Critique ciné : La Momie

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Désireux de relancer ses Classic Monsters depuis quelques années déjà, le studio Universal Pictures s’était pris les pieds dans le tapis avec l’excellent Wolfman et le bien moins excellent Dracula Untold, tous deux des échecs publics. Depuis, Disney/Marvel a imposé avec le MCU un nouveau modèle pour l’exploitation simultanée de franchises multiples et forcément, la concurrence ne tarde pas à suivre. Surtout quand elle galère à se dépatouiller de ses licences. Universal se lance ainsi dans la course avec un Dark Universe dont La Momie marque le point de départ et comme chez DC, on crame les étapes à vouloir rattraper son retard, quitte à faire n’importe quoi. A dénaturer son matériau. Sans parler de la transposition à l’époque moderne ou de la féminisation du mythe à bandelettes, des pistes qui elles auraient pu être porteuses, c’est bien dans cette volonté de crossover que le métrage se disperse complètement et n’aboutit à rien de concret : son traitement de la momie est en effet tout sauf original (même si la française Sofia Boutella fait preuve d’un indéniable putain de magnétisme), la mythologie du Dark Universe est à peine effleurée mais n’a de toute manière à priori pas grand chose à nous proposer (ouah, une société secrète avec à sa tête Nick Fu… Dr Jekyll pour faire le lien, comme c’est commode), les tentatives de caractérisation des personnages nous les rendent antipathiques quand leurs punchlines ne nous donnent pas envie de les baffer (et l’arc narratif du rôle de Tom Cruise fout au passage encore plus le boxon dans l’identité du projet)… Tout cela mis bout à bout fait que La Momie laisse inévitablement la désagréable impression d’être un amalgame de genres et d’influences ne sachant pas plus qui il est que où il va, passant à la moulinette du comic-book movie des figures classiques pour un résultat aussi irrespectueux qu’impersonnel. Dommage lorsqu’on voit les noms de ceux qui ont rédigé le script (David Koepp, Christopher McQuarrie, Dylan Kussman, que du solide normalement), mais cela partait de toute façon mal avec un tâcheron inexpérimenté de la trempe d’Alex Kurtzman derrière la caméra. Transfuge de l’écurie Abrams, plus habitué aux postes de scénariste et producteur, celui-ci garde le nez sur son absurde cahier des charges et échoue par le fait à donner un tant soit peu de caractère à son travail. On le sait pourtant, il est tout à fait possible de réunir efficacement le bestiaire du fantastique comme l’ont prouvé Penny Dreadful ou même le Van Helsing de Stephen Sommers (dont la version de La Momie peut dormir sur ses deux oreilles face à ce successeur) pour peu qu’on fasse preuve juste d’un minimum de respect à l’égard de ces monstres sacrés, une notion qui échappe totalement à cette nouvelle itération estivale et formatée selon la mode du moment. La suite, alors ? Une reprise de La Fiancée de Frankenstein par Bill Condon (la version live de La Belle et la Bête), prévue pour la Saint-Valentin 2019… Universal se prend définitivement pour Disney…

020304

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