Archive pour juin, 2018

Critique ciné : Jurassic World – Fallen Kingdom

10 juin, 2018

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Au fur et à mesure que tombaient les trailers de Jurassic World : Fallen Kingdom, nous craignions que cet épisode marque une rupture définitive avec ce qui faisait la magie du premier Jurassic Park, à grand renfort d’extrapolations génétiques et surenchère cgi-esque. C’était sans compter la présence aux manettes du talentueux Juan Antonio Bayona (L’Orphelinat, Quelques minutes après minuit) qui fait preuve d’une déférence des plus respectueuses à cet épisode séminal, le citant régulièrement au travers de scènes, plans ou détails, autant de petites choses qui en faisaient le génie et que nous retrouvons avec plaisir ici tant cela nous replonge dans l’excitation et l’émerveillement de l’époque. Plus encore, Bayona – qui a toujours un peu été le fils illégitime de Steven Spielberg et Guillermo del Toro – s’inspire plus largement du travail du papa de E.T. l’extraterrestre et calque par exemple sa narration sur celle des Indiana Jones, avec une aventure qui ne s’arrête plus une fois lancée et sans ellipse notable. Du tout bon pour le rythme, d’autant que ça n’empêche pas le film de se montrer parfois émouvant et surtout de laisser le cinéaste espagnol s’exprimer, en particulier au travers de son goût pour le conte noir. Lequel se traduit par la plus belle scène de Jurassic World : Fallen Kingdom (l’attaque dans le lit, aussi gratuite que magnifique) et un épilogue particulièrement pessimiste pour la saga. Mais riche de promesses pour la suite car ce long-métrage prouve que bien qu’on continue de s’en éloigner, on peut quand même retrouver la magie de Jurassic Park pour peu qu’on mette des personnes capables aux commandes. N’est-ce pas monsieur Trevorrow ?

Critique ciné : Mon ket

10 juin, 2018

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Pour sa première réalisation, Mon ket, le comique François Damiens revient à l’exercice qui l’a fait connaître sur le petit écran, la caméra cachée. Un dispositif hautement questionnable dans un long-métrage (la mise en scène y paraît comme souvent trop léchée malgré les contraintes inhérentes à ce procédé) au travers duquel il raconte l’histoire d’un bandit de petit chemin qui veut renouer des liens avec son fils, commencer une nouvelle vie, sans rien abandonner toutefois de ses pratiques de marlou malhonnête. Un postulat intéressant, d’autant que les talents d’acteur de Damiens lui permettent de composer un personnage tangible, tour à tour révoltant ou touchant. Mais voilà, ce qui fonctionnait dans Borat ou Brüno ne va pas de même ici car là où Sacha Baron Cohen composait des personnages franchement cartoonesques, le belge en campe lui un finalement très crédible, qu’on pourrait croiser n’importe où. Le décalage se fait alors moins ressentir durant les caméras cachées et laisse la place à un malaise persistant, tout juste traversé de quelques sourires quand on parvient à comprendre ce que disent les gens (non mais quel accent de merde). Ajoutons à cela un rythme qui traîne un peu la patte – une meilleure utilisation de la musique aurait permis de dynamiser l’ensemble – et Mon ket s’inscrit comme une comédie pas très marrante, qui mettra mal à l’aise plus qu’autre chose. Comme un épisode de Strip-tease dont le sordide fait rire jaune…