Critique ciné : Alien – Covenant

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Réécriture ambitieuse de la mythologie Alien par l’un de ses principaux instigateurs, Prometheus était pourtant loin du plébiscite absolu chez les fans de la saga qui peinaient à en retrouver l’ADN, ce qui n’a certainement pas manqué de faire tiquer Ridley Scott et le pousser à revoir ses plans pour la nouvelle série de films (dont la forme est au passage au moins aussi changeante que celle du xénomorphe). Le petit dernier, Alien : Covenant, a ainsi la lourde charge de revenir aux sources du mythe tout en prolongeant l’approche initiée par le précédent et décrié opus, un cul entre deux chaises qui ne va pas manquer chez Scott – de moins en moins concerné par les scénarios qu’il illustre – d’aboutir à un résultat bâtard. Et ça ne rate pas. Le film possède ainsi indéniablement les forces de son cinéaste, à commencer par une mise en scène comme toujours impeccable, servie par une direction artistique absolument grandiose (les visions de la nécropole sont dantesques). Tout juste regrettera-t-on que les créatures ne soient pas davantage iconisées, trop bondissantes et dans l’action quand elles sont là (on ne ressent pas les efforts revendiqués pour limiter l’utilisation des CGI) alors que, en vrai maître du suspense qui aura filé des cauchemars à plus d’un spectateur, il avait à chaque fois bien fait monter la tension comme il faut. Mais Scott est aussi un monsieur de 80 printemps qui a changé au fil des ans et donne donc de plus en plus le sentiment d’être un esthète ne prêtant que peu d’importance au scénario qu’il met en images, se contentant très bien de quelques bonnes idées rattachées à une structure anémique. La noirceur absolue et le discours philosophique du script de John Logan (Penny Dreadful) et Dante Harper sont ainsi annihilés par des scories indignes d’un film de cette ampleur : personnages humains inconsistants (ils ne sont tous définis qu’au travers de leurs relations de couples), pistes narratives abandonnées (quid de la Reine Alien pourtant évoquée au travers d’une ligne de dialogue ?), twist grillé à mille bornes au point que c’est à se demander s’ils ne l’ont pas fait exprès… Même alors si son emballage est somptueux, cet Alien : Covenant tombe dans les errements d’un film d’horreur banal, il n’a pas tellement plus de choses à raconter qu’une énième suite de Halloween ou Vendredi 13 et se transforme finalement en simple jeu de massacre sans jamais ressusciter l’étincelle du film original, dont il se pose pourtant comme un quasi-remake. Prometheus, lui au moins, faisait son truc perso, et c’est à se demander si ce nouveau pan de la saga n’échappe pas en fin de compte à ses créateurs (nous en sommes aujourd’hui à six films prévus contre une simple trilogie au départ), impliquant dès lors qu’il vaudrait peut-être mieux arrêter les frais…

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