Critique ciné : Doctor Strange

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Après la terre ferme et l’espace, le Marvel Cinematic Universe s’ouvre sur un monde plus abstrait, plus mystique, celui du Doctor Strange (oui, normalement chez nous c’est «Docteur Strange» mais comme ça on peut uniformiser le merchandising à l’internationale) que créa Steve Ditko au début des 60′s. Un personnage assez unique dans la galaxie de la Maison aux idées et qui était l’occasion, un peu comme pour Les Gardiens de la galaxie, de faire un film différent de ceux de la clique des Avengers. Mais non. Là, nous sommes plus dans le cas d’un Ant-Man, c’est à dire un projet dont l’apparente particularité (la comédie pour l’homme-fourmi, la magie pour le chirurgien à la retraite) est passée à la moulinette de la sacro-sainte formule Marvel. Hormis donc la platitude de la narration, du pur origin-story sans grande thématique pour étoffer son propos (voyez comme même la question de «la fin justifie-t-elle les moyens ?» est passée sous silence), cela aurait par exemple été dommage que le héros n’ait pas sa petite romance et les responsables ont par conséquent extirpé une infirmière d’une obscure publication des 70′s (Night Nurse) pour atténuer le caractère antipathique de Strange (heureusement que Rachel McAdams est toujours aussi craquante de naturel). Bah ouais, ça aurait été dommage, quoi. Malgré son inhabituel matériau d’origine, la péloche échoue ainsi à se forger sa propre identité et ce n’est pas la musique de Michael Giacchino, simple réorchestration ethnique de son thème pour Star Trek, qui aidera sur ce point. En même temps il aurait fallu confier la réalisation à quelqu’un d’autre que Scott Derrickson, yes-man jouissant d’une petite notoriété dans l’horreur à la Blumhouse, pour y parvenir. Et il aurait fallu aussi que Marvel en ait quelque chose à foutre, bien sûr. Si le réalisateur du remake du Jour où la Terre s’arrêta et de Sinister parvient alors à faire illusion au détour de quelques séquences à l’ambiance aventureuse, ses scènes d’action s’avèrent elles pas très bien shootées, en tout cas pas à la hauteur des CGI hallucinées et de quelques très bonnes idées (le climax avec le décor qui pour une fois se reconstitue au lieu de se détruire au fur et à mesure de la bataille). Dommage, car Benedict Cumberbatch est parfait sous la cape du Doctor Strange et aurait mérité largement mieux que cette inoffensive sou-soupe made in Marvel. Heureusement, il reviendra… pour faire picoler Thor (véridique, comme d’hab’ restez jusqu’à la fin du générique).

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