Critique ciné : Gaston Lagaffe

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A l’image de Alain Chabat qui a mis des années à concrétiser son rêve de porter à l’écran Le Marsupilami, cela fait un bout de temps que Pierre-François Martin-Laval veut adapter une autre BD de Franquin, Gaston Lagaffe. C’est pourquoi l’ex-Robins des bois s’est coltiné Les Profs et sa suite, afin de pallier au manque mais aussi prouver qu’il était capable de tirer une péloche viable – artistiquement et commercialement parlant – de ce genre de bande-dessinée à sketches. Et le voici donc enfin ce film, fruit d’une longue réflexion qui en a fait une adaptation ô combien respectueuse de l’oeuvre culte de Franquin. Mais pas parfaite, malheureusement. Car le respect ne va pas sans poser certains problèmes ici, en particulier dans la construction cyclique du métrage (pour rappeler le format gag de la version papier) qui n’implique pas de réelle progression narrative ; ou bien dans l’immobilisme naturel du personnage en titre qui le rendrait presque antipathique parfois. Un comble. Le film ne cultive en effet pas suffisamment sa fibre cartoon pour rendre acceptable le comportement de Gaston, et l’univers trop réaliste va de manière générale peiner à retranscrire le charme de l’oeuvre originale. Il n’y a qu’à voir la différence de traitement concernant les animaux pour s’en convaincre (la mouette aux mimiques légendaires n’est par exemple plus qu’un bête piaf qui chie en volant). Comme ça se produit parfois, nous nous retrouvons ainsi avec une adaptation exemplaire dont les partis-pris vont pourtant lui porter préjudice, justement parce que le processus d’adaptation ne fera que dénaturer le matériau si on le mène à terme. On ne peut que saluer la démarche tout en regrettant un peu le résultat final, et en se disant que Gaston Lagaffe reste pour l’instant un antihéros de papier.

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