Critique ciné : Life – Origine inconnue

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Alors que Ridley Scott reviendra selon toute vraisemblance avec Alien : Covenant aux origines du mythe qu’il a initié en 1979, en salles dans une poignée de semaines, il se fait un peu couper l’herbe sous le pied par un de ses protégés, Daniel Espinosa (Enfant 44, une production Scott Free), qui sort lui Life – Origine inconnue. Le twist, car il en faut bien un, c’est que là où son modèle transposait l’horreur gothique dans de la SF pure et dure, l’élève opte pour une approche contemporaine et surtout réaliste, montrant notre première rencontre avec une forme de vie extraterrestre sous un jour aussi crédible qu’inquiétant. Après, à quelques divergences près, nous sommes donc clairement face à une relecture du séminal Alien, le huitième passager, avec un équipage spatial confronté à une créature agressive dans un environnement confiné. Ni plus, ni moins. Une ressemblance qui a coûté cher à nombre de suiveurs par le passé parce qu’ils ne faisaient que recopier le style de Scott, ce dont se garde heureusement Life – Origine inconnue en allant jusqu’au bout de son désir de véracité, comme si Alien et Gravity avaient copulé dans une navette et étaient revenus sur Terre avec un petit. Reprenant en effet les techniques mises au point par Alfonso Cuaron et ses artistes CGI, Espinosa recrée l’atmosphère d’une station orbitale avec une crédibilité inattaquable, sa caméra se mouvant dans un décor solide tel un astronaute à part entière. Une manière efficace de nous impliquer avant que les choses ne se gâtent avec l’apparition de ce monstre fruit d’une anticipation profondément raisonnée, véritable saloperie dont les talents de machine à tuer n’ont rien à envier à ceux du fameux xénomorphe. Tout en gardant sa veine scientifique (c’est par la déduction et la réflexion que les personnages luttent contre l’envahisseur), on plonge alors dans du survival bien tendu qui prolonge l’efficacité générale du métrage (la caractérisation s’en tient par exemple au minimum syndical et repose beaucoup sur le charisme du casting). Après on pourra toujours remettre en cause la morale quelque peu douteuse du film, qui se limiterait grosso modo à «la curiosité est un vilain défaut», mais Life – Origine inconnue est suffisamment bien foutu pour remplir malgré tout ses objectifs de thriller horrifico-scientifique spatial… et de mise en bouche à Alien : Covenant. Dans l’espace, on n’a pas fini de crier !

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