Archive pour janvier, 2018

Critique ciné : 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance

20 janvier, 2018

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Attention, chef d’oeuvre immédiat ! Encensé par la critique à juste titre, 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance est en effet un film d’une intelligence rare, abordant un fait divers – qui n’est qu’un prétexte – en multipliant points de vue et changements de perspective pour dresser une galerie de portraits complexes, tout en nuances : inexorablement humains en somme. Le casting (Frances McDormand en tête mais aussi Sam Rockwell, Woody Harrelson…) est à ce titre absolument incroyable, les comédiens trouvent tous des rôles uniques de profondeur et se révèlent parfaits dans chacune de leurs facettes jusqu’à en devenir bouleversants. C’est simple, on a rarement ressenti tant d’empathie devant un écran de cinéma et des personnages qui auraient normalement dû nous rebuter. La réalisation de Martin McDonagh (Sept psychopathes, Bons baisers de Bruges) et le style général du métrage ne manqueront pas alors de rappeler le travail des frères Coen sauf que pour le coup, le travail des frangins n’a jamais atteint une telle véracité dans l’émotion, dans le mélange de la comédie et du drame. Tout ça pour mener une réflexion exemplaire sur la colère et la vengeance, jamais stigmatisante ou moralisatrice mais au contraire compréhensive et pleine d’espoir sans verser pour autant dans la facilité. 3 Billboards – Les panneaux de la vengeance, c’est sans conteste la première (la plus ?) grosse claque de 2018 et un grand film indispensable.

Critique ciné : Downsizing

15 janvier, 2018

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Le monde va mal, très mal, et nous semblons dans l’incapacité de rattraper nos erreurs pour effacer l’ardoise. Fort heureusement, Downsizing est là et détient la solution : réduire l’humanité à hauteur de Minipouss. Un argument de départ d’autant plus que sympa qu’il ouvre de nombreuses pistes pour la comédie tout en engageant la réflexion sur une thématiqe de première importance. Néanmoins, le réalisateur Alexander Payne (The Descendants) ne se départit pas de ses habitudes et manières d’auteur indépendant, il se refuse clairement à trop jouer avec son sujet (voir les gags des trailers absents du montage final) et préfère se concentrer sur le parcours de son protagoniste principal incarné par Matt Damon. Ce à quoi nous n’aurions pas eu grand chose à redire si, en définitive, ça se faisait autrement qu’avec de simples ressorts de comédie romantique. Downsizing en devient alors inutilement ronflant quand il appelait à l’évidence à autre chose, et on ne pourra que rêver de ce qu’aurait fait un Terry Gilliam d’un tel sujet. Mais rêvez vite, parce qu’on ne sait pas combien de temps il nous reste…