Critique ciné : Tous en scène

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Comptant de plus en plus parmi les acteurs majeurs de l’animation américaine (même si sa partie artistique est rattachée aux français de Mac Guff), le studio Illumination Entertainment veut se diversifier de Gru et des Minions et multiplie les sorties afin de tenir la dragée haute à la concurrence. Après Comme des bêtes il y a quelques mois voici donc Tous en scène, récit du sauvetage d’un théâtre par son propriétaire grâce à un radio-crochet événementiel. Dans le fond comme la forme le film fait par conséquent beaucoup penser à Les Producteurs de Mel Brooks et ironiquement, il s’agit d’un vrai film de producteur : pas n’importe lequel, Chris Meledandri, mogul de Illumination dont l’ego gonfle au fur et à mesure des succès (voir le carton dans le générique de début avec la mention «A Chris Meledandri Production» à la place du nom de sa compagnie). L’idée d’un long-métrage reposant beaucoup sur la réutilisation exhaustive de tubes musicaux – avec forcément du très bon et du plus douteux sur une si large palette – sentait ainsi déjà franchement la facilité ; mais quand en plus on additionne cela à un concours de chant, comme dans une bonne grosse télé-réalité, là l’intrigue vire presque au ra-koala-ge pur et simple. Toutefois, en dépit d’une caractérisation qui y va sans honte dans l’archétypal, les personnages s’avèrent étonnamment humains dans leur comportement. Leur espèce n’influe en effet pas forcément sur ce qu’ils sont, ils sont tous égaux d’une certaine manière contrairement à un Zootopie (les responsables ont à l’évidence beaucoup réfléchi sur la question de l’anthropomorphisme). En réalité, le film serait tout à fait transposable avec des acteurs en chair et en os, nous sommes plus proches d’un Fame que d’un Moi, moche et méchant, et c’est peut-être dû au fait qu’on retrouve à la (co-)réalisation Garth Jennings, également scénariste, qui fait ici ses premiers pas dans l’animation après H2G2 : le guide du voyageur galactique et Le Fils de Rambow. Epaulé par Christophe Lourdelet (dans l’animation lui depuis des années), ils réussissent alors à insuffler suffisamment de rythme et d’humour à un projet qui sans cela s’étoufferait sous son propre opportunisme, sauvant une petite étincelle de sincérité dans la formule mathématique née de l’esprit du producteur. Car oui, qui l’eut cru, Tous en scène est à l’origine une commande de Meledandri…

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