalgie, voire même de mélancolie, dans un style que ne renierait pas un Jean-Luc Godard naturaliste. Le rythme du film en pâtit forcément un peu (Lutz se refuse à tout effet de montage ou à parodier le monde de la musique comme lorsqu’ils inventaient des chanteurs d’antan dans Catherine & Liliane) et on pourrait même se faire chier un brin s’il n’y avait le talent de comédien de Lutz, bluffant sous le maquillage de Guy Jamet. Le film est ainsi comme la confidence d’un vieil homme radotant un peu mais dont la sincérité ne peut que nous toucher.

Critique ciné : En eaux troubles

3 septembre, 2018

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Un peu comme Skyscraper il y a quelques semaines, En eaux troubles (The Meg en VO) se propose en tant que revival des blockbusters des 90′s avec son histoire de mégalodon. En effet, quoi de plus con qu’une histoire de requin géant et de plus parfait pour livrer un divertissement fun et sans prise de tête ? Sauf que là où nous nous attendions à une version 5 étoiles des téléfilms SyFy, nous nous retrouvons en fait avec une oeuvre se prenant grave au sérieux, très premier degré. Exactement comme si le film avait vraiment été réalisé au milieu des 90′s pour le coup (la présence du vieux Jon Les Tortues Ninja Turteltaub aux commandes n’y est pas pour rien), avec tout ce que ça implique de clichetons mais aussi – et c’est pire – d’absence de surenchère ou d’innovation dans les scènes d’action ou de suspense. En eaux troubles aurait ainsi été une vraie petite bombe à l’été 1998 mais là, il a juste 20 ans de retard.

Critique ciné : Blackkklansman

3 septembre, 2018

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Bien qu’il ait déjà donné dans le pur film de divertissement (voyez Inside Man ou Old Boy), c’est la première fois avec Blackkklansman que Spike Lee livre une péloche de ce type sachant conjuguer en même temps ses obsessions personnelles. On s’attendrait donc à priori à un film d’auteur fun sauf que la comédie sur laquelle nous comptions beaucoup pour décrisper son discours ne fonctionne pas des masses, la faute à un trait trop caricatural alourdissant le message. On le sait, le réalisateur ne fait pas dans la finesse quand il s’agit de défendre sa cause et c’est ce qui paradoxalement finira par sauver son film, le constat posé par l’épilogue faisant vraiment froid dans le dos et méritant plus que jamais d’être crié haut et fort. On aurait cependant tellement aimé que Blackkklansman fasse preuve de davantage d’humour…

Critique ciné : Mission: Impossible Fallout

3 septembre, 2018

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Mission : Impossible Fallout marque le sixième tour de piste pour Ethan Hunt, avec cette fois une sorte de retour au format sérialesque des origines puisque le film s’avère être une suite directe du précédent volet, avec même équipe derrière la caméra pour entériner la continuité. La saga en profite ainsi pour cultiver un peu plus sa mythologie avec la confirmation d’une société secrète de méchants ・ comme lorsque Bond affronte le Spectre ・ tout en continuant de malmener Tom Cruise lors de cascades à couper le souffle… En gros, Mission : Impossible Fallout est aussi efficace qu’anodin si ce n’était le charisme de Henry Cavill, putain de masse encore plus impressionnante ici que dans les collants de Superman…

Critique ciné : Papillon

3 septembre, 2018

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Pour se sortir de leur carcan de producteurs de séries B musclées, les frères Hadida mettent de temps en temps en chantier des films plus respectables, à savoir des films historiques. Faut un bien un peu de spectacle, hein. Ainsi, avec quelques confrères, ils se réapproprient ici la fameuse histoire de Papillon et le font fort heureusement bien mieux que lorsqu’ils s’attaquèrent à celle de Pompéi. Le film fait montre d’un classicisme sans spectaculaire inutile, porté par une histoire forte et des comédiens irréprochables afin de lui donner corps. Pas forcément utile quand on voit le peu de différences qu’elle entretient avec le Papillon de 1973, cette relecture de l’autobiographie de Henri Charrière reste très bien faite et l’occasion pour une nouvelle génération de spectateurs de découvrir ce récit édifiant d’une rage de liberté irrépressible.

Critique ciné : Skyscraper

3 septembre, 2018

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On ne va pas se le cacher, Skyscraper est une simple variation sur le modèle du premier Die Hard, la résurgence d’un certain cinéma d’action des 80′s / 90′s avec tout ce que cela comporte de points forts (le rythme, l’efficacité) mais aussi de faiblesses (la famille avec gosse asthmatique inclus, heureusement pas trop lourdingue). On (re)découvre ainsi une péloche plutôt bien menée par le réalisateur de Dodgeball, hé ouais, tandis que Dwayne ‘The Fucking Rock’ Johnson assure franchement dans ce rôle de héros d’un genre un peu anachronique, plongé dans des scènes d’action qui ne manqueront pas de vous faire recroqueviller les orteils de stress dans vos souliers ou tongs (putain, c’est grand une tour d’un kilomètre de haut quand même). Basique au possible, Skyscraper remplit toutefois son office de blockbuster estival parce qu’il renoue avec un cinéma qui ne se prenait pas la tête, et le fait en le réactualisant sans prétention.

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