Critique ciné : La Folle Histoire de Max et Léon

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Comme nombre de leurs confrères auparavant, le duo du Palmashow quitte son petit écran – couronné de succès – pour s’essayer à l’expérience du grand en têtes d’affiche avec La Folle Histoire de Max et Léon. Une évolution logique, normale. Ce qui l’est moins cependant, c’est que les trublions se lancent d’entrée de jeu sur les traces de quelques standards de la comédie française et pas des plus faciles à suivre : Papy fait de la résistance mais surtout le monument La Grande vadrouille, avec leur histoire s’intéressant à deux nigauds dont la lâcheté congénitale ne les empêche pas de traverser la Deuxième Guerre Mondiale et même de s’y illustrer. On voit tout de suite le lien de parenté et on pourrait creuser plus encore, que ce soit dans la façon de se concentrer sur la petite histoire au sein de la grande (on ne croise jamais de vraies figures historiques d’importance) ou bien celle de se réapproprier l’imagerie du nazisme pour la tourner en dérision (la manie du déguisement). Mais David Marsais et Grégoire Ludig sont de vrais morfales, habitués dans leurs émissions à pouvoir partir très loin dans le délire, et pour leur premier long-métrage rien qu’à eux ils n’allaient donc pas faire dans la demi-mesure. Au contraire, ils font de leur péloche une véritable aventure (voyez l’affiche à la Indiana Jones) empruntant autant au film de guerre qu’à celui d’espionnage et malgré alors la folle multiplication des péripéties, ils réussissent à éviter le piège du film qui ne serait qu’une succession de sketchs, ils ont une vraie histoire et savent s’y tenir. Les deux comiques sont aidés en cela par une fort sympathique galerie de seconds rôles et surtout leur réalisateur, Jonathan Barré, dont le travail ici ne trahit en rien les origines télévisuelles (il a fait ses armes sur des programmes courts comme Nos chers voisins ou Very Bad Blagues, déjà avec le Palmashow). Mieux, de par une reconstitution historique étonnamment soignée et sa mise en scène au diapason, il rend un hommage sincère au cinéma avec lequel il nous fait rire et rejoint en cela une autre glorieuse référence de la marrade bien de chez nous, à savoir les OSS 117 de Michel Hazanavicius. La Folle Histoire de Max et Léon n’est peut-être donc pas la comédie du siècle – qui peut le prétendre de toute façon ? – mais elle a tout ce qu’il faut pour s’extirper aisément de la triste monotonie du PAF, faisant revivre les heures de gloire de notre cinéma tout en le dopant à l’énergie d’un humour moderne et jamais vulgaire. Mission réussie en tout cas, les p’tits gars ; et on attend la suite avec impatience, surtout s’il vous prend l’envie de poursuivre dans le pastiche du cinéma de genre !

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