Critique ciné : Kong – Skull Island

kong skull island_tom hiddleston_samuel l jackson_jordan vogt-roberts_affiche_poster

Avec Kong : Skull Island, la société de production Legendary Pictures ajoute un nouveau monstre géant à son tableau de chasse, le plus célèbre et le plus titanesque des primates, le roi Kong en personne. Et si l’on craignait qu’il soit impossible de passer derrière l’incroyable remake de Peter Jackson, les responsables de ce film-ci ont pris la sage décision de partir sur une toute autre voie : dans une logique typique du kaiju eiga, ils s’apprêtent en effet à nous pondre un crossover avec le Godzilla de 2014 et en cela, on s’éloigne de la traditionnelle thématique de «la Belle et la Bête». Pas le temps pour la poésie et le sentimentalisme, on est là pour la baston. La vraie bonne surprise ainsi, c’est qu’ils ont également décidé de s’éloigner du style du film de Gareth Edwards, où l’on se prenait trop au sérieux en dépit d’un scénario vraiment très faible et se refusait à trop céder au spectaculaire. Frustrant. Ce coup-ci on a droit à un vrai film d’exploitation limite bis qui s’assume pleinement, au rythme qui ne se relâche pas une fois sur l’île où l’on cumule visions dantesques et idées barrées (cette putain d’araignée bambous). De l’aventure, de l’action et de l’exotisme comme à la belle époque, sans compter qu’avec la présence des bidasses on est déjà dans une dynamique à la Aliens sans avoir à attendre la suite ! Réalisateur quasi-inconnu, Jordan Vogt-Roberts (The Kings of Summer et quelques séries dont la très sympa Death Valley) s’en sort avec les honneurs grâce au plaisir évident qu’il prend à faire mumuse avec ce matériau, il compose entre autres quelques splendides images où la taille et la silhouette de Kong sont magnifiées par son sens de la perspective (vive la 3D dans ces conditions). On pourra lui reprocher une démarche de clippeur mais ça pète quand même grave la classe, la démesure et la fureur sont palpables. Tandis que Kong s’impose comme un monstre bien badass, roi du street fight même si ses affrontements, au final, souffriront un peu de la comparaison avec ceux orchestrés par Jackson, qui se montrait davantage inventif. De toute façon le métrage de Vogt-Roberts ne prétend pas soutenir la comparaison, il se complaît dans sa simplicité bon enfant comme en atteste un scénario prétexte, chargé de personnages un peu génériques à l’exception de Samuel L. Jackson qui arrive à tirer son épingle du jeu grâce à un rôle plus complexe qu’il en a l’air, ne serait-ce que parce qu’il est le seul à avoir une motivation autre que la fuite dans cet enfer vert. S’il n’est donc pas un grand classique digne de son légendaire protagoniste en titre, Kong : Skull Island n’en fait pas moins le taf’ de par sa générosité débridée et un emballage qui a de la gueule, l’asseyant comme un moment pop-corn tout à fait recommandable. Nous verrons en 2019 ce qu’il en sera pour sa rencontre avec Godzilla… et les autres monstres de la Toho !

020304

Laisser un commentaire