Critique ciné : Resident Evil – Chapitre Final

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Tandis que la licence vidéo-ludique se réinvente en ce moment à l’occasion de son septième épisode, son pendant cinématographique trouve sa conclusion (à priori) avec Resident Evil : Chapitre Final sans rien changer à sa pétaradante formule, l’assimilant toujours plus aux volets 4, 5 et 6 sur consoles. Un aspect qui n’aurait rien de problématique si les responsables de ces adaptations ne s’étaient pas gonflés d’orgueil au point de vouloir raconter une histoire d’un seul tenant, faire de leur série de films une véritable saga. Et le faire mal. Sans aucune profondeur thématique ou presque (le discours religieux du bad guy n’échappe pas hors-sujet dans cet univers), le scénario reste ainsi perpétuellement en surface, se contentant d’aligner les péripéties – les premières minutes sont particulièrement éreintantes en la matière – sans que nous en ayons quelque chose à battre entre le manque de mise en place dans la narration ou le caractère foncièrement grotesque de l’intrigue. Et les personnages n’y changeront rien : les petits nouveaux sont autant caractérisés qu’un sachet de haricots surgelés, quant aux anciens ils ont perdu toute saveur à force de mourir et revenir à chaque épisode en un festival de clones à faire pâlir l’armée de l’Empire. Même Milla Jovovich paraît ne plus y croire alors qu’il doit s’agir désormais de sa seule source de revenus. Et que dire de son mari, le sympathique Paul W.S. Anderson, de retour derrière la caméra pour la quatrième fois sur la franchise ? Perfectible, le bonhomme ne nous en a pas moins habitués à se montrer toujours généreux et de bonne volonté, ou en tout cas lorsqu’il s’attachait à des projets quelque peu originaux. Là, au fur et à mesure des Resident Evil, on le sent de plus en plus cachetonner, n’y participer que pour faire mumuse avec le budget, ce qui permet de faire illusion sur une poignée de plans apocalyptiques du plus bel effet. Quand il filme large. Et laisse aux spectateurs plus de deux secondes afin de savourer le tableau. Car pour le reste du métrage, du peu qu’on pourrait apprécier (curieux comme on s’échine à ne pas montrer clairement les monstres dans le cadrage ou l’éclairage, c’est tout de même pas The Thing), le montage au hachoir se charge de saloper la moindre scène, quelle que soit sa nature. Dialogue, horreur, action, tout sonne faux, confus, à un point que ça en deviendrait presque conceptuel si ce n’était pas juste consternant. Paulo ne nous avait en tout cas jamais déçu dans ces proportions et livre donc avec Resident Evil : Chapitre Final une œuvre tout simplement honteuse, qui pousse la malhonnêteté jusqu’à annoncer sa suite en dépit d’un titre pour le moins définitif. On verra si, comme pour le jeu vidéo, le septième saura réinventer une licence foutrement en berne…

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