Critique ciné : Get Out

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Alors qu’on croyait la formule minimaliste de Blumhouse Productions à bout de souffle à force de suites signées par des anonymes interchangeables, le jeune studio nous a prouvé le contraire en faisant appel à des réalisateurs confirmés prêts à sacrifier leur budget au profit d’une liberté créative (Barry Levinson, James Wan, Rob Zombie, Eli Roth, M. Night Shyamalan…) ou, mieux, en dénichant de vrais nouveaux talents (James DeMonaco, Mike Flanagan). Ce qui est le cas ici avec leur nouveau carton surprise, Get Out, lequel marque en effet les premiers pas de scénariste/metteur en scène du comique Jordan Peele. On ne rencontrera pourtant pas tellement de comédie dans son premier effort, en tout cas pas autant qu’on pouvait l’attendre connaissant donc le pedigree de l’homme aux commandes (membre du duo d’humoristes Key and Peele), et ce n’est pas plus mal car la présence de celle-ci pose finalement un double problème dans ce thriller teinté de science-fiction. Elle consiste déjà pour beaucoup en des scènes annexes avec le meilleur ami du héros (Daniel Kaluuya, excellent comme sa partenaire Allison Williams), resté dans la grande ville, ce qui a tendance à rallonger une histoire à la Twilight Zone qui aurait été encore plus efficace si davantage resserrée (le rythme traîne la patte dans la deuxième bobine). Ensuite, en toute logique, ces moments complètement coupés de l’action principale nous en sortent par la même occasion, et les respirations voulues à l’origine deviennent des pauses pures et simples cassant la tension. On regrettera donc que l’apprenti-cinéaste n’ait pas opté pour une immersion totale dans cet univers de WASP apparemment bienveillants d’autant qu’il manie le suspense et l’horreur avec un ton qui lui est bien propre, nous déstabilisant par son sens de l’étrange et son humour noir plutôt que grâce aux jump-scares et autres débordements graphiques (le film est très soft sur le gore). Son passage derrière la caméra n’est en tout cas pas qu’un simple caprice, on découvre un artiste avec une vraie sensibilité et des choses à dire. Ainsi, s’il n’est en apparence pas très fin dans son message, dans la façon qu’il a d’opposer noirs et blancs (il rappelle un peu en cela la caricature pratiquée dans Les Femmes de Stepford en plus de lui emprunter en quelque sorte son postulat), cela lui permet malgré tout de se montrer original quant au racisme qu’il dépeint, loin des clichés haineux habituels, et donne en fin de compte intelligemment à réfléchir sur la nature réelle de ce fléau. Sans être alors le sommet de l’horreur que nous vend le buzz l’entourant, Get Out n’en reste pas moins un représentant hautement méritant et recommandable, marquant la naissance d’un réalisateur à suivre de près (surtout qu’il a l’intention de poursuivre dans la même veine). Et nous rappelant que la formule Blumhouse a encore de beaux jours devant elle, pour peu qu’elle s’attache les talents qu’il faut.

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Une Réponse à “Critique ciné : Get Out”

  1. Rencontres et sorties entre amis dit :

    J’ai apprécié l’humour noir qu’il y avait dans ce film. C’est la première réalisation de Jordan Peele mais n’empêche, je pense que ce film est un vrai chef-d’œuvre. Il a vraiment mis l’accent sur le thème du regard.

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