Critique ciné : Le Roi Arthur – La Légende d’Excalibur

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Plusieurs fois repoussé, vendu sur la base d’une campagne de promotion aux fraises, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur s’est crashé comme il faut au box-office US, perpétuant ainsi la (seconde) perte de vitesse de la carrière de Guy Ritchie depuis le carton de son Sherlock Holmes. Ce coup-ci pourtant, et au contraire du classieux Agents très spéciaux, lui et sa team avaient bien tout fait comme lors de leur adaptation modernisée du héros de Conan Doyle, alors pourquoi la sauce ne prend pas cette fois ? Ce qui est sûr déjà, c’est qu’ils pissent ouvertement sur la légende arthurienne : le film fait davantage penser dans un premier temps au Seigneur des anneaux (surtout lors de son introduction épico-bordélique), à Game of Thrones, mais il s’avère ensuite sans ambiguïté que nous sommes surtout face à un film de Guy Ritchie. On retrouve en effet une réalisation comme toujours très organique chez lui, comme dirigée par les personnages (voir la scène classique où un flashback est aiguillé en direct par ceux qui le racontent), ce qui influe également sur la bande originale de Daniel Pemberton (Steve Jobs) composée pour beaucoup d’instruments atypiques, des matériaux bruts et des «respirations». Il y a bien sûr et aussi ce montage chaotique qui flirterait presque avec l’abrutissant parfois («très souvent» diront certains) si Ritchie ne savait pas lui donner une musicalité bien particulière, un rythme et un humour qui sont devenus une de ses marques de fabrique. Le problème étant que la fantasy, plus encore avec de telles ambitions, a davantage besoin d’ampleur pour s’épanouir, du fameux souffle épique. Ce qui conduit par exemple le métrage à sacrifier, lors de séquences épileptiques, certains pans de son scénario qui auraient pu faire des films à eux tout seuls (la jeunesse d’Arthur, son voyage dans les Terres Obscures). Cela reste fun, énergique, mais ce n’est absolument pas ce dont a besoin le genre, et on pourrait dire la même chose des scènes d’action qui tendent souvent à perdre en lisibilité dû à ces coupes opérées au hachoir. L’autre caractéristique du cinéma de Ritchie est alors son goût pour les bandits, les criminels, et il décide de faire de son Arthur pré-couronnement un véritable mafieux (avec manteau de mac’ inclus) plongé dans une sorte de Snatch moyenâgeux et magique. Loin pour le coup d’être un gimmick déplacé, cela permet en fait d’étayer le personnage, de lui donner un arc narratif personnel auquel Charlie Hunnam apporte toute son implication. Pas de bol pour lui néanmoins, cela n’aura donc pas suffi une fois encore – après les résultats salles en demi-teinte de Pacific Rim – à l’imposer comme tête d’affiche d’un succès populaire, Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur étant condamné à ne pas rencontrer son public (on le redit, la com’ pue de la gueule) car si le style survitaminé de Guy Ritchie trouvait un écho dans la vivacité d’esprit du détective de Baker Street, il n’en va pas de même avec les mythes du roi Arthur. Contrairement à son précédent effort où il avait su adapter sa mise en scène au projet et signer l’un de ses meilleurs travaux, ce coup-ci on sent le bourrage en force et, forcément, ça coince.

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