Critique ciné : Wonder Woman

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La galanterie n’est pas morte : si l’on excepte les inévitables chefs de file que sont Batman et Superman, c’est à l’amazone Wonder Woman que revient l’honneur d’avoir en première son film bien à elle, devant Aquaman, Flash et consorts, et ceci avant leur réunion dans Justice League en fin d’année. Un projet que l’on n’attendait pas franchement, DC et Warner ayant eu une tendance nette à saccager leurs dernières péloches en voulant recopier la recette du Marvel Cinematic Universe et en reproduisant sans cesse les mêmes schémas (ah, la sempiternelle destruction massive en guise de climax). La surprise n’en est alors que plus grande lorsqu’on constate que ce nouveau film, audacieux à plus d’un titre (rappelons que le dernier titre avec une super-héroïne en tête d’affiche remonte à l’échec en 2005 de Elektra), rompt avec la routine qui s’était installée jusqu’ici et cela pour le meilleur. Tout comme les deux Gardiens de la galaxie de James Gunn, Wonder Woman ne cherche en effet quasiment jamais à rattacher son wagon à la locomotive Justice League, il raconte sa propre histoire – allant jusqu’à se passer de l’habituelle scène post-générique de fin pour annoncer la suite – et ce faisant gagne tout ce qui faisait défaut à ses prédécesseurs. De la personnalité, de la cohérence, autant de choses faisant de ce métrage un spectacle véritablement abouti, pas bouleversant d’originalité (on pense quand même souvent à Captain America : First Avenger) mais ô combien plus satisfaisant que les dernières adaptations DC. On prend ainsi un réel plaisir à découvrir les origines de la porteuse du Lasso de la Vérité, de son enfance idyllique à sa première confrontation avec le monde des hommes en un arc narratif empruntant autant au film de super-héros qu’à ceux de guerre et d’aventure, porté par la magnifique et puissante Gal Gadot (à côté d’elle, Chris Pine déploie des trésors de charisme pour exister). Tout juste aurait-on aimé que le scénario creuse davantage la thématique de la désillusion de l’héroïne, afin de complexifier encore sa caractérisation – tout en expliquant pourquoi elle ne prendra plus les armes pendant plusieurs décennies – et se passer d’un super-méchant qui débarque comme un cheveu sur la soupe mais sans cela, c’est du carré et de l’efficace. L’autre femme forte de ce Wonder Woman est alors indéniablement la réalisatrice Patty Jenkins, absente des salles obscures depuis Monster il y a déjà presque quinze ans, et qui est parvenue à maintenir cette unité salvatrice dans un projet qui autrement aurait rejoint ses compères au rang des blockbusters sabordés par leur studio (les retours sur les versions antérieures du script laissaient clairement entendre qu’on allait droit dans le mur), sans parler de la difficulté de rendre crédible cette rencontre entre la mythologie grecque et la Première Guerre Mondiale. La preuve que si la femme est l’avenir de l’homme, comme disait le poète, elle est peut-être bien également aujourd’hui celui du super-héros DC Comics.

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