Critique ciné : Les Trolls

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Vous rappelez-vous des Trolls, ces jouets ignobles et hirsutes qui rencontrèrent un franc succès à cheval sur le 80′s et 90′s ? Le jouet tout moche que Starlord laisse à Yondu à la place de la Pierre d’Infini dans Les Gardiens de la galaxie ? Voilà, c’est ça. Hé bien croyez-le ou non mais Dreamworks Animation – toujours à la recherche d’une nouvelle licence forte tandis que même son Kung-Fu Panda s’essouffle – a carrément tiré un film de cette gamme de jouets. Pourquoi ? On ne sait pas trop. Peut-être que les droits étaient offerts avec autre chose, comme un paquet de lessive. Toujours est-il que le film est maintenant dans nos salles et forcément, avec une telle origine, on n’en a à priori un peu rien à péter. Mais il faut se méfier des apparences, même lorsqu’elle sont d’un kitsch bariolé à rendre jaloux un clown portugais. Ainsi, si les géniteurs du projet évoquent Le Grand livre des gnomes du regretté Terry Pratchett comme source d’inspiration, on lui attribuera plus volontiers un filiation avec La Grande aventure Lego en cela que ces deux œuvres réussissent à adapter ce qui à-priori ne pouvait pas l’être, à créer leurs univers et intrigues à partir des spécificités de leurs modèles. Ici, cela se traduit donc par un visuel criard et guimauve recelant en fait de petites touches de «perversion» (c’est fou le nombre de gags pipi-caca qu’on croise) nous rappelant que l’un des co-réalisateurs, Mike Mitchell, est un ancien de Bob l’éponge (et également responsable du très sympa Sky High). En gros, s’ils vont tant dans le mignon, c’est pour mieux le détourner, jouer sur les contrastes, et tisser au bout du compte un discours pas trop con sur la nature du bonheur tout en plaçant quelques bons gags. Certes il n’y a alors rien de véritablement impertinent  – la bonne morale est sauve à la fin – mais cela nous aide malgré tout considérablement à accepter un script aux ressorts pas toujours très originaux (l’histoire d’amour du roi et de la servante bergens). a et bien évidemment l’excellente bande originale chapeautée par Justin Timberlake, également doubleur, pleine de reprises de classiques qui vous feront sans peine battre la mesure. C’est con mais ça fonctionne (c’est peut-être bien aussi simple que ça, le bonheur), et grâce à ces petites choses Les Trolls parvient à dépasser ses discutables origines. Ce qui n’était pas gagné pour qui a gardé le souvenir de ces jouets ignobles et hirsutes…

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