Critique ciné : Ready Player One

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« Merci d’avoir joué à mon jeu ». Une ligne de dialogue tirée de la fin de Ready Player One et qui rappelle les derniers mots des enfants perdus à Peter Banning, alors qu’il quitte le Pays imaginaire (« c’était sympa de jouer avec toi » ou quelque chose d’approchant). Le dernier Spielberg est ainsi un peu dans la veine de son Hook, il réclame du spectateur qu’il mette de côté son cynisme d’adulte pour mieux retrouver l’émerveillement de l’enfance, l’aspiration à l’aventure. Pas la peine donc de râler sur la soi-disant débauche putassière de culture geek qui a tant fait jaser, il n’y a rien de trop appuyé (ou en tout cas lourdingue) dans le film et les plus gros clins d’oeil sont là en fait pour servir le récit, ils font partie intégrante de ses morceaux de bravoure (voir la splendide recréation du Shining de Kubrick qui finit par totalement s’emballer). Pas la peine non plus de reprocher au métrage sa façon de tricher avec le fonctionnement de l’Oasis et de la réalité virtuelle – pour simplifier le récit, pour permettre certains effets de mise en scène – alors qu’il est très clair là-dessus dès le début, quand bien même cette dichotomie réel/virtuel et la difficulté de les faire coïncider s’incarnent en des trous dans la narration et des séquences flottantes (tout particulièrement la rencontre de Wade avec les autres joueurs dans le vrai monde). En fait, pour pinailler, on pourra surtout trouver que le message asséné en guise de conclusion sur l’importance du réel, de la relation physique à autrui, a quelque chose d’un peu trop moralisateur. Comme si Peter tournait le dos à la fantaisie après avoir vaincu Crochet. Dommage, mais tant pis. Car au-delà de cela il faudrait être fou pour refuser la proposition de Steven Spielberg qui transforme le roman de Ernest Cline en un grand 8 décoiffant, un pur ride plein à craquer de scènes hallucinantes et mené à un rythme qui ne faiblit jamais. Fou pour refuser de retrouver avec Ready Player One un Spielby au top de sa forme et profiter d’un vrai grand film d’aventure 2.0. Pour peu bien sûr qu’on soit prêt à prendre part au jeu.

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