Critique ciné : Pentagon Papers

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Continuant de faire ses va-et-vient entre films historiques «sérieux» et blockbusters pour toute la famille, Steven Spielberg s’attaque cette fois avec Pentagon Papers à l’un des premiers scandales d’Etat mis à jour par la presse, un exercice journalistique qui n’a jamais été aussi vivace que ces dernières années. C’est ainsi une occasion bienvenue de découvrir les arcanes d’un grand quotidien, son fonctionnement en interne et ses implications en externe, accompagnés pour cela par un casting aux petits oignons. Une visite d’autant plus intéressante que le cofondateur de Dreamworks n’a pas son pareil pour capter le réel tout en gardant toujours une approche cinématographique pertinente et élégante, ce qui tient autant à sa mise en scène – ses plans-séquence n’ont rien perdu de leur efficacité – qu’au travail impeccable de ses collaborateurs de longue (John Williams, Janusz Kaminski, Rick Carter, Michael Kahn…). Tout ça respire néanmoins un peu trop la facilité. Le cinéaste progresse en effet sur un terrain où il ne prend clairement aucun risque, où son idéalisme empêche d’avoir un regard vraiment objectif sur les événements et finit par confiner à la démagogie (n’oublions pas que la course au scoop reste une des motivations premières du journalisme). Handicapé encore par une grosse absence de suspense qu’incarne un climax vite torché, Pentagon Papers s’inscrit comme un successeur (ou prédécesseur ?) en demi-teinte aux Hommes du président, un exercice de style appliqué mais un peu creux. Pour voir Spielberg se mettre en danger et potentiellement nous couper le souffle, on attendra donc plutôt son Ready Player One à sortir dans quelques semaines !

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