Critique ciné : L’Ile aux chiens

ile aux chiens_isle of dogs_bryan cranston_koyu rankin_wes anderson_affiche_poster

S’il a toujours fait partie des réalisateurs nous apparaissant comme sympathiques, Wes Anderson n’a jamais tant convaincu que depuis qu’il se lâche un peu et insuffle à son cinéma la touche animée qu’il a toujours réclamé. C’est donc une grande joie de le voir revenir avec L’Ile aux chiens à l’animation pure et dure après l’excellent Fantastic Mr Fox sorti il y a huit ans, d’autant que les deux films gardent la même patte visuelle à la fois élégante et rugueuse. Un paradoxe de plus pour un cinéaste n’ayant pas peur de les accumuler, en témoignent ses personnages paraissant vivants malgré une animation qui s’économise (sans être péjoratif). La nouveauté se situe alors au niveau du scénario, une oeuvre originale – et non plus une adaptation – imaginée par Wes et ses comparses et qui leur donne l’opportunité d’explorer à fond leur propre univers, leurs propres délires. Le cinéaste a beau ainsi ne s’être jamais frotté au Japon et à sa culture jusque-là, on retrouve totalement dans ce nouvel effort son style de mise en scène – en particulier le fonctionnement en « miniatures » – mais celle-ci s’accompagne pour le coup d’une ampleur inédite, cristallisée en un récit d’aventure qui convoque aussi bien la SF que George Orwell pour évoquer les thèmes de la communication, de la manipulation, de la fidélité… Tout ça en gardant une sensibilité un peu détachée mais toujours sincère, ainsi qu’une véritable émotion transmise sans encombre par l’apparente simplicité du récit. Clairement, ces dernières années ont donc été les plus passionnantes de la filmographie de Wes Anderson et L’Ile aux chiens vient enfoncer le clou, démontrant sans ambages que le réalisateur est fait pour l’animation. Et inversement.

Laisser un commentaire